Poème ouvert au Président Macron, à l’occasion de sa visite officielle en Tunisie

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Monsieur le Président, l’objet de ce poème est de vous exposer
Quelques effets perfides engendrés par une magistrale opération
Où l’Occident  et ses médias sont admirablement bernés
Qui a permis à l’islamisme d’acquérir sa banalisation
Et vous prévenir des dangers de ses éventuelles retombées
Qui pourraient découler d’un inévitable retour de bâton
Sans précédent, contre lesquels  il nous faut, être vigilants, plus que jamais
En espérant que, vous qui essayez de «faire de la politique autrement»
Expression tellement galvaudée, au point d’être, de sa substance, vidée
Vous arriverez, contrairement à vos prédécesseurs, à le faire réellement
Et, pour  que sous votre mandat le rêve palestinien soit enfin réalisé,
À ramener l'Europe en Palestine afin d'y installer la paix durablement
Pour que les enfants d’Ismaël et d’Israël puissent vivre dans cette terre sacrée
Chacun dans son État, dans des relations de bon voisinage, harmonieusement
Car, le passé montre qu’avec les USA il n’y aura jamais d’avancées
Étant donné qu’ils ont toujours favorisé une des deux parties partialement

Je sais que mon initiative de m’adresser à vous va faire enrager plus d’un taré
Hors les islamistes, parmi ceux qui, comme le président déchu, croient fermement
Que c’est antipatriotique de débattre de nos problèmes et de les étaler
Devant des étrangers, au lieu de les confiner entre nous, familialement
Et c’est avec des insultes, comme à leur habitude, qu’ils vont se manifester
Dans l’incapacité de présenter le moindre argument intelligemment
Ils appartiennent, en général, aux extrêmes et/ou adeptes des grossièretés
Et polluent les débats sur le Web, si ce n’est le «trollisme» leur occupation
En ignorant que l’islamisme n’est pas religion, mais funeste projet
Pour tous, que l’on soit citoyen d’ici, de là-bas ou d’ailleurs, sans aucune distinction
Cela me fait penser à un vieux dicton, dans le comté de Brant, utilisé
Qui dit que «les chiens aboient après les voitures, mais, ils ne conduisent nullement»

Monsieur le Président, d'abord, permettez-moi de me présenter
Je suis un universitaire tunisien, à moitié bourguignon
Qui a eu la chance de participer au Printemps de Mai 1)
Évènement qui a marqué toute une génération
Qui s’apprête à célébrer cette année son premier jubilé
Dont les Accords de Grenelle furent la sociale émanation
Et la loi Faure fut une substantielle progression dans l’Université
Qui, grâce à l’article 30 de cette loi concernant le corps des enseignants
M’a ouvert grandement sa porte, malgré mon étrangère nationalité
J’ai eu aussi la chance de côtoyer Jacques Sauvageot , à  l’AG-UNEF de Dijon
Avant qu’il ne monte à Paris, Cupidon avait ainsi décidé
Où, après à peine quelques mois, de l’UNEF, il devint président
Le regretté Jacques aurait aimé que ce mouvement enclenché
Par une révolte des étudiants devienne Révolution
Ce ne fut pas le cas, à cause de de Gaulle et sa popularité
De Gaulle dont vous partagez la ferveur pour l’européenne construction
Qui a signé, en 1963, le traité de l’Élysée
Avec le chancelier Adenauer, prémisse de l’européenne Union
Et, soit dit en passant, comme Napoléon, l’aura, vous avez
Sans sa fougue guerrière et son européenne domination
Mais, avec la jeunesse et la profonde volonté de réformer

