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Ne s'endormir que si d'autres s'éveillent

Professeur de Psychiatrie à la retraite;
Alger - Algérie
À propos du blog
Une réflexion, en écho à une "sortie" de Vals à propos de deux gauches "irréconciliables" et à propos de la prise de position de Martine Aubry vis à vis des divers choix de gouvernement décidés par son Parti. Seule m' intéresse l'analyse de Martine Aubry quant à la politique menée par le PS depuis son accès à la gouvernance du Pays. Elle critique cette politique sur quatre points: Sa première critique est d'ordre économique autour du pacte de 2014 avec le MEDEF qu'elle juge timidement, je dirais, uniquement, pour n'avoir pas donné les résultats escomptés, dédouanant, en passant, le véritable blanc seing donné aux entreprises en l'absence de choix décisionnels d'aide et de contrôle. La deuxième critique est d'ordre idéologique. Elle a trait à la question de déchéance de nationalité qui, comme chacun sait, n'avait d’intérêt que de se "dédouaner" par rapport à la droite: un clin d’œil : " vous n'allez pas nous la jouer là dessus ! nous sommes encore plus nationalistes que vous, droite et extrême droite" ! Je doute que Martine Aubry ait été dupe de la visée uniquement instrumentaliste de cette mesure. Mais elle ne la fustige pas comme telle. Elle feint de croire qu'ils ont cru, sinon à son efficacité contre le terrorisme du moins à son bienfondé comme consensus national... La troisième critique est d'ordre politique et éthique. Elle a trait au discours de Munich de Vals en lien avec l'accueil des réfugiés, discours qu'elle réprouve mais d'un point de vue uniquement moral et humanitariste. Ors pour n'importe quel citoyen de gauche, lambda, on ne peut prôner le devoir d'ingérence humanitaire avec tous les risques de dégâts collatéraux inévitables et s'abstenir par ailleurs de toute implication d'ordre humanitaire vis à vis de demandes de refuge. Il y a là un paradoxe. Nonobstant l’intérêt sous-jacent qui suscite telle ou telle intervention sous couverture humanitaire, le devoir humanitaire ne peut être à géométrie variable sauf à afficher clairement un cynisme qui n'est plus de bon aloi depuis la fin du dernier siècle: celui, justement, de l'intervention humanitaire. N'est ce pas cynique d' aller "aider", de l'extérieur, une rébellion interne à une dictature avec comme seul objectif de dégommer le dictateur et quel qu'en soit le prix? Un ami Libyen, poète, à ses heures, me disait : je vivais sous dictature, j'en étais triste mais quand-même non dénué d'espoir: aucun dictateur n'est éternel...Ils sont venus , ont tué le dictateur. Comme ils disent dans un de leurs proverbes, ils n'ont fait que jeter l'eau sale du bain, Khadafi, mais elle a quand-même emporté le bébé, mon Pays. Aujourd'hui, je n'ai plus de Dictateur institué contre qui lutter mais des dizaines de prétendants à la dictature. Mon pays n'est plus un pays, gorgé de mémoire. Il est .comme une vierge effarouchée perdue dans le désert et qui tente de garder sa virginité. Mais elle est si fragile que n'importe qui peut venir la violer. Oui derrière le discours de Munich se profile ce discours cynique: je vais vous libérer de votre Dictateur et j'y mettrai toutes mes forces mais s'il résiste , ne comptez pas sur moi. Mon premier devoir et souci est vis à vis des miens. La France ne " peut pas accueillir la misère du monde" etc. La quatrième critique d'ordre sociale est liée au code du Travail. Là aussi aucune critique du libéralisme qui sous tend ce code.Elle revendique même comme n'étant pas un" tabou" cette notion de liberté économique qui culpabilise le PS, héritier quand même des luttes ouvrières. Mais cet héritage est apparemment lourd à assumer d'où tous les efforts du PS pour se démarquer de la gauche radicale. Pour le PS, " pas touche à la liberté économique", y compris à celle du renard dans le poulailler. La colère de la vraie gauche vient de là. Elle refuse les compromissions graves qu'introduit ce texte et a suffisamment argumenté pour le disqualifier tel qu'en lui-même. Qu'importe de quelle chapelle il émane. Vrai, la posture de Martine Aubry est plus difficile à assumer, d'où sa gêne et ce long paragraphe qui alourdit le texte. Ce code est inacceptable, elle en convient d'emblée. Il faut donc le relire avec tous les partenaires pour en expurger les et le réalobérer avec eux Pourquoi .donc ce recours à toutes sortes de démontages des arguties des promoteurs du projet ? Quel sens a tout ce contre argumentaire du projet ? Qui veut-il convaincre, sinon les divers membres de la famille PS? Ce qui est livré là, c'est, à mon sens, une histoire de famille. Rien ne justifie le terme de "brûlot", indûment accolé à cette déclaration. Par contre, l'attaque de gardien du Temple, rôle dont s'est apparemment investi Jaques Lang me conforte dans cette lecture .Ce qui apparait à travers ce texte c'est d'abord le ton de modération des termes, de la retenue quant aux critiques, du souci d'en expliquer les erreurs et leurs raisons et de les assortir de propositions. Rien donc qui s'apparente à un brûlot! Je l'ai lu comme une déclaration d'une militante déçue par un virage qu'a pris son parti, virage qu'elle récuse et auquel elle veut faire barrage. Pourquoi? Parce qu'il y va du devenir de sa famille politique. Je dirais même ( ce n'est qu'une intuition) que Martine Aubry s'est forgée une identité dans ce Parti comme la seule qui puisse rassembler, encore; autour d'une éthique des valeurs socialistes non frelatées. Cela dit , il lui reste à se libérer beaucoup plus clairement qu'à travers ce " pensum " et surtout à choisir son camp. .
  • La place Maurice Audin à Alger: un symbole

