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Billet de blog 25 oct. 2021

Les milliards se ramassent à la pelle

Les ʺlibérauxʺ agitent en permanence le coût de la protection sociale, des services publics, instrumentalisent la dette publique pour affoler les citoyens mais sont prêts à lâcher des milliards pour satisfaire leurs intérêts et désamorcer le mécontentement populaire. Chroniques également sur le degré zéro de la pensée politique, les affairistes et le Service National… Uniforme.

YVES FAUCOUP
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[photo et montage YF à partir affichettes Attac]

Les néo-libéraux ne jurent que par le privé, mais, à la différence des libéraux classiques, qui considèrent que l’État est l’engeance du mal, ils savent utiliser l’État pour rentabiliser le lucratif et accroître l’efficience du capitalisme. Quant à l’État social (la protection sociale, sous forme de sécurité sociale ou d’aides sociales), s'il existe, c’est essentiellement le résultat des luttes sociales, et parfois, tout de même, grâce à l’initiative d’une bourgeoisie éclairée qui a redouté et a su anticiper les catastrophes (par exemple, ce fut le cas de la réglementation du travail des enfants avec la loi de 1841).

En un mot, l’État social ne doit rien, quasiment rien, aux néo-libéraux. Or ces derniers, face à une crise comme celle, sanitaire, que nous vivons, n’hésitent pas à dépenser massivement, pas seulement pour les entreprises (subventions et prêts) mais aussi au profit de la population (chômage partiel et « secours »), souvent en contradiction avec leur idéologie de base, pour tenter d’éviter des révoltes et pour amadouer les électeurs.

Il se dit qu’Emmanuel Macron vient de lâcher 10 milliards d’euros (Md€) en trois semaines (aides pour le gaz, l’électricité, l’essence). Après le "bouclier tarifaire" et les chèques énergie, la dernière mesure (100 € pour les citoyens percevant moins de 2000 € nets par mois) va coûter près de 4 Md€. Au lieu de lisser les hausses des prix en jouant sur les taxes, on préfère réagir de façon sonnante et trébuchante quand les hausses imposées par les pétroliers sont erratiques. Les plus rétrogrades parmi les néo-libéraux n’ont cessé de gémir sur le coût des minima sociaux, ont humilié les ʺbénéficiairesʺ du RSA ce qui a contribué, entre autres, à ce que des ayants-droit n’aient pas recours à cette allocation. Faut-il rappeler pour la énième fois que le RSA (allocation différentielle dont la moyenne est autour de 500 € mensuels, mais peut n’être que de 100 €, en tenant compte d’autres ressources) est versée à 2 millions de foyers et coûte à la collectivité 10 Md€.

Nicolas Sarkozy, honte à lui, disait [j’ai la date et le lieu] que cela avait mis la France en faillite ! Lui qui, au cours de son quinquennat, a creusé la dette publique de plus de 500 milliards d’euros supplémentaires par des avantages fiscaux accordés aux classes dirigeantes, tout en tentant de justifier ce fiasco par la seule crise financière de 2008. Aujourd’hui, l’État lâche sans barguigner 10 milliards en quelques jours, comme il a précédemment délesté le budget de l’État du même montant avec la suppression de l’ISF et la baisse de l’impôt sur les sociétés. 10 Md€ c’est aussi le montant des bénéfices annuels de certaines grandes banques ou de certains grands groupes pétroliers. C’est enfin le déficit annuel des régimes de retraites sur lequel la droite a surfé (sans doute déficit moindre puisque l’organisme chargé de plancher sur le sujet, le COR, avait conclu à l’équilibre jusqu’en 2070 et continue à l'affirmer, tablant sur la non-indexation des pensions sur les salaires).  

Le projet de budget de 2022 prévoit un déficit budgétaire de près de 150 Md€ soit 15 fois ce que l’État consacre aux plus pauvres, qui le plus souvent non pas de revenus à cause d’un système économique qui les a jetés à la rue, ne leur proposant aucun emploi, pire se servant du chômage comme variable d’ajustement, ayant sabré les emplois aidés, ne menant aucune politique de fond d’accompagnement des chômeurs. En réduisant cyniquement le montant des indemnisations à celles et ceux qui en percevaient encore : le Conseil d’État vient de donner son aval en prétendant que se confirme « une forte reprise de l’activité économique »… qui justifierait donc que ceux qui alternent petits boulots et inactivité soient fortement pénalisés !

Les hôpitaux sont en souffrance parce que, malgré le contexte, le pouvoir continue à les étrangler, son leitmotiv étant : « la baisse des coûts », son mantra : « toute dépense publique n’est que gaspillage ». Les projets sociaux tombent à l’eau. Le Smic reste à un niveau très bas, les salaires aussi (et pas seulement dans l’éducation ou la santé) et tout est fait par le pouvoir pour que le montant des retraites stagne et, à l’avenir, baisse. Macron avait annoncé en septembre 2018 un Plan Pauvreté (que j’avais analysé en parlant de « Pauvreté du Plan ») : avec un Service Public de l’Insertion et de l’Emploi (sa mise en place est lente et recouvre au mieux de beaux principes, au pire des processus technocratiques, plutôt que des moyens réels) ; un Revenu Universel d’Activité (dans les limbes). Et ne parlons pas de la dépendance, réforme majeure annoncée non concrétisée, repoussée aux calendes grecques, comme François Hollande, resté très timoré sur un sujet qui mériterait une vraie Sécu de l’autonomie.