J’avais participé à la soixante-huitarde communion
C’était un air à la Commune, avec le chant  « Debout les damnés…»
L’ambiance était à la révolution, je n'ai pas pu faire autrement
Malgré les risques encourus parce que j’étais étranger
Je le suis encore, mais, spirituellement et culturellement
Je suis berbéro-phénicio-...-arabo-musulman, et, aussi, français
D’ailleurs, depuis que  je suis arrivé dans l’hexagone comme étudiant
Citoyen de France, à part entière, je me suis toujours considéré
J’ai intégré divers cercles de réflexion de tous horizons
Évidemment de gauche, depuis Témoignage chrétien jusqu’à l’UEC
Je me suis fait élire délégué étudiant, et même participant
À la Commission de spécialistes qui m’avait, auparavant, recruté
À la sortie de mon master 2 qui s’appelait DEA en ce temps
Car, en ce temps, avec un diplôme de master 2, on pouvait candidater
Au premier titre universitaire qui s’appelait alors Assistant
Suivi de celui de Maître-assistant où le doctorat est exigé
Ou bien être doctorant d’État avec sérieuses publications
Parues dans des journaux avec comité de lecture, bien classés
La « commission de spécialistes » formule des propositions
Et c’est le Comité consultatif des universités
Qui dresse la Liste d'aptitude aux fonctions de maîtres-assistants
C’est en Bourgogne que ma carrière universitaire avait débuté
J’ai dirigé un certain nombre de thèses à l’Université de Dijon
La Physique-mathématique et la Spectroscopie moléculaire, comme spécialité
La Théorie des groupes et des algèbres de Lie, étant leur connexion 
Ceux de Maître-assistant et Chargé de cours, comme postes, j’y ai occupé

Je suis un citoyen qui, depuis l’avènement de notre Printemps
Se bat contre l’islamisme, pour un Islam des Lumières, éclairé
Celui qui  sépare la politique des religieuses convictions
Celui porté par Bourguiba, Tahar Haddad et Averroès
D’ailleurs, mon combat m’a valu un procès pour diffamation
Devant le tribunal, situé à Paris, dans l’Île de la Cité
Intenté par le Gourou d’Ennahdha, l’islamiste mouvement
Qui, grâce à la probité de la justice républicaine, fut débouté2)
Monsieur le Président, permettez-moi, afin que cette présentation
Soit la plus complète et exhaustive possible, de prendre la liberté
De vous informer que mon frère Farhat fut le collègue de Monsieur Le Drian
Le locataire du Quai d’Orsay, quand il était au ministère des Armées
Et que le poète Abou el Kacem Chebbi, le Rimbaud de l’Orient
Celui qui a révolutionné la poésie arabe au siècle dernier
À qui notre hymne national doit la révolutionnaire strophe le terminant
Est, j’avoue le dire avec quelque fierté, mon oncle maternel de lait
Strophe dont les islamistes souhaitent vivement la disparition
Et qu’ils refusent, dans les cérémonies et manifestations, de chanter
Car, pour eux, c’est un blasphème violant la doctrine de la prédestination
Où les sorts des humains et des nations  sont, par essence, pré-décidés 3)

Nous, notre jeunesse, elle s’est soulevée, il y a maintenant sept ans
Elle a eu plus de chance, car, au pouvoir, on avait un régime bananier
Et, grâce à elle, aux forces progressistes et à leur mobilisation
Le Jasmin a fleuri diffusant un air inédit de liberté
Un air fragilisé par l’apparition d’apophtegmes et de slogans
Qui n’ont rien à voir avec notre Révolution de la dignité
Apophtegmes et slogans portés  par ceux qui en furent les grands absents
Annonçant tout un programme que leurs oulémas ont développé
Alors qu’il fut montré que tout au long de notre soulèvement
Aucune expression n’a fait référence à leur projet de société

Ils ont berné, comme d’habitude, les politiques de l’Occident
Ainsi que tous ses médias écrits, parlés et télévisés 4)
En se comparant  au parti chrétien-démocrate allemand
En leur faisant croire que, contre Daech, ils sont les seuls boucliers
Le comble, c’est qu’en ce qui concerne notre Constitution
Leur Gourou ne cesse d’insinuer que sa  modernité
Tient du fait qu’ils avaient accepté le consensus sur la question
Alors que, pour y mettre la Sharia, ils avaient usé
De toutes les fourberies, les manœuvres et les conspirations5)
En vain, grâce au combat qui, par les modernistes, fut mené
Qui, avec le Sit-in du départ 6), a atteint son point culminant
Où la femme, comme à son habitude, était mobilisée
En première ligne de la lutte, en étant son catalysant
Forte de sa détermination, à l’obscurantisme, de résister
Elle n'était pas à son premier combat, à son premier engagement
Sit-in qui a obligé le pouvoir islamiste de, bagage, plier
Lui qui ne cesse de clamer, tous azimuts, à tous vents
Que son départ était l’effet de sa propre volonté
Ledit Gourou a usurpé notre combat pour en faire un commerce florissant
Qu’il essaye de faire fructifier, frauduleusement, avec ses ragots mensongers
Ce qui lui a valu des prix honorifiques de diverses institutions du Ponant
Toujours cet Occident qui, par ses mirages d’islamiste lighté, se laisse tromper
Jusqu’à l’inviter à ses rencontres les plus prestigieuses, régulièrement
Dont celles de Davos et du MED, Forum des Dialogues de la Méditerranée
Lui, le terroriste,  reconnu comme tel par plus d’un pays, officiellement
Dont le mouvement est le berceau  d’Al-Qaida, de Daech et assimilés
Et qui a trouvé en Bajbouj 7) un allié de taille qui l’a blanchi, moyennement
Juste pour lui permettre, auprès des grands de ce monde, au fréquentable, de jouer
Ils ont également usurpé notre Révolution en se l’appropriant
Alors qu’ils ont été les grands absents jusqu’au lendemain du 14 janvier
D’ailleurs, leur fausse "séparation entre politique et prédication"
Qui, dans le poème ci-dessous 8) qui lui est réservé, sera prouvée
Comme étant une opération de marketing et de communication
Pour vendre aux naïfs leur soi-disant islamisme modéré
Rentre, comme leur dit consensus, dans la nouvelle stratégie des Frères musulmans
Et, comme lui, dans leur culture de tromperie, à toutes les sauces, elle est utilisée

