N’en déplaise aux thuriféraires de la souveraineté nationale qui monopolisent le devant de la scène médiatique, le Brexit n’est pas par nature la victoire du « peuple » dominé sur un exploiteur mondialisé.
« Ne soyons plus Anglais ni Français ni Allemands. Soyons Européens. Ne soyons plus Européens, soyons hommes. Soyons l’humanité. Il nous reste à abdiquer un dernier égoïsme : la patrie » (Victor Hugo, Choses vues, 1846)
Infantilisante et pour certains élèves humiliante : l’épreuve d’EMC passée le 15 juin par les candidats au bac professionnel n’échappe pas à la règle qui fait de cet enseignement aux prétentions morales et civiques une caricature de l’apprentissage de la citoyenneté.
Le débat politique au péril de la surenchère identitaire : avec les dernières déclarations de Sarkozy et de Copé, mais après beaucoup d’autres émanant de milieux très divers, ce n’est plus une éventualité mais une certitude. Autre confirmation : face à l’injonction patriotique, l’école est une nouvelle fois mise à contribution.
Depuis Charlie Hebdo, dans la lutte contre le terrorisme, des politiciens incompétents ont massivement, toutes tendances confondues, privilégié la démagogie. La mort d'un policier, ils n'y seraient pour rien ?
La violente charge policière devant le collège Surcouf à Saint-Malo ne ressemble décidément à rien de ce qu’on a pu voir jusqu’à présent dans l’histoire de l’école. Mais ce n’est pas une simple bavure : ce que cet incident révèle et confirme, c’est la brutale dérive autoritaire d’un régime politique. Une dérive qui n'épargne pas l'école.
Les minables polémiques lancées autour de l’annulation du concert de BlackM ou de la scénographie imaginée pour l’ossuaire de Douaumont ne doivent pas faire oublier que le centenaire de la guerre fait l’objet d’une instrumentalisation autrement plus contestable, surtout à travers la participation d’établissements scolaires mis au service d’un très idéologique détournement de l'histoire.
La laïcité est-elle soluble dans les racines chrétiennes de la France ? Pour Ciotti et plusieurs de ses collègues la réponse ne fait aucun doute : ils viennent de déposer devant l’Assemblée nationale une proposition de loi connectant indissolublement les deux principes. La démonstration est lumineuse.
Pourquoi se priver d’exploiter un filon qui ne s’use pas ? La décision du maire de Nice, Estrosi, d’interdire dans sa ville les fêtes d’école de fin d’année – officiellement d’en interdire l’entrée à tout adulte extérieur à l’école, ce qui revient au même – n’est après tout qu’un pas supplémentaire dans l’anesthésie de la société civile, une situation à laquelle elle semble massivement consentir.
Loin des vertus civiques qu’on lui prête bien inconsidérément, la commémoration du 8 mai 1945 relève davantage de la manipulation que de la connaissance historique. En France, les enfants des écoles sont en première ligne.