« Signalement des faits de violence et événements graves en milieu scolaire », ce document, émanant de la Direction des services départementaux de l’Education nationale du Loiret, ne résulte pas de l’initiative isolée d’un fonctionnaire zélé. Bien au contraire, il illustre la volonté du gouvernement d'imposer à l'école un ordre politique et social officiel.
L’éducation, finalement, est une chose simple, simplissime même. En tout cas, pour les candidats FN aux élections régionales – et manifestement pour d’autres - dont le programme éducatif est dominé par une idée force : surveiller les lycéens et, accessoirement, manger français.
Le drapeau tricolore comme antidote, comme remède à tous les maux de la société ? Le drapeau comme dérivatif, pour détourner l’attention ? Le drapeau comme viatique, quand il n’y a plus rien à faire ? Le drapeau comme signe de ralliement, comme marqueur identitaire, auquel chacun serait sommé de faire allégeance ?
Après les attentats de janvier, l’école avait été la cible d’une violente attaque venue de milieux politiques très divers, complaisamment relayée par les médias, tendant à lui en faire porter la responsabilité : « à l’école, on a laissé passer trop de choses », assurait le Premier ministre.
Assemblée nationale, mardi, séance de questions au gouvernement. « Huées à n’en plus finir, vociférations, hurlements » (Le Monde, 17/11/2015) : la droite fait son spectacle, aux anges manifestement, les morts ne sont là qu’en prétexte à autre chose, assassinés une seconde fois par des politiciens sans vergogne, exploités sans honte dans le cadre de leurs petites préoccupations électorales. Deuil national ?