Monsieur le Président, ne vous laissez pas encore berner par ces marchands de religion
Et apprenez à séparer, dans ce qu’ils pourraient vous dire, le bon grain de l’ivraie
Tout en ayant conscience que, chez eux, le genre ivraie est, souvent, le plus dominant
Cela est dû à la stratégie que leurs maîtres à penser avaient arrêtée
Basée sur le précepte de la Taqiya négative 9) , essentiellement
Il y va du modèle du vivre ensemble de vos citoyens et de leur sécurité
Car, si l’islamisme l’emportait en Tunisie, le risque pour la France serait des plus grands
Au vu de l’importance de l’implantation dans l’hexagone de la musulmane fraternité
Où les partisans d’Ennahdha  sont parmi les militants les plus actifs, «islamistement»
Au sein de sa succursale française, l’UOIF, qui, voilà un an, s’est re-baptisée
«Musulmans de France», comme si tous les  musulmans de France étaient devenus subitement
Des islamistes salafo-fréristes partisans du régime théocratisé
Au vu de la raison d’être des islamistes, qu’ils se déclarent modérés ou violents
Raison d’être dont le but final est de gouverner à leur façon, dans toutes les contrées
Façon dont on a vu des échantillons en Égypte, avec Morsi, ou en Iran
Confirmant que l’islamisme, pour la démocratie, est la mère de tous les dangers
Et au vu du soutien que ces nahdhaouis 10) pourraient recevoir, logistiquement
De la part d’un pouvoir islamiste qui serait à vos frontières sud bien installé11)
Sachant que l’islamisme engendre le terrorisme, fait prouvé quotidiennement
De par le monde et,  dans mon poème traitant de  «l'islamismophilie » en France, montré12)
Poème écrit en mémoire des victimes des attentats de Paris et de Nice, conjointement

En conclusion, Monsieur le Président, le terrorisme ne pourrait être éradiqué
Que si les islamistes de tous bords abandonnaient leurs politiques prétentions
En devenant des croyants pour qui la spiritualité dépend du privé
En laissant à Dieu le Coran, et les affaires de la Nation au Parlement
C’est la condition sine qua non minimale exigée par la laïcité
L’un des principes sur lequel repose le vivre-ensemble rapporté par Aristide Briand
Et qui leur garantit la liberté de pratiquer leur  religion en toute sérénité
Comme il l’a garanti, depuis la loi de 1905, à toutes les confessions
Et, s’ils ne le faisaient d’eux-mêmes, les démocraties du monde devraient les y obliger
Qui plus est, «Qui tolère l’islamisme récolte le terrorisme !», assurément
Titre-slogan, l’intitulé de mon blog militant chez Mediapart domicilié 13)
Sinon, les attentats terroristes continueront à frapper aveuglement
En tout lieu, dans vos villes, vos campagnes, jusqu’à vos villages les plus reculés
Quoique vous fassiez, quoique vous planifiez, ledit abandon reste l’unique solution
Compte tenu de la fulgurante présence partout de l’islamisme de proximité
Qui a commencé, voilà longtemps14), à gangréner l’islam de France en le wahhabisant
Par l’intermédiaire de leurs imams qui avaient infesté les banlieues et les mosquées
Grâce aux royalties qui sentent fortement le pétrole et le gaz du Moyen-Orient
En outre, ce cancer islamiste, au niveau de leurs écoles privées, s’est métastasé
Et, selon leurs théoriciens, leurs premières cibles seront, comme ce fut jusqu’à maintenant
Les «taghouts»15),  musulmans ou non, à commencer par les forces militaires et de sûreté
Stratégie qu’ils ont explicitée dans leurs manuels de propagande voilà longtemps
Passée inaperçue chez les analystes qui défilent sur les plateaux de télé
La note concernant les «taghouts»15) a été rédigée à l’attention spécialement
De ces derniers qui se demandent pourquoi les soldats et gendarmes sont les premiers visés
À ce propos, il me revient en mémoire une citation du président Mitterrand17)
Qu’on pourrait transposer comme suit, pour se rendre compte de l’islamiste dangerosité
«Tolérez l’islamisme sur un mètre carré, il gagnera bientôt la planète entièrement»

