Tunisie-Élections : Le deal entre Ennahdha et Qalb Tounes, les débuts de Kaïs Saïed

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Chacun parmi les deux premiers vainqueurs des élections législatives,  Ennahdha et Qalb Tounes , que tout opposait jusqu’à la haine réciproque, n’avait cessé de hurler à tue-tête, tous azimuts, à qui voulait l’entendre, sur tous les toits, sur tous les plateaux de radios et de télévisions, sur tous les tons, avec de violents échanges d'invectives, que, jamais, au grand jamais,  il ne s’allierait avec l’autre, et cela, avant, pendant  et après les campagnes électorales pour les élections  présidentielles  et législatives. Le leitmotiv qui revenait régulièrement dans la bouche  du premier, c’est l’impossibilité de s’allier avec un parti suspecté de corruption, de fraudes fiscales et de blanchiment d’argent, et celui qui revenait régulièrement dans la bouche  du second, c’est l’impossibilité de s’allier avec un parti suspecté d’implication dans des affaires d’assassinats politiques, de terrorisme, d’argent sale, d’envoi de jeunes dans des zones de conflit,…, un parti de surcroît islamiste, sponsorisé par le Qatar et protégé par le Sultan Erdogan. L’un et l’autre en ont fait un engagement, un serment solennel devant leurs électeurs, voire tous les électeurs [1]. Et, c’est cet engagement du second qui m’avait conduit à faire campagne et à voter pour son président-candidat lors du second tour des élections  présidentielles [2], Nabil Karoui, qui s’était engagé à se poser en rempart contre l'islamisme, sous toutes ses formes.  Mais, sitôt les élections terminées, sitôt la hache de guerre fut enterrée,  avec  lesdits serments solennels  de chacun devant les électeurs : avec ses 52 députés sur les 217 du Parlement, Rached Ghannouchi a confirmé, encore une fois, ses capacités de manœuvrier en se faisant élire son président - en parvenant  à réunir derrière son nom tous les députés de Qalb Tounes et tous les députés de l’Alliance Al Karama, bras armé d’Ennahdha et du mouvement de soutien au président fraichement élu, Kaïs Saïed, soit dit en passant- et, en contrepartie, en faisant hisser Samira Chaouachi, porte-parole de Qalb Tounes, à la première vice-présidence [3]. Cette entreprise de démolition des valeurs politiques, consistant en un troc conclu, à la dernière minute, en pleine nuit, en un vote croisé concerté entre les  deux partis adversaires,  a désorienté les électeurs et les observateurs, tunisiens et étrangers, qui ne comprennent pas que l’on puisse prendre autant de liberté et aller a contrario des engagements pris, qui ne comprennent pas ces écarts par rapport aux principes, cette addiction des politiques tunisiens aux petits trafics politiciens, addiction qui risquera  d’accentuer encore plus la déconnexion existante entre le citoyen et la classe politique. Les plus désorientés dans cette affaire furent les électeurs de Qalb Tounes qui, à la première circonstance, furent trahis et dupés, et Qalb Tounes leur a révélé sa véritable nature ; quant à ceux d’Ennahdha, ils savaient  que leur gourou a toujours été prêt à toutes les compromissions pour être intégré au système politique afin d’arriver au pouvoir, et cela depuis l’ère Ben Ali [4].   

Cinq jours après que le président de la république a désigné Habib Jomli - un profil compatible nahdhaoui, voire un nahdhaoui tout court, d’après certains médias, preuve à l’appui [5] - comme chef du gouvernement, sur proposition d’Ennahdha, en tant que parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au Parlement, comme le stipule la Constitution - succès qui n’est pas dû à sa force, mais, à l’extrême faiblesse de la mosaïque des autres formations politiques, accentuée par l’inflation du nombre de leurs candidats - Ennahdha qui l’a présenté comme étant un indépendant, et exactement une semaine après que Qalb Tounes a fait la courte échelle à Rached Ghannouchi pour qu’il accède au perchoir, ce dernier a déterré la hache en déclarant qu’Ennahdha ne participera jamais à un gouvernement auquel prendra part le parti Qalb Tounes [6]. Ce qui a conduit Nabil Karoui à commenter cette déclaration ironiquement en soulignant que, dans ces conditions, le mouvement Ennahdha pourrait bien passer dans l’opposition [7] a.  

En résumé, chacun des deux adversaires a décidé de pactiser avec l’autre, pour en faire un allié de circonstance, et comme si le deal concernait uniquement l’un et l’autre pour qui la morale, l’électeur et la Patrie comptent pour du beurre : adversaires un jour, alliés un autre jour, advienne que pourra, et, au diable les engagements pris, le respect de la parole donnée, les obligations morales, les règles déontologiques, l'éthique politique, la confiance entre les électeurs et leurs représentants, les citoyens abusés, la défiance à l’égard des politiques et leur parole,... Et, je parie mille contre rien qu’une telle alliance de circonstance ne sera pas la dernière [7]b.

Y a plus d’parole
Y a plus d’morale
Y a plus d’éthique
En politique
Être honnête, c’est archaïque

Tout fout l’camp

Plus d’moralité
Chez nos députés
Très souvent absents
Des bancs de l’ARP
Qu’ils soient rouge ou blanc
ils n’ont plus de passion
Pour la Patrie
Toutes leurs pulsions
C’est pour leurs partis
Et aussi pour le grisbi

Tout fout l’camp

Y a plus d’hommes politiques
Ils ont perdu la raison
Plus qu’des quasi-politiques
Sans compétence, ni formation
Qui font semblant
Bricolant, ignorant
Le sens de la Nation
Juste intéressés par la fonction

Tout fout l’camp

Y a plus de charisme
Chez l’président
Mais du populisme
Président clivant
Avec un zeste d’autisme
Doublé d’un certain mutisme
Protecteurs boucliers
Parano
Il s’est révélé
Un élément de désunion
Voyant partout des complots
« Dans des chambres noires se tramant »
Dont il connait les auteurs, précisant
Accusant médias de tous bords
Et Institutions également
De plein de crimes, de plein de torts
Leur promettant
Punitions et châtiments
Et, cela dans un discours hystérique
Un vocabulaire caustique
Un rictus condescendant
Et un ton menaçant
[8] a.
Lui, qui , auparavant
S’est montré bienveillant
Avec tous, sans distinction
C’était au temps des élections
Mais, depuis, il est sorti de sa tanière
Et avec quel style , quelles manières !
 
