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Billet de blog 29 nov. 2021

Bolloré, le monstre du Loch’

Bolloré poursuit sa tentative de contrôle d’une partie de la presse pour déverser sa propagande d’extrême droite, comme lorsque ses médias traitent des migrants, des musulmans et évidemment servent de tremplin à Zemmour. Avec CNews, il donne la parole à un courant catholique intégriste qui voudrait tant faire l’impasse sur la crise grave à laquelle se confronte l’Église.

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Mediapart a organisé le 23 novembre dans À l’air libre un débat avec des journalistes de StreetPress, de Les Jours, de Politis, de Blast et du Fonds pour une presse libre, sur le raid de Vincent Bolloré sur la presse. Le magnat se constitue un empire médiatique surfant plus que jamais sur l’extrême droite, contrôlant CanalPlus (2015), I-télé devenu CNews , le Journal Du Dimanche, Paris-Match, Europe 1 et vise Le Figaro. Il fait venir sur Europe 1 (dont il n’est pas encore le patron) des journalistes d’extrême droite : Dimitri Pavlenko (de CNews), Sonia Mabrouk, Jacques Trémolet de Villers (du Figaro) et la petite bande de l’hebdo d’extrême droite Valeurs actuelles : Geoffroy Lejeune, Charlotte d’Ornellas, Tugdual Denis, Luis de Raguenel. 

La Croisade de Bolloré

(résumé d’un long article paru dans M le magazine du Monde avec quelques rajouts).

Aux âmes bien nées… Vincent Bolloré, ado, jouait déjà au gin rami avec Georges Pompidou car ses parents industriels bretons recevaient chez eux, comme il se doit chez ces gens-là, les présidents (ils recevront plus tard Mitterrand).

Il fit ami-ami avec Sarkozy, comme avec beaucoup de chefs d’État de par le monde, en particulier en Afrique, surtout s’il y a un contrat juteux à décrocher (comme avec le Togo, avec une amende à la clé de 12 millions d’euros pour corruption). Il est allé aussi à l’Elysée sous Macron, mais Brigitte aurait eu le tort de lui demander : « comment peut-on vous aider ? » ce qui a déplu à l’homme d’affaires qui a pris ça pour de la condescendance. Alors même que Macron est de bonne volonté, lui qui reçoit à sa table Pascal Praud et lui souhaite des vœux par texto, comme il pianote avec Hanouna, un poulain de Bolloré, ou s’est dit prêt à demander à cet autre affidé de Bollo, Zemmour, de lui pondre un rapport… sur l’immigration !

La 14ème fortune de France vise un contrôle démesuré de la presse et de l’édition en constituant ainsi un « pôle réactionnaire » pour mener « le combat civilisationnel » de sa vie. Ses cadres viennent, pour certains, d’Occident, du Front National, de Valeurs actuelles, de groupes ultra-nationalistes (« fafs »). [Il vire Hervé Gattegno qui avait pourtant tant rendu service à Sarkozy en manipulant l’interview de Ziad Takieddine pour discréditer, en vain, Mediapart] et met à la tête de Paris-Match un individu qui a, dans le passé, bidonné les faux carnets d’Hitler, et à la tête du JDD celui qui produisait C dans l’air de l’époque Yves Calvi [fondamentalement anti-social].

Les ultras de Bolloré se permettent tout : Morandini [sous le coup de poursuites judiciaires pour corruption de mineur] demande carrément au père d’une victime du Bataclan s’il va appeler « à des actes violents contre les musulmans » ; quant à Rioufol, il s’interroge sur la nécessité ou pas de tirer sur les migrants à la frontière biélorusse. Des enquêtes de CNews biaisées envisagent un second tour Marine Le Pen/Éric Zemmour, Sonia Mabrouk accuse tout de go Bruno Le Maire de ne pas partager le diagnostic de Zemmour et, donc, de ne pas voir la réalité en face. Serge Nedjar, patron de CNews, accueille Renaud Camus, le chantre du Grand Remplacement, théorie raciste et complotiste qui a inspiré le terroriste tueur de 51 musulmans en Nouvelle-Zélande en 2019 [Nedjar prône un catholicisme intégriste, alors qu’il ne l’est pas comme Valeurs actuelles s’empresse de le préciser, tandis que des sites antisémites ne se privent pas d’indiquer que Nedjar, comme Zemmour qu’il couve de son aile cathodique, est juif sépharade, d’Afrique du nord].