Daignez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect
Et l'expression de ma totale estime et de ma très empressée considération

Salah HORCHANI
Professeur des Universités à la retraite
(Mathématiques, Université de Bourgogne et Université de Tunis)

Photo ajoutée le 01/02/2018 : Emmanuel Macron essayant la chechia tunisienne, lors de sa visite de la Medina de Tunis, aujourd’hui, sous le regard amusé du bizertin Bertrand Delanoë, l'ancien maire de Paris.

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Note ajoutée le 02/02/2018 : Ennahdha n’a apprécié qu’à moitié le discours d’Emmanuel Macron !

Quand Abdelfattah Mourou – le numéro 2 de l’Assemblée des représentants du peuple, qui est également le numéro 2 du parti islamiste tunisien Ennahdha, portant jebba et situé en haut et à gauche de l’image de la vidéo ci-dessous *, de la minute 52 :58 à la minute 53 :21 - montre, par sa façon d’applaudir le discours d’Emmanuel Macron, qu’il n’a apprécié qu’à moitié ledit discours, puisque ses applaudissements - par leur brièveté, s’arrêtant, net et de façon ostentatoire, bien avant ceux du reste de l’Assemblée - ne sont que de pure convenance.

* «Emmanuel Macron en Tunisie, devant l’Assemblée des représentants du peuple» :  

https://www.youtube.com/watch?v=OGXLy4B5J30

La photo ci-dessous est une capture d’écran de ladite vidéo : on y aperçoit Abdelfattah Mourou se tenant debout, les bras tombants de chaque côté du corps, pendant que le reste de l’Assemblée applaudit !

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Pour connaitre le vrai visage d’Abdelfattah Mourou, que les islamistes se disant modérés classent parmi leurs meilleurs représentants, voir les deux courtes vidéos suivantes - dont la durée totale est égale à deux minutes – qui le démasquent :

Projet islamiste : Quand Abdelfattah Mourou tombe le masque - YouTube, Durée : 0’41’’.

Le projet islamiste : Quand Abdelfattah Mourou tombe le masque suite ..., Durée : 1’19’’.

