• Renoncements (Histoires de Roms 46)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 3 commentaires | 7 recommandés
    Je ne changerai pas la vie de Cendrillon ou celles de ses enfants. Je ne changerai ni la vie de Fabian, ni celle de Clara. Cela n'arrivera pas. Pas comme je l'espérais. Pas comme je l'ai (tant) désiré. Et aujourd'hui je me demande comment j'ai pu y croire.
  • Mauvaise langue (une "Québécoise de souk" à Paris)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 3 recommandés
    "Chose certaine, c'est pas facile de se laisser aimer comme ça; et, sur ce point, je reconnais que les Québécois, en général et y inclus votre tout dévoué, sont plutôt injustes avec leurs lointains cousins de France. C'est à croire que nous faisons exprès pour ne pas être comme ils nous aiment. C'est de la vraie subversion..." Hubert Aquin, Nos cousins de France, 1967.
  • Lassitude (Histoires de Roms 45)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 1 commentaire | 8 recommandés
    Tu rentres du Québec et tu sais que Cendrillon et les enfants, que tu fréquentes depuis bientôt quatre ans, sont revenus à la situation dans laquelle tu les as rencontrés : la rue, un abri de fortune, sans électricité, sans eau, en pleine déchéance, entre déscolarisation et mendicité, d’humiliation en humiliation, de rejet en rejet, encore et encore, pour toujours. Tu n’as donc servi à rien.
  • Le monde qui sera le tien (lettre à mon fils)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 2 commentaires | 14 recommandés
    À propos de l’amour, James Baldwin avait ces mots merveilleux dans La Prochaine fois le feu, célèbre lettre à son neveu datant de 1966 : "Love takes off masks that we fear we cannot live without and know we cannot live within.” ("L'amour arrache les masques sans lesquels nous craignons de ne pouvoir vivre, et derrière lesquels nous sommes incapables de le faire.")
  • Palaces (Histoires de Roms 44)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 1 commentaire | 14 recommandés
    Maria en larmes dans la cour parce qu'hier, on leur a saisi le camion où elle, son mari et leurs deux enfants vivaient et dormaient. Ils avaient presque fini de le payer. Et ils ne pourront pas le récupérer, c'est une évidence.
  • Inutile (Histoires de Roms 43)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 3 recommandés
    Elle ne me ressemble pas. Elle ne ressemble à rien de ce que j'ai connu. Elle ne ressemble à rien de ce que j'ai connu avant de la connaître, Elle, et que mon regard sur le monde soit à jamais réajusté, reformulé, réorienté...
  • Des gestes simples (Histoires de Roms 42)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 3 recommandés
    "Quand je pense à ce pays que je voudrais que soit le Québec, je pense à des gens réunis dans et par une telle culture qui met au-dessus de tout le souci de l'autre. Combattre pour cela est fatigant, mais c'est une fatigue qui fait vivre, c'est une fatigue qui introduit de la durée dans le mouvement discontinu de la vie, de l'histoire." Yvon Rivard, Une idée simple, éditions du Boréal, 2010.
  • Courses de Noël (Histoires de Roms 41)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 18 commentaires | 14 recommandés
    C'est comme ça depuis Charlie. J'ai des accès de peur, d'angoisse, pas toujours raisonnables. Mais aujourd'hui, au milieu de cette foule faisant ses courses pour le réveillon - foule qui, dans mon esprit fatigué, ressemble davantage à une grosse cible géante et inconsciente -, je suis avec elle, avec Cendrillon, et grâce à elle, tout sera différent.
  • Faire barrage (Histoires de Roms 40)

    Par Mélikah Abdelmoumen | 1 commentaire | 3 recommandés
    Demain, je ne pourrai pas aller voter. Je ne suis pas française. Du moins pas encore. Je ne pourrai pas aller faire barrage, dans les urnes, à ceux qui font la promotion de l'exclusion. Mais je continuerai à faire barrage à l'exclusion, à la contester de toutes mes forces, tous les jours de ma vie, par mes mots et mes gestes.
  • Après la sidération - lettre d'un prof de lettres et théâtre à ses étudiants

    Par Mélikah Abdelmoumen | 15 commentaires | 21 recommandés
    Je me permets de faire une parenthèse dans le fil habituel de ce blog - avec lequel je renouerai bien sûr en temps opportun - pour partager les mots d'un autre, magnifiques. Il s'agit de la lettre d'un professeur de classe prépa en lettres et théâtre à ses élèves, en ce rude lundi.