L’espace à une seule dimension de la politique de violences institutionnelles - 2

L’extrême limite semble avoir été atteinte, quand un virus nanométrique paraît instrumentalisé de sorte que la grave crise sanitaire qu’il génère fasse déborder la coupe en France : des atteintes à l’ensemble des libertés fondamentales sont portées concomitamment par un gouvernement qui prétend protéger ses sujets.

« L'ordonnance d'un édifice consiste dans la proportion qui doit être soigneusement observée par les architectes. La proportion est le rapport que toute l'œuvre a avec ses parties, et qu'elles ont séparément, comparativement au tout, suivant la mesure d'une certaine partie. » écrit Vitruve vers 15 AEC dans son Traité d’Architecture, l’unique texte sur cet art et sa symbolique qui nous soit parvenu de l’Antiquité.

onard de Vinci, qui avait ressorti Vitruve de l’oubli, le représentait en deux dimensions spatiales, tout en étudiant méticuleusement la troisième, par la perspective.

Galilée fit entrer le temps comme variable selon laquelle s'expriment les lois physiques ; Einstein l’intègra à sa théorie de la Relativité Générale.

En 1998, dans un espace-temps courbé par l’interaction mutuelle des quatre dimensions, l’étude des trous noirs amènera Maldecena à concevoir la théorie des cordes, qui en dénombre dix.

La politique sociétale du pouvoir actuel consiste — a contrario de toute conception de l’État comme un rapport interactif à ses citoyen·ne·s à imposer une réduction du nombre de dimensions non pas une seule comme dans l’espace de Moebius, mais pire encore : un sens unique obligatoire, prohibant toute initiative et toute critique issues des parties en présence qu’il pénalise outrageusement.

 

Déplacement TINA dans l'espace de Moebius à une dimension Déplacement TINA dans l'espace de Moebius à une dimension

 

 

 

 

 

 

 

 

 Déplacement TINA dans l’espace de Moebius 1

 

Je vous propose en conséquence cette réprobation de nombre de régressions en regard des acquis sociétaux issus notamment du Conseil National de la Résistance de l’après-guerre, que je ressens profondément comme des “violences” et qui justifieront, au-delà du constat, réparation.

Dans ce billet, divers types de violences individuelles à des catégories de population sont étudiées, dans leur problématique puis dans les réponses en cours ou possibles.

Vos commentaires seront bienvenus pour compléter ces réponses, la liste de ces dix problématiques n’étant pas exhaustive bien entendu.

A- Violences institutionnelles liées aux conditions sociales

a) Problématiques

1- Mal-logés et précaires à la rue

« Face aux carences de l’État dans la protection des personnes les plus précaires à la rue ou mal logées, neuf associations ont saisi en urgence le Conseil d’État. Cette saisine a pu être faite grâce au précieux soutien du réseau inter-associatif national qui œuvre quotidiennement sur le terrain, afin que soient ordonnées en urgence les mesures indispensables à la protection des personnes les plus vulnérables.

Cette requête visait notamment la réquisition des chambres d’hôtels et des appartements en location meublée touristique vacants, ainsi que la protection des personnels encadrant (accès à des masques, à du gel hydroalcoolique, à des gants et des blouses).

Après avoir octroyé un délai de 48 heures au gouvernement pour répondre aux questions, le Conseil d’État a estimé qu’aucune atteinte grave et manifestement illégale n’était portée au droit à la vie et à la protection de l’intégrité physique et psychique des personnes sans hébergement en raison des mesures déjà adoptées par l’État, à savoir l’augmentation du nombre de places, la réquisition de gymnases, le report de la trêve hivernale, etc.

Toutefois, le Conseil d’État relève que le gouvernement :

a donné des instructions le 31 mars (après l’audience) pour que ne soient plus dressées d’amendes aux sans-abris ;

déclare que l’hébergement en gymnase "a vocation à ne conserver qu’un rôle résiduel grâce à l’augmentation en cours des capacités d’hébergement dans des hôtels ou dans des centres touristiques, voire par le recours à des réquisitions si cela s’avère nécessaire".

