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Billet de blog 23 nov. 2021

La Grande Sécu

Le gouvernement planche sur une Grande Sécu tandis que l’Insee annonce que la pauvreté n’augmente pas… mais s’aggrave en intensité. Quant aux LR (Les Réactionnaires) candidats à la présidentielle, ils surfent à qui mieux mieux sur les thèmes récurrents de l’extrême droite (immigration, assistanat).

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A la demande du gouvernement, le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) travaille sur un rapport prônant une fusion de la Sécu avec les mutuelles. Du coup, les mutuelles sont vent debout, et invoquent les 100.000 salariés qui les font fonctionner et le risque d’étatisation de la protection sociale.

Lors du débat d’On n’arrête pas l’éco sur France inter samedi matin (20 novembre), Christian Chavagneux, éditorialiste à Alternatives économiques disait que c’est Bercy qui a fait fuiter l’info sur ce rapport qui n’est pas terminé, afin de plomber le projet du ministre de la santé, Olivier Véran, et du Haut conseil.

Sécurité Sociale à Carcasonne [Ph. YF]

A la Libération, la création de la Sécu prévoyait que 80 % des frais de santé seraient remboursés : les mutuelles d’avant-guerre s’engouffrent alors dans les 20 % restants. Aujourd’hui, elles coûtent 28 milliards d’euros pour 20 milliards remboursés : soit 8 Md€ de frais de gestion pour 12 % du total des remboursements de frais médicaux, alors que la Sécu coûte seulement 7 Md€ pour 80 % des remboursements (les mutuelles dépensent des sommes exorbitantes en publicité, en sponsoring pour attirer des clients).

Évidemment, il y a le risque qu’une fois tout concentré dans un seul organisme, l’État réduise la couverture au détriment des assurés. Reste posé le fait que les 2/3 des dépenses de santé ce sont les revenus des professions de santé. Les dépassements d’honoraires ne sont pas justifiés, de même qu’il est anormal qu’un ophtalmo gagne 2,5 fois le revenu d’un pédiatre.

Enfin, Philippe Mabille, directeur de La Tribune, disait bien au cours de l’émission d’Alexandra Bensaïd que si les salariés ont des mutuelles payées par les employeurs, ce n’est pas le cas des retraités qui payent plein pot. J’ajoute, ce qui n’est abordé quasiment nulle part, le fait que les mutuelles, quoi qu’elles en disent, ne relèvent que partiellement du principe de solidarité puisque plus vous vieillissez plus votre cotisation est élevée.

Témoignage perso : le montant de ma cotisation mutuelle (qui couvre correctement mes dépenses de santé) a augmenté de 92 % en dix ans, avec une pension de retraite qui elle ne bougeait quasiment pas sur la période (soit cotisation passée de l’équivalent d’une demi-pension annuelle à bientôt l’équivalent d’un mois de retraite sur l’année). Cela donne à réfléchir. La France Insoumise avait plaidé en 2017 pour une "sécurité sociale intégrale". Il va de soi que le principe d’une Grande Sécu suppose qu’on clarifie le financement et que l’on garantisse une bonne couverture globale des soins, et non au rabais ce qui aurait pour effet de faire revenir la nécessité de disposer de mutuelles ou d’assurances complémentaires.

Si la Sécurité sociale couvrait l’ensemble des dépenses de soins, sans ticket modérateur (30 % actuellement à la charge de l’assuré, pris en charge en partie par son assurance ou mutuelle complémentaire, s’il en a une), cela simplifierait grandement le recouvrement des frais d’hospitalisation. Actuellement, comme le rappelait Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP lundi 22 novembre matin sur France inter, un petit enfant hospitalisé pour une bronchiolite n’est pas pris en charge à 100 %, ni un malade atteint du Covid, d’ailleurs.

L’hôpital doit alors récupérer le règlement du ticket modérateur auprès des complémentaires, soit éditer des millions de factures présentées aux assurances ou mutuelles. Dont certaines ne couvrent pas en totalité, le patient étant alors contraint à un reste à charge. Si la Sécu couvrait à 100 % une consultation de médecin, le patient n’aurait pas à faire l’avance (les médecins ayant refusé en 2017 le projet du tiers-payant en invoquant le prétexte de la bureaucratisation de leur fonction s’ils doivent solliciter les multiples mutuelles).

Peut-être même que si les soins, dans un contexte réglementaire (donc sans dépassements de tarifs), étaient gratuits, l’acte médical ne serait plus conditionné et chacun n’attendrait pas pour se faire soigner (une étude Ipsos pour le Secours Populaire a montré que 39 % des Français renoncent ou repoussent des soins, en particulier dentaire et oculaire).

