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Fév

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La rentrée ! Quelques réflexions sur la formation des "maîtres"...

C'est la "rentrée", mot et phénomène très français, où après deux mois d'absence les élèves retrouvent l'Ecole, tous en même temps, les grandes surfaces se frottent les mains de voir les parents acheter en masse tous en même temps, les prix montent... et les journalistes parlent de l'Ecole.

 

Souvent en découvrant des "études" plus ou moins douteuses sur le "mal de l'Ecole" qui est en fait le mal de tout un pays depuis des décennies. Hier c'était le titre: Les élèves sont victimes de la concurrence entre établissements scolaires. Les commentaires n'ont pas attendu...

 

Ayant passé quelques heures à traduire un texte sur la formation des enseignants outre-Rhin pour répondre à quelques affirmations,  j'ai choisi d'en faire un article de blog.

 

Peut-être qu'Axel J. pourrait faire de même pour la Finlande et Yolaine pour l'Irlande ou d'autres pour d'autres pays, juste histoire d'élargir la réflexion et de ne pas tourner en cercles concentriques franco-français en accusant les uns et les autres du problème dont tous sont en fait co-responsables.

 

 

Ce n'est pas tant la "concurrence" le problème, c'est le RESPECT de l'enfant dans la société.  Ceux qui ont fait du sport, notamment de l'athlétisme, savent combien la "concurrence" donne de l'énergie pour se surpasser. Tant qu'il y a ce qui est appelé "l'esprit sportif", c'est-à-dire le Respect de l'Autre. Quand la concurrence va avec le mépris de celui qui est plus faible, c'est là qu'elle devient un problème...

 

Il est clair depuis longtemps que le système français ne fonctionne pas. Des centaines de milliers d'adultes jeunes le quittent sans AUCUNE formation ni espoir.

 

Le pire étant la concentration et l'envoi de jeunes profs inexpérimentés dans les établissements les plus difficiles et l'engraissement des "élites" sur le dos de toute la société. L'article dit:

 

"Stigmatisés et fuis par les meilleurs élèves et les enseignants expérimentés, ces collèges concentrent les élèves les plus démunis et souvent en grande difficulté scolaire. "

 

Où l'on voit bien que ce ne sont pas les êtres humains dans leur enfance qui font l'objet de toutes les attentions du pays, mais les adultes, enseignants en particulier qui ont établi un système de points qui permettent aux plus expérimentés de surtout fuir les écoles difficiles, les laissant aux jeunes enseignants sans expérience.

 

On les envoie à travers tout le pays, dans des régions dont ils ne connaissent pas la culture. Un crime contre les générations futures.

 

Tout commence à vrai dire dès l'âge de 2 - 3 ans par la vision de cet âge par toute la société française, exprimée à merveille par son ministre de l'Education:

 

 

J'ai consacré pas mal de mon temps à ce sujet qui me tient très à coeur, car après plus de 30 ans à observer l'Ecole depuis la "maternelle" jusqu'à la fin de l'Université dans ses pratiques en Europe, et en France en particulier, j'ai acquis la certitude que c'est l'Ecole qui formate la pensée d'un pays et que l'Etat en France, hyper-centralisé, en use pour former de futurs "citoyens" dociles, plus faciles à manipuler, dominés par une "élite" qui dirige le pays - de gauche comme de droite - et qui ne souhaite pas partager ce "pouvoir".

 

Voici quelques liens qui traitent de l'Ecole, avec un regard venant de l'extérieur du pays, mais une profonde expérience personnelle de l'Education Nationale:

 

Les enfants français n'aiment pas l'école - Est-ce étonnant?

 

Les enfants français n'aiment pas l'école - Pourquoi ?

 

Certains n'utilisent que "20 mots de la langue" pour s'exprimer - Vision de l'être humain - Photos

 

A la base de toute société: son Ecole - Qui est le "3eme enseignant"? Photos et vidéo

 

Pourquoi les gens sont différents dans les différents pays ? - Photos

 

Engagement citoyen: Une triste cour d'école - transformée en paradis pour enfants - Photos

 

Un violon ou un violoncelle pour chaque enfant en CP - Comment est-ce possible ?

