Covid-19 : plus que jamais En Marche vers le fiasco

Chaque jour qui passe apporte son lot d’informations qui démontre l’impéritie du président de la République et de son gouvernement.

Le 11 février dernier, Emmanuel Macron réunissait environ 320 députés de la majorité pour une séance de « câlinothérapie » faisant suite au pitoyable épisode du rejet d’une proposition de loi sur le congé de deuil pour le décès d’un enfant mineur (voir ici, ici et ). Pour « regonfler » le moral des troupes, il leur tint cet étonnant propos : « Il faut être fiers d'être des amateurs quand on voit les résultats qu'ont obtenus les soi-disant professionnels de la politique » (voir ici).

La gestion de la crise du Covid-19 doit donc être une source d’immense fierté pour le président, son gouvernement et sa majorité. Mais alors que dans toutes les activités, il y a de nombreux amateurs talentueux, il n’est question ici que d’incompétence.

Du virus qui ne devait ni pénétrer en France ni nous contaminer (voir ici) aux masques inutiles voire dangereux avant de devenir recommandés et même obligatoires dans les transports (voir ici) en passant par les tests virologiques qui n’étaient nécessaires que pour les malades hospitalisés avant qu’on ne nous promette d’en faire 700 000 par semaine dès le 11 mai (voir ici), on ne saurait reprocher à l’exécutif de masquer son incompétence. Et que dire d’un président qui, à la sortie d’un théâtre, incitait tous les Français à ne pas modifier leurs habitudes de sortie avant de déclarer une semaine plus tard le confinement général (voir ici) ?

Après une gestion aussi calamiteuse pendant trois mois, on était en droit d’attendre de M. Macron qu’il resserrât les boulons. Or l’annonce et la préparation  du déconfinement montrent qu’il n’en est rien, et que le pire est peut-être à venir.

Le 13 avril, le président de la République a annoncé que le déconfinement aurait lieu le 11 mai. Cette date, sortie de son chapeau, et dont son gouvernement a été informé 15 minutes avant son intervention télévisée, n’avait manifestement pas fait l’objet du début du commencement d’une analyse de faisabilité.

Les crèches, écoles, collèges et lycées devraient rouvrir le 11 mai. Or, chaque jour, des maires annoncent qu’ils ne seront pas en mesure de respecter les conditions sanitaires requises et que l’objectif est inatteignable (voir ici la lettre ouverte au président de la République signée par 391 maires d’Ile-de-France, de toutes tendances politiques).

Les transports publics devraient offrir à partir du 11 mai des capacités suffisantes pour permettre aux gens d’aller sur leur lieu de travail. Et voilà que les dirigeants des sociétés de transport public (RATP, SNCF, Transdev, etc…) annoncent dans une lettre au Premier ministre (voir ici) qu'ils ne pourront pas non plus respecter les mesures sanitaires exigées.

La disponibilité des tests en nombre suffisant, un des trois critères de déconfinement retenus par Edouard Philippe, a été « oubliée » dans la présentation quotidienne des départements en rouge-orange-vert (voir ici). Rien d’étonnant puisque le ministère de la Santé, incapable d’évaluer les capacités des laboratoires français, a confié le 9 avril cette mission au cabinet de conseil Bain (voir ici).

A une semaine de la date choisie par M. Macron, il semble donc que rien ne soit prêt. Et que l’objectif, le seul objectif en réalité, qui était de remettre les actifs au travail ne sera atteint que très partiellement, faute de crèches et d’écoles accueillant les enfants et de moyens de transport en quantité suffisante pour se rendre sur le lieu de travail.

Jusqu’à présent, l’incompétence de l’exécutif a eu pour conséquence de placer l’hôpital public au bord de la rupture, de mettre les personnels soignants en grand danger (le nombre de décès demeure un secret d’Etat) et de causer une surmortalité importante dans les EHPAD. Rien qui soit de nature à émouvoir le MEDEF.

Il pourrait en aller différemment si le fiasco prévisible du déconfinement se traduisait par une reprise très lente de l’activité économique à partir du 11 mai, ce qui est l’hypothèse la plus probable. Dans les cercles dirigeants du patronat, certains pourraient arriver à la conclusion que le fondé de pouvoir qu’ils avaient choisi en 2017 pour défendre leurs intérêts n’est décidément pas à la hauteur de la tâche qui est la sienne.

Alors, si l’entretien d’évaluation de M. Macron par ses donneurs d’ordre se passait mal, il ne lui resterait plus qu’à démontrer une fois plus qu’il y a un domaine, un seul, où sa compétence ne peut être discutée : la répression. La preuve : les commandes de LBD, de gaz lacrymogène, de grenades de désencerclement et de drones ont été passées en temps et en heure et aucune pénurie n’est à craindre (voir ici).

 © Alain Goutal © Alain Goutal

Mes remerciements à Alain Goutal à qui j'ai emprunté ce dessin

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