 

2- protection des jeunes isolé·e·s, mineurs et jeunes adultes

« 36 Associations et syndicats s’associent à 88 avocats d’enfants et adressent une lettre ouverte au Premier Ministre pour l’alerter sur la situation dramatique de nombreux mineurs isolés qui, malgré les mesures prises par le gouvernement, continuent à être laissés sans protection. En effet, nous constatons que

certains départements continuent de leur refuser l’accueil provisoire d’urgence lorsqu’ils se présentent pour demander une protection, en violation de la loi.

d’autres mettent fin à leur prise en charge après avoir remis en cause leur minorité.

des ordonnances de placements provisoires prises par les juges des enfants ne sont pas exécutées.

les enfants et adolescents dont la minorité a été contestée avant la crise doivent survivre dans la rue, des campements ou des squats et sont exposés à tous les dangers.

Cette situation est aggravée par la crise sanitaire actuelle : L’épidémie de Covid-19 renforce les risques rencontrés par ces jeunes : impossibilité de respecter les mesures de confinement, accès insuffisants à l’alimentation, à l’hygiène et à l’eau, carences d’informations adaptées sur les gestes barrières et les précautions à prendre, difficultés d’accès aux soins.

Alors que ces jeunes présentaient déjà un état de santé psychique fragilisé, les professionnels considèrent que dans le contexte très anxiogène du confinement, il existe un risque accru d’effondrement psychologique.

Elle rend impossible l’accès aux services administratifs (enregistrement de la demande d’asile, ouverture des droits à une couverture maladie...) et à de nombreux tribunaux pour enfants.

Les déclarations d'intention pendant les débats parlementaires et les appels aux bonnes volontés par voie de presse ne suffisent pas.

Monsieur le Secrétaire d’État à la protection de l’enfance a également affirmé dans un communiqué du 24 mars 2020 que, “les débats [du projet de loi COVID-19] ont également permis de réaffirmer que tout jeune évalué mineur ou majeur sera mis à l’abri”. Les départements et les représentants de l’État ne l’ont pas tous entendu ainsi :…»

 

3- protection des personnes détenues

des violences de prétendue mesure sanitaire envers les personnes détenues à qui, sur un coin de table, la ministre de la justice administrative expéditive ajoute “collectivement!” deux à trois mois de peine, contrairement à toute individualité de la peine, instituée dans notre droit pénal.

• « Le juge des référés du Conseil d’Etat était saisi de recours émanant, d’une part, du Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière et, d’autre part, de l’Observatoire international des prisons (OIP) et de syndicats d’avocats, qui demandaient à ce que des mesures sanitaires supplémentaires soient prises dans les établissements pénitentiaires. »

 

4- Violences envers les patients (et les soignants) : des anesthésiques et du matériel médical viennent à manquer

La population malade ou accidentée, pour lesquels le curare vient à manquer pour les anesthésies, et pour les sédations profondes destinées à adoucir la mort est également une source de souffrance pour le corps médical, dans l’incapacité d’agir comme il sait et veut.

«Les anesthésiants manquent dans la lutte contre le Covid-19 et l’inquiétude monte. L’alerte sur la dépendance de la France à l’égard de la Chine et de l’Inde avait pourtant été donnée bien en amont. En vain.

B. Braun, le laboratoire allemand qui produit le Propofol, reconnaît « des stocks sous forte tension » et « afin de pourvoir aux besoins, importer du Midazolam, molécule qui peut venir réduire la quantité de Propofol nécessaire pour une procédure, disponible en Allemagne ». Sauf qu’« après les curares, les tensions ont touché le Propofol, alors il y a eu des reports sur le Midazolam, et maintenant sur le Valium et le Rivotril. Ces ruptures de stock en cascade sont très inquiétantes », commente Patrick Léglise, vice-président du Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh).