 

L'ascenseur et l'homme de ménage

 

Le système éducatif en France (de la «maternelle» au «primaire»)

 

La formation de la pensée française

 

Combien de temps les Français accepteront la domination de Paris?

 

La consommation citoyenne, qu'est-ce que c'est?

 

Les débats ont souvent été houleux...

 

Le problème n'est pas vraiment la structure ni les cours - pas besoin de vidéos - le problème c'est la reconnaissance de la place de l'enfant en tant qu'adulte en devenir dans la société.

 

Car tout, tout est une question d'Education, Sarkozy au pouvoir également:  Pourquoi se dédouaner de ses responsabilités... ?

 

Quelques infos enfin concernant le financement et la structure sociale au niveau supérieur, ce qui se prépare dès la maternelle:

La dépense publique annuelle par étudiant en 2006 était de 9.370€, ce qui place la France en-dessous de la moyenne des pays de l'OCDE et masque une grande diversité puisque les chiffres varient de

- 7.840 € pour les universités à près de

- 20.000 € pour les « grandes écoles »...

 

Ceci entraîne cela et s'ajoute au reste...

 

Il faut vraiment passer quelques minutes à observer cette photo mise en Une de Mediapart:

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La cour - inhumaine et sans vie - les bâtiments tout autour, et ces enfants qui rentrent le soir - le soleil se couche d'après les ombres - après une journée faite de jugements, notes reçues, de déceptions, de sentiments d'être "nuls" quand ils ne se l'entendent pas dire texto, de violences parfois... le tout jusque vers 17h...

 

Ils rentrent chez eux, dans ces cages à poules où aucun des architectes qui les ont pondus n'iraient habiter, souvent sans pièces pour pouvoir trouver la tranquilité et pouvoir PENSER, car la TV marche depuis qu'ils sont rentrés...

 

J'ai essayé de montrer dans quelques liens ci-dessus, ce que j'ai vécu et ce que vivent les enfants juste derrière nos frontières, avec des photos et vidéo...

 

Il en ressort un tout autre respect pour ces tranches de vie... qui ont des conséquences sur tout le pays et la vie de tous ses adultes.

 

Mais comment y parvenir avec la structure - qualifiée de "mammouth" par un ministre (que je n'apprécie pas par ailleurs) - et le formatage des "maîtres" chargés de former les générations futures - et donc le pays dans son ensemble ?

 

Je répondais à  shadokskaîa qui écrivait :

 

"Je pense qu'il vaut bien mieux être un jeune professeur pour pouvoir s'adapter...  qu'un ancien, qui commence à ne plus comprendre trop bien (voire plus du tout) les réactions des élèves.

S'il est très difficile de commencer en Zep, c'est aussi la meilleure école de professeur - c'est un métier où rien ne remplace l'expérience. Par contre, qu'il y ait un accompagnement des enseignants qui reste aussi miteux que ce qu'il est, pose un vrai problème."

 

Pour avoir moi-même enseigné en France et avoir vu plusieurs membres de ma famille le faire, l'un envoyé par exemple depuis son Sud-Ouest natal au Blanc-Mesnil dans des établissements dits "difficiles", sans aucune expérience, je trouve ce système aberrant. Le système de "points" lui a permis de "redescendre" dans sa région où son épouse était restée travailler. Je vois d'autres de mes proches en formation actuellement...

 

J'ai préféré le système de formation des enseignants tel qu'il se pratique juste derrière la frontière. Je l'ai vécu en direct, plusieurs de mes amis étant "Referendar" quand je suis arrivée dans le pays. J'ai donc passé un certain temps à vous traduire le résumé de la formation d'enseignant pour que vous en ayiez une idée et pour écouter vos critiques.  Voici donc le texte:

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"Le „Referendariat“ est un service de préparation (un temps de formation) pour les carrières de fonctionnaires de la haute fonction publique (collectivités territoriales, collectivités et fondations de droit public) ou autres institutions de l’administration de la République Fédérale d’Allemagne, dans la mesure où les aspirants ont été reconnus par la loi comme  pouvant exercer les fonctions de cadres supérieurs de la fonction publique.

