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Billet de blog 11 janvier 2026

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Tunisie - Le citoyen Kaïs Saïed et la Révolution du 14 janvier

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1


D’abord, il convient de rappeler que le citoyen Kaïs Saïed, à cette Révolution, n’a point participé
Qu’auparavant, d’aucun passé militant, politique, syndical ou associatif quelconque, il ne disposait
Un universitaire  «  dans " les marges de la carrière académique " », a été, par un de ses pairs, caractérisé [1]
« Il n’était point apolitique, compte tenu de sa conduite ambiguë à l’égard du régime [Ben Ali], à proprement parler
[Ainsi], intervenir ponctuellement dans des sessions de formation de cadres du parti destourien, il a accepté 
En aucune manière, il n'a exprimé quelque solidarité avec les victimes de la répression, y compris à l’Université 
Lorsqu’en 2005 les enseignants du supérieur ont observé une grève administrative, il s’est montré, pour le moins, réservé » 
Pourtant, quand, à l’occasion d’un entretien qu’il a accordé à la chaîne qatarie Al Jazera, le journaliste a soulevé
Le problème de ses opinions et son militantisme passés, en lui faisant remarquer que ses adversaires lui ont reproché
Le fait qu’il n’avait jamais pris une position quelconque tout au long de l’ère de Ben Ali, qu’il n’avait, non plus, jamais demandé
À ce que Ben Ali solde ses comptes envers le peuple tunisien, il a répondu : « enseignant aux  Facultés de droit j’étais  
Celle de Tunis, puis celle de Sousse, puis celle de Tunis et j’ai essayé de soulever un certain nombre de questions attachées
Au régime politique, et les étudiants connaissent cela, mais, je n’ai jamais été partisan d’un parti quelconque donné
Quant au problème du régime déchu, j’étais employé par la Faculté de droit, une institution étatique, où j’ai développé
Un certain nombre d’idées et pris certaines positions, et les étudiants savent cela, et ils se comptent par dizaines de milliers
Je n’ai jamais été dans un parti donné et le militantisme ne se mesure pas à l’aune d’être engagé  
Dans un  parti, ni à l’aune des réunions avec des parties données, mais, il se mesure aux positions que l’on a adoptées
Et aux explications que l’on a données sur un certain nombre de problèmes : ce fut cela mon rôle dans la tunisienne Université
Après 2011, j’ai essayé, avec la jeunesse, à la promotion d’un nouvel esprit politique, de participer
Le militantisme ne se mesure pas à l’aune de l’appartenance aux partis, ni à l’aune des consensus qui peuvent se réaliser  
Entre eux, ni à l’aune des positions qu’ils puissent prendre dont le but n’est pas avoué, dont la vérité n’est pas déclarée, mais cachée
Ceci constitue ma conduite ». « Le militantisme ne se mesure pas à l’aune de la haine des partis », j’ai envie d’ajouter [2]
Il n’appartenait pas à l’élite de l’université et, en son sein, il n’a jamais occupé qu’une position dominée
Du fait de son statut d’assistant durant les trente années de sa carrière », fait, en lui-même singulier et inaccoutumé [1]
Que j’ai déjà signalé, il y a bientôt sept ans, dès que, à la magistrature suprême, il avait candidaté [3]
Il serait bon de rappeler quelques points essentiels sur les carrières à l’Université
Effectuer toute sa carrière universitaire au bas de l’échelle est une rareté
La fonction d'assistant a été créée comme poste antichambre du doctorat, supposé passager
Un poste réservé normalement à ceux qui préparent une thèse, aux jeunes diplômés
Un assistant est, grosso-modo, un bénéficiaire d’un contrat de travail à durée déterminée
Car son statut est, par essence, évolutif, en fonction de ses recherches, de leur avancée
De leur sérieux, de leur portée, de la qualité des publications qu’ils auraient enfantées
Et l’activité de recherche pour un universitaire est une obligation bien cadrée
Devant aboutir, dans un premier temps, logiquement, à un doctorat, si elle est bien menée
Avec publication des résultats, de préférence dans des revues spécialisées bien cotées
La réforme de 1984 a mis fin au statut  d’assistant en France, convient-il de le souligner
Quant à sa biographie, elle renferme plus d’une inconnue sur son passé universitaire qu’il a, une seule fois, commenté
Et ce, dans l’interview que le candidat Kaïs Saïed, le 11 juin 2019, à Charaa Magharibi, a accordée [1]
Un long entretien qui contenait tous ses dogmes, mais, à l’époque, nul n’y avait fait allusion, pourtant tout y était
Il y a tracé un régime semblable à celui de Kadhafi dans lequel seul le chef détient pouvoir et autorité
Il y évoquait son intention d’interdire le financement international des associations et accusait
Les organismes étrangers finançant la société civile d’ingérence ne respectant pas notre souveraineté
Quant aux partis politiques, il a affirmé vouloir leur disparation, mais, ne les interdirait pas, a-t-il précisé
Déjà, il y a recouru aux théories du complot pour, ses positions politiques ou sociétales, conforter [4]
Ainsi, il y a affirmé son opposition à l'homosexualité et accusé l'Occident de financer
Les homosexuels afin de corrompre la société tunisienne, théories qui ont même submergé son CV
Il y apparaît, aussi, que sa carrière professionnelle s’est confinée dans le statut d’assistant, pour ne pas avoir achevé
Sa thèse, la raison demeure une énigme dont lui-même ne tient pas à parler, mais, laissant entendre qu’on lui a volé
Le contenu : « mes efforts ont été volés », s’est-il écrié ; ce qui constitue le premier complot dont il fut l’objet
Conforme à son inclination aux théories du complot qu’on lui connaît, depuis qu’il s’est octroyé dans ses mains toute notre destinée
« Sa biographie mentionne pêlemêle quelques articles, la plupart, repérables dans des revues scientifiques, [ non cotées ] » 
Lors de  l’interview, la journaliste a évoqué « son humble parcours professionnel ». En réponse, il s’est plaint de « mensonges » proférés
Contre lui « et de calomnies dont il connaissait les auteurs, mais dont il ne citerait pas les noms », sans rien ajouter
En ce qui concerne l’énigme de sa thèse, le politologue Antoine Basbous a une autre idée, puisqu’il a certifié
Qu’il l’a bien présentée, mais par la Commission des thèses de sa Faculté, « a été rejetée ». Ce qui le fit quitter
À  sa retraite, l’université en étant « frustré », puisque cela l’a empêché, au grade de professeur, d’accéder [5]