Et au vu de leur contenu et du projet de société qu’Abdelfattah Mourou y défend, on imagine le supplice qu’il a enduré, pendant presqu’une heure, en coprésidant cette plénière de l’Assemblée des représentants du peuple, dont presque le tiers est constitué de ses fréro-acolytes, durant laquelle le Président Macron a défendu, et avec quels talent et brio !, l’antipode de ce projet et a témoigné de son admiration, de sa vénération même, pour le travail que nous avons accompli, en particulier en matière des libertés individuelles et des droits fondamentaux, en concluant ce thème de son discours par : «Cette révolution culturelle, profonde, démocratique, c’est l’exemple de la Tunisie. C’est cet exemple qui vous a conduits à inscrire dans votre constitution la liberté de conscience, à instaurer l’égalité entre l’homme et la femme, à poursuivre ce formidable mouvement jusque dans les décisions courageuses que je veux ici saluer du Président Essebsi qui, l’été dernier, a décidé d’enclencher ce mouvement, qui sera irréversible, consistant à donner, devant l’héritage comme le mariage, les mêmes droits à l’homme et à la femme»* (de la minute 6:10 à la minute 7 :07 ), en insistant sur ce que Mourou et consorts ne voudraient surtout pas entendre (dans les deux sens habituels de ce verbe): « Vous avez fait mentir ceux qui, là aussi dans nombre régions du monde, veulent faire croire que l’islam est là pour régenter l’État et que la séparation n’est pas possible. Vous les avez faits aussi mentir»* (de la minute 7 :35 à la minute 7 :55 ), important constat qu’il a développé le jour même dans son discours à la communauté française de Tunisie en ces termes (de la minute 2 : 41 à la minute 4 :45) : « Un pays qui ces dernières années a aussi, et ces derniers mois encore, réussi sa révolution culturelle en dessinant de manière inédite un rapport apaisé, et je l’espère dans la durée, entre l’État, la vie civile et la religion. Je ne mésestime rien de ce que vous connaissez parfaitement des destins individuels, des dérives des uns et des autres et de ce qui vient aussi bousculer la société dans ses tréfonds, et nous le connaissons aussi en France, mais, ici, ici [nda : répété deux fois dans le discours], ce chemin a été fait durant les dernières années. Et, donc, la réussite de la Tunisie dans ce contexte est aussi la nôtre. Je ne viens pas ici simplement chez un partenaire ou un pays lointain qu’on viendrait aider où à qui on fait des annonces de manière classique, non ! Je viens de l’autre côté du rivage de la Méditerranée dans un pays frère parce que notre destin y est lié, parce que si la Tunisie échoue dans ce qu’elle a amorcé, nous échouerons, parce que si la Tunisie ne conforte pas la place de la démocratie, des libertés individuelles, de la civilité entre les hommes et les femmes comme elle a su le faire, si la Tunisie ne réussit pas à faire réussir sa jeunesse, si la Tunisie ne réussit pas à avoir un État, une vie politique, hors de la religion, et de son emprise, laissant à chacune et chacun la liberté de conscience qui lui revient, de croire ou de ne pas croire, de croire à l’un ou l’autre, alors nous ne réussirons pas non plus, parce qu’il n’y a pas de temps de laboratoire, et parce que tous ces risques-là, nous les avons au cœur de nos sociétés».

Note ajoutée le 28/03/2018 : Un extrait du discours que le président de la République Emmanuel Macron a prononcé, aujourd’hui mercredi 28 mars 2018, dans la cour des Invalides, en hommage au lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, assassiné dans l'attentat de Trèbes, après avoir pris volontairement la place d'une femme retenue comme otage par le terroriste :

«Non, ce ne sont pas seulement les organisations terroristes, les armées de Daesh, les imams de haine et de mort que nous combattons. Ce que nous combattons, c’est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux, qui accomplit son œuvre de manière invisible, qui agit clandestinement, sur des esprits faibles ou instables, trahissant ceux-là mêmes dont il se réclame, qui, sur notre sol, endoctrine par proximité et corrompt au quotidien. C’est un ennemi insidieux, qui exige de chaque citoyen, de chacun d’entre nous, un regain de vigilance et de civisme».

Oui, Monsieur le Président, «cet islamisme souterrain qui endoctrine par proximité» - «qui progresse par les réseaux sociaux» et par la société civile - est le premier et le plus urgent à combattre.

1) https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/170514/mon-universite

2) Voir à ce sujet mon article-poème intitulé «TGI de Paris – Non-lieu dans le procès intenté par GHANNOUCHI Rached à mon encontre » et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/111117/tgi-de-paris-non-lieu-dans-le-proces-intente-par-ghannouchi-rached-mon-encontre

3) Abou el Kacem Chebbi est mon oncle maternel de lait, car, ma mère est la sœur de lait d’Abou el Kacem Chebbi (les deux ont partagé ensemble le sein de la mère du dernier nommé) dont le père était un ami et un collègue de mon grand-père maternel, tous les deux étaient juges et, aux environs des années  dix du siècle dernier, ils ont professé leur métier ensemble dans la ville de Gabès. Dans ce contexte, il convient de mentionner que le Coran (Sourate 4 – Verset 23) et la loi dans tous les pays musulmans interdisent le mariage entre frère et sœur de lait. Quant à la strophe dont il est question, on peut la traduire par :

Lorsque le peuple un jour veut la vie
Le destin se doit de répondre 
Aux ténèbres de se dissiper
Aux chaînes de se briser