La société française d’accompagnement et de soins palliatifs prévoit aussi des recommandations “à défaut de Midazolam ”.

«Puisque nous n’avons plus de pousse-seringues, réservés à la réa, il y a des risques de sous-dosage, auquel cas les patients ne sont pas soulagés, ou de surdosage et là, ils ne sont plus assez conscients pour avoir des interactions avec leurs proches dans les dernières heures de leur vie.»

« La pénurie est niée. Pourquoi utilise-t-on des médicaments destinés aux animaux s’il n’y a pas de rupture de stock ?, réagit Anne Gervais, co-fondatrice du Collectif Inter-Hôpitaux

« Stéphanie Lévêque, médecin coordonnatrice dans trois Ehpad de Haute-Garonne, craignait déjà la semaine dernière de ne pas avoir de quoi assurer des soins palliatifs décents. « Dans un de mes Ehpad, il n’y aura bientôt plus de Valium ni de scopolamine, le médicament indiqué pour les encombrements de type bronchite. Nous allons manquer aussi de sédatifs. Je suis en train de constituer un stock à partager entre mes trois établissements pour parer au plus pressé

Selon un rapport d’une agence régionale de santé (ARS) que Mediapart a pu consulter, une « tension sur le midazolam » est effectivement relevée. Il est également indiqué qu’une « prise en charge médicale alternative afin de permettre des soins palliatif en Ehpad » est en cours de rédaction.

[…] Ces mises en garde ne rassurent guère Nathalie*, infirmière dans une maison d’accueil spécialisée (MAS) d’un hôpital psychiatrique de l’est de la France. « On nous demande de mettre nos patients sous sédation, mais sans respirateur comme à l’hôpital, on va au décès !, s’alarme l’infirmière. On nous dit de gérer, de prendre soin d’eux, mais avec juste un peu d’oxygène et de morphine, comment fait-on ? » »

 

5- Destruction à la tronçonneuse des lignes automatiques de fabrication de masques d'une usine de Bretagne il y a deux ans : https://youtu.be/MlIDsB9ZCMM?t=1024

 

6- L'administration du Rivotril désormais autorisée dans les EHPAD par décret de l'utilisation sur présentation d'une ordonnance médicale portant la mention “ Prescription Hors AMM dans le cadre du covid-19 ” ;

alors qu' « en France, depuis le 2 janvier 2012, le Rivotril (clonazépam) doit être prescrit sur une ordonnance sécurisée par un spécialiste en neurologie ou en pédiatrie, avec comme seule indication l'épilepsie (ou hors AMM) et, parmi les contre-indications… l'insuffisance respiratoire sévère »,

 

7- Les soignants et leurs proches : questions vitales

« L’hôpital prend en charge le risque du personnel dans l’établissement, y compris en protégeant les plus vulnérables. Mais après, quel est le risque que le soignant contamine son entourage ? C’est parfois très dur pour certains. Il y a des agents qui ont décidé de se mettre à l’écart de leur propre famille pour les protéger. Et c’est un choix qui n’est pas anodin.

Je suis assez en colère contre l’héroïsation des soignants. Ils ne vont pas en guerre, et ils n’ont pas signé pour mourir au front.»

 

8- des violences envers les migrants commises par la Grèce, à laquelle l'armée européenne autonome vient de porter assistance depuis le 12 mars dernier (sur fonds européens multipliés par 6000 % en douze ans) :

« Le 11 octobre 2018, le collectif Frontexit [a] réitér[é] ses très fortes préoccupations quant à cette énième réforme et appell{é] le Etats membres et les parlementaires européens à refuser cette course législative, symbole d’une obsession du contrôle des frontières au détriment des droits des personnes migrantes.

La Commission européenne propose de porter le personnel de Frontex à 10 000 hommes d’ici 2020 et son budget à 1,3 milliards pour la période 2019/2020, soit une augmentation de plus de 6000 % du budget prévisionnel en à peine 12 ans. L’agence jouera un rôle central et inédit dans la préparation des décisions de retour depuis les Etats-membres et dans la conduite des expulsions entre/depuis des pays « tiers » sans prérogatives claires.