Tout fout l’camp

Non conciliant
Notr’Président
Porté aussi sur la diversion
Passant son temps
À nous monter
Les uns contre les autres
De la concorde, il n’est pas un apôtre
« Eux et … nous », ne cesse-t-il de répéter
Alors que, constitutionnellement
Il est le garant
De l’unité de la Nation
Ces insanités
Se sont manifestées
Lors de son discours premier
De président confirmé
[8] a.
Ce qui ne présage rien de bon
Pour la suite des événements
Et en ferait un dangereux président
Comme, je l’ai écrit, explicitement
Le jour même de son élection
[15]

Tout fout l’camp

Y a plus d’boussole
Y en a ras-le-bol
Ç’n’est pas uniquement
D’la faute du Grand Satan
L’électeur y est également
Fautif lourdement
Par son abstention

Tout fout l’camp
 

À quoi bon
À quoi bon le hurler
À quoi bon
Quoi bon le gueuler

Y a plus d’printemps
Y a plus d’jasmin
Y a plus d’dégage
Y a qu’du vent
Y a plus rien
Y a qu’d’la rage

À quoi bon
À quoi bon que je m’attriste
P’têt’ c’est moi qui suis idéaliste !
À quoi bon
À quoi bon me lamenter
P’têt’ c’est moi qui suis dépassé !

À quoi bon
À quoi bon êtr’inquiet
Ma vie est déjà déroulée

Si je le suis
C’est pour mon pays
Ma patrie
Par fidélité
Envers ma Tunisie
Depuis quelque temps
brisée
Envers celles et ceux qui
Lui ont donné
Leur vie
En criant «Dignité, Liberté !»
Afin qu’aujourd’hui
Je puisse parler ainsi
Sans craindre d'être jugé
Ou poursuivi
Et pour notre postérité
Aussi

Comme aurait chanté Mouloudji, avec justesse [8] b. 

Pendant ce temps-là, le président Kaïs Saïed ne cesse
Aux salons du palais de Carthage de jouer à l’hôtesse
Recevant politiques, diplomates, société civile,..., jeunesse
En multipliant bourdes, balourdises et pataquès [9]
En développant, ses rares thèmes de campagne, sans cesse [10]   
En se fondant dans la guimauverie de manière expresse
Sentimentalisme que je trouve stérile, je le confesse
Avec des interventions, souvent à l’emporte-pièce
La dernière concerne le corps des Douanes et montre son ignorance
Des affaires douanières, de leur gestion  et de leur gouvernance
Tout en étant un coup de pub populiste poussé à outrance [11] a. 
Et, la plus grave, c’est sa révélation avec une inouïe aisance
De la raison qui a fait finalement pencher la balance
En défaveur du chef de la diplomatie, et cela en présence
D’un journaliste étranger qu’il a invité pour la circonstance
Révéler un tel secret d’État, c’est de la pure inconscience
Il ne se passe pas de semaine sans qu’il n’enrichisse son palmarès [11] a.
Un homme d’État ne peut venir de nulle part, ne peut être past-less
Politique, et, pour notre président, c’est là où le bât blesse
Sans engagement antérieur, sans culture politique, voilà sa faiblesse
Il se la joue comme s’il était un révolutionnaire de grande hardiesse
Traitant le 14 janvier d’avortement de la révolutionnaire grossesse [11] a
Jour que ne pourraient comprendre que ceux qui y ont participé parmi les النَّاسِ
النَّاسِ , mot arabe qui signifie « les gens » = phonétiquement, « ennes »
Alors qu’il fut absent dans toutes les étapes du révolutionnaire process
Comme il le fut toujours, avant  que le souffle de l’insurrection naisse
Alors que la contestation grondait déjà, dans les campus, amphis et classes
Il vient des plateaux TV qui lui avaient concédé une ample largesse
Le lançant comme on lance un nouveau produit alimentaire ou de fitness
Ou bien les renoms qui, par la magie de la télé-réalité, naissent
Après ce même 14 janvier qu' aujourd’hui, ingratement, il délaisse
En l’invitant régulièrement, comme s’il était un homme de presse
Faisant preuve de qualités exceptionnelles d’analyste de grande adresse
Lui permettant de se faire connaitre dans la sphère du politique business
Sa particularité, c’est sa voix monocorde, sans chaleur, sans allégresse
Il fait mine d’oublier la Constitution et ce qu’elle professe
Lui, le soi-disant constitutionnaliste de date pas si fraîche [11] b.
Qui n’hésite jamais à le rappeler à ses ouailles dans ses prêches
Mais, sur les autres sujets, avec les médias, il est revêche
Excepté son slogan « Le Peuple veut » que, sans cesse, il rabâche