« "L’énigme " [de sa thèse] demeure, faute du témoignage de son directeur de thèse, A. Amor, en janvier 2012, décédé » [1]
C’est en dehors de l’espace universitaire que le titre de professeur lui a été, abusivement, attribué
Sans jamais de démenti de sa part, et c’est d’ailleurs sous ce titre qu’il s’est lui-même toujours, dans l’espace public, présenté
Avant que la Révolution de la dignité ne perturbe sa trajectoire, de l’action collective, il était déconnecté
Il s’est découvert un penchant révolutionnaire quand Ben Ali, à Djeddah, s’est définitivement installé 
Grand inconnu du public, Tunisien lambda qui s'est fait connaître comme chroniqueur, occasionnellement, télé 
Aujourd'hui, sous prétexte de « correction du processus révolutionnaire », la Révolution, il a enterrée [6]
Du moins, il a étouffé l’élan démocratique et le vent de liberté qui, sur le pays, avait soufflé
« En Tunisie, le temps de l’arbitraire semblait révolu ; mais, il revient à grand pas, depuis [cinq années] »
Puisqu’il « détricote les acquis de la révolution à coup de décrets-lois  : voix critiques muselées
Arrestations arbitraires, ingérence dans la justice,… sur fond de discours de haine », ce qui fut dénoncé
Par Amnesty International qui, sur le « recul des droits fondamentaux dans le pays », s’est inquiétée [7]
Quant à la FIDH, à l’occasion de l’ anniversaire de la fête de la Révolution tunisienne, la vraie [8]
Elle lui a consacré un rapport dont le titre en dit long , « Du coup d'État à l'étouffement des droits », intitulé [9]
Où « le mode opératoire de la répression en Tunisie de 2021 à 2025 » est examiné
Et « les mécanismes déployés pour instaurer un climat de peur et pour verrouiller la tunisienne société »
Et, l’on se retrouve, encore une fois, avec « un président aux pouvoirs étendus, dont la responsabilité
N’est engagée ni politiquement, ni pénalement », puisque dans sa constitution, il est spécifié
Dans son article 139 « que celui-ci ne peut être, dans la conduite de ses fonctions, questionné » 
Alors que « le mandat des élus est révocable », promesse électorale qui, aux parlementaires, s’est limitée [10]
Je disais donc, d’aucun passé militant, politique, syndical ou associatif quelconque, il ne disposait
Et, pour l’Histoire, trois jours avant la chute de Ben Ali, pendant que ses collègues manifestaient leur solidarité
Avec les martyrs qui, à Sidi Bouzid, Kasserine, Thala,…étaient, sous les balles réelles du régime, tombés
Il faisait son ravitaillement en nourriture au Marché central de Tunis qui est situé tout près
De l’avenue Habib Bourguiba où, les affrontements avec les brigades anti-émeutes, se déroulaient
Et, quand, à sa sortie du marché, il avait rencontré un groupe de collègues qui s’apprêtaient à regagner
La manifestation, il leur a conseillé de ne pas y aller : ces faits ont été, dans [11], rapportés
Quand à la date de la fête de la Révolution, c’est le 14 janvier, n’en déplaise à qui vous savez
Qui l’a troquée pour le 17 décembre, la symbolique de ce vendredi de janvier, point, il ne la connaît
La dimension politique et historique du 14 janvier est volontairement marginalisée  et minimisée
Et il se trouve aujourd’hui à un tel point que, ce qui s’est passé ce jour-là, en cause, il remet 
Mesure qui, la quasi-totalité des militants et des acteurs réels de la révolution, a fait révolter
Et qui a réduit la célébration de cette fête, dans son camp, à un classique folklore, déjà vu par le passé
Le 14 janvier 2011, la peur avait changé de camp, mais la lutte contre l’oppression n’est pas achevée
Cet acquis, même affaibli par son coup d'État de juillet, est, par « la génération de la Révolution », protégé
Revenir à la gouvernance par l’intimidation, la répression, la peur et la terreur, point, elle n’accepterait [12]  
Elle a vécu la phase de la démocratie et des libertés avant de, à la phase de l’autocratie populiste, goûter
Avec ses procès iniques à répétition, pour intégrer que la liberté est le bien le plus fragile à préserver
Et cette parenthèse populiste brutale qui, depuis, s’est abattue sur nous n’affectera pas cette idée ancrée
Parenthèse dont l’art de gouverner consiste à s’imaginer des ennemis : la classe politique qui l’a précédé
Les spéculateurs de tous genres, les hommes d’affaires véreux,…qui bloquent ses projets, l’exemptant de toute responsabilité
Vis-à-vis de la situation catastrophique du pays, puisque c’est toujours la faute de l’autre, art de gouverner
Accompagné d’« une stratégie du spectacle qui alterne entre déclarations à l’emporte-pièce, myriade d’inopinées
Visites et de contacts sur le terrain, et limogeages express, posture de populisme autoritaire [qui] lui permet
De se revendiquer en lien direct avec le peuple », tout cela, par diverses thèses complotistes, accompagné [13]
Et « l’incarcération tous azimuts comme pratique du pouvoir. Les chefs d’accusation, [à] une typologie, [sont apparentés]
Propre aux régimes autoritaires : "diffusion de fausses informations ", "blanchiment d’argent", "atteinte à la sûreté
De l’ État ", "financements étrangers illicites" », incarcération pour que toute critique et dissidence soient muselées
D’ailleurs la liberté de la presse, en 2025, de la pace 118 à la place 129, a reculé
Dans un contexte pernicieux où des professionnels de l’information sont continûment, judiciairement, réprimés
Et, en outre, on « enregistre la plus forte baisse du score économique de la région : - 30 places sur ce volet » [16]
Il croit détenir le pouvoir d’écrire l’histoire nationale à sa guise et de, de ses moments fondateurs, décider
Même s’il en a fixé la date de célébration, il sera, toujours, à notre Révolution, étranger
Qu’il sache que les révolutions ne s’écrivent pas par décret, ne peuvent pas, ainsi que l’Histoire, être confisquées
Qu’elles, leurs historiques et leurs symboles appartiennent aux peuples, seuls, exclusivement, ce sont leurs propriétés
Et, il est classique que ceux qui les kidnappent, se donnent pour objectif, la mémoire collective du peuple, d’effacer 
Qu’elles résistent à la falsification, au re-modelage, aux velléités d’effacement et aux  contre-faits
Que les tentatives des agents du régime pour substituer leur propre écriture aux faits, à l’échec, sont vouées
Quoi qu’ils fassent, ils resteront dans l’Histoire les fossoyeurs de la démocratie et des libertés 
La mémoire populaire étant un efficace bouclier contre les interventions modificatrices de la réalité
Nul ne peut s’approprier notre Révolution, et ceux qui ne l’ont pas faite, la morale exige qu’ils demeurent discrets