 

Le “Referendariat” dure en général 2 ans et doit donner des connaissances pratiques qui n’ont pas pu être données pendant les études universitaires.

 

Seuls les étudiants ayant passé le premier examen d’Etat après trois ans d’études universitaires peuvent commencer leur “Referendariat”. Il deviennent alors “Referendar”.

 

La formation des “Referendare” (apprentis) est assurée en règle générale par les administrations des Länder, qui ont défini les normes de la formation. Dans certains cas, ces “Referendare” sont “aspirants fonctionnaires” (pouvant être révoqués).  La plupart des Länder leur ont cependant accordé le statut d’employés pendant la durée de leur formation.

 

Le "Referendariat" est la deuxième partie de la formation des enseignants. Ce qui est appelé la « première phase » a lieu à l’Université.

 

Alors que cette première phase a pour but de donner les bases scientifiques nécessaires au futur métier d’enseignant – tant dans les matières que dans les sciences de l’Education – la deuxième phase se concentre sur la pratique de l’action d’enseigner, sur une base scientifique.

 

L’objectif de la formation est l’acquisition d’aptitudes dont un enseignant a besoin. Le "Referendar" doit montrer une maîtrise du stress et une compétence à planifier ses cours ainsi qu’une solide préparation des cours qu’il dispense en toute responsabilité.

 

Ces dernières capacités sont mesurées par des  « épreuves pratiques » qui servent d’examen, et par une note préliminaire. La planification et la pratique d’un cours sont dépendants de deux constatations :

Est-ce que les élèves ont appris quelque chose, et quelle est la qualité de ce qu’ils ont retenu ?

 

C’est pourquoi le "Referendar" doit faire ses preuves tant dans la didactique des matières qu’il enseigne – normalement 2 matières – que dans la pédagogie. Il a normalement un formateur et un responsable par matière.

 

Il a donc trois personnes qui l’accompagnent : le superviseur pédagogique, un formateur pour chaque matière.

 

Le "Referendariat" dure en règle générale 2 ans pour les cadres de la fonction publique, à l’exception du Baden-Württemberg, de la Basse-Saxe et de Hambourg où il dure 18 mois.

 

Les "Referendare" enseignent seuls un nombre d’heures allant jusqu’à la moitié d’un contrat d’enseignant et suivent différents séminaires dans lesquels ils doivent acquérir des compétences didactiques et pédagogiques.

 

Leur temps est partagé entre les cours d’autres enseignants auxquels ils assistent comme stagiaires, les cours qu’ils donnent eux-mêmes auxquels leur "tuteur" assiste et les cours qu’ils donnent seuls de manière autonome.

 

Après une phase plus ou moins longue pendant laquelle ils ne font qu’assister aux cours d’autres enseignants pour apprendre - de deux mois en Basse-Saxe jusqu’à six mois en Baden-Württemberg - les "Referendare" font ensuite cours eux-mêmes.

 

Pendant les séminaires, des modules traitant différents sujets sont travaillés et discutés. Par exemple la "compétence en matière de critique des médias" ou "la pédagogie interactive" (selon Pestalozzi, la "tête, le cœur et la main participant à l’acquisition du savoir", acquisition cognitive, affective et psychomotrice).

 

En outre, les compétences didactiques dans les matières enseignées font l’objet d’entraînement, par exemple la planification d’expériences (chimie, physique) et d’exercices.

 

La phase suivante est le "cours de formation", au cours duquel le "Referendar" donne ses cours en présence de l’enseignant spécialisé dans sa matière. Ce dernier discute avec lui avant le cours et après le cours.

