L’Hebdo du Club: l’esprit critique fait sa rentrée

L’Hebdo du Club revient avec son cortège de billets et tribunes. Une rentrée post élections présidentielle et législatives qui renferme ses marronniers quelquefois joliment fleuris mais aussi certains élans contributifs que nous avons mis en lumière. A commencer par le procès baptisé vulgairement du quai de Valmy. Et une grosse actualité sur l’école.

Nous aurions pu faire notre rentrée avec ce premier et long billet de ScopFair plein d’intérêt au lendemain de l’attribution des Jeux Olympiques 2024 à Paris. Nous aurions pu ouvrir avec la série ô combien édifiante de l’Observatoire international des prisons sur les drogues dans nos geôles françaises. Faire l’ouverture sur l’agriculture européenne en danger de mort ! Une tribune signée par dix eurodéputés sociaux démocrates, tous membres de la Commission AGRI du Parlement européen, qui «réagissent à la position adoptée le 4 septembre par la droite européenne qui prône un statu quo de la Politique Agricole Commune actuelle jusqu’en 2025». Ou remettre en lumière ce texte des membres de l’Observatoire de l’enfermement des étrangers (OEE) sur le projet de délocalisation d’une annexe du TGI de Bobigny à Roissy qui «est porteur de graves dérives et qu’il revient à mettre en place une justice d’exception pour les étrangers».

Une voiture de police incendiée quai de Valmy, huit prévenus et un délit qui interroge le Club

Tout a commencé au travers du blog de Geneviève Bernanos, mère d’un des prévenus, nous suivons depuis le 25 novembre 2016, l’histoire dite du quai de Valmy, dans le Club. Et ce jusqu’à ce 19 septembre, date de l’audience fixée devant la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris où comparaissent huit prévenus, huit jeunes militants contre la loi travail «poursuivis pour participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations» et qui risquent une peine d’un an d’emprisonnement. Sur les huit prévenus, trois sont détenus et cinq sont sous contrôle judiciaire, tandis qu'un neuvième homme, résidant en Suisse et auquel est attribué le jet de la fusée de détresse dans l'habitacle de la voiture, est sous le coup d'un mandat d'arrêt. 

Aphasie interdite pour ce délit dans le Club. De nombreux abonnés dont Esther Benbassa, Geoffroy de Lagasnerie, Frédéric Lordon, Patrick Chamoiseau, Eric Fassin, Sandra Laugier ou encore Philippe Corcuff ont pris la plume collective pour demander l’abolition de ce délit, «véritable résurgence de la loi anti-casseur abolie en 1981». Ce texte sur le délit de groupement recommandé 41 fois n’a pas trouvé contradicteur dans un fil de commentaires unanime sur le sujet. A commencer par cette réaction de Michel-Lyon:

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Vanessa Codaccioni et Michel Kokoreff, deux enseignants chercheurs, ont quant à eux développé un argumentaire contre les violences policières et un soutien à Antonin Bernanos, un des principaux prévenus. Dans le déroulé du fil, cette fois, des réactions diverses. Comme ce commentaire de Florestan qui qualifient nos deux blogueurs chercheurs de «doux rêveurs».

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Autre approche ou traitement. lundimatin et Mediapart ont choisi de couvrir ce procès d’une manière inédite dans le club. Quatre auteurs reconnus chacun dans des domaines très distincts de la littérature se relaient dans la salle d’audience afin de raconter ce qu’ils y ont vu et entendu. Alain Damasio, auteur de Science-Fiction, Nathalie Quintane, poète et écrivain, Frédéric Lordon, économiste et directeur de recherches au CNRS et Serge Quadruppani, auteur et traducteur de romans policiers.

Frédéric Lordon et Nathalie Quintane, ont été les premiers à publier leur compte-rendu. En ouvrant le bal, l’économiste a reçu au travers le premier billet un écho important. 117 recommandés au compteur et 52 commentateurs au total. Tantôt clivant, tantôt réconciliant comme le compte-rendu de l’écrivaine, auteur du second compte-rendu de l’édition "Damasio, Lordon, Quadruppani et Quintane au procès du Quai de Valmy".

Septembre, c'est la rentrée des classes et des problèmes

En septembre dans le Club, c’est aussi la rentrée scolaire pour des millions d’élèves. L’occasion pour nos abonnés d’analyser le discours de Jean-Michel Blanquer. De commenter l’actualité de la maternelle à l’université. Et de prendre position sur des thématiques. Le premier d’entre eux reste Claude Lelièvre, historien de l’éducation. Dès le 4 septembre, il dégaine sa plume pour dessiner le portrait du ministre dans un billet au titre évocateur «Blanquer: un "formidable" ministre; ça craint!» et met en doute la parole d’Emmanuel Macron. Les 13 et 20 septembre, il commet deux autres billets. Le premier sur les temps scolaires et le second sur les violences à l’école. Dans son premier texte, Claude Lelièvre reprend le plan Langevin-Wallon de 1947 en citant la coordinatrice de «Regards sur l’éducation» de l’OCDE et le bureau politique du PCF. Et dans sa conclusion prends au mot Jean-Michel Blanquer qui promet le lancement d’une vaste concertation sur « le temps et l’espace de l’enfant au XXIe siècle ». Enfin, il reprend une étude de l’Association de la Fondation étudiante pour la ville sur les violences entre élèves de collèges ZEP et avec lui nous refaisons un peu d’histoire.

Autre thème, autre blogueur. Jean-Pierre Véran argumente dans un billet que la querelle des portables au collège est un faux débat. L’inspecteur d’académie pose une question «Aller plus loin que le code de l’éducation ne le fait depuis 2010 dans l’interdiction des téléphones portables au collège, est-ce vraiment une simple mesure de bon sens, ou une entrave à la formation à un usage responsable des terminaux mobiles ?» Et développe sa réponse.

Enfin, Emmanuel Jeuland, professeur de droit à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, livre un billet dans lequel il souligne que notre système d’enseignement supérieur est formidable et propose de répondre à la crise de l’Université. «Les frais d'inscription sont très peu élevés en France et l'université manque de moyen. Une augmentation générale serait inacceptable socialement mais le tarif dégressif en tenant compte du foyer fiscal de l'étudiant serait en mesure d'assurer un peu mieux la justice sociale. Imposer la sélection à l'entrée ou des "prérequis" ne seraient donc pas nécessaires pour accueillir tous les bacheliers». Dans un fil de commentaires de bonne tenue, Cladier résume dans le sien la tonalité générale.

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