Par respect pour ceux qui sont morts pour elle, et ceux qui, vivants, par leurs combats, ont contribué à l’anticiper
Qui se sont battus pendant plusieurs décennies pour la rendre réalité, certains sous tous les régimes passés
Parmi lesquels on peut citer Bochra Belhaj Hmida, Nejib Chebbi, Ayachi Hammami, aujourd’hui exilée
Ou incarcérés, parce que, dans le verdict de l’inique Procès de la Honte, ils furent lourdement condamnés
Tous les trois, respectés par tous, au-delà des clivages, ayant traversé les régimes sans jamais changer 
Tous les trois, figures du barreau, militants historiques des droits humains, de la démocratie et des libertés
Tous les trois, en tant que citoyens et avocats, activement à notre Révolution, ils ont participé 
Autrement dit, ceux qui ne l’ont pas faite l’ont récupérée, trahie, retournée contre ceux qui l’avaient initiée [17]
La place de ces derniers, héros de la Nation,  n’est ni l’exil, ni la prison : c’est vraiment le monde renversé
Avec cette Révolution qui promettait justice et liberté, et que la contre-révolution a refermée
Aujourd’hui sur la fine fleur de ceux-là mêmes qui l’ont portée, en révolutionnaires de la dernière  heure déguisés
En première instance, ledit verdict de l’inique Procès de la Honte a frappé par son exceptionnelle sévérité
Avec des peines allant jusqu’à plusieurs dizaines d’années de prison. Et, la cour d’appel a quasiment confirmé
L’ensemble des condamnations, fermeté judiciaire assumée par le régime comme une réponse à la supposée
Menace contre la sûreté de l’État, mais, perçue par une partie de l’opinion comme le symptôme d’une justice politisée
Avec des accusations floues, extensibles, et des verdicts relevant de l’acharnement politique décomplexé 
D’autant plus que, jusqu’à ce jour, le Tunisien lambda ne comprends toujours pas le crime reproché aux condamnés
Aussi l’on peut dire que « la justice a cessé d’être un contre-pouvoir, dans la Tunisie, par Kaïs Saïed, gouvernée 
[Où il y a ] une volonté assumée d’utiliser la justice pénale, détournée de sa fonction, pour sanctionner
Des convictions ou tout simplement des paroles. Pour criminaliser l’engagement, des dossiers sont, de toutes pièces, montés 
« À cet égard, l’attitude de nombreux pays de l’UE oscille entre indifférence calculée et duplicité 
Assumée, pendant que des affaires sont fabriquées, que la justice est [manipulée] et que des vies sont mises en danger » [18]
« Tant que la justice reste un instrument de vengeance, elle n’apportera ni vérité, ni apaisement, ni légitimité » [19]
Et l’on arrive à la même conclusion, quand  « la justice, [en un] outil central de la répression politique », est transformée
Quand elle entérine « une logique judiciaire d’exception, fondée sur la criminalisation de la dissidence, l’élasticité
Dangereuse des incriminations liées à la sûreté de l’État et l’effacement des garanties d’équitable procès »
Conduisant à un « usage inflationniste des infractions liées à [cette] sûreté, à une justice de validation dont la fonction n’est
Plus de dire le droit, mais de légitimer juridiquement une décision déjà prise ailleurs », bien avant, bien arrêtée
« Justice [servant] à intimider les opposants, discipliner la société, réécrire l’Histoire, de son indépendance, dépouillée » [20]
Tout cela contredit les fondements de la Révolution, alors que, sa symbolique, il s’est appropriée
Revendiquant son héritage et entendant parler au nom du peuple, puisqu’il prétend, seul, l’incarner 
Ainsi, de la « correction des processus révolutionnaire et démocratique », il ne cesse de parler 
Et également de  « retour aux sources et aux objectifs, par la Révolution du 17 décembre, prônés » 
Et, aussi, de diverses « révolutions » - « sociale », « législative », et j’en passe - slogans dont, son programme, il a fait
Peut-on corriger un processus, retourner aux sources, aux objectifs, alors que, un profil bas, on a gardé
Durant l’effervescence de la Révolution et sa transition révolutionnaire, on est  resté tout effacé   
J’invite ceux qui en doutent à lire mon poème « Révolutionnaire après l’heure, touch' pas à mon 14 janvier » [21]
Et ceux qui persistent à lire, dans la référence [22], des récits personnels de citoyens qui y étaient 
Nul ne connaît le CV de Kaïs Saïed mieux que son camarade, collègue et ami, depuis les années Faculté
Abdelwaheb Maatar. C’est en tant que tel que, il y près d’un an et demi, une lettre, il lui a adressée [23]
Une lettre mi-conseil, mi-avertissement, pour l’informer sur les risques réels induits par sa manière de gouverner
Conduisant à la « situation catastrophique sans précédent dans laquelle le pays s’est enlisé, et pour sauver
Aussi un ami [qu’il voit ] s’enfoncer dans le bourbier de ce qu’il a peut-être commis par une croyance erronée
En sa bonne gestion et par bonne intention ». Il lui a rappelé que « dans l’espace public, par hasard, il est arrivé »
« Rompant avec [son] alignement sur le système du président déchu, ce que l’on connaissait de [lui] à l’université
Sous l’influence du collègue Sadok Chaabane qui fut pour la dictature novembriste l’un [des théoriciens et] des piliers » [24]
Pour mieux connaître Kaïs Saïed, laissons parler dans [25] Abdelwaheb Maatar qui l’a bien longtemps fréquenté
Où il rapporte une anecdote qui, compte tenu de la haute fonction de Kaïs Saïed, est un historique fait
Confirmant que ce dernier, avant la Révolution, de l’engagement dans la chose publique,  il était très éloigné
Comme il l’était pour prendre une position contre le comportement du régime de l’époque et ses excès
Son attention à cette période était essentiellement concentrée sur son avenir et comment le préserver
Revenons à l’anecdote : Quand Ben Ali a procédé à une révision constitutionnelle qui lui garantissait
Une présidence à vie, Abdelwaheb Maatar, pour la contrecarrer, a contacté plusieurs collègues dont l’intéressé
Pour formuler, en tant qu’universitaires juristes, une critique de la combine qui était en train de se tramer
La réponse de Kaïs Saïed fut spontanément négative, par un pathétique « tu veux détruire mon avenir », appuyée
D’ailleurs, Kaïs Saïed « a cautionné la révision constitutionnelle de 2002 », par Ben Ali, initiée [25]
Aujourd’hui, Abdelwaheb Maatar est poursuivi en justice, suite à une plainte, contre lui par l’ISIE, déposée [26]
En vertu du décret liberticide 54, risquant une peine de prison qui peut aller jusqu’à 10 années [27]