Un oncle de Bolloré, que celui-ci adule, était éditeur et partisan de l’Algérie française et de l’OAS : il a publié un livre d'un organisateur d’un des attentats contre De Gaulle. Bolloré a soutenu le patronat, s’est acoquiné avec Michel-Edouard Leclerc contre l’intervention de l’État dans l’économie. Il comptait soutenir Fillon, mais ne voulant pas déplaire à Sarkozy il a soutenu ce dernier (lui prêtant son yacht après sa victoire de 2007). Le patron d’i-Télé, qui licencia sans état d’âme 70 journalistes, était le fils d’un des 4 généraux félons du putsch d’Alger.

Dans ce petit monde, tous se tiennent : le père de Valérie Pécresse fut président de Bolloré Telecom ; Gérard Longuet [ex du mouvement d’extrême droite Occident, poursuivi jadis pour des violences avec armes, puis ministre de Chirac puis de Sarkozy, inquiété mais relaxé pour enrichissement personnel et pour financement frauduleux de son propre parti] fut son beau-frère ; Bolloré s’affiche aujourd'hui avec Valérie Hortefeux, ex-épouse de Brice. C’est après une rencontre avec Bolloré dans le sud [où il truste des terres au grand dam des viticulteurs locaux], qu'Éric Ciotti a annoncé qu’il voterait Zemmour au second tour. Il est proche de Michel Barnier (qui a été invité personnel au mariage de la fille Bolloré), du coup Barnier cause de « moratoire sur l’immigration ». Il ne supporte pas tout ce qui est anti-raciste, féministe, social et solidaire, et agit pour que la droite LR gagne à condition de reprendre les thèses de Zemmour.

L'île du Loch' appartenant à Vincent Bolloré dans l'archipel des Glénan

Il a toujours sur lui des images pieuses dans son portefeuille, a toujours sous la main une statue de la Vierge et rapporte de l’eau bénite de Lourdes. Il a même tenu une conférence : « Être un patron, avoir la foi ». Du coup, il n’aime pas qu’on se moque des croyances, mais il n’aime pas le pape François à cause de ses propos sur les migrants. Il s’entoure de prêtres réacs producteurs de posdcasts sur YouTube. L’évêque de Fréjus qui a invité Marion Maréchal-Le Pen à son université d’été de Sainte-Baume, dîne tous les ans avec Bolloré. Ce dernier fait dire des messes sur CNews et aussi sur son île du Loch’ qu’il possède dans l’archipel des Glénan. Il finance à perte un canard, France Catholique, peu lu, qui est si intégriste que cela défrise les cathos les plus conservateurs (il n’a jamais évoqué dans ses pages la crise que traverse l’Église avec les révélations en chaîne sur les abus sexuels). Bolloré diffuse un film contre l’avortement produit par des chrétiens évangéliques fondamentalistes américains et défend à mort le catholicisme, seul moyen de ne pas se récupérer l’islam sur « nos » terres chrétiennes et gauloises.  

. tout est dans l’article qui s’étend sur 10 pages dans M Le magazine du Monde daté du 20 novembre, enquête réalisée par Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin. Les seules données que je rajoute sont celles entre crochets.

En quête d’esprit 

CNews diffuse une émission En quête d’esprit, réalisée par France Catholique et présentée par son directeur Aymeric Pourbaix. On peut y voir Ivan Rioufol, journaliste d’extrême droite du Figaro, ratiociner sur le « Grand Remplacement » en toute tranquillité. Hier, 28 novembre, un prêtre donne les nouvelles : le Sacré Coeur à Paris illuminé en rouge pour défendre les chrétiens dans le monde, où les « trois-quarts des personnes persécutées sont chrétiennes ». L’évêque de Fréjus-Toulon prend position à l’antenne contre la proposition LREM de rallongement du délai pour l’IVG (de 12 à 14 semaines). Un défenseur de la libre-pensée s’oppose à une statue de Saint-Michel aux Sables-d’Olonne, sur une place devant une église Saint-Michel, l’émission de Pourbaix s’en offusque : ça tombe bien, une heure plus tôt Ivan Rioufol, dans une autre émission, s’est étranglé d’indignation contre tous ces « wokistes » qui veulent déboulonner les statues dont celle-ci.

Puis, une fois de plus, le cardinal réactionnaire Robert Sarah est invité sur le plateau, présenté comme « un lanceur d’alerte ». Il a droit à « Son Éminence » par ci, à « vous parlez de façon éminente dans l’Église » par là. Il déverse ses diatribes contre l’avortement (« un crimeparce qu’on ne prie plus Dieu »). Sur le plateau on larmoie sur les difficultés que vivent les familles, les prêtres, dans notre monde moderne déboussolé. Une chroniqueuse intégriste, Véronique Jacquier, lui demande « s’il faut entrer en résistance ». À sa sainteté, on demande si avec le Covid on n’a pas sacrifié l’âme pour la santé : on a même osé fermer des églises en Italie. Enfer et damnation.