Slogan piqué à la Révolution qu’il n’a pas faite, n’empêche
Je disais donc, il oublie la Constitution et ce qu’elle professe
À propos de ses prérogatives, en faisant plein de promesses
En l’air à ses fans, toujours admiratifs, toujours en liesse
Attendant de leur messie qu’il réalise les promises prouesses
En particulier cette gouvernance, soi-disant, d’inédite espèce [12]
Pour laquelle, la démocratie représentative est HS
Allant bien au-delà de ce que la Loi-mère lui laisse
Et si les députés la refusait, pas de panique, ni de stress
Ses gardes rouges sont là pour imposer leur vitesse [12] a.
Et, au diable la Loi-mère, les députés et leurs maladresses
Gouvernance qui prévoyait déjà que tout cela disparaisse
Je disais donc, le président ne cesse de jouer à l’hôtesse
Tout en continuant à résider  à la même adresse
En poursuivant son jeu de populiste, sans aucune finesse
Provoquant de monstres embouteillages, s’il est l’heure qu’il apparaisse
Faits et gestes présidentiels, souvent non analysés par la presse
Presse qui ne réalise pas les risques contenus dans la pièce
Qu’il nous a concoctée avec Ridha Mekki, sans mollesse [12] b.
Ils l’ont présentée de manière que, révolutionnaire, elle paraisse
Afin que tous les  déçus, depuis la Révolution, s’y reconnaissent
Pièce qui, sous des régimes de triste mémoire, fut aussi maîtresse [12] a.
Que l’on retrouve dans le système qui a enfanté les SS
Il n’a manifesté aucune réaction face à la main basse
Représentée par l’accord sécuritaire signé par son altesse
Le Sultan Erdogan avec la Libye, sujet qui nous intéresse [13]
Plutôt avec la partie qui devant son « fréro » de Sultan s’abaisse
Celle qui est soutenue par les milices islamistes de toutes espèces
Accord non pas pour pacifier, mais, pour qu’un protectorat s’y établisse
Aubaine pour l’Internationale islamiste pour que ce pays s’islamistise
En attendant de faire de même chez les voisins où l’islam vit en crise
Avec les modernistes, pense-t-il, et, aux islamistes, sauver la mise
Et, qui plus est, il y réalise sa mainmise, un véritable casse
Des richesses hydrocarburées renfermées dans cet espace [14] a.
Et, il vient de le recevoir à Carthage lors d’une grand-messe [14] b.
Visite-surprise pour les médias, mais, s’est dite invitée, Sa Hautesse
Sa Hautesse qui, de plonger dans la politique des axes, nous presse
Tentant de nous vassaliser, et souhaite que notre démocratie trépasse
Elle a mis à mal notre novice président, en nous découvrant sa mollesse
Pour le déstabiliser, avec son sermon-tabac, elle n’a pas manqué d’audace [14]c.
La situation est grave, et, il faut arrêter de se voiler la face
Imprévisible président qui, vers une pente à haut risque, progresse
Et qui, l’idée de chambarder notre historique neutralité, caresse [14] c.
Il a donné l’impression que, les provocations ottomanes, il embrasse
Et il a empêché les journalistes de couvrir ses indélicatesses [14] d.
Il nous révèle chaque jour ses limites et son amateurisme qui nous angoissent
Il continue d’enrichir sa collection de bévues et maladresses
Plus il intervient dans la vie publique, plus sa popularité baisse
Serait-ce le moyen  le plus démocratique pour qu’on s'en débarrasse !
Il est à mille lieues de Bourguiba, de Bajbouj et de leur sagesse     
Dans cette ambiance incertaine, marquée par les petitesses
Rien que la vue de nos trois présidents m’envahit de tristesse
Et me donne envie de porter cache-yeux et boules Quiès
Et, s’il vous plait, surtout, ne me demandez pas si je suis « labess» [14] e.
Quant à la famille moderniste, elle se morfond dans sa détresse
Et, parmi ses chefs, pour faire son mea culpa, personne ne se presse
Certains mêmes, jusqu’à pactiser avec le diable, s’abaissent
Et, pour refaire l’unité qu’ils ont disloquée, aucun ne s’empresse [15] 
Notre Unité, l’unique chemin pour que la Partie se dresse
Enfin, contre les obscurantistes de tous bords et leurs bassesses
Sans oublier le président avec son dessein qui nous oppresse
Contre leur funeste projet et leur spirituelle étroitesse