En conclusion, nous allons montrer comment Kaïs Saïed lui-même, l’illégitimité de son régime et de sa présidence, à prouvé
Comme il a prouvé l’illégitimité de son système qu’il nous a, à coup d’Istichara, référendum et élections, imposé
« Quelle sera la légitimité du pouvoir politique prochain si le taux d’abstentions dans les élections sera très élevé »
C’est ce que Kaïs Saïed, à la veille des élections législatives et présidentielles de 2014, a déclaré [28]
Aujourd’hui, il nous gouverne grâce à des consultations qui, les taux de participation les plus bas de notre histoire, ont affiché
Qu’il s’agisse des élections législatives ou présidentielles, de son référendum constitutionnel ou de ce qu’il a appelé
Istichara, une plateforme électronique donnant, soi-disant, « l’opportunité à tous les citoyens de, librement, s’exprimer
Et en toute transparence, à propos du redressement de la transition démocratique en Tunisie et l’opportunité
[Également] de l’élaboration d’une nouvelle conception des choix fondamentaux, au système politique en Tunisie, liés » [29]
Le taux de participation à l’Istichara, c’est à moins de 6% qu’il s’est situé, et celui de ceux qui ont approuvé
Dans cette Consultation en ligne, son modèle de société, son système et son projet politique, il est encore, du zéro, plus près [30]
Bien que les participants aient opté pour l’«Amendement de la Constitution », c’est une nouvelle qu’il a préféré imposer [31]
Ce qui prouve déjà que tout ces remue-ménages ne sont que des trompe-l’œil : alea jacta est, c’est son choix qui va primer 
Quant aux participations au référendum constitutionnel, aux élections législatives et présidentielle, elle se sont élevées
Respectivement à, environ, 30 %, 10 % et 30 %, ce qui prouve lesdites illégitimités
Et cela, à l’aune et à la lumière des critères de légitimité, par Kaïs Saïed lui-même, développés
Illégitimités, par son refus catégorique perdurant de promulguer la Cour constitutionnelle, doublées [32]
Considérant, probablement, en elle un contre-pouvoir qui, mettre fin à sa persistante fuite en avant, pourrait 