La pauvreté s’aggrave… en intensité

L’Insee a publié un rapport selon lequel la pauvreté n’aurait pas augmenté en 2020 par rapport à 2019 : du coup, durant 24 heures, certains médias en causent, font éventuellement leur B.A. en invitant des caritatifs. Trois petits tours et puis s’en vont. D’autres vont vilipender l’Insee au service du pouvoir. Franchement, c’est plus compliqué que ça. Certes, le fait que le directeur général de l’Insee, Jean-Luc Tavernier, ait été directeur de cabinet d’Éric Woerth, c’est loin d’être une référence.

On sait qu’Emmanuel Todd est intraitable avec l’institut de la statistique nationale, il lui reproche de ne pas prendre suffisamment en compte la part des loyers dans le calcul des budgets des ménages. Mais outre que le démographe polémiste règle certainement d’autres comptes avec ses collègues statisticiens, ce n’est pas le sujet du jour, car le taux de pauvreté 2020 calculé par l’Insee et rendu public le 3 novembre est une extrapolation de celui de 2019 à partir de plusieurs paramètres (selon une microsimulation). Ce taux à 60 % du revenu médian ne bouge pas (14,6 %), soit 9,3 millions de personnes en situation de pauvreté monétaire. Et indice Gini à 0,289, sans changement (indice rendant compte du niveau d’inégalité, de 0 [égalité parfaite] à 1 [inégalité maxi]).

L’Insee constate bien un décalage entre la hausse de la pauvreté (hausse des distributions alimentaires) mais conteste l’annonce d’« un million de pauvres supplémentaires » à cause de la crise sanitaire, chiffre qui a été lancé au doigt mouillé par une association et largement repris ensuite. L’Insee, qui redoute justement d’être accusé de vouloir minimiser la situation, précise bien que seuls les « ménages ordinaires » ont été pris en compte dans cette estimation mais ni les personnes vivant en communautés, ni celles sans domicile fixe, ni les Dom-Tom, ni les étudiants, ni les revenus non déclarés… ce qui réduit la portée de l’étude. Par contre, l’Insee considère que, pour le moment, avec les données dont il dispose, il n’y a pas augmentation de la pauvreté, il y a aggravation de la pauvreté des déjà pauvres.

J’ajoute que le taux de pauvreté étant calculé sur un pourcentage du revenu médian (à 60 %, ou à 50 %), il dépend, par définition, de l’évolution de ce revenu. Avec le paradoxe que si ce revenu venait à diminuer… le seuil de pauvreté (SP) s’abaisserait et ainsi le taux de pauvreté diminuerait ! Inversement, plus le revenu médian augmente (plus la situation moyenne générale s’améliore), plus le taux de pauvreté peut s’aggraver.

Il s’agit donc d’une pauvreté relative : c’est ainsi que, compte tenu du système en vigueur, assez arbitraire et peu connu, dans la façon de prendre en compte les unités de consommation (premier adulte 1 UC ; conjoint et enfants de + de 14 ans : 0,5 UC ; enfants de moins de 14 ans : 0,3 UC), on obtient qu’un couple avec un enfant de + 14 ans est en dessous du seuil de pauvreté lorsqu’il perçoit chaque mois 2287 € (SP à 60 %), ce qui n'est pas intuitif de prime abord. D’où le choix de l'Observatoire des inégalités de se référer au SP à 50 % du revenu médian (pour ce couple cela signifie un revenu de 1907 €). Pour ma part, j’ai appelé de mes vœux dans plusieurs articles la référence à des budgets-type de base, comme c’est le cas aux États-Unis par exemple. Sauf qu’il faut bien le reconnaître : c’est très difficile à mettre en œuvre.

Les IADE sont dans la rue

L’Hôpital d’Auch compte 12 infirmier·e·s anesthésistes avec diplôme d’État (IADE). Ce métier a 4 champs d’intervention : l’anesthésie au principal, la réanimation, le SAMU et la prise en charge de la douleur. A Auch, elles et ils sont surtout sur l’anesthésie et la prise en charge de la douleur (et la réanimation pendant la crise du Covid).

Pour obtenir ce diplôme, il faut effectuer les 3 ans d’études d’infirmier·e, 2 ans d’expérience, puis, à la suite d’un concours très sélectif, 2 ans d’école spécialisée d’infirmier anesthésiste.

Une action nationale a été lancée depuis 15 jours, qui se développe principalement dans les petits centres hospitaliers, parfois avec le soutien des médecins anesthésistes et les directeurs, pour revendiquer de meilleures conditions salariales.