 

Pendant le "cours autonome", le "Referendar" a toutes les tâches d’un enseignant, il fait cours seul, il  prépare les travaux sur table et tests, donne des notes pour l’oral et l’écrit et répond aux questions des parents lors des réunions de parents d’élèves. Cette partie fait entre 8 et 17 heures par semaine, les "cours de formation" représentant à peu près le même nombre d’heures.

 

La formation est assurée par trois enseignants, un supervisant chaque matière enseignée par le "Referendar" et un supervisant le travail pédagogique et organisationnel.

 

Les futurs enseignants de toutes les différentes sortes d’écoles font donc cours de manière autonome pendant leur formation, assistent aux cours d’autres enseignants de l’école où ils font leur formation et sont supervisés par un enseignant pendant toute la première année de "Referendariat".

 

Pendant les journées de séminaire, des exemples de cours sont analysés sous différents aspects et les bases théoriques du métier d’enseignant sont posées (par exemple le droit scolaire et la formation citoyenne).  Les responsables de ces séminaires viennent rendre visite aux enseignants en formation et leur donnent leur avis sur leurs prestations.

 

La capacité à l’autocritique doit se renforcer pendant ces entretiens et doit être démontrée dans un mémoire portant sur la planification, la pratique d’enseignement et la réflexion, durant une série d’examens de deux ou trois heures. Cette phase de "Referendariat" se termine par le deuxième examen d’Etat, le "Staatsexamen".

 

Le "Staatsexamen" se compose de trois parties. Le cours de formation proprement dit, le mémoire, un cours dans les deux matières enseignées et un examen oral.

 

La note d’examen se compose de cinq parties. La note du  premier examen d’Etat passé avant le Referendariat n’est pas intégrée dans la note du "Staatsexamen".

 

Lorsqu’un élève-enseignant pose sa candidature à un poste dans une école, c’est la moyenne des deux notes qui est prise en compte."

 

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Les candidats ayant le "Staatsexamen" posent candidature et ce sont les écoles qui recrutent en fonction de leurs besoins, en accord avec l'administration qui gère l'Education au niveau du Land.

 

J'ai d'abord enseigné en France, puis ai passé un an comme assistante en Allemagne. Pendant cette année scolaire, j'avais un prof de Français qui assistait à mes cours pendant les premières semaines au fond de la classe, venait après le cours discuter avec moi sur la réaction des élèves, la structure de mon cours et répondre à mes questions. Elle était appelée mon "tuteur". J'ai beaucoup apprécié ce comportement collégial et responsable. Après, elle ne venait plus que de manière sporadique, après m'avoir prévenue, à la fin je faisais cours seule, elle m'a même confié un remplacement d'un prof en congé maladie - ce qui ne faisait pas partie de mon contrat, mais m'a fait très plaisir.

 

Voilà, je sais le texte est long, mais je voulais vous donner une impression de l'ensemble.

 

 Au plaisir de voir comment sont formés les "maîtres" en Finlande et en Scandinavie en général, pays qui sont à la pointe au niveau mondial, tant au niveau de l'Education que celui de la liberté de la presse, domaines qui vont de pair.

 

Car seuls ceux qui sont éduqués à la critique constructive dans le respect mutuel (respect de l'Autre) et non à la soumission ont une vraie liberté.

 

 

Tous les commentaires

placer l'enfant au coeur du projet éducatif devrait être au centre des préoccupations ministérielles. Il est clair qu'avec ce Gouvernement on en est loin, à en juger par ce nouveau coup médiatique dû à des livres scolaires de 2ème non disponibles au motif qu'il était plus urgent pour un ministre d'imprimer sa marque aux nouveaux programmes que de les rendre accessibles à tous.

Cher Lincunable,

merci de votre réponse, je pense que ce n'est pas le problème uniquement de "ce" gouvernement, mais de toute la société qui devrait prendre ce sujet à bras-le-corps.