Et, pour finir, un petit message, à mes camarades de lutte, adressé :
En attendant d’avoir, un jour, de bonnes nouvelles, avec vous, à partager
Je vous souhaite d’être robustes et vaillants pour cette nouvelle année
Car, il nous faudra une insubmersible volonté pour ne rien lâcher
Quand le moral flanche et l’on se trouve, devant la bêtise humaine, désarmé
Bêtise, par la chute continue de « l’Indice de liberté humaine », confirmée [33]
Matérialisée par des prisonniers de plus en plus nombreux, des vies brisées
Détenus pour des motifs politiques avec des centaines de familles impactées
Ayant vu leurs paisibles vies, du jour au lendemain, en enfer, transformées
Avec un volume de douleurs, d’horreurs, de malheurs qui ne font que s’amonceler 
Subissant des souffrances collectives risquant de les faire détruire à jamais
Dont le quotidien est, par les files d’attente devant les prisons, ponctué
Par les larmes, la détresse et le désarroi, et la préparation du « panier » [34]
À apporter, régulièrement, au parent-détenu qui est incarcéré
Souvent à des centaines de kilomètres de ses amis, de sa parenté
Dans des établissements pénitentiaires, objet d’une enquête qui fut menée
Par la LTDH, montrant que les droits minimaux des prisonniers y sont violés
Enquête qu’ elle a effectuée dans le cadre d’une convention qu’elle a signée
Avec le ministère de la Justice, ayant fourni d’inquiétantes données [35]
Je vous souhaite aussi que vous soyez épargnés de son liberticide décret [27]
Je souhaite enfin que la déclaration de la Présidence, du 28 janvier
2021, qui « affirme que la Présidence garantit la liberté
D’opinion, d’information, de publication, d’expression et de pensée » [36]
Puisse remplacer son dit décret, avec son article 24, et devienne réalité
Quant au  jour où « les chaînes se briseront », il  viendra, j’en suis persuadé
Et le jasmin refleurira  grâce à une résistance pacifique et décidée
Conduite par notre jeunesse et nos femmes, comme il fut souvent par le passé
Pour reprendre en main notre destinée, et retrouver nos rêves kidnappés 