Sarah est sévèrement décrit dans Sodoma de Frédéric Martel (968 pages) : c’est un intégriste, qui a vécu dans les croyances animistes et ensorcelées, avant de devenir prêtre. Selon un prêtre, il est « un brin envoûté », selon un théologien ses élucubrations contre les philosophes des Lumières dénotent « un archaïsme qui place la superstition avant la raison ». Sa théologie se réduirait à : « Je prie donc je sais ». Et effectivement, interrogé sur CNews, il ne cesse de tout expliquer par la perte en ligne des prières. Or l’Évangile est exigeant : il ordonne lorsque « la main droite pose problème de la couper, si c’est l’œil de l’arracher ». Il gémit sur les misères que subissent les prêtres, « méprisés, critiqués ». D’ailleurs, le Christ avait prévenu : « ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ». Il s’insurge : depuis quelques années, on assiste à des accusations très graves contre les évêques, les prêtres. Certains vont même en prison, comme ce pauvre cardinal australien George Pell, incarcéré puis acquitté (dans Sodoma, Pell en prend vraiment pour son grade, un des pires hiérarques de l’Église, et encore, le livre n’aborde presque pas la pédophilie). Pourbaix ne peut plus s’empêcher de faire une très légère allusion à « ce qui se passe en ce moment » : alors Sarah, sans qu’on ait parlé de pédophilie, donne l’explication de Benoît XVI (c’est François qui appréciera) : « s’ils commettent des abus c’est qu’ils sont coupés de Dieu, ce sont des prêtres sécularisés ». Na, voilà. Alors Jacquier enchaîne vite, mielleuse, sur la foi. Le tout, sur un crime d’une telle envergure, a duré quelques secondes.

Le Cardinal ultra-conservateur est parfois aussi sur Europe 1 aux côtés des non moins ultra-conservateurs Sonia Mabrouk et Mathieu Bock-Côté [capture d'écran]

Vers un "Églisothon" ou la vente des biens ?

Suite à la publication du rapport Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Église catholique, j’ai publié un post Facebook dès le 5 octobre titré : Vers une dissolution de l’Église ? De fait, étrangement, la question n’était pas posée dans les médias, malgré l’ampleur du scandale. Il a fallu attendre qu’un philosophe et écrivain publie une tribune dans Le Monde du 26 novembre : Vincent Cespedes écrit, que face à l'étendue des crimes sexuels commis, « dissolvons l’Église catholique ». Il note qu’aucun évêque n’a démissionné. Il ne relève pas, car les informations se sont croisées, que l’archevêque de Paris, Michel Aupetit, a proposé au Vatican sa démission, non pas pour les abus commis par tant de prêtres à l’encontre de tant d’enfants (sinon avec la complicité en tout cas avec une relative tolérance de la hiérarchie), mais pour avoir eu une relation avec une femme adulte, consentante, il y a dix ans ! Il dément, concède un « comportement ambigu », mais démissionne ! Comprenne qui pourra. 

De leur côté, des personnalités catholiques montent au créneau pour contester le rapport qui établit que la pédocriminalité dans l’Église a fait 330 000 victimes (dont 2/3 par des prêtres et religieux). La commission Sauvé (Ciase) s’est appuyée sur une étude de l’Inserm, auprès de victimes ayant répondu à un appel à témoins (1448) et une étude sur la population générale auprès de 28 000 personnes : le chiffre final est une hypothèse haute à partir d’extrapolation, que des chercheurs sont, certes, en droit de discuter. Mais les contestataires cathos s’insurgent contre les indemnisations envisagées (qui devraient être parait-il de 2500 € pour des attouchements, de 25 000 euros pour un viol) en se référant à une autre enquête menée par l’École pratique des hautes études (EPHE) qui aboutit à une fourchette entre 4832 et 27 808 victimes (une précision à l’unité près et… imprécise, qui cherche sans doute à suggérer le caractère scientifique de l’étude). Mais si le chiffre de la Ciase paraît astronomique, l’évaluation de l’EPHE reste gravissime.