Trois IADE étaient sur le marché d’Auch le jeudi 18 novembre au matin [photo YF ci-dessus], représentantes de leurs 9 autres collègues : 25 % des interventions (non urgentes) ont été déprogrammées. Les IADE ont RV avec l’ARS [Agence régionale de santé], avec la direction de l’hôpital, avec les politiques (qui n’ont pas répondu pour le moment). Leur action est illimitée et elles et ils informent la population.

Cette spécialité existe depuis l’après-guerre, elle correspond à un niveau de Master II, elle s’acquiert après une formation faite alors qu’on est déjà infirmier titulaire (sur un parcours de 7 ans). Les IADE restent cependant sur une grille indiciaire des infirmiers, dans une catégorie particulière, mais au même niveau que les infirmiers de bloc opératoire (DE + 18 mois) et les puéricultrices (DE + 12 mois). L’État a créé une nouvelle catégorie : les IPA (infirmiers de pratique avancée), entre l’infirmier et le médecin, qui interviennent sur les maladies chroniques (diabète, psychiatrie, oncologie et gérontologie) et qui ont un niveau Master. Les IADE ont pourtant un niveau de formation comparable, sans avoir ni cette reconnaissance ni la même classification indiciaire. C’est pourquoi elles et ils protestent. La Société Française d’Anesthésie et de Réanimation (SFAR) défend le principe d’un médecin anesthésiste-réanimateur gérant deux salles de réanimation, avec une IADE dans chaque, dans un travail de complémentarité. C’est ce binôme qui assure la sécurité et que défendent les infirmières IADE rencontrées ce matin alors qu’elles s’expliquaient auprès de la population.

Un infirmier anesthésiste a interpellé Martin Hirsch le 22 novembre dans la Matinale de France Inter se plaignant que son métier ne soit pas reconnu à sa juste valeur et se disant prêt à abandonner la blouse pour un autre métier si les revendications n’aboutissaient pas. Le directeur de l’AP-HP reconnaissait qu’il y avait là un combat non pas sur les salaires mais sur la prise en compte d’un statut méritant d’être assimilé à un Master (permettant de poursuivre sur un doctorat ou l’enseignement).

LR : Les Réactionnaires

Les 5 candidats à la primaire tenaient le second débat télévisé (sur BFM) le 14 novembre au soir. Tous bien propres sur eux, mariés et ayant 3 ou 4 enfants. Le thème étant l’immigration et la sécurité, ils ont sagement confirmé leur positionnement de droite extrême. J’ai écouté une heure (faut pas exagérer, l’émission durait 2h53).

Effet Zemmour : ils et elle rivalisent dans le rejet des migrants, des réfugiés, des mineurs étrangers isolés. Si Éric Ciotti a basculé à l’extrême-droite protestant contre une « immigration massive, arabo-musulmane, différente de notre culture », Michel Barnier n’est pas en reste appelant à un moratoire de trois ans (arrêt de l’immigration), utilisant les mots du RN pour qualifier l’Europe de "passoire" (lui l’ancien notable de l’Union Européenne), il continue à invoquer Charles Prats (à qui il donne à tort le titre de conseiller à la Cour des comptes) et ses élucubrations sur la fraude sociale (30 Md€) qu’il mêle honteusement à l’immigration.

Plusieurs s’attaquent au droit du sol (Barnier et Pécresse pour Mayotte, Ciotti pour Mayotte et la Guyane) et proposent un référendum sur l’immigration. Ciotti ne se contente pas du chiffre du RN ou de Barnier (un million d’immigrés en plus sous Macron), alors il lance 2 millions. Qui dit mieux ? Il est fermement contré, à juste titre, sur ce chiffre farfelu par Maxime Zwitec, de BFM. Xavier Bertrand fait un peu plus petit dénominateur commun, disant la même chose que les autres à un poil plus modéré, mais se mêlant souvent les pinceaux (deux fois il dit le contraire de ce qu’il voulait dire, le stress sans doute).

Quant au port du voile, c’est la totale : interdiction de « l’étendard de l’islam politique » pour les usagers du service public, dans les sorties scolaires, à l’hôpital (comme Philippe Juvin dit qu’à l’hôpital, où il est chef de service, il soigne tous les malades, Ciotti se rétracte et admet que ce ne soit pas interdit aux urgences). Juvin, qui se démarque un peu des autres, dénonce le discours anti-Europe (visant aussi ses petits camarades) et affirme qu’aucune loi européenne ne s’applique en France qui n’a pas été préalablement acceptée par la France. Il conteste Edouard Philippe qui a dit le contraire récemment dans une tribune du Monde. Personne ne le reprend là-dessus.