Salah HORCHANI

[1] https://droit.cairn.info/droits-et-societes-au-maghreb--9782384091300-page-267?lang=fr

Michel CAMAU est professeur émérite des universités (Science politique). Il a dirigé l’IREMAM ( Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, Aix-en-Provence), a enseigné à l'IEP (Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence) et a été directeur de l’IRMC (Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, Tunis) de 1992 à 1997.  Il considère que sa première vraie expérience d’enseignement est son passage, en tant que coopérant, au collège de Kasserine (où il avait écrit sa thèse ) et à la FSJPST (Faculté des sciences juridiques politiques et sociales de Tunis), où il a enseigné en DEA (ancienne dénomination du Master 2, avant 2005) de science politique.

[2] Voir la vidéo ci-dessous, de la minute 21 : 20 à la minute 23 : 45.

https://www.youtube.com/watch?v=K9s1v7h0Vnw 

[3] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/280519/elections-tunisiennes-2019-dis-leur-eya-dis-leur

[4] Dans ce contexte, voir aussi le lien suivant :

https://www.mdpi.com/2313-5778/8/2/43

[5] https://www.20minutes.fr/monde/2627839-20191014-tunisie-kais-saied-nouveau-president-pays

[6] https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2026/01/11/kais-saied-et-le-naufrage-de-la-tunisie_6661358_6116995.html

https://www.areion24.news/2024/02/07/tunisie-lheritage-revolutionnaire-selon-kais-saied/4/

[7] https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/tunisie-inquietante-derive-autoritaire-kais-saied

[8] Voir ci-dessous, à partir du vers :

Quand à la date de la fête de la Révolution, c’est le 14 janvier, n’en déplaise à qui vous savez

[9] https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260115-tunisie-la-d%C3%A9mocratie-%C3%A9touff%C3%A9e-quinze-ans-apr%C3%A8s-la-chute-de-l-ancien-r%C3%A9gime-ben-ali  

[10] https://www.bic-rhr.com/research/tunisie-de-la-revolution-de-2011-la-chute-de-la-iieme-republique

Pour un bilan du premier mandat de Kaïs Saïed, voir le lien suivant :

https://hctc.hypotheses.org/4822

[11]  Ce vers et les 5 qui le précèdent sont extraits du poème suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/090125/tunisie-14-janvier-2011-14-janvier-2025-la-revolution-nous-appelle

Pour les sources des informations qui y sont contenues, voir la vidéo suivante, de la minute 19 : 35 à la minute 21 :10.

https://www.youtube.com/watch?v=umJ4yZMHVd0

Voir, aussi, la vidéo ci-dessous de la minute 0 : 50 à la minute 7 : 55, en particulier, de la minute 6 : 20 à la minute 7 : 20.

https://www.facebook.com/reel/1848361459385034 

Voir, également, le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220919/tunisie-mais-qui-est-kais-saied-favori-de-la-course-au-palais-de-carthage

[12] Ainsi, le mouvement  Génération Z a organisé, ce mercredi 14 janvier 2026, à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution, une belle marche de protestation à Tunis placée sous le slogan « Game Over » :

https://www.facebook.com/nawaat/videos/1873810656840722

https://businessnews.com.tn/2026/01/14/14-janvier-le-groupe-generationz-manifeste-a-tunis-sous-le-slogan-game-over/1382886/