4) Voir, dans ce cadre, mon poème intitulé «Tunisie et terrorisme islamiste : Poème ouvert aux médias occidentaux » et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/301216/tunisie-et-terrorisme-islamiste-poeme-ouvert-aux-medias-occidentaux

5) Voir mon article intitulé « Tunisie : Sacrée Sharia ! Chaque fois qu’on la pousse par la porte, les islamistes la font revenir par la fenêtre ! (2/4)» et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/020114/tunisie-sacree-sharia-chaque-fois-qu-la-pousse-par-la-porte-les-islamistes-la-font-revenir-par-l

Voir aussi mon billet intitulé «Pour le Parti Islamiste Tunisien Ennahdha, la Sharia n’est qu’une partie remise » et paru sous le lien suivant :

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pour-le-parti-islamiste-tunisien-115772

et la vidéo suivante : 

Pour Ennahdha, l'instauration de la Sharia n'est que partie remise ...

6) Voir mon article intitulé «Prix Nobel de la Paix 2015 : une petite pensée pour le "Sit-in du Départ "!» et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/091015/prix-nobel-de-la-paix-2015-une-petite-pensee-pour-le-sit-du-depart,

article qui renferme une description du Sit-in du départ et de ses acquis qui sont résumés dans l’extrait suivant :

Sit-in  qui  a rehaussé le moral de la population,
Qui, avec l’aide du Quartet et ses marathoniennes discussions
Au sein du Dialogue national et ses multiples consultations,
Nous a, enfin, débarrassés de l’islamiste Gouvernement,
Sit-in qui a conduit finalement
À la mouture moderniste de notre  Constitution,
Avec, en particulier, la liberté d’opinion  et de conscience,
De pensée, de création, de publication et d’information,
Les libertés académiques, d’expression et de communication,
L’interdiction de l’accusation d’apostasie et de  mécréance,
L’interdiction des incitations à la haine et à la violence,
La protection des acquis que vous avez  obtenus  auparavant,
La parité hommes femmes dans les assemblées élues, principalement

7) Bajbouj est le sobriquet donné à Béji Caïd Essebsi, Président  de la République tunisienne.

8) Exceptés ses quatre premiers vers, cette strophe est extraite de mon poème intitulé «Tunisie - Révolution An VII : Élections locales, entourloupettes d’Ennahdha » et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/090118/tunisie-revolution-vii-elections-locales-entourloupettes-d-ennahdha,

poème qui montre dans son paragraphe 4. que «"La séparation entre politique et prédication" est une directive-entourloupette de la Confrérie  des frères musulmans».

9) Pour la signification du terme «Taqiya » - offensive ou négative et défensive ou positive - voir la note [2)] de mon poème intitulé « Dis-moi ! Les islamistes, comment les reconnaît-on? » et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/271015/dis-moi-les-islamistes-comment-les-reconnait

10) Nahdhaoui : adjectif et nom  qui ont rapport au parti Ennahdha.

11) Voir aussi, dans ce cadre, mon article intitulé «Madame la Juge, le projet du plaignant KHERIGI constitue un péril pour nos deux pays» et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/141116/madame-la-juge-le-projet-du-plaignant-kherigi-constitue-un-peril-pour-nos-deux-pays

12) Il s’agit de mon poème intitulé «L'islamismophilie de faux laïcs français» et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/081116/lislamismophilie-de-faux-laics-francais

Voir aussi mon poème intitulé «Je suis Paname !», écrit en hommage aux victimes de l’attentat de Paris et paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/141115/je-suis-paname

13) https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog

14) À ma connaissance, cette wahhabisation a débuté longtemps, longtemps avant la naissance de Daech et d'Al Qaïda, et même avant la révolution islamiste iranienne et la guerre d’Afghanistan opposant les États-Unis d’Amérique et l’Union des républiques socialistes soviétiques par moudjahidines et régime communiste afghan interposés. Voir à ce sujet le paragraphe intitulé «Mon témoignage sur l’infiltration de l’islamisme dans la France républicaine» de mon article paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/070816/l-islamisme-se-disant-modere-et-l-aveuglement-de-l-occident

avec comme titre «L’islamisme se disant "modéré" et l’aveuglement de l’Occident».

