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Billet de blog 2 septembre 2025

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Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven) de John Sturges

Des villageois mexicains régulièrement attaqués et rançonnés par Calvera et sa bande, trouvent les services de sept mercenaires prêts à en découdre pour les défendre et leur apprendre à se faire respecter.

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Illustration 1
Les Sept mercenaires The Magnificent Seven de John Sturges © Warner

Sortie DVD : Les Sept mercenaires de John Sturges au sein du coffret L'essentiel Steve McQueen collection en neuf films

Cette adaptation des 7 samouraïs (七人の侍, Shichinin no samura, 1954) d'Akira Kurosawa qui lui-même s'est inspiré du western nord-américain, est un pavé lancé dans la mare d'une production ronronnantes de westerns en perte de vitesse. Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven, 1960) devient ainsi littéralement le film de transition entre le western classique à la John Ford et les westerns italiens où Sergio Leone va offrir un nouveau modèle au genre. Le cinéaste italien s'est lui-même également inspiré du film Garde du corps (Yōjimbō, 1961), un chanbara réalisé par Akira Kurosawa afin de réaliser son mythique Pour une poignée de dollars (Per un pugno di dollari, 1964) avec Clint Eastwood en nouvelle star montante du genre. On retrouve également dans le film de Sturges l'acteur Eli Wallach en chef des méchants qui est ensuite devenu une figure inoubliable du western en incarnant Le Truand dans Le Bon, la Brute et le Truand (Il buono, il brutto, il cattivo, 1966).

L'autre révolution à l'époque consiste à multiplier les protagonistes au premier plan en misant sur de jeunes talents prometteurs qui après le film allaient voir leur propre carrière prendre leur envol et marqué durablement l'histoire du cinéma derrière Yul Brynner sortant quant à lui des méga péplums Les Dix Commandements (The Ten Commandments, 1956) de Cecil B. DeMille et Salomon et la Reine de Saba (Solomon and Sheba, 1959) de King Vidor. Ce passage de relais se fait aussi bien entre les acteurs que dans le genre du western qui s'ouvrent à de nouveaux horizons prometteurs.

Chacun des protagonistes est traité avec une singularité qui permet de s'attacher à eux avec leur humanité spécifique, repoussant la figuration habituelle pour ce genre de contribution. En dehors de la lutte d'un village de paysans mexicains pour retrouver sa dignité, la découverte de la personnalité de chaque personnage est ce qui nourrit l'intrigue. De même, la défense des Mexicains exploités porte en germe le western politique nommé « western zapata » en Italie, tout en contribuant à démythifier la figure du tueur à gage solitaire incapable de construire une société durable et en semant surtout la mort derrière lui.

Ajoutons à cela un goût pour les phrases philosophiques décalées apportées par le mercenaire incarné par Steve McQueen, dont celle de l'homme qui chute du de dix étages et qui pense à chaque étage que tout va bien, inspira par la suite Kassovitz dans une certaine Haine (1995). L'héritage du film est ainsi énorme dans l'histoire du cinéma même si du point de vue de la mise en scène il ne témoigne pas d'une maîtrise époustouflante et que l'histoire d'amour est superficielle. Il faut ajouter un tournage essentiellement dans des décors naturels au Mexique dans les États de Morelos, Durango et Sonora, ainsi qu'aux Studios Churubusco, offrant un cadre qui dénote largement avec le western des figures tutélaires.

Illustration 2

Les Sept mercenaires
The Magnificent Seven
de John Sturges
Avec : Yul Brynner (Chris Adams), Steve McQueen (Vin Tanner), Charles Bronson (Bernardo O'Reilly), James Coburn (Britt), Robert Vaughn (Lee), Brad Dexter (Harry Luck), Horst Buchholz (Chico), Eli Wallach (Calvera, le chef des quarante bandits), Jorge Martínez Hoyos (Hilario), Vladimir Sokoloff (le vieil homme), Rosenda Monteros (Petra), Rico Alaniz (Sotero), Pepe Hern (Tomas), Natividad Vacío (Miguel), Whit Bissell (Chamlee, le croque-mort), Robert J. Wilke (Wallace), Val Avery (Henry, le vendeur de corsets), Bing Russell (Robert, le compagnon de voyage d'Henry), John A. Alonzo (Miguel, un villageois), Enrique Lucero (un villageois), Alex Montoya (un villageois), Mario Navarro et Danny Bravo (les garçons avec O'Reilly), Fernando Rey (le prêtre), Joseph Ruskin (Flynn), José Chávez (Rafael, un villageois tué par Calvera), Larry Duran (Santos, homme de main de Calvera), Valentin de Vargas (un homme de main de Calvera)
USA – 1960.
Durée : 128 min
Sortie en salles (France) : 1er février 1961
Sortie France du coffret DVD : 12 octobre 2021
Format : 2,35 – Couleur
Langue originale : anglais - Sous-titres : français.
Éditeur : Warner

Ce coffret contient :
La Proie des vautours (Never So Few, 1959) de John Sturges

Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven, 1960) de John Sturges

La Grande évasion (The Great Escape, 1963) de John Sturges

Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid, 1965) de Norman Jewison

L’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair, 1968) de Norman Jewison

Bullitt (Bullitt, 1968) de Peter Yates

Le Guet-Apens (The Getaway, 1972) de Sam Peckinpah

La Tour infernale (The Towering Inferno, 1974) de John Guillermin et Irwin Allen

Tom Horn (Tom Horn, 1980) de William Wiard

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