[13] Dans ce contexte, j’ai écrit ces quelques vers, parus sur Facebook [14], suite à la visite effectuée par le président Kaïs Saïed à Sidi Bou Saïd, après le passage de la tempête Harry où elle a causé d’énormes dégâts : [15]

Après chaque catastrophe, on le voir arriver,
Au pas de course, avec sa garde rapprochée,
Ses critiques des régimes passés
Et leur responsabilité dans ce qui vient de se passer,
Avec ses promesses, ses annonces d’enquêtes et de sanctions,
Sur la corruption, discourant,
La coupable permanent
De nos malheurs, de nos afflictions,
Alors qu’il fallait s’en soucier en amont
« N’est pas inédit, ce type de configuration »
Qui fut annoncé au moins une semaine auparavant [15],
Mais l’État a perdu sa préventive fonction,
Le tableau classique, c’est de le voir entouré
Des victimes ou leurs proches, sidérés,
Ne comprenant pas ce qui leur est arrivé
Leur parlant avec compassion
Les prenant dans ses bras, les serrant
Leur promettant merveilles et monts
Et eux, pour sa présence et ses promesses, le remerciant
Et même, le poing serré, l’applaudissant,
À son propre poing serré, répondant
En attendant sa prochaine intervention inopinée
Avec sa mise en scène et son scénario bien rôdés

Illustration 2

[14] https://www.facebook.com/photo/?fbid=2174593069980077&set=a.120896128683125

Illustration 3

Source des photos :
https://www.facebook.com/reel/1186385543661520
Question : Quel est le nombre de gardes du corps sur la photo du bas, dans l’espace limité par les briques, sachant que le nombre total de personnes qui s’y trouvent est égal à huit ?

[15]  https://www.france24.com/fr/info-en-continu/20260130-en-tunisie-le-c%C3%A9l%C3%A8bre-village-bleu-et-blanc-de-sidi-bou-sa%C3%AFd-fragilis%C3%A9-par-des-pluies-intenses

https://actualite.lachainemeteo.com/actualite-meteo/2026-01-21/tempete-harry-en-mediterranee-de-lourds-degats-des-victimes-85080

[16] https://laviedesidees.fr/Tunisie-2025-Ou-en-est-la-Revolution

https://www.facebook.com/photo/?fbid=2159144628191588&set=a.120896128683125

https://rsf.org/fr/classement/2025/maghreb-moyen-orient

[17] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/291125/messages-de-chaima-aissa-ayachi-hammami-et-nejib-chebbi-avant-leur-arrestation

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/070525/tunisie-propos-du-verdict-du-proces-de-la-honte

[18] https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/01/14/dans-la-tunisie-gouvernee-par-kais-saied-la-justice-a-cesse-d-etre-un-contre-pouvoir-elle-est-devenue-un-instrument-de-discipline-politique_6662100_3232.html

[19] https://www.facebook.com/photo?fbid=1202687585329083&set=a.505433795054469

[20]https://www.facebook.com/crldhtunisie/posts/pfbid0GoySJS5ey6nv9gGUwkbcxbgsvWVaQv1FXHRVmptcgPEPKLiZWeryFC8kyQ1rNWkMl

[21] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/060120/tunisie-revolutionnaire-apres-l-heure-touch-pas-mon-14-janvier

Dans ce contexte, voir aussi les liens suivants :

https://www.leaders.com.tn/article/3695-le-vendredi-14-janvier-2011-une-date-phare-de-l-histoire-de-la-tunisie

https://nawaat.org/2025/12/31/dates-historiques-en-tunisie-leternelle-obsession-du-pouvoir/

[22] https://inkyfada.com/fr/podcast/serie/tu-etais-ou-le-14-janvier/

[23] Conseil d'ami ou avertissement ? La lettre d'Abdelwaheb ...

https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=2521234994888959&id=100010074487427&rdid=KyBTl6v9iZW2pZ38#

[24] Sur le régime novembriste ( en référence au coup d'État médical de Ben Ali contre le président Habib Bourguiba qui a eu lieu le 7 novembre 1987 ), Sadok Chaabane a écrit, entre autres, les ouvrages suivants :

Sadok Chaabane, Ben Ali : bâtir une démocratie, de la lutte des croyances à la compétition des programmes (Maison arabe du livre, Tunis, 2005).

Sadok Chaabane, Les défis de Ben Ali (Les éditiond de l’Orient, Paris,1999).

Sadok Chaabane, Ben Ali on the Road to Pluralism in Tunisia (American Educational Trust,  1997).

[25] Ce qui suit est une traduction de l’intervention d’Abdelwaheb Maatar, dans la deuxième vidéo de la référence [11] ci-dessus, de la minute 0 : 50 à la minute 8 : 00 .

