La iatrogénie (ou effets délétères des actes médico-pharmaceutiques).

Une maladie, un état, un effet secondaire, etc, sont dits iatrogènes lorsqu'ils sont occasionnés par une décision médicale (traitement ou test diagnostique). Les racines grecques iatros (médecin) et genesis (engendrer/ origine) suggèrent la responsabilité du médecin, mais en réalité d'autres professionnels peuvent être responsables, par exemple un pharmacien, une infirmière, etc.

Les produits de santé, ou autres interventions médicales, sont surtout destinés à maintenir ou à améliorer notre état de santé (individuel ou collectif). A l'occasion ils produisent aussi des effets néfastes, par exemple une réaction allergique à un médicament.

Une partie significative des 600.000 décès annuels qui surviennent tous les ans en France est due à la iatrogénie. Par exemple la seule mortalité par cancers liée à l’irradiation médicale à visée diagnostique est estimée à près de 5.000/an en France. Au total, les décès d'origine iatrogène représenteraient au moins 20.000 décès/an dont un quart sont des infections dites nosocomiales. Des estimations plus rigoureuses suggèrent même que les 30.000 décès annuels sont très probablement dépassés. La iatrogénie serait donc au moins la troisième cause de mortalité en France, après les cancers et les maladies cardiovasculaires. Une partie importante des décès d'origine iatrogène auraient pu être évités, ou du moins ils seraient survenus plus tard.

La iatrogénie cause aussi de nombreux scandales sanitaires: sang contaminé, médiator, thalidomide, distilbène, talc Morhange, chlordécone, hormone de croissance, isoméride, prothèses mammaires, dépistages abusifs, dépakine, confinement, etc...

https://blogs.mediapart.fr/wawa/blog/290620/que-faire-quand-est-un-invite-du-depistage

https://blogs.mediapart.fr/wawa/blog/201020/depakine-des-raisons-desperer-pour-ses-victimes

https://blogs.mediapart.fr/paul-cassia/blog/260221/les-diafoirus-du-confinement

Aux USA, où les données épidémiologiques sont plus fiables qu'en France, on estime à 1,5 millions le nombre annuel d’hospitalisations dues à un médicament, ce qui, rapporté à notre échelle, correspondrait à environ 300 000 hospitalisations par an: à quoi il convient de comparer les 100 hospitalisations annuelles imputables à Médiator selon la CNAM: https://www.rolandsimion.org/ponderal-isomeride-mediator-grand-scandale-deviendra-petit/

La puissance des laboratoires pharmaceutiques est telle qu'ils peuvent imposer leurs nouveaux médicaments beaucoup plus chers que les anciens médicaments, sans que les nouveaux soient franchement plus efficaces et/ou moins toxiques que les anciens. Ceci amplifie aussi la sous-estimation des effets délétères des actes médico-pharmaceutiques: https://journals.plos.org/plosmedicine/article?id=10.1371/journal.pmed.0020138

C'est pourquoi les associations médicales les plus honnêtes (par exemple https://formindep.fr/) recommandent de ne jamais accepter quelque gratification que ce soit de la part des délégués médicaux qui collaborent avec l'industrie diagnostique ou thérapeutique.

 

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