Bientôt l’avènement de la Révolution, on commémorera 
Après neuf années de lutte qui ont connu des hauts et des bas
Dont la principale victoire, à la liberté d’expression, se limita
Et à l’inscription, dans la Loi-mère, de la civilité de l’État
On le commémorera avec trois présidents qui sont loin de mon choix
Parmi lesquels aucun, à la Révolution, ne participa
Dont deux font tout pour falsifier l’Histoire et tromper le Tunisien lambda
Souffrant de déficit de compétence face aux innombrables aléas
Des faillites socio-économiques que le pays, depuis neuf ans, accumula
Dans un contexte où « chacun pour soi » et « au plus fort la poche » sont rois
Le couffin de la ménagère se multiplia environ par trois
Le pouvoir d’achat des plus démunis, continûment, dégringola
Le niveau de l’activité économique est à son plus bas
Le taux de chômage, surtout celui des jeunes diplômés, explosa
L’ARP est un ensemble, sans majorité, formant un magma
Mathématique où l’addition des intérêts est son interne loi
Des acteurs politiques changent leurs valeurs comme on change de bas
Dévoilant qu’ils ne sont que des simulacres sans loi ni foi
L’abstentionnisme, en particulier dans notre famille, l’emporta
Notre jeune démocratie fait difficilement ses premiers pas
Le programme social et économique du chef de l’État se résume à :
Tout ira pour le mieux, Madame la Marquise, il n’y a qu’à
Donner le pouvoir de décision au peuple, et tout se résoudra
Car, le peuple veut, il sait ce qu’il veut, et ce qu’il veut, il l’aura
N’en déplaise « aux comploteurs qui manigancent dans des chambres noires », comme des rats
« Comploteurs parfaitement identifiés par le peuple », il déclara
« La vraie Constitution est celle écrite par les jeunes sur les murs», il répéta [10] b.
Essence de ses analyses, depuis que, dans la politique, il se lança
Souvent, ses discours et interventions se ramènent à des bla-bla-bla
Qui, bien qu’exprimés dans un arabe châtié, demeurent du charabia
Comme toute son équipe, les rouages de l’administration, il ignora
Que l’on se rappelle les vives critiques que, au corps des Douanes, il adressa [11] a.
Dont Rachida Ennaifer, chargée des relations avec les médias
Sa collègue à la Fac de droit qui, à son sujet, d’éloges, ne tara
Éloges flatteuses  à souhait, et qui, une fois élu, ses louanges, lui chanta [16] a.
Président qu’elle ne cesse de désigner comme « Professeur», par-ci, par-là
Grade qui a l’air de lui convenir, puisque, jamais, il ne protesta
Qui, par son accession au Palais de Carthage, superbement, nous montra
Qu’il est plus facile d’être président que de terminer son doctorat
Pour devenir président, il lui a fallu, seulement, quelques mois
Mais, pour terminer sa thèse, toute sa vie, vainement, il essaya
Maintenant qu’il a le statut de président, peut-être qu’il cherchera
Comme Rached Ghannouchi, à se faire nommer Docteur honoris causa
Par une université quelconque que, quelque part, il dénichera
Éloges et louanges controuvées que le nouveau élu apprécia
Et tout son effort pour se mettre dans ses bonnes grâces paya
Puisque,  conseillère chargée de la communication, il la nomma
Depuis, par sa naïveté, le moins que l'on puisse dire, elle brilla [16] f. 
Son populisme, doublé par son amateurisme, très cher nous coûtera
Souvent, dans chacune de ses entreprises, il tire à hue et à dia
D’autant plus que, de conseillers inexpérimentés, il s’entoura     
Je disais donc, où « chacun pour soi » et « au plus fort la poche » sont rois
Et les islamistes sont toujours embusqués, guidés par Ennahdha
Essayant de ne plus être perçus comme tels, mais, leur ADN est là
Attendant, patiemment, le moment propice pour s’accaparer de leur proie
Malgré tout cela, malgré nos désespoirs, nos actuels tracas
Occasionnés par l’égo de certains chefs qui croît
Chefs de notre courant politique, de surcroît
Apprentis-militants qui cherchent encore leur voie
Dont certains font leurs classes bientôt neuf ans déjà
Juste après que la Révolution n’éclatât
Se voyant tous en haut du plus haut de l’État
Qui nous ont fait perdre, à notre grand désarroi
Les doubles élections, pour la énième fois
Reprenons, malgré nos désespoirs, nos actuels tracas
Le Peuple moderniste, en l’avenir, il croit
Les objectifs du 14 janvier, il défendra
14 janvier que cette année il fêtera
Avec faste pour faire taire falsificateurs et malfrats
Ceux-là mêmes qui essayent de construire leur aura
En réécrivant l’Histoire selon leurs desiderata
Qui, pour la Révolution, n’ont pas levé le petit doigt
Qui prétendent que, à cause du 14 janvier, elle avorta
Qui n’ont jamais crié « Dégage » sur l’avenue Bourguiba
Et qui auront leur spécial « Dégage », s’ils continuent comme ça
Ils étaient ailleurs, quand le vent de la révolte, sur le pays, souffla
Dans notre long combat pour les libertés, sous Ben Ali, ils n’y étaient pas
Qui à Londres,…, qui à la Ligue arabe, « spécialiste » des humains Droits (!) [11]b.
Et, ils ne sont apparus qu’après le 14 janvier, à la Kasbah
Dont la place hébergea le think tanks de la Révolution et fut son agora  
Falsificateurs et malfrats criant «Vive la Révolution, alléluia !»
Tenant un discours, mutatis mutandis, plus royaliste que celui du roi  
Apparus qu’après l’installation définitive du président déchu à Djeddah
Ils se considèrent, aujourd’hui, de la Révolution, l’alpha et l’oméga
Mais, probablement, dans son Histoire, ils figureront sur son errata
À l’image de ce retraité qui, avec désinvolture, avoua
Que la toute première fois de sa vie que, en politique, il vota
C’est l’année où, à la magistrature suprême, il fut candidat
Les élections de 2011 et 2014, ça ne lui dit nada ! [11] b. 
Celui-là même qui, les frissons et les joies du 14 janvier, rata
Aussi les violences policières, après que la foule a explosé de joie
Quand une pasionaria, sur le fronton du ministère de l’Intérieur, monta 
Non plus, leurs coups, leurs bombes lacrymogènes, ni leurs balles réelles, ne le frôla
Frissons de l’enthousiasme, mais, aussi des dangers et des branles-bas
Il n’était pas là quand les manifestants entonnèrent Humat Al-Hima
Alors que les brigades spéciales, en les chargeant, s'en donnaient à cœur joie
Qu’il demande aux centaines de disparus : Chokri Belaïd, Jribi Maya
Mohamed Brahmi et tous les martyrs qui nous observent de l’au-delà
Et aux dizaines de milliers de manifestants qui, ce 14 janvier-là
Étaient sur l’avenue Bourguiba, inventant le « Dégage » qui deviendra
Un slogan universel, presque une obligation, qui éclatera
Dans toutes les révolutions et contestations que la terre connaîtra