Face au doublement du nombre de personnes expulsées depuis l’UE entre 2015 et 2017, au vu des mécanismes de contrôle politiques faibles, voire inexistants (aucune activité hors UE sous contrôle du Parlement européen) et des réponses aux violations des droits ineffectives et inefficaces, cette réforme mettra davantage en danger les personnes migrantes et affaiblira leurs maigres droits

Aujourd’hui, les migrant·e·s disparaissent totalement des écrans médiatiques depuis quatre semaines, et pourtant « 2000 demandeurs d’asile seront déplacés des îles grecques par crainte de pandémie » a déclaré Gianluca Rocco, le Chef de l’Office International des Migrations en Grèce .

«Lesbos est l'une de cinq îles de la mer Egée (Chios, Leros, Samos, Kos) où sont situés les centres d'enregistrement et d'accueil des migrants. Plus de 37'000 personnes y vivent dans des conditions insalubres pour une capacité totale de pour 6200 personnes.»

«On refuse donc, même en période de pandémie, l’aide de base, aux plus vulnérables, car ne faisant pas partie de la communauté nationale. Cela alors que d’autres sont évacués par avion depuis l’autre bout de la planète, car également étrangèr-e-s mais en possession d’un passeport plus puissant. La nationalité est encore une fois l’étalon du traitement des personnes en cas de crise grave. […]

UE–Turquie : le cynisme en partage

« Plus que jamais, ce 18 mars 2020, à l’heure où une pandémie se répand, s’en prenant aux populations les plus démunies et les moins protégées, dont les personnes exilées dans les hotspots, aux frontières, ou encore enfermées dans des centres de rétention européens, nous exprimons avec force notre rejet total de cette politique cynique qui n’est rien d’autre qu’une guerre aux migrant.e.s. »

 

9- de grands malades et des personnes âgées considérées comme des délinquants

« Des personnes âgées voient leur domicile perquisitionné et le produit qu'elle comptait utiliser pour terminer leur vie paisiblement le moment venu, confisqué.

Des personnes âgées voire très âgées ont vu débarquer chez elles à 6 heures des gendarmes qui ont perquisitionné leur domicile, inspecté leur ordinateur et leur téléphone portable. Simultanément le siège de l'association Ultime Liberté a été perquisitionné pendant huit heures. Toutes les données concernant le fonctionnement de l'association ont été saisies.

Le but de l'association Ultime Liberté est de regrouper les personnes qui partagent la même philosophie. Elle n'intervient pas dans le financement ou la commande du produit létal, le Nembutal.»

« SUITE AUX PERQUISITIONS DU 15 OCTOBRE 2019 ... ET QUI CONTINUENT ... DE NOMBREUSES PERSONNES TEMOIGNENT.»

« Le choix d'un suicide volontaire et non-violent (par euthanasie ou suicide assisté) se pose dans les mêmes termes que l'avortement criminalisé avant la loi Veil. Il impose de partir en Suisse ou en Belgique pour mettre fin à ses jours légalement. C'est une énorme inégalité de plus : disposer d'une somme conséquente pour partir à l'étranger, se loger et régler sa fin n'est pas à la portée de quantité de nos concitoyens.

A ceux-là et celles-là, il reste la seule possibilité d'une mort violente, en se jetant sous un train (combien d'arrêts inopinés de trains pour cette « solution » ?), sauter du pont etc. La liberté effective de la mort volontaire acquise dès la Révolution Française est, en pratique, interdite sauf à finir dans une mort violente qui fait horreur au plus grand nombre.

Dernière violence faite à nos concitoyens quand nos pays voisins se sont dotés d'une législation qui encadre euthanasie ou suicide assisté. Les lobbies qui refusent cette avancée sociétale, comme toutes les autres, seraient-ils plus puissants en France ? Le marché de la fin de vie serait-il trop juteux (EPHAD, industries pharmaceutiques, prothèses/orthèses, assistances de toutes sortes …) pour en risquer de perdre une miette ?»