Lors du second débat, sur CNews cette fois, le 21 novembre, animé par Laurence Ferrari et Sonia Mabrouk, Éric Ciotti appelait à envoyer l’armée dans les quartiers « qui ont échappé à l’ordre de la République » (500 quartiers selon « un préfet », dit-il). Ce serait comme Vigipirate : 10.000 soldats ! CNews qui, on le sait, est fortement engagée dans l’extrême-droitisation du pays, a effectué un sondage selon lequel 62 % des Français seraient favorables à cette intervention de l’Armée (34 % contre).

La journaliste d’extrême-droite Sonia Mabrouk, dont on connaît les questions partisanes et agressives (contre la secrétaire générale de l’UNEF), son soutien à Zemmour (lors de l’interview de Bruno Le Maire du 8 octobre sur Europe 1), reprochait à Michel Barnier rien moins que d’avoir dit « islamisme radical », expliquant, elle, que tout islamisme est radical et prenant la défense de Laurent Wauquiez et permettant à Ciotti qui, on le sait est pro-Zemmour (prêt à voter pour lui) a beau jeu de dire qu’il a toujours soutenu le président de la Région ARA. Barnier, ne voulant pas être en reste, approuvait Wauquiez : « le travail c’est mieux que l’assistanat ».

Xavier Bertrand, parce que le handicap est vendeur, propose que la pension de réversion soit versé à l’enfant handicap majeur en plus de son AAH (allocation adulte handicapé) : c’est généreux, n’est-ce pas ? Sauf que c’est déjà le cas dans la réglementation. Il se prononce également pour que l’on ne tienne plus compte des revenus de la famille pour l’attribution de l’AAH : que ne l’a-t-il fait avant, lui qui a été ministre de la Santé, et qui a le culot de dire qu’il n’y avait aucun problème à l’hôpital avant Hollande et Macron ? Tout allait pour le mieux dans les hôpitaux sous Chirac et sous Sarkozy ? Il croit pouvoir nous faire oublier Mattei (tarification à l’acte) et Bachelot (transformation de l’hôpital public en entreprise rentable avec sa loi HPST).

[Photo YF]

13-Novembre

130 morts, 413 blessés (dont 99 en urgence absolue), abattus froidement par des individus qui ont peut-être cru qu’ils vengeaient d’autres morts en Syrie, mais dont l’inhumanité est sans bornes. Déjà, trois ans auparavant, pour la même "cause", l’un avait tué à Toulouse à bout portant des enfants, parce que Juifs. Quelques rares défenseurs de ces massacreurs ont prétendu que les Résistants aussi avaient été qualifiés de terroristes. Or les Résistants n’étaient pas des terroristes : ce sont les Nazis et le régime de Pétain (si cher à Zemmour) qui les nommaient ainsi. Les attentats commis par les Résistants visaient précisément l’armée et la police allemandes occupantes, ou la milice française (ce que Zemmour a justement reproché aux Résistants en prétendant qu’ils poussaient à la guerre civile en tuant des collabos !).

Il importe de bien mesurer que le but de l’État islamique et de ses complices en Europe était de provoquer un fossé définitif entre les populations d’origine arabe et musulmane et les autres. Ils ont en partie réussi grâce à la complicité ou plutôt à la bêtise de celles et ceux qui se sont emparés de cette tragédie pour désigner les musulmans comme globalement coupables. Certains désormais, pas seulement à l’extrême-droite, sont à l’affût du moindre événement permettant de mettre en cause un "musulman". C’est la fameuse caricature : si vous demandez l’heure à Zemmour, il vous assène qu’un Arabe vous a volé votre montre.

Le summum de l’ignominie consiste à ne même plus invoquer les attentats : Zemmour n’en parle pas ou très peu. A partir du moment où il a établi que "islam = islamisme" et "islamisme = djihadisme", son combat haineux et raciste n’a même plus besoin de s’invoquer de cette tragédie (il lui suffit de proclamer que les Musulmans dans leur ensemble n'ont rien à faire dans ce pays). Car évoquer le 13-novembre, c’est aussi rappeler que, parmi les victimes, comptant 19 nationalités, il y avait plusieurs personnes de culture musulmane.

. Certaines de ces chroniques sont parues, parfois partiellement, sur mon compte Facebook.

Billet n° 645

Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et "Chroniqueur militant". Et bilan au n° 600.

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