Car il a des répercussions sur toute la société, son organisation, sa cohésion sociale et son économie dans le monde.

il me semble en fait que lorsque Lionel Jospin était aux affaires, ce problème était pris en compte et que les ministres de droite successifs qui se sont succédé depuis ont cassé sa dynamique

Certes, mais la formation des maîtres telle qu'elle existe en France ne date pas d'après Jospin, je l'ai vécue déjà dans les années 70, d'autres plus tard... il n'y avait AUCUNE formation pédagogique ni didactique. Aujourd'hui, il y a les IUFM... 

Est-ce le top ?

Quand le lis en titre "en France", ou "les Français", je sais que c'est Etoile66 et son systématisme chronique. Je quitte vite mes tongs et plonge dans la belle bleue.

Si on veut que        les gens poursuivent des études ,il faudrait leur payer les études, les loger etc sinon l'education est réservée aux privilégiés. 

Comment ils font en Allemagne avec les élèves qui ne parlent pas l'allemand, avec les sans-papiers, avec les élèves perturbateurs ? Quel est le pourcentage d'enfants pauvres qui vont à l' université ?

Au risque de perturber Axel J, je suis pleinement d'accord avec ce billet.

Juste une précision: les IUFM viennent d'être supprimés. Nous allons voir arriver cette année de jeunes professeurs ou instituteurs qui n'auront jamais mis les pieds dans une classe auparavant.

Merci Alain.

J'ai essayé de mettre le plus d'infos possible, je suis désolée, mais pour celui qui veut s'informer, il y a du "matos"...

On attend gentiment les internautes d'autres pays pour voir...


J'étais hier en librairie à Sarreguemines en France pour acheter des livres pour ma petite-fille de 10 mois.

Ils avaient mis des paniers en plastiques pour les enfants et parents qui achetaient le matériel scolaire pour la rentrée.

 

Je pourrais raconter plus tard l'entretien plus que frustrant avec la responsable du magasin... qui ne connaissait pas du tout les "Wimmelbücher" qui existent à quelques km de là depuis plus de 30 ans... des livres sans textes, avec une foule de détails pour apprendre le sens des mots... utilisables dans toutes les langues...

Elle me raconte que les parents français veulent toujours des textes au-dessous des images, car ils ne savent pas quoi "lire" à leurs enfants. J'en parlais sur ce fil.

Devant moi, une femme et deux de ses filles qui rentraient en Seconde.

Comme elles avaient des sacs pleins, je leur demande si je peux passer à la caisse avec mes 2 bouquins pour bébés.

S'en suit une conversation sur la "rentrée".

 

Je leur dis: "C'est une spécificité française, juste derrière la frontière, cette "hystérie" n'existe pas. La "rentrée" scolaire a eu lieu il y a 15 jours sans grand tam-tam." En outre, elle est différente dans toutes les régions, c'est l'étalement des vacances, le fameux serpent de mer dont on a parlé longtemps sans jamais le mettre en pratique

La mère, française, me répond: "Oui, c'est vrai. Nous on arrive de Shanghaï... là-bas c'est aussi inconnu, on est habitué à la sobriété..."

 

Nous échangeons quelques mots de chinois et je souhaite "bonne chance" aux deux filles qui semblaient quelque peu "perturbées devant cet "amas" d'achats scolaires...

 

 

Car seuls ceux qui sont éduqués à la critique constructive dans le respect mutuel (respect de l'Autre) et non à la soumission ont une vraie liberté.

 

Tu as la liberrté de critiquer constructivement ce gouvernement et qu'est-ce que ça change ?

Tout d'abord, je ne tutoie que les gens que je connais personnellement.

Ensuite, pour répondre à votre question, peut-être trouverez-vous la réponse dans cet article et ses commentaires.

Certes, le système de formation des enseignants est désastreux en France, parce qu'il n'apprend pas à enseigner, mais le système scolaire allemand marche aussi sur la tête, avec des enfants qui doivent apprendre seuls chez eux tous les après-midis dès l'âge de 7 ans et dont l'avenir est déterminé dès l'âge de 10 ans exclusivement en fonction de leurs notes. Il serait intéressant que vous écriviez aussi un article là-dessus.

"Certes, le système de formation des enseignants est désastreux en France, parce qu'il n'apprend pas à enseigner, mais le système scolaire allemand marche aussi sur la tête, avec des enfants qui doivent apprendre seuls chez eux tous les après-midis dès l'âge de 7 ans"

C'est ce que l'on lit en France... mais qui n'a rien à voir avec la réalité vécue, car ces "jugements" sont faits par des personnes qui essaient de transposer ce qu'ils connaissent en France dans un pays où les relations sociales sont tout autres.

Aucun enfant ne doit "apprendre tout seul tous les après-midis dès l'âge de 7 ans" pour plusieurs raisons.

Il existe un tissu social avec une plus grande cohésion qu'en France, un enfant ne sera jamais seul l'après-midi. Il y a tout un réseau social d'entre-aide, on ne fait pas sans cesse appel à l'Etat pour régler des situations sociales, les voisins, les grands-parents, les amis, tout le monde se sent responsable de l'ensemble.

Et de plus, beaucoup de parents préfèrent élever eux-mêmes leurs enfants plutôt que de les "confier" à d'autres l'après-midi. Pour ceux qui travaillent - comme je l'ai fait à plein temps - il y a tout un réseau d'entraide locale. Les enfants sont libres et non enfermés jusqu'à 17h, comme des poules en batterie. 

Ils ont fini l'école vers 13h et peuvent se consacrer au sport, à la musique, au théâtre, etc. il existe d'innombrables associations qui utilisent les locaux scolaires dès que le ménage a été fait pour ces activités. Beaucoup de musique en orchestre, les répétitions ont lieu l'après-midi. Certains jouent de plusieurs instruments, et ont donc deux répétitions l'après-midi. Il y a les répétitions de théâtre, le sport, etc...

D'autres part, les jardins d'enfants - fréquentés par plus de 80% des enfants dès l'âge de 3 ans - accueillent les enfants du primaire, ils y ont leur groupe où ils peuvent manger, faire leurs devoirs et jouer, jusqu'à 18h.

Il faut ajouter que les groupes en Jardins d'enfants ne sont pas figés avec des "classes" fermées, mais les portes sont ouvertes et les enfants de tous les âges peuvent se mélanger, apprendre les uns des autres, les "grands" qui vont à l'école étant les plus âgés, ils peuvent y rester jusqu'à 12 ans l'après-midi.

J'ai toujours travaillé à plein temps et mes enfants n'ont jamais été dans la rue l'après-midi et n'ont jamais dû apprendre "seuls" !!! Ils ont joué à satiété et découvert le monde en jouant et non en "apprenant" comme des singes savants. Je revois mon fils rejouer les situations qu'il avait vécues à l'école avec ses play-mobils... il faisait grâce à eux une sorte de psychothérapie personnelle en rejouant les scènes de la matinée, ce qui permettait d'évacuer seul par le jeu certain vécu plus ou moins agréable.

C'est autre chose, je trouve, que de faire des devoirs le soir après 17h, la TV souvent allumée en arrière-fond...

L'après-midi, dans les locaux de l'école où il était le matin, venaient enseigner un prof de piano et un de guitare, les enfants jouaient et ils venaient les chercher un par un pour le cours particulier. D'autres jouaient en orchestre.

L'après-midi, ils montaient des pièces de théâtre, je me souviens d'une magnifique prestation de théâtre d'ombres où les enfants jouaient leur rôle derrière un immense drap, les projecteurs derrière eux en faisaient d'immenses ombres...

J'ai écrit à ce sujet plusieurs articles, je ne sais pas si vous les avez lus. Ce que vous écriviez plus haut semble montrer que non.

 

 

 

 C'est ce que l'on lit en France... mais qui n'a rien à voir avec la réalité vécue, car ces "jugements" sont faits par des personnes qui essaient de transposer ce qu'ils connaissent en France dans un pays où les relations sociales sont tout autres.

Non, c'est ce que je vis ici, en Allemagne. 

Voici ce que je viens d'entendre sur France Inter, incroyable  et totalement irresponsable qu'un pays puisse procéder ainsi avec son avenir:

Une jeune enseignante lâchée dans la nature sans formation

 

2ème enseignante 24 ans...

 

Comparé à ce qui a été décrit plus haut... impensable !

 

Chère Etoile 66

Je passe beaucoup de temps à dénoncer les archaïsmes de notre système éducatif de la maternelle aux grandes écoles. Mes critiques vont tout à fait dans votre sens mais ne rencontrent que bien peu d'écho.

Votre approche comparative, possible grâce à votre expertise me semble très efficace car reposant sur une autre réalité qu'il est difficile de contester .

Apparemment vous obtenez des jugements positifs et je m'en réjouis.

"Je passe beaucoup de temps à dénoncer les archaïsmes de notre système éducatif de la maternelle aux grandes écoles.

Mes critiques vont tout à fait dans votre sens mais ne rencontrent que bien peu d'écho."

Merci Christian.

 

C'est vrai, les internautes préfèrent taper sur Sarkozy et râler sur tout, mais lorsqu'il s'agit de l'Ecole qui forme les futurs citoyens de demain... plus rien...  ou rien de concret.

Dommage, car c'est le présent et l'avenir du pays qui se joue là.

Qu'en déduire ?

J'assiste impuissant au déclin de notre pays, c'est un peu triste surtout quand il touche notre jeunesse, notre avenir.

Ce soir sur France Inter (L'Humeur Vagabonde), encore une belle confirmation de tout ce que notre chère Etoile exprime sur ce sujet à longueur de commentaires et de billets, avec j'en ai peur, beaucoup trop de franchise pour certains...

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/humeurvagabonde/

(voir

Marie Duru-Bellat pour Les sociétés et leur école avec François Dubet et Antoine Vérétout, paru aux éditions du Seuil

et Peter Gumbel pour On achève bien les écoliers, éditions Grasset

)

Merci pour l'indication de l'émission, elle n'est pas encore téléchargeable, j'irai l'écouter demain dès qu'elle le sera.

Mais je viens d'aller sur le site de Peter Gumbel et voici ce que j'y lis:

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On achève bien les écoliers cover_new_book.jpg 

« Pourquoi la France est-elle le seul pays à décourager ses enfants au nom de ce qu’ils ne sont pas ? »

Sortie le 7 septembre 2010

 

71 % des élèves en France sont régulièrement « sujets à de l’irritabilité».

63 % souffrent de nervosité.

Un sur quatre a mal au ventre ou à la tête une fois par semaine.

40 % se plaignent d’insomnies fréquentes.

 

 

Pourquoi la France est-elle le seul pays au monde à décourager ses enfants au nom de ce qu’ils ne sont pas, plutôt qu’à les encourager en vertu de ce qu’ils sont ?

 
Depuis mon arrivée à Paris en 2002, je suis fasciné par le débat national concernant les travers du système éducatif français. En tant que journaliste anglophone écrivant pour la presse américaine, mon intérêt pour cette question est professionnel, mais aussi personnel : mes deux filles sont scolarisées en France et j’enseigne à Sciences Po, Paris.

J'ai écrit cet essai parce que je suis convaincu que la France passe à côté d'un élément clef pour comprendre ce qui pêche dans son système scolaire.
 
Un élément qui saute aux yeux de tout étranger qui y est confronté: la dictature de la salle de classe.
 
Cette culture peut être résumée en trois mots : « t'es nul ». Une phrase qui résonne comme un leitmotiv en France.
 
Autrefois, on l'entendait beaucoup dans d'autres pays européens, mais en Angleterre, en Allemagne et surtout dans les pays nordiques, la vieille approche éducative basée sur l'humiliation a depuis longtemps été remplacée par une vision plus positive et généreuse qui cherche à encourager plutôt qu'à rabaisser.

Pourquoi la France persiste-t-elle dans cette culture de la négativité ? Les Français eux-mêmes ne réaliseraient-ils donc pas à quel point leurs méthodes d'enseignement peuvent être contre-productives et en décalage avec le reste du monde ?

Je ne m'attends pas à ce que tout le monde soit d'accord avec mes conclusions.
 
Mais en pointant du doigt ce qui apparaît comme une évidence à n'importe quel étranger, j'espère contribuer d'une façon originale à cet éternel débat national.

Vous pouvez lire ici un extrait de mon livre
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Ouf,  cela fait du bien de lire ces phrases, qui rejoignent ce que j'essaie de dire depuis des mois et des mois en France, sur ce site et ailleurs.


Cela rejoint ces deux articles de blog:

 

Les enfants français n'aiment PAS l'école 

Les enfants français n'aiment pas l'école - est-ce étonnant

 

Terrible de voir et de lire tant d'internautes défendre et justifier ce système scolaire, comme s'ils le faisaient par nationalisme malsain ou par aveuglement.
 
Alors que ceux qui savent comment les futurs adultes sont éduqués dans le Nord de l'Europe - avec toute la confiance en soi et le respect de l'Autre qui va avec, la cohésion sociale et la conscience d'avoir une co-responsabilité sociale, l'apprentissage de la vie citoyenne, de la musique, de l'art et du sport - voient clairement l'archaïsme du système français qui n'est qu'une vulgaire machine à trier la future "élite" et à abaisser ceux qui n'en font pas partie...

Je suis professeur des écoles,

et tout ce que vous avez décrit plus haut nourri quotidiennement mon désespoir.

J'ai passé ce concours en pensant que les gens allaient se réveiller et cesser de supporter l'insupportable. Mais c'est de pire en pire.

Comment demander à des enfants d'avaler ou de faire dans le meilleur des cas 6h de cours par jour??? C'est du délire! Et je suis bien une des seules à y voir un problème mes collègues sont plus préoccupés par le fait de bien obéir à leur hiérarchie aux programmes, et de bien dresser.

Ca commence dans le ventre des mères qui n'ont pas le droit de se reposer enceintes, qu'on fait poireauter debout dans les files d'attente;tu as voulu faire un gamin et bien tu l'assumes! Personne pour vous laisser vous asseoir dans le bus, même à 8 mois de grossesse.

Quand votre bébé à 2mois il faut retourner bosser dare dare.

Il a deux ans, il doit être propre pour avoir l'immense joie d'être parqué dans une classe de 30 petits...

Si vous vous séparez du père vous pouvez avoir l'horreur de subir la résidence alternée même pour un tout petit imposée par un juge qui pense que la justice pour les être humains se résume en une simple division par 2.

J'en pleure presque de toute cette haine dirigée contre les enfants et leurs mères ces faibles.

Qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez nous?

 

 

 

Vous décrivez assez justement la situation.

Dans le pays où je vis actuellement, les mères prennent le temps d'élever elles-mêmes leurs enfants et ne courent pas le matin le déposer chez la nounou ou à la crèche. Les couples font moins d'enfants, mais décident de se restreindre pendant au moins trois ans pour élever leur enfant et leur donner des valeurs humaines.

Ce fait est très critiqué de haut par certains qui jugent ces situations comme "arriérées" etc... mais fait est qu'il y a une bien plus grande cohésion sociale dans le pays, des enfants responsabilisés dès la maternelle et traités avec respect, pas de grilles ni de surveillants dans les écoles,  du dialogue social autre que la caricature qu'on voit en France, si bien décrite ce matin à la radio, pas de grèves, etc...

Changer quoi que ce soit en France ?

La majorité défend le système et ne le souhaite pas. Il suffit de lire les commentaires sur les articles de blog...

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