Ainsi va le monde : les mêmes qui, sur les estrades, vilipendent l’assistanat savent s’en servir pour satisfaire leurs propres intérêts et, en réalité, étendre l’assistance. Aujourd’hui avec les 100 €, le premier ministre nous parle d’« une aide aux classes moyennes » (au-delà de 2000 € par mois, tous des nantis). Les mêmes qui nous abreuvent de discours sur les réformes de structure ne restructurent qu'au profit d'une caste aisée, non dans l’intérêt commun.

« Le degré zéro de la pensée politique »

Certains de gauche continueront à s’imaginer que Natacha Polony est une éditorialiste de gauche, malgré ses diatribes réactionnaires sur l’école, sur l’identité, sur l’immigration (entraînant Marianne sur des « dossiers » dignes des médias d’extrême-droite Causeur ou Valeurs Actuelles). Le dernier édito qu’elle publie dans Marianne porte sur « Les 32 heures ou le degré zéro de la pensée politique ». Elle ironise sur le débat qui fait surface sur les 32 heures, tout en admettant, comme un aveu, qu’« on ne peut se contenter de parler immigration et identité ». Mais c’est pour critiquer violemment les 35 heures dans un argumentaire conforme à tout ce que la droite et la droite extrême ont déversé sur le sujet : fiasco, désorganisation de l’hôpital, de la police, de l’ensemble des administrations, et perte de compétitivité des entreprises. Au cas où ceux qui appréciaient le Marianne de Jean-François Kahn s’en offusquent, elle affirme que l’hebdo s’est toujours prononcé contre la loi Aubry. Elle pousse l’invective jusqu’à se moquer de « la dame des 35 heures » qui se préoccupa ensuite du « care » (donc tout ce qui touche à l’aide à la personne et… au tourisme, symbole de la désindustrialisation du pays transformé en parc de loisirs). La réduction du temps de travail c’est l’affirmation par des fonctionnaires et des intellectuels que le travail est aliénant, dégradant (forcément « ces penseurs hors-sol » ne se salissent jamais les mains), alors ils gambergent sur le revenu universel. Elle est nostalgique du temps où le travail manuel était la fierté des ouvriers qui avaient un tel « savoir-faire » qu’ils éprouvaient le « plaisir de produire ». Dans un fourre-tout dont elle a le secret, elle assimile cette avancée avec l’ubérisation, effectivement critiquable. On en vient à se demander si son sous-titre sur « le degré zéro » n’était pas, sous sa plume, un moment de lucidité sur sa propre dérive.

Romaric Godin, journaliste à Mediapart (économie) a twitté le 22 octobre : « Texte désastreux d’incompréhension des dynamiques du capital saupoudré du romantisme de l’ouvrier heureux des manufactures d’antan et où l’exploitation était joyeuse. Effarant. »

La semaine précédente, l’édito de Natacha Polony reprochait aux élites de ne pas entendre les craintes des Français, non seulement sur la désindustrialisation mais sur « la destruction de l’école, l’afflux d’une immigration non intégrée » : serait en danger « la possibilité même pour la France de se perpétuer en tant que nation ». Philippe Corcuff, sur son blog de Mediapart, évoque une « zemmourisation light » et relève sa chronique sur France Inter du 4 octobre dans laquelle elle condamne l’usage de l’anticomplotisme comme « anathème contre quiconque pense mal », ce qui, estime Corcuff, conforte « l’extrême droitisation idéologique en cours ». 

. voir : Natacha Polony ou la zemmourisation aux mains propres, Philippe Corcuff, 22 octobre.

Dominique Méda [Photo de Philippe Matsas]

. Il va de soi que la chronique* de Dominique Méda (professeure de sociologie, philosophe, Normale Sup, ENA, ancienne inspectrice générale des affaires sociales), dans le Monde des 24-25 octobre, est d’un autre niveau. Contestant les comparaisons tronquées si ce n’est truquées entre la durée hebdomadaire de travail entre la France et l’Allemagne (elle est plus élevée en France, selon une étude de la Direction statistique du ministère du travail, la Dares), elle montre combien les femmes sont désavantagées en terme de formes de travail (nombreuses soumises au travail partiel non choisi). Elle dit sa préférence : entre une réduction individuelle du temps de travail (ce qu’est le temps partiel) et une réduction collective, elle opte pour la seconde. Et conclut : « se donner pour objectif de faire converger la durée des emplois des hommes et des femmes autour d’une norme glissante de 32 heures. Cela permettrait non seulement de réintégrer de nombreux chômeurs dans l’emploi, mais aussi de corriger une évolution dénoncée par de plus en plus d’économistes : la déformation du partage des revenus en faveur des profits et au détriment des salaires. » On imagine Natacha Polony s’étranglant d’indignation.