« En 1983, nous avons franchi tous les deux avec succès le concours de l’assistanat de l’enseignement supérieur ; lui, il est demeuré assistant, alors que moi, j’ai eu mon doctorat et suis devenu professeur de l’enseignement supérieur. Je fus même, simultanément, professeur et avocat (...) Je vais évoquer un événement en relation avec Kaïs Saïed : en 2002, quand Ben Ali a modifié la Constitution, par référendum, afin qu’il puisse se représenter à la magistrature suprême sans limite de nombres de mandats et qu’il ait d’énormes prérogatives que Bourguiba n’avait pas, j’ai déposé une plainte auprès du Tribunal administratif, et après auprès de la Cour africaine des droits de l’homme, pour invalider ce référendum, parce que je pensais qu’il était contraire à la constitution, et cela en tant qu’avocat. J’ai contacté alors, dans ce cadre, mes collègues [de tout grade] qui enseignaient  le Droit constitutionnel dont Kaïs Saïed – cela est un témoignage pour l’Histoire – et, le plus important dans tout cela, c’est que Kaïs Saïed - qui est demeuré toujours assistant, sans évoluer - m’a répondu  « Tu veux détruire mon avenir, éloigne-toi de moi ». Il faut dire qu’à cette époque, il était sous l’influence de Sadok Chaabane, il a intégré le parti [de Ben Ali] et il défendait les modifications opérées dans la constitution  par Ben Ali. Ceci est un fait historique connu, il a animé des conférences et écrit des articles à ce sujet, et pour lui, cette situation était normale, parce qu’il était, à cette époque, influencé par Sadok Chaabane ».

Voir, dans ce contexte, la référence [1] ci-dessus où Michel Camau rappelle que Kais Saïed « a cautionné la révision constitutionnelle de 2002 » organisée à l'initiative de Ben Ali.

Voir, aussi, la vidéo suivante, à partir de la minute  0 : 20, où Kaïs Saïed anime une rencontre sur le projet de ladite révision.

https://www.facebook.com/reel/1207260998197907

[26] https://www.webdo.tn/fr/actualite/national/tunisie-decret-54-l-ancien-ministre-de-l-emploi-poursuivi-par-l-isie/216961/

Décret 54 : Maâtar poursuivi en justice par l'ISIE

[27] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/240922/tout-sur-kais-saied-en-plus-de-8000-vers-qui-pourraient-me-condamner-aux-galeres

https://legislation-securite.tn/latest-laws/decret-loi-n-2022-54-du-13-septembre-2022-relatif-a-la-lutte-contre-les-infractions-se-rapportant-aux-systemes-dinformation-et-de-communication/

https://rsf.org/fr/un-d%C3%A9cret-loi-sans-pr%C3%A9c%C3%A9dent-criminalisant-les-rumeurs-et-fausses-nouvelles-menace-l-exercice-du

[28] Voir la vidéo suivante de la minute 3 : 40 à la minute  3 :55 .

https://www.youtube.com/watch?v=VKkQBJ_gggk

[29] https://www.tekiano.com/2022/01/18/plateforme-e-istichara-pour-donner-aux-tunisiens-loccasion-de-sexprimer-comment-participer/

[30] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/210322/e-istichara-monsieur-le-president-kais-saied-votre-place-de-gaulle-partirait

[31] 38 % des participants ont opté pour un « Amendement de la Constitution », contre 36,5% pour « Une nouvelle constitution ».

Pour être plus précis, ces quelques vers extraits du poème [30] :

Le taux de participation à l’Istichara, de moins de 6%, était
Et le nombre de citoyens qui, pour une nouvelle Constitution, ont opté
Est égal à 25 mille sur les neuf millions qui avaient à s’exprimer [68] p
Ce qui nous donne un taux de 0,3%, valeur approchée par excès
Et, Kaïser a considéré que ce taux exprime la populaire volonté
Pour que la confection d’une nouvelle Constitution puisse être engagée

[32] https://www.legrandsoir.info/monsieur-le-president-kais-saied-la-cour-constitutionnelle-vous-tardez-trop-a-la-creer.html

[33] https://www.cato.org/human-freedom-index/2025

https://www.cato.org/sites/cato.org/files/2025-12/human-freedom-index-2025-country-profiles.pdf

[34] En Tunisie, la grande majorité des détenus se nourrit grâce aux  « paniers » ou «couffins» de vivres – et aussi de médicaments, cigarettes,… - apportés à la prison, environ 3 fois par semaine, par leur famille.

[35] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/130525/tunisie-borhen-bsaies-mourad-zeghidi-et-sonia-dahmani

[36]

Illustration 4

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