La partie des critiques

Critique spectacle vivant et littérature
France
À propos du blog
"Un temps la Critique accompagne l’oeuvre, ensuite la Critique s’évanouit et ce sont les lecteurs qui l’accompagnent. Le voyage peut être long ou court. Ensuite les lecteurs meurent un par un et l’Oeuvre1 poursuit sa route seule, même si une autre Critique et d’autres Lecteurs peu à peu s’adaptent à l’allure de son cinglage. Ensuite la Critique meurt encore une fois et les Lecteurs meurent encore une fois et sur cette piste d’ossements l’Oeuvre poursuit son voyage vers la solitude. S’approcher d’elle, naviguer dans son sillage est signe de mort certaine, mais une autre Critique et d’autres Lecteurs s’en approchent, infatigables et implacables et le temps et la vitesse les dévorent. Finalement, l’Oeuvre voyage irrémédiablement seule dans l’Immensité. Et un jour l’Oeuvre meurt, comme meurent toutes les choses, comme le Soleil s’éteindra, et la Terre, et le Système solaire et la Galaxie et la plus secrète mémoire des hommes." Roberto Bolaño, Les Détectives sauvages.
  • « Skinless » de Théo Mercier : désencombrer l’amour, célébrer la matière du désir

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    Dans sa création 2024, « Skinless », présentée à la Villette dans le cadre du Festival d’Automne, Théo Mercier, sculpteur et metteur en scène, repousse les limites de l’installation et de la performance dans un ballet sensuel où les corps désirants se mêlent, se poussent et s’attirent sur les décombres et les restes d’un monde puant, pestilentiel, pourri mais provisoire.
  • « Niquer la fatalité » d’Estelle Meyer : performer un destin commun

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    Dans « Niquer la fatalité. Chemin(s) en forme de femme », présenté au Théâtre 13, Estelle Meyer appelle femmes et hommes à se libérer du poids du patriarcat. Inspirée par Gisèle Halimi, elle mêle théâtre et chant, poésie et politique, intime et collectif, dans une cérémonie cathartique et émancipatrice.
  • « Ancora tu » de Salvatore Calcagno : lumière et torpeur des amours perdus

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    Avec « Ancora tu », présenté au Théâtre du Train Bleu dans le Off d’Avignon, Salvatore Calcagno met en scène, avec sensualité et chaleur, les souvenirs d’un amour perdu. La référence à Lucio Battisti annonce un spectacle où musique, image et corps dialoguent, porté par la présence magnétique de Nuno Nolasco.
  • « Portrait de Rita » de Laurène Marx : récit sensible du racisme systémique

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    Présentée à Théâtre ouvert, la nouvelle création de Laurène Marx, « Portrait de Rita », est un seul-en-scène nécessaire, porté par le jeu précis et incisif de Bwanga Pilipili. Sans complaisance ni misérabilisme, la pièce révèle les liens persistants entre colonialisme, racisme, misogynie, mépris de classe et violence institutionnelle.
  • « Léviathan » de Lorraine de Sagazan : surveiller et punir (vite)

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    Avec « Léviathan », aux Ateliers Berthier, Lorraine de Sagazan et Guillaume Poix prolongent leur collaboration pour porter un jugement sans appel sur notre époque. Centré sur les comparutions immédiates, ce dernier volet, après « La Vie invisible » et « Un Sacre », révèle les rouages, carences et aberrations d’un système judiciaire fondé sur la démonstration de force et de violence contestable.
  • « A Noiva e o Boa Noite Cinderela » de C. Bianchi : enquête au théâtre de la cruauté

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    Dans « A Noiva e o Boa Noite Cinderela », premier volet de la trilogie « Cadela Força », présenté à La Villette, Carolina Bianchi propose un spectacle coup de poing. La metteuse en scène brésilienne interroge et performe la violence, notamment la violence de genre, du viol au féminicide.
  • « Neiges éternelles » de Jeanne Lazar : fragiles immortalités des figures pop

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    Dans « Neiges éternelles », au Théâtre des 2 Rives de Charenton-le-Pont, Jeanne Lazar croise les figures de Balavoine, Dalida et Goldman. À partir de souvenirs d’anonymes recueillis lors d’entretiens à travers la France et d’éléments biographiques, elle interroge le geste créateur, ses conditions, sa réception et ses limites.
  • « Les Incrédules » de Samuel Achache : matière à douter

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    Avec l’opéra « Les Incrédules », présenté à la 79e édition du Festival d’Avignon après sa création le 18 juin à l’Opéra national de Nancy-Lorraine, Samuel Achache, avec Sarah Le Picard, Antonin-Tri Hoang et Florent Hubert, approfondit de façon plus ambitieuse la réflexion sur les miracles amorcée en 2024 avec « La Symphonie tombée du ciel ».
  • « Le grand palais de ma mère » de Mohamed El Khatib : Mère-muse, mère-musée

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    Premier événement du programme « Constellation » du Centre Pompidou depuis sa fermeture pour rénovation, « Le grand palais de ma mère », présenté dans la Nef du Grand Palais du 13 au 29 juin 2025, propose une rétrospective riche et émouvante du travail du metteur en scène Mohamed El Khatib, dont les personnages sincères reflètent notre époque, ses émois et ses difficultés.
  • « Erdal est parti » de Simon Roth : au dénouement restait le verbe

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    Présenté du 5 au 16 mars 2025 à la MC93, « Erdal est parti » donne voix à Erdal Karagoz, réfugié politique kurde, à travers le récit porté par Simon Roth. Nourri de 12 heures de témoignages filmés, le spectacle interroge la légitimité de transmettre la parole d’un autre et affirme l’universalité de l’exil. Lauréat du prix du jury et du public au 17ᵉ festival Impatience (2025).