Par Gilles Vanderpooten, 24 ans, Fondateur du Tour de France du développement durable et de l'association Vive la Terre.
A l'issue des négociations de Copenhague, le consensus concernant l'urgence d'un mécanisme de réduction des émissions dues à la déforestation est décrit comme l'une des rares avancées obtenues.
Le sommet de Copenhague était annoncé comme un tournant planétaire, un de ces rares moments historiques où l'opinion publique mondiale peut assister en direct aux décisions prises par ses dirigeants en majesté dans l'amorce d'une gouvernance mondiale.
Il existe de nombreuses raisons d'être déçu par les résultats des négociations conduites sous l'égide des Nations-Unies : manque cruel d'ambition d'une simple déclaration politique, contradictions flagrantes entre l'objectif affiché (rester en dessous des 2°C) et l'absence de mesures pour y parvenir, incapacité à dépasser les traditionnelles rivalités qui prévalent dans les relations internationales, etc... « C'est la même chose depuis 15 ans, cela n'avance absolument pas » lâchaient parfois des observateurs impliqués de longue date dans le processus. Pourtant, ce sommet marque également une avancée majeure : une mobilisation de la société civile sans équivalent jusqu'ici.
Pour Carine Favier, présidente du Planning familial, et Christine Mauget, responsable de sa commission internationale, invitées de Mediapart, «un nouveau modèle de développement ne peut faire l'impasse sur les droits des femmes».
Pour Gwynne Dyer, invité de Mediapart, «Barack Obama ne pourra pas avancer tant que les Américains ne commenceront pas à prendre le changement climatique au sérieux».
Malgré la gueule de bois, malgré la révolte, voire le découragement, il va falloir très vite penser l'avenir post-Copenhague.
Le spectacle donné par les "leaders mondiaux" est tout simplement consternant. Certes, tout ces derniers jours, voire même ces derniers mois, indiquait qu'on allait droit dans le mur. Mais, paradoxalement, l'absurdité du processus, le caractère irrationnel des postures prises, pouvaient laisser penser qu'il s'agissait d'une mise en scène, une dramatisation destinée à permettre à ces "grands leaders" de mettre sur la table une proposition nouvelle leur donnant l'image de sauveur du monde ! Il n'en était malheureusement rien. C'était bien de la pure irresponsabilité.
Vendredi soir, après un accord politique décevant, nous avons eu droit à deux prises de position, qui montrent le fossé qui sépare les Etats-Unis et l’Europe. Décryptage des conférences de presse française et américaine.
Michael Hardt est américain, philosophe et professeur de littérature comparée.