* le titre de la version du journal papier : 32 heures pour toutes et pour tous.

Les affairistes

Jean-Marie Le Guen, comme Manuel Valls, Pierre Moscovici, et bien d’autres (Cambadelis, Bauer), n’ignoraient rien des frasques de DSK. Ils étaient ses lieutenants, comptaient bien occuper des postes importants une fois DSK élu président et fermaient les yeux sur des comportements indignes connus de tout l’entourage. Sans vergogne, ils ont poursuivi leur petite carrière d’apparatchiks (Moscovici, président de la Cour des comptes, après avoir été ministre et commissaire européen, on croit rêver). Le Guen, qui a été accusé d’avoir dissimulé son patrimoine à la Haute Autorité de la Vie Publique et a eu droit à un redressement fiscal de 50.000 euros rien que pour 2013, est employé d’une société de courtage, administrateur du Chinois Huawei (pour son carnet d’adresse). Il fait des affaires troubles avec le Qatar (voir Blast) et est chroniqueur sur des chaînes d’infos en continu (dont LCI), censé être une parole de "gôche" !

Parce que Valls n’avait pas été retenu à la primaire "socialiste", il avait aussitôt soutenu Macron. Comment imaginer un instant qu’on puisse faire confiance à ces gens-là qui n’ont pourtant aucun complexe à se pavaner.

Laïcité & Service National Uniforme

Voilà une définition bien étriquée de la laïcité : l'auteure, Sarah El Haïry, est secrétaire d'État à la jeunesse et à l'engagement. Rappelons que confrontée l'an dernier à 130 jeunes à Poitiers, qui l'ont quelque peu chahutée (réclamant des cours sur les religions à l'école et le droit de porter des signes religieux à partir du lycée), elle n'a rien trouvé de mieux que de diligenter dès le lendemain une inspection à l'encontre de la Fédération des Centres sociaux qui organisait la rencontre ! Contestée, elle avait préféré chanter la Marseillaise, déçue de n'être que très peu suivie.

Le Service National Universel (SNU) qu'elle vente tant a réuni cet été, du 21 juin au 2 juillet, 18.000 jeunes volontaires de 15 à 17 ans dans 122 centres répartis sur toute la France. 2800 contractuels pour les encadrer : souvent des personnes qui galèrent et avaient accepté ce petit contrat pour mettre un peu de beurre dans les épinards. Selon une de mes connaissances qui a effectué ce job, elle n'était toujours pas payée des mois plus tard. Le Canard enchaîné s'est fait l'écho de ce comportement irrespectueux de l'Etat et du secrétariat à l'"engagement" dans un article du 15/09 [La République dure d'oseille]. Un contractuel d'Occitanie confie à l'hebdo satirique que l'État lui doit 3200 € comme 21 personnes de son équipe qui s'étaient tous défoncés pour le SNU. Sarah El Haïry s'est contentée de dire : problème de logiciel.

La personne qui a participé à cette "aventure" me dit que les jeunes présents n'étaient nullement des jeunes des quartiers et que l'animation était quelque peu militaire (d'ailleurs dirigée par un militaire en civil). Certainement que la laïcité doit se vivre, mais l'universel aussi.

Grand rassemblement du SNU dans le Parc du Conseil Départemental du Gers le 1er juillet dernier [Photo YF]

Prends l’oseille et tire-toi

Une dernière chronique pour boucler la boucle : un artiste danois, Jens Haaning, a fait, dans le passé, un tableau comportant le salaire annuel d’un Danois avec des couronnes (danoises) et un autre avec des euros pour un salaire annuel d’un Autrichien. Pour une exposition sur les relations entre l’art et le travail, intitulée Work it out ("Trouver une solution"), il a proposé un nouveau tableau pour lequel le musée le payait 1340 €. Mais, pour ce faire, le musée lui prêtait 70 000 euros pour coller les billets sur la toile (billets qu’il fallait rendre en janvier prochain). Sauf que quand la toile est arrivée au musée, elle était vierge, blanche, vide. Le directeur du musée est marri : il est vrai qu'il souhaitait poser publiquement la question pour cette expo : « Devons-nous travailler pour avoir de l’argent, ou pouvons-nous simplement le prendre ? ». Maintenant qu'il a été pris au pied de la lettre, il ne sait pas s’il va récupérer sa mise. L’artiste estime lui que l’art doit être payé et a titré finalement son œuvre : "Take the money and run" !

On dirait une allégorie de ces "artistes" qui font, sur les estrades, tant de promesses qu’ils ne tiennent pas, ou de ces autres doués, DSK (impliqué dans les Pandora Papers) et Cie, qui "blanchissent" leur fortune dans des paradis fiscaux. Seule consolation provisoire : Virgil, le personnage de Woody Allen, finit toujours pas se faire pincer.

. Certaines de ces chroniques sont parues sur mon compte Facebook ces jours-ci.

Billet n° 639

Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et "Chroniqueur militant". Et bilan au n° 600.

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr ; Lien avec ma page Facebook ; Tweeter : @YvesFaucoup

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