 

10- 40 % des travailleurs doivent continuer à justifier de leur présence [au travail], malgré les risques.

« Il ne faut jamais oublier que le confinement français, comme d’autres d’ailleurs, est un confinement limité où 40 % des travailleurs doivent continuer à justifier de leur présence, malgré les risques.

En France, toujours, on s’est échinés à maintenir une activité inutile pour « réduire l’impact », mais aussi et surtout pour continuer à maintenir au maximum le règne de l’économie. On se souvient des pressions exercées par la ministre du travail Muriel Pénicaud sur le secteur du BTP pour que les chantiers reprennent.

Et il faut se souvenir que c’est encore une fois devant l’échec de cette stratégie du “en-même-temps” et l’accélération de la pandémie que des gouvernements, avec la même stratégie de départ, en Italie ou en Espagne, ont dû réduire au strict minimum l’activité économique.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est que partie remise. Plus cette crise « politiquement fabriquée » sera sévère, plus, là aussi, on la fera payer à la population. »

 

b) des réponses en cours ou possibles

1- Mal-logés et précaires à la rue

Les associations groupées pour cette saisine « attend[ent] maintenant que le gouvernement passe à l’acte et permette aux personnes qui en ont besoin d’accéder à un logement individuel sans passer par l’ouverture de gymnases, mais par la réquisition des très nombreux logements vides qui, selon nous, reste la seule solution digne et juste. »

 

2- protection des jeunes isolé·e·s, mineurs et jeunes adultes

« Des mesures contraignantes devraient être prises afin d’imposer aux départements le respect de leurs obligations en matière d’accueil provisoire, et pour garantir la protection effective des enfants et adolescents dont ils ne reconnaissent pas la minorité. Nous demandons : …»

 

3- protection des personnes détenues

« Le ministère s’est engagé durant l’audience à satisfaire la demande des personnels avec une dotation suffisante de gants à usage unique[…] et une nouvelle livraison de 2 500 litres de gel hydro-alcoolique par semaine ; […] le ministère a décidé d’imposer le port d’un masque chirurgical à l’ensemble des agents » ; Le juge des référés a estimé que le maintien du régime de détention “Portes ouvertes” et de promenades adaptées permettait de ménager l’équilibre entre la sécurité sanitaire des personnes au sein des établissements pénitentiaires et l’obligation d’y garantir l’ordre et la sécurité.

Les visites aux parloirs et l’essentiel des activités collectives ont ainsi été suspendus. Le juge des référés relève toutefois que des mesures spécifiques ont été prises afin de garantir le maintien des liens familiaux des personnes détenues, notamment par téléphone, et les échanges avec leurs avocats.»

Elaboré à la demande du juge des référés à l’issue de l’audience, l’administration pénitentiaire a défini clairement la conduite à tenir dans les établissements afin que puissent être détectées, dans les meilleurs délais, les personnes détenues présentant les symptômes du covid-19. Ce protocole repose sur une responsabilité partagée entre les personnes détenues, le personnel pénitentiaire et les équipes des unités sanitaires en milieu pénitentiaire.»

 

4- Violences envers les patients et les soignants : des anesthésiques et du matériel médical viennent à manquer

• Le Collectif Inter-Hôpitaux, qu’[Anne Gervais] a co-fondé, et l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament notamment ont saisi le Conseil d’État le 30 mars, afin de demander « au nom du droit à la dignité humaine, des réquisitions nécessaires face à la pénurie de matériel et de médicaments » (lire leur communiqué sur leur blog Mediapart).

Leur requête a été rejetée le 2 avril.

Le directeur général de l’Agence régionale de la santé Grand Est a été limogé. Sa faute : avoir confirmé de lourdes économies pour l’hôpital de Nancy. Les anciennes pratiques perdurent pourtant : les hôpitaux n’ont toujours pas reçu de soutien financier pour faire face au Covid-19.