15) «Taghout» est la transcription du mot arabe «الطاغوت». Il prend sa racine du mot «toghiane» (transcription du mot «الطغيان») qui signifie tyrannie ou transgression des limites ou des lois. Il fait partie de ces mots bien connus de l'islam, présents dans le Coran, dont le sens fut falsifié pour le besoin de la propagande et la stratégie islamiste. Initialement, comme l’a expliqué l'imam Malik, «le taghout est tout ce qui est adoré en dehors d'Allah». Ce sens a été altéré, d’abord, pour désigner tout tyran, et, ensuite, récupéré politiquement par la sémantique islamiste pour désigner tous ceux qui ne gouvernent pas selon la loi d’Allah, à la sauce islamiste, et leurs soutiens, ainsi que tout islamistophobe (à ne pas confondre avec islamophobe !) : en font partie, en particulier, les dirigeants des pays «mécréants», des pays musulmans qui ne sont pas islamistes et, en priorité, leurs  forces militaires et de sûreté. Ainsi, pour Rached Ghannouchi [président-fondateur d’Ennahdha, succursale tunisienne de la Confrérie des Frères musulmans], Habib Bourguiba [Père-fondateur de la Tunisie moderne] est un taghout16) et, plus généralement, pour les islamistes violents, les présidents Béji Caid Essebsi, Macron, Sissi,…, tous les shiites,…, leurs armées et leurs forces de sécurité,… sont des taghouts, halal d’exécuter prioritairement, et, à défaut de pouvoir atteindre ces prioritaires, n’importe quel sujet de ces taghouts-dirigeants devient leur cible, puisque coupable de ne pas se révolter contre ces derniers. Et, tout cela est généralement justifié et corroboré par des fatwas, comme ce fut le cas pour les besoins du coup d’État avorté d’Ennahdha de 1987 contre le président Bourguiba, au temps où elle s’appelait Mouvement de la tendance islamique (MTI), fatwas parfois nominatives, par exemple dans l’exécution de Chokri Belaïd, homme politique de gauche et avocat tunisien, fatwas émises par leurs maîtres à penser qui furent dans ces deux cas Salah Karkar - l’un des cofondateurs en 1981, avec Rached Ghannouchi, du MTI - et Abou Yadh, respectivement.

Dans ce contexte, il serait instructif d'examiner brièvement ladite fatwa de Salah Karkar afin d'avoir une idée du processus de la genèse des fatwas islamistes. Pour ce faire, nous allons faire appel à un ouvrage rare et inconnu du grand public tunisien. Il s’agit du livre d’Abdallah Amami, ex-Directeur de l’ATCE (Agence Tunisienne de Communication extérieure), intitulé «Ennahdha» et paru au début des années 1990. Abdallah Amami écrit dans son livre que pour le besoin du dit Coup d’État nahdhaoui, une fatwa sur mesure, «devenue la condition [sine qua non] de l’exécution de l’opération du Coup d’État », a été commandée par Ennahdha afin de lui «permettre» d’assassiner, en toute quiétude, des civils innocents, plus précisément, afin d’obtenir la «légitimité islamique de l’assassinat de [concitoyens] musulmans» qui pourraient entraver de quelque façon que ce soit la réalisation de ce Coup d’État. Cette Fatwa a été émise par Salah Karkar à partir de Londres où il résidait en tant que réfugié politique, et cela, à moins d’une semaine de la date fatidique du 8 novembre 1987, date choisie pour l’exécution du Coup d’État. D’après toujours Abdallah Amami, « Salah Karkar émit "la fatwa" en partant du principe que le Djihad est le chemin pour instaurer l’État islamique ; que c'est une règle fixe confirmée par le texte coranique et la Sunna ; et que ceux qui s’y opposent et exécutent les ordres du gouvernement non-croyant sont mécréants et doivent être combattus, même si certains le font malgré eux ». Quant au sort de Bourguiba lui-même, il était scellé et il n’avait pas besoin de fatwa, puisqu’il fut classé, à priori, taghout, comme l'a confirmé Rached Ghannouchi ci-dessus.  

16) Voir, par exemple, la vidéo suivante à la minute 2 :47

https://www.youtube.com/watch?list=UU11xhtL5QtjI8MN3ZXOhnIw&v=n2uq34J3tT4

Voir aussi le lien suivant :

http://www.businessnews.com.tn/raed-ghannoui--la-resistance-contre-les-taghout-a-commence-en-1981-video,534,44448,3

17) «Laissez la tyrannie régner sur un mètre carré, elle gagnera bientôt la surface de la terre».

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