On comprend bien que la question de l’indemnisation est posée. Des catholiques disent leur refus de participer à un ʺéglisothonʺ : l’Église doit vendre des biens qui ne servent pas au culte. Et c’est là qu’arrive la Cellule d’investigation de Radio France qui au terme d’une enquête fouillée de Laetitia Cherel découvre que le diocèse de Paris possède un patrimoine de 700 millions d’euros. Il fait fructifier des immeubles de rapport, bien que cela lui soit interdit par la loi de 1905. Par le truchement d’associations, une soixantaine de SCI ont été créées qui rapportent 5,8 millions d’euros par an. C’est dans ce capital qui ne sert pas au culte que l’argent pourrait être trouvé. C’est cocasse que ce patrimoine ressorte en lien avec les abus sexuels des prêtres, alors qu’on se souvient comment, en 2012, Cécile Duflot, ministre du logement, avait été renvoyée dans les cordes quand elle avait osé dire que l’archevêché pourrait, avec ses innombrables bâtiments, loger des SDF.

Enfin, on apprenait que lors de la rencontre d’Emmanuel Macron avec le pape François au Vatican le 26 novembre, ils s’étaient tutoyés au cours d’un long, très long, entretien mais n’avaient pas du tout, mais alors pas du tout, évoqué le rapport Sauvé, concernant l’Église de France. Ni le fait que les membres de la commission indépendante ne seraient pas reçus finalement par le pape qui a reporté sine die la rencontre initialement prévue le 9 décembre. C’est sûr que le scandale n’a pas fini de faire des remous, en terme de discrédit absolu et de finances. Et qu’il vaut mieux pour Rome de reporter aux calendes grecques les décisions à prendre.

. Passionnante enquête de Radio France : ici.

. Rapport final de la Ciase (548 pages) : ici.

Schiappa & la Justice

S’il fallait démontrer la légèreté, la suffisance et l’inconstance de Marlène Schiappa, la journée d’hier [25/11] devrait suffire. Elle prétend qu’elle n’a jamais défendu Nicolas Hulot, mais seulement l’État de droit (la Justice doit être rendue dans les tribunaux). En réalité, en 2018, elle avait bien volé au secours de son collègue ministre, disant que c’est un « homme charmant » et « respectueux » et que le journal Ebdo, qui le mettait en cause, avait tort, se fondant sur le fait que la personne qui l’accusait ne souhaitait pas être médiatisée. Or cette personne ne souhaite toujours pas être médiatisée (elle n’était pas interviewée dans le reportage d’Envoyé spécial du 24 novembre sur France 2) mais elle a bien porté plainte en 2008 contre Hulot qu’elle accuse d’avoir abusé d’elle (précisant : « j'attends un enfant et je ne me vois pas lui dire plus tard que j'ai pu être victime de tels actes sans réagir, même onze après »). Marlène Schiappa, en tant que secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes en savait certainement davantage que le commun des mortels, et la façon dont elle a traité alors publiquement cette affaire de viol est inadmissible, insupportable, se coulant docilement dans les éléments de langage du pouvoir macroniste.

Ce même 25 novembre, dans l’émission C ce soir, sur France 5, il était rappelé que Marlène Schiappa avait justifié la destruction des tentes de migrants à Calais et Grande-Synthe, lacérées par les forces de l’ordre, pour, avait-elle dit, les mettre à l’abri et leur éviter de se contaminer au Covid en restant sous des tentes ! C’est ainsi que la désormais ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, auprès du ministre de l’Intérieur (Gérald Darmanin, accusé par ailleurs sinon de viol en tout cas d’avoir moyenné sexuellement ses services et ce en toute impunité) justifiait ces actes inhumains, les évacuations ayant lieu sans qu’une solution d’hébergement ne soit trouvée pour chacun des êtres humains concernés.

Darmanin & les passeurs

La politique par le petit bout de la lorgnette. Les responsables du drame (au moins 27 morts) seraient  les passeurs ? Mais qui interdit à ces gens de rejoindre l’Angleterre ? Les passeurs font leur beurre grâce au comportement criminel des États. L’utilisation du thème des passeurs à chaque fois que se produit un tel drame est odieuse.

Le mensonge d’État

Les exactions policières, que ce soit à l’initiative de policiers ou sur ordre de la hiérarchie, sont largement documentées. Et Éric Dupond-Moretti fait l’offusqué dans C à vous le 27 novembre : « on ne peut accréditer l’idée que l’État… » Et bin si ! « Je ne veux pas qu’un seul téléspectateur puisse ce soir penser une chose pareille ». Certes, c’est une honte mais c’est bien réel.

Voir Nantes Révoltée.

Certaines de ces chroniques sont parues, parfois partiellement, sur mon compte Facebook.

Billet n° 646

Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et "Chroniqueur militant". Et bilan au n° 600.

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr ; Lien avec ma page Facebook ; Tweeter : @YvesFaucoup

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