De Tunis au Caire, en passant par Alger, Paris, Rome et Sanaa
De Damas à Madrid, en passant par Beyrouth, Santiago et Rabat
Jour qui a vu des scènes de fraternisation entre la foule et des soldats
Qui, avec « Ben Ali Dégage » a sonné, de sa dictature, le glas
Qu’il leur demande «qui, du 17 décembre ou du 14 janvier, pourra
Le mieux représenter, pour l’Histoire, leurs luttes et la victoire de leur combat»
C’est à l’UGTT qu’il doit, en priorité, demander cela
Car, c’est elle qui, les derniers jours de la Révolution, opéra
Sans ses mobilisations régionales, la Révolution ne serait pas
Notre Fédération de l’Enseignement supérieur y contribua
Dans toutes les régions, et, souvent, le syndicat étudiant s’y rallia
Je veux dire le moderniste, car, l’islamiste n’y participa pas
A l’image de ses aînés d’Ennahdha pour qui la Révolution passa
Sans y être mêlés, sans avoir à vivre ses violences et émois [11] c.
Fédération qui fut, partout, omniprésente, ainsi, elle organisa
Sur notre Campus un rassemblement qui, dans notre mémoire, resta
Et cela, à la veille du 14 janvier, jour qui, l’Histoire, ébranla
Le plus grand rassemblement sur le Campus que l’Histoire enregistra
J’y étais et je décris dans [11] d. ce que ma présence y apporta
Rien qu’un epsilon à côté des drames que la répression engendra
Et des martyres que la réussite de la Révolution exigea
Mais, je l’ai rappelé à l’attention de certains partisans d’Ennahdha
Qui ont mis en doute mon engagement dans la révolutionnaire voie
Avant que le président déchu ne prenne le chemin de Djeddah
Ce qui y est dit sur Moncef Ben Salem est vrai pour l’actuel chef d’État
Information vérifiée auprès de mes collègues de la Faculté de droit  
Sait-il au moins que la manif décisive du 14 janvier se dirigea
À partir de la place Mohamed Ali, vers l’avenue Bourguiba
Mohamed Ali El Hammi, père spirituel de ce syndicat
Syndicat Prix Nobel de la Paix, ange-gardien de la civilité de l’État
Qui, déjà, à l’époque coloniale, pour l’indépendance du pays, œuvra
Dans un combat que, avec les destouriens et les communistes, il mena
Son syndicalisme avec son nationalisme, en symbiose, entra
Ses dirigeants furent poursuivis par le colonisateur et déclarés hors la loi
Mohamed Ali El Hammi en paya le prix, et c’est en exilé qu’il mourra
Exil auquel il a été condamné, après un procès qui, cinq jours, dura
Et le martyr Farhat Hached, profondément, son peuple, aima
Amour qui a provoqué, de la part de «la Main Rouge», son assassinat
Le 14 janvier, la foule, sa phrase culte « Je t’aime mon peuple », scanda
Devenue un soutien dans tous les moments difficiles que le pays traversa
Et Tahar Haddad, père spirituel des Droits des femmes et, à la fois
Syndicaliste qui, avec Mohamed Ali El Hammi, fonda
La CGTT, premier syndicat autonome qui ne dépendit pas
De syndicats métropolitains, et que la mosquée Zitouna
Pour son livre-bible défendant les Droits des femmes, excommunia
Excommunication qui, de poursuivre ses études en droit, l’empêcha
Il mourut en exil, et c’est la tuberculose qui l’emporta
Tous les deux sont originaires d’un village du Sud appelé El Hamma
Et, tous les trois, c’est environ à trente-sept ans que la faucheuse les faucha
Je disais donc, c’est à l’UGTT qu’il doit, en priorité, demander cela
Et, c’est pour tous ces faits que l'UGTT doit avoir son mot dire, je crois
Quoi qu'il en soit, le choix d’une date, être un choix de consensus, devra
Nous imposer, comme il l’a fait, le 17 décembre relève du dictat [16] b.
Dans un discours que l’Histoire, parmi les plus provocateurs, retiendra [8] a.
En singleton, cette date, Fête de la Révolution, il décréta
Croyant qu’étant président, il a le droit de décréter n’importe quoi
S’il révise le texte constitutionnel, certainement, il apprendra
Que dans tous ses discours et interventions, très souvent, il s’octroie
Abusivement des prérogatives, tout en étant de bonne foi
Mais la bonne foi ne pourrait être un passeport transgressant les lois
Surtout de la part d’un homme de droit qui crie l’être sur tous les toits
S’il révise le texte constitutionnel, également, il saura
Que la Constitution, dès le départ, explicitement, sépara
Les attributs des deux têtes du législatif, ce qui est de bon aloi
Or, dans la formation du cabinet Habib Jomli, il interféra [16] c.
Je dis cela à quelqu’un qui est censé être plus savant que moi
Dans ce domaine, ce qui ne l’a pas empêché de faire une erreur extra
En faisant porter à Ghannouchi deux chapeaux, comme dans la théorie des quanta
L’un législatif, l’autre exécutif, dans une lettre qu’il lui adressa [16] d.
S’il continue dans cette voie, je me demande qu’est-ce qu’on en fera
Revenons à ces faux révolutionnaires qui pullulent dans tous les endroits
Que tous ces faussaires se rappellent où ils étaient en ces moments-là
En ces moments où manifester pourrait vous conduire à votre trépas
Pour se convaincre que cette révolution-là, ça ne les regarde pas
Et qu’ils aillent voir ailleurs, ces révolutionnaires retardataires, après l’heure
Qui essayent d’avoir le sourire de la crémière, le beurre et l'argent du beurre
Parler de « Le peuple veut » et de « Le peuple sait ce qu’il veut », basta !
Slogans qui, sortis du contexte de la Révolution, sonnent creux et plats
Et qu’un certain retardataire en a fait l’épine dorsale de son agenda
Je suis sûr que, ce dont il s’agit, le lecteur comprendra
Modernistes, soyons si nombreux qu’en 2011, ce jour-là
Quoiqu’il arrive, ce Peuple poursuivra son sacré combat
Porté par sa jeunesse qui, jamais, ne flancha
Créatrice d’espoir, ce que par le passé elle prouva
Et, à ces chefs, un grand coup de balai, elle donnera
Aidée par ses femmes, par ses pasionarias
Ensemble, dans le passé, ils ont fait des exploits
Devenus possibles parce qu’ils y ont mis leur foi
Dont le Sit-in du Départ qui a mis aux abois
Ennahdha qui, pouvoir et privilèges, abdiqua [16] e.
Heureux dénouement que personne n’imagina
Qui, de ses acérées griffes, la Constitution, sauva
Pour en faire une base de modernistes lois
Où sont garantis la civilité de l’État
Ainsi que les principaux libertés et droits
Alors que son projet, c’est rien que la Sharia
Pour garder le moral, n’oublions pas tout cela
Je disais donc, un grand coup de balai, elle donnera
Surtout les égos démesurés, elle éliminera
Notre salut, cette élimination, exigera
Sans elle, toute unification avortera
Les dernières élections, pour le prouver, sont là [15]
Et le pouvoir aux authentiques modernistes ira
Ceux pour qui, seul le bien-être du peuple comptera
Pour qu’il en soit ainsi, l’énergie, on trouvera
De l’avenir de notre démocratie, il y va