 

5- la violence de la destruction à la tronçonneuse des lignes automatiques de fabrication de masques

«Les Dirigeants d’Honeywell et les autorités de l’Etat doivent aujourd’hui rendre des comptes au pays. D’ores et déjà Solidaires a demandé à plusieurs Parlementaires de la Région d’interpeller le Gouvernement sur ce scandale.

Solidaires propose également que le site industriel de fabrication de masques de protection sanitaire de Plaintel soit récréé en urgence sous un statut d’Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC) ou sous la forme d’une Société Coopérative Ouvrière de Production (SCOOP). Le personnel compétent et disponible existe et ne demande que cela.

De l’argent il y en a. La Banque Centrale Européenne vient de débloquer 750 milliards de liquidités. Que cet argent soit mis en priorité au service de l’urgence sanitaire et de l’intérêt général, plutôt que de laisser aux seules banques privées le privilège de le prêter ou pas.»

 

6- L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) met en place, une surveillance renforcée des effets indésirables des médicaments utilisés chez les patients atteints du COVID-19, en collaboration avec le réseau national des centres de pharmacovigilance (CRPV). Point d’information du 10 avril 2020.

 

7- Des réponses professionnelles d’équipe sont probablement à trouver mais aussi individuelles.

 

8- «L’UE poursuit une course effrénée au renforcement de Frontex alors qu’aucune étude d’impact de ses activités actuelles sur les droits fondamentaux n’a été réalisée. Il est urgent que les parlementaires européens exercent un droit de contrôle sur les activités de Frontex y compris hors de l’UE (déploiement croissant de l’agence en Afrique par exemple), de l’arsenal à sa disposition (EUROSUR compris) et de leurs conséquences.

L’effondrement du nombre des arrivées est directement imputable à l’augmentation des dispositifs sécuritaires aux frontières et à la coopération sans limite avec des pays où les violations des droits sont légion. [la Libye notamment]

Cette fermeture des frontières est également une menace pour le respect des droits des personnes qui se voient obligées d’exercer leur droit à quitter tout pays par des voies toujours plus dangereuses.»

Assistera-t-on à un ballet d’évacuations sanitaires d’urgence pour les passeports de pays riches, et à un refoulement des citoyen-ne-s des pays nouvellement contaminés aux entrées des autres Etats ? À quand, dans de telles situations pandémiques, une vraie solidarité médicale, matérielle et migratoire au niveau mondial ?»

et puis une bonne nouvelle :

https://news-24.fr/le-portugal-traitera-les-migrants-comme-des-residents-pendant-la-crise-des-coronavirus-2/

"Les gens ne devraient pas être privés de leurs droits à la santé et à la fonction publique simplement parce que leur demande n'a pas encore été traitée", a déclaré à Reuters Claudia Veloso, porte-parole du ministère de l'Intérieur. «En ces temps exceptionnels, les droits des migrants doivent être garantis

Espérons que notre ministre de l’Intérieur saura écouter son homologue et agir de même !

 

9- de grands malades et des personnes âgées considérées comme des délinquants

« “Il serait temps que les députés français légifèrent sur la fin de vie, conformément au vœu, d’après les sondages, de plus de 90% de la population. Alors qu’ils viennent de le faire pour la GPA, qui ne touche qu’un petit nombre de femmes, la fin de vie concerne des millions de personnes, et potentiellement tout un chacun.”

François Galichet, ancien professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg, auteur de Mourir délibérément (Presses universitaires de Strasbourg, 2014) et de Vieillir en philosophe (Odile Jacob, 2015).»

10- 40 % des travailleurs doivent continuer à justifier de leur présence [au travail], malgré les risques.

Je suppose que la réponse des travailleurs concernés (et des autres) ne manquera pas de s’exprimer dès le déconfinement venu… dès que la bise sera venue.

 

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1« There Is No Alternative » Margaret Thatcher

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