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    Depuis plus d'un mois, le peuple algérien a entrepris d'écrire une nouvelle page, inédite, pour marquer son long et infatigable combat libérateur. La forme de lutte choisie est exemplaire tant elle donne à voir une rencontre réussie du Réel, du Symbolique et de l'Imaginaire. Le choix de certaines places de diverses villes du pays est, en lui-même emblématique. A commencer par Alger...
  • Dernier gadjet du Pouvoir Algérien ou, bricoler sans talent...

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    La supplique d'un Président pathétique n'a ému personne pas même les jeunes, pourtant très respectueux des vieilles et des vieux. La duperie ne trompe plus personne. Le cri du peuple a pourtant été audible tant il a été claironné: non à la fatalité ! C'est, en résumé, un écho au poème de Mufdi Zakaria: "Si, un jour, le peuple veut la vie, il incombe alors au destin de se rendre".
  • De la perversité de l'Administration

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    Il s'agit d'un contournement des lois et Accords bilatéraux entre États, à travers des pratiques perverses qui déboutent les demandeurs, de facto et sans possibilité de recours, en exigeant d'eux des " preuves" impossibles à fournir. D'où le terme de pratiques perverses qui, de mon avis déjà de citoyenne mais aussi de psychiatre sont une atteinte à la dignité de la personne.
  • Quid de la "communauté internationnale"?

    Par | 1 commentaire | 1 recommandé
    La communauté internationale n'est qu'un leurre, pis une mascarade. Il suffit de suivre l'actualité, Syrie, Palestine, Sahara occidental et d'en juger...
  • Un vrai accueil solidaire.

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    En écho au titre de mon blog, référé à un poème d'Eluard, je persiste à penser que seuls les artistes sont à même d'appréhender les questions complexes de l'identité et du phénomène migratoire aussi vieux qu'est notre monde d'humains qui a toujours été en quête d'un mieux vivre, d'un mieux être...
  • Un vrai accueil solidaire.

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    En écho au titre de mon blog, référé à un poème d'Eluard, je persiste à penser que seuls les artistes sont à même d'appréhender les questions complexes de l'identité et du phénomène migratoire aussi vieux qu'est notre monde d'humains qui a toujours été en quête d'un mieux vivre, d'un mieux être...
  • Halte à la falsification de l'Histoire !

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    La relation dans le numéro du vendredi 15 / 09 / 17 du journal El watan de l'évènement qu'a été le coup d’état du 19 juin 1965 suscite nombre de remarques et de démentis. A son insu, cet article pose aussi la question du fondement du Pouvoir et de sa légitimité.
  • lettre à une amie

    Par | 2 recommandés
    Lettre à une amie contre l'oubli. Se souvenir des vrais combats
  • Revenir au Réel

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    Le politologue Thomas Guénolé a-t-il raison de parler d'islamopsychose au lieu du terme en vogue d'islamophobie? Plusieurs éléments attestent son analyse. C'est ce qui est inquiétant.
  • L'imbroglio Syrien

    Par | 1 recommandé
    La Syrie, c'est un peuple qui souffre de la convoitise de divers charognards. Tahya Syria ! Que la Syrie vive ! .