Et, un jour tu verras [17]
Le printemps reviendra
Le jasmin refleurira
Chassera les suppôts de Doha
De l’Arabie et d’Ankara
Avec leur projet et leurs mollahs
Avec leurs prêches et leurs fatwas

Et, cette noire parenthèse sera
Parmi tant d’autres souvenirs
Jetée dans la poubelle de l’Histoire
Avec son contenu et ses stars
C’est ce à quoi notre peuple aspire
Des « Dégage », il y en aura
Chaque fois qu’il le faudra
Le destin se pliera
À ce que le peuple voudra
[18]
Le chemin des lumières s’ouvrira
Et le monde nous sourira
La vie nous apparaîtra
Avec un air de nirvana
L’obscurité se dissipera

Mais, cette fois, pour ne plus revenir
Et, le pays retrouvera
Son espoir dans l’avenir
Et, l’âge d’or s’installera

Salah HORCHANI

[1] https://directinfo.webmanagercenter.com/2019/11/14/tunisie-nabil-karoui-et-ghannouchi-ont-menti-a-leurs-electeurs/

http://www.webdo.tn/2019/11/14/quand-rached-ghannouchi-diabolisait-toute-alliance-avec-qalb-tounes/

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/tunisie-ennahdha-appelle-a-faire-barrage-a-la-corruption-20190927

[2] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/180919/deuxieme-tour-de-la-presidentielle-tunisienne-2019-mon-choix

[3] Voir, à ce sujet, l’Avant-propos et l’Addendum de mon article intitulé «L’essentiel de la biographie de R. Ghannouchi et de l’histoire récente de son parti», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/271019/l-essentiel-de-la-biographie-de-r-ghannouchi-et-de-l-histoire-recente-de-son-parti

[4] https://www.youtube.com/watch?v=Cl_271xRt1g

[5] Voir, par exemple, le lien suivant: 

https://www.businessnews.com.tn/le-mensonge-dennahdha--habib-jamli-nahdhaoui-en-2011-independant-en-2019,520,92868,3

[6] http://www.webdo.tn/2019/11/20/rached-ghannouchi-ennahda-ne-participera-pas-a-un-gouvernement-avec-qalb-tounes/ 

[7] a. https://www.espacemanager.com/nabil-karoui-ironise-sur-les-declarations-du-president-dennahdha.html

[7] b. Note ajoutée le 3 janvier 2020 : Pari gagné !

Comme il était prévisible, Rached Ghannouchi a enterré sa hache et Habib Jomli a présenté, hier jeudi 2 janvier, son cabinet – après sept semaines de palabres, de laborieuses tractations, de soubresauts et de rebondissements – composé de 42 portefeuilles dont 14 secrétaires d’État, un gouvernement pléthorique, battant un record dans l’Histoire de la Tunisie, qui n’est pas «indépendant de tous les partis», donc, pas à égale distance de tous les partis, contrairement à ce qu’il avait publiquement, solennellement et avec insistance annoncé le 23 décembre, lors d’une conférence de presse. C’est le fruit d’un contrat manifeste non-déclaré entre les partis Ennahdha et Qalb Tounes, et cela après le refus de tous les autres partis de s’allier avec le premier nommé, qui a conduit à un gouvernement d’Ennahdha et, à un degré moindre, de Qalb Tounes, où, pour s'en laver les mains devant son échec fort probable et tromper les citoyens naïfs, surtout parmi leurs propres électeurs, chaque partie contractante est représentée soit par des partisans qui ne sont pas des dirigeants de premier rang, soit par des crypto-partisans, soit, enfin, par des sympathisants-compatibles à visage non nécessairement découvert, mais qui sont plus loyaux à leur parti d’élection que ses propres encartésD’ailleurs, Hatem Mliki, président du bloc parlementaire de Qalb Tounes, dans une intervention sur Mosaïque FM datée d'aujourd’hui, a donné la définition de l'indépendance en politique : selon lui, «est considérée indépendante toute personne qui n’est pas parmi les figures de premier rang d’un parti et qui ne fait pas partie de ses principaux dirigeants » (sic) (voir le premier lien ci-dessous). Ils prennent vraiment les Tunisiens pour des imbéciles ! Il est significatif et inquiétant que la Coalition Al Karama, le courant islamiste le plus radical représenté au Parlement – Parlement, rappelons-le, fragmenté, dépourvu de majorité réelle, où Ennahdha, le parti majoritaire, jouit de moins du quart du nombre des députés – soit satisfaite du choix des ministres régaliens, à savoir, ceux de la Justice, de l’Intérieur, de la Défense, et des Affaires étrangères (voir le deuxième lien ci-dessous). La satisfaction de cette Coalition – qui a demandé, soit dit en passant, la rupture de nos relations diplomatiques avec la France – et le fait que, constitutionnellement, la désignation des deux derniers ministres cités est du ressort, principalement, du chef de l’État montrent que notre président serait soit un crypto-partisan, soit un sympathisant-compatible islamiste. Il est vrai que les affiliés à la Coalition Al Karama se sont révélés être, à partir de la campagne électorale, les soutiens les plus «musclés» de Kaïs Saïed, «musclés» aussi par le verbe, au vu, par exemple, de la campagne très agressive contre les médias qu’ils ont conduite, il y quelques semaines, reprise par ce dernier lui-même lors de son discours du 17 décembre dernier à Sidi-Bouzid [8]a. Malgré cela, il convient de mentionner que ce gouvernement contient, sans aucun doute, certaines compétences confirmées.  

http://kapitalis.com/tunisie/2020/01/03/qalb-tounes-se-reconnait-dans-le-gouvernement-jemli/

http://kapitalis.com/tunisie/2020/01/02/makhlouf-le-gouvernement-jemli-est-le-resultat-dune-alliance-entre-ennahdha-et-qalb-tounes/

[8] a. Voir, par exemple, les liens suivants :

https://africanmanager.com/m-le-president-dites-nous-tout-ou-taisez-vous/

https://www.tunisienumerique.com/tunisie-video-kais-saied-met-le-feu-aux-poudres-a-sidi-bouzid/

https://www.universnews.tn/a-la-une/quand-le-president-de-la-republique-appelle-a-la-revolte/

قيس سعيد في خطاب وسط الجماهير : تسمعون ما يقولون في أجهزة الإعلام.. سيأتيهم الجواب مزلزلا مدّويا (فيديو)

[8] b. https://www.musixmatch.com/fr/paroles/Mouloudji/Tout-fout-l-camp

[9] Pour sa première bourde, voir la Note ajoutée le 30 octobre 2019 au poème suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/131019/elections-tunisiennes-voila-ou-nous-conduit-la-desunion-des-forces-modernistes-0

[10] a. Voir, par exemple, la vidéo dans le lien suivant :

https://tunivisions.net/32772/retour-sur-la-rencontre-du-president-de-la-republique-kais-saied-avec-un-groupe-de-jeunes-de-kasserine/

[10] b. https://www.leconomistemaghrebin.com/2020/01/09/kais-saied-temps-revoir-constitution/

[11] a. https://www.realites.com.tn/2019/12/la-douane-repond-a-kais-saied/

Le journaliste étranger dont il s’agit est Abdelbari Atwan qui a déclaré dans une vidéo d’une dizaine de minutes postée sur sa page Facebook, voir le lien ci-dessous : « Le président Kais Saied m’a dit qu’il n’a pas pu supporter trois jours ce ministre. Il l’a démis de ses fonctions parce qu’il est le fer de lance de la normalisation avec Israël. Ce ministre était ambassadeur à Tel-Aviv et il a fait beaucoup pour la normalisation avec l’ennemi sioniste. Le président Kais Saied considère la normalisation avec l’ennemi sioniste comme un crime et il l’a donc viré ». Pour ce qui me concerne, je pense que la cause palestinienne touche, pas uniquement tout tunisien, mais, tout démocrate, indépendamment de sa nationalité, parce que c’est une cause juste, que ce qu’a affirmé le président Kaïs Saïed à Abdelbari Atwan, à propos du ministre Khemaies Jhinaoui, est, dans l’absolu, extrêmement grave,  parce qu’il est totalement faux, qui plus est, est nocif pour ladite cause.

https://www.leconomistemaghrebin.com/2019/12/03/president-republique-a-propos-etrange-revelation-secret-etat/ 

Dans le lien qui suit, le président Kaïs Saïed affirme que le 17 décembre, c’est l'avènement de la Révolution,  et que le 14 janvier, c’est la date de son avortement, violant ainsi la Constitution qui parle dans son préambule de «Révolution du 17 décembre 2010 - 14 janvier 2011».

https://www.mosaiquefm.net/fr/video/497803/kais-said-le-17-decembre-l-avenement-de-la-revolution-le-14-janvier-date-de-son-avortement

Voir aussi, dans ce cadre, les liens suivants :

https://www.universnews.tn/a-la-une/bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-conseil-superieur-de-la-magistrature/

https://www.realites.com.tn/2019/12/derapage-incontrole/

[11] b. Voir, à ce sujet, mon poème intitulé «Tunisie - Mais, qui est Kaïs Saïed, favori de la course au Palais de Carthage ?», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220919/tunisie-mais-qui-est-kais-saied-favori-de-la-course-au-palais-de-carthage

[11] c. https://www.legrandsoir.info/a-l-attention-de-monsieur-le-ministre-tunisien-de-l-interieur.html

[11] d. https://www.legrandsoir.info/tunisie-les-faux-leitmotive-d-ennahdha-prelude-d-un-coup-d-etat-islamique-constitutionnel.html

[12] a. https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/201119/tunisie-puissions-nous-de-la-revolution-culturelle-de-kais-saied-etre-preserves

b. Voir aussi les interviews suivantes de Ridha Mekki, son principal mentor et architecte de  sa campagne électorale, accordées à la chaîne Attessia TV :

https://www.youtube.com/watch?v=GBv_PESXCIo

https://www.youtube.com/watch?v=8T7fQPRNEbA

https://www.youtube.com/watch?v=1E692k1AGFQ

https://www.youtube.com/watch?v=FSqeNR0LrFE

[13] http://www.rfi.fr/afrique/20191216-libye-turquie-aide-militaire-erdogan-sarraj-accord-parlement-haftar

[14] a.  https://energies-media.com/grece-accord-turquie-libye-mediterranee-orientale/

[14] b. https://www.tunisienumerique.com/tunisie-lordre-du-jour-de-la-reunion-entre-saied-erdogan-et-sarraj-laisse-craindre-un-scenario-catastrophe/

[14] c. https://www.tunisienumerique.com/?p=484632

https://tunivisions.net/34615/la-coalition-soumoud-reagit-fermement-au-caractere-de-la-visite-du-president-turc-en-tunisie/

https://africanmanager.com/erdogan-a-tunis-kais-saied-botte-en-touche/

https://www.businessnews.com.tn/face-au-sermon-derdo287an-lhumour-pas-terrible-de-kais-saied,537,93910,3

[14] d. http://www.webdo.tn/2019/12/27/la-haica-appelle-la-presidence-de-la-republique-a-respecter-les-journalistes/

https://www.businessnews.com.tn/rsf-rappelle-la-presidence-de-la-republique-a-ses-responsabilites-envers-les-journalistes,520,93950,3

[14] e. L’exclamation  «Labess ! »  signifie  «Tout va bien ! » en arabe.

[15] Voir, à ce sujet, mon poème intitulé «Élections tunisiennes - Voilà où nous a conduit la désunion des forces modernistes », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/131019/elections-tunisiennes-voila-ou-nous-conduit-la-desunion-des-forces-modernistes-0

[16] a. Rachida Ennaifer - professeure des universités (de droit public) a fait partie de la même équipe que Kaïs Saïed, assistant des universités non docteur jusqu’à sa retraite – a écrit, au lendemain de l’élection de ce dernier à la magistrature suprême, un article qui ne tarit pas d’éloge à son égard, voir le lien ci-dessous, où elle déclare : «C’était le seul constitutionnaliste à l’époque (…) Pr Kaïs Saïed m’a encadrée » (sic) et sans commentaire,  disons simplement que ce n’est pas chic à l’égard de la mémoire du regretté Doyen Abdelfattah Amor  qui fut président de l’Académie Internationale de Droit Constitutionnel, fondée le 15 septembre 1984 – à l’époque où Kaïs Saïed était son étudiant –et dont le siège se trouve à Tunis.

https://lapresse.tn/29699/le-professeur-rachida-ennaifer-devoile-la-face-cachee-de-kais-saied-lhistoire-dun-homme-devenu-president-de-la-republique/

[16] b. http://www.webdo.tn/2019/12/17/kais-saied-decrete-le-17-decembre-fete-nationale-de-la-revolution/

[16] c. https://www.realites.com.tn/2020/01/rachida-ennaifer-kais-saied-netait-pas-a-lorigine-de-la-fuite-de-la-composition-du-gouvernement/

[16] d. https://www.businessnews.com.tn/kais-saied--plus-fort-en-calligraphie-quen-constitution,520,94136,3

[16] e. Voir, à ce sujet, mon poème intitulé  « Prix Nobel de la Paix 2015 : une petite pensée pour le "Sit-in du Départ "», paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/091015/prix-nobel-de-la-paix-2015-une-petite-pensee-pour-le-sit-du-depart

[16] f. Voir, par exemple, le lien suivant :

http://www.tunisiefocus.com/politique/rachida-ennaifer-l-idiote-utile-jusqua-quand-222322/

[17] Cette strophe a été inspirée par la chanson « Un jour tu verras » de Mouloudji que l'on peut trouver sur le lien suivant :

https://greatsong.net/PAROLES-MOULOUDJI,UN-JOUR-TU-VERRAS,107487936.html

[18] Les deux vers :

Le destin se pliera
À ce que le peuple voudra

sont inspirés de la dernière strophe de notre hymne national que l’on peut traduire par :

Lorsque le peuple un jour veut la vie
Le destin se doit de répondre 
Aux ténèbres de se dissiper
Aux chaînes de se briser

Dont l’auteur est Abou el Kacem Chebbi, le Rimbaud de l’Orient
Qui a révolutionné la poésie arabe au siècle dernier
Strophe dont les islamistes souhaitent vivement la disparition
Et qu’ils refusent, dans les cérémonies et manifestations, de chanter
Car, pour eux, c’est un blasphème violant la doctrine de la prédestination
Où les sorts des humains et des nations  sont, par essence, pré-décidés

Et, je l’avoue, ce n’est pas sans fierté que je rappelle, dans ce cadre, qu’Abou el Kacem Chebbi est mon oncle maternel de lait, car, ma mère est la sœur de lait d’Abou el Kacem Chebbi (les deux ont partagé ensemble le sein de la mère du dernier nommé) dont le père était un ami et un collègue de mon grand-père maternel, tous les deux étaient juges et, aux environs des années  dix du siècle dernier, ils ont professé leur métier ensemble dans la ville de Gabès. Dans ce contexte, il convient de mentionner que le Coran (Sourate 4 – Verset 23) et la loi dans tous les pays musulmans interdisent le mariage entre frère et sœur de lait.

Pendant qu’on est dans l’histoire familiale, je rappelle, ici, que Mohamed Bouazizi - le jeune dont l’immolation par le feu, le 17 décembre 2010, devant le siège du Gouvernorat de la ville de Sidi Bouzid, a marqué le début de la Révolution de Jasmin et fut, aussi, l’étincelle du Printemps Arabe - est un Horchani [cf. « Le Territoire des Ouled Sidi Ali Ben Aoun », A. Bessis, P. Marthelot, H. De Montety, et D. Pauphilet, Presses Universitaires de France, Paris, 1956)]. D’ailleurs, Bouazizi a été enterré dans sa terre natale, terre de mes ancêtres, à Groo Bennour sur la rive droite du Zéroud, berceau des « Horchane » (pluriel, en arabe, de « Horchani »), cf., à ce sujet, A. Bessis et al. cités ci-dessus. Dans ce cadre, on peut lire, dans le lien ci-dessous, un texte émouvant, du regretté Abdelwahab Medded, intitulé « La tombe de Mohamed Bouazizi », extrait de son Livre : Printemps de Tunis. La métamorphose de l’histoire, Tunis, Cérès Editions/Paris, Albin Michel, 2011.

http://rumor.hypotheses.org/files/2011/10/La-tombe-de-MOhamed-Bouazizi.pdf

Enfin, le premier martyr de notre lutte pour l’indépendance, exécuté sur le site de Séjoumi, est Mouldi Horchani, un cousin germain de mon père, comme il est rappelé dans l’extrait suivant, issu du lien qui le suit :

« C’est toi aussi qui a soutenu le martyr Mouldi Horchani, ton cousin germain, pendant sa clandestinité, alors que, considéré ennemi public numéro un par les autorités coloniales, il était recherché par toutes ses forces de sécurité et militaires, c’est toi qui l’a convaincu de se rendre, quand il n’y avait plus d’espoir qu’il puisse s’en sortir, pour éviter représailles et bains de sang, quand sa cache, un lieu saint, fut découverte et cernée par ces mêmes forces, et c’est enfin toi, qui, au lendemain des événements sanglants du 9 avril 1938, après un procès expéditif devant le tribunal militaire, l’as accompagné, le jour de son exécution sur le site de Séjoumi, jour où tu l’as entendu crier  "Tahia Tounès ! " en s’abattant, en ce même lieu où s’élève, aujourd’hui, le Monument National des martyrs où son nom trône à son sommet, rappelant qu’il fut le premier martyr exécuté sur ce site ».

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/150218/merci-baba-et-repose-en-paix

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