Belab
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

L'escarbille

Suivi par 61 abonnés

Billet de blog 26 févr. 2021

Est-ce le tocsin ? ou bien le glas de notre démocratie ? ( 3ième partie)

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Belab
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

1979 a vu la chute du Shah d’Iran , l’avènement de l’imam Khomeiny, la prise d’otage de l’ambassade américaine à Téhéran,  le début de la guerre Union Soviétique-Afghanistan et le déploiement dans le Grand-Moyen-Orient de la Task-force ,(  prédécesseur  du CENTCOM créé sous l’ère Reagan) , bras armé de la Doctrine Carter  [1],  le déclenchement de la guerre Iran/Irak  [2] (sur fond de revanche  américaine ) . Autant de causes qui, conjuguées, firent sauter l’équilibre géopolitique mondial.

Sur ce désordre mondial se greffa  une métamorphose chaotique du « monde musulman » sous la poussée conjointe de deux révolutions : la révolution islamiste khomeyniste, et l’expansionnisme, par « la politique du carnet de chèque », de l’Arabie Saoudite [3]

À  ce propos, rappelons  qu’il est une loi fondamentale selon laquelle une révolution  qui ne s’exporte pas est destinée à mourir ou à se transformer et transformer radicalement son pays natal, y compris par la terreur, souvent par la terreur: cette constante se vérifia en France, en Union Soviétique, en Chine, en Allemagne, en Algérie etc…

La   prise d’otages de la grande Mosquée de la Mecque, 1979, l’expansion du salafisme wahhabite saoudien à l’ombre du CENTCOM et  la multiplication, sur toute la planète, de ses mosquées  « imams et clés  en main », changèrent, elles, la face du monde islamique.

 La rivalité du nouveau régime iranien et  de l’Arabie Saoudite  eut pour toile de fond  la volonté de ravir le leadership au sein de l’Islam mondial [4].Nous avons affaire à deux minorités de l’Islam en quête de reconnaissance : le Shiisme [5], un schisme, et le Wahhabisme (considéré  comme secte jusque  dans la première moitié du 20ième siècle [3]). Le contexte nouveau sembla favoriser l’Arabie Saoudite qui sut s’insérer dans la dynamique Grand-Moyen-Orientale impulsée par la Doctrine Carter : elle réconcilia  les USA avec le Pakistan d’une part et, d’autre part, avec l’Irak  (pour le malheur de ce pays !) [2].

Le  Pakistan,   entre ses deux tuteurs, arabe et américain, devint rapidement une base arrière, un centre d’entraînement, de logistique de la résistance afghane et, accessoirement, de « pouponnières » de talibans (de l’arabe taliban, les étudiants) dites Madrassats (les écoles en arabe). Ces Madrassats devinrent des lieux d’endoctrinement formidables : des apprentis-sorciers inoculèrent aux jeunes afghans, d’obédience  sunnite shaféite [4],  le jihadisme salafiste d’obédience wahhabite [3]. Le « Docteur Frankenstein » américano-saoudien était entré en jeu ; il allait montrer sa maestria dans l’art de créer des monstres. À côté de ces Madrassats, se multiplièrent les centres d’accueil et de formation  des brigades internationales arabes et non arabes, tous volontaires ralliés à Oussama Bin Laden (un autre monstre qui finit par mordre la main de ses créateurs).

À la faveur de l’affaire Walid Gorgi, un conflit  apparut entre la France et l’Iran khomeyniste sur fond de capitaux iraniens investis dans Eurodif [1]. L’affaire dégénéra rapidement ;  le terrorisme s’invita en France.

En France, le Front National, profitant de l’aubaine, réactiva de plus belle sa marotte : « casser du  sucre » sur le dos des immigrés. Il passa savamment le flux entrant d’informations internationales  au travers de son filtre monochromatique : la douleur d’orgueil blessé, jamais guéri, née de l’indépendance de l’Algérie. Nous ne leur pardonnerons jamais le mal que nous leur avons fait : ils en portent les stigmates psychologiques, nous aussi. Cette douleur dont une partie des Français est percluse tient du complexe du vieux Salamano : «  chien, charogne, je n’aurais jamais cru qu’il partirait » (l’Étranger, Camus).

Quoi qu’il en soit,  ce fut une réussite : Jean-Marie Le Pen passa le premier tour de l’élection présidentielle de mai 1981, loin devant Giscard D’Estaing.

Au pouvoir,  «  Tonton », Mitterrand, n’était pas mécontent de la « déculottée » infligée à la Droite,  avec l’aide inespérée (ou pas), compromettante quoi qu’il en soit,   de l’extrême -droite. Contrepartie compensatoire (ou pas) :   Il libéra  la parole et forcément les ondes. Les radios  et les journaux  libres fleurirent alors.

C’est ainsi que les particularismes réapparurent. (Chaque engrais appelle  en réaction son pesticide, dit-on du côté de « Staoubê du Cormieu », mon amour de village des Marches de Bretagne).  C’est ainsi que la  conjuration des SHAF [6], les lobbies des intérêts particularistes, s’organisa, prit un ascendant sur les médias, puis sur nos hommes et femmes politiques et enfin sur l’opinion grâce à son omniprésence sur les ondes. Ses Divas ciselaient  et  débitaient leur  discours  avec la mauvaise foi de  « Pierre l’Hermite ».

Les massacres de 1988 en Algérie, et l’affaire du foulard du CES de CREIL, en 1989[7],  échauffèrent les esprits ;  l’affaire Rushdie  les incendia.

La lettre ouverte au Président Macron, publiée sur le Club de Mediapart [8] (et adressée par lettre recommandée avec accusé de réception à son destinataire) montrait  combien l’affaire du foulard était ridicule au regard de l’Islam sunnite malékite. En effet, citoyen en devenir, l’enfant musulman est également un musulman en devenir, il n’est concerné par aucun des  5 piliers de l’Islam, pas même la chahada, (le témoignage, la reconnaissance d’un dieu unique) que d’autres ont prononcée en son nom, lors de sa naissance. Jamais une telle affaire n’aurait dû prospérer ; elle n’avait aucune autre raison d’être que d’alimenter « le moulin à parlote », ce « buzz »  qui fait le pouvoir des SHAF, les lobbies des intérêts particularistes, faiseurs d’opinion.

Notons qu’une affaire de kippa éclata dans ce même collège et fut vite étouffée parce qu’inexploitable : la «  shoaisation » de notre société  (le mot est de Shlomo Sand, qu’on m’épargne les procès d’intention) interdisait qu’on instrumentalisât les juifs de nouveau (même l’extrême-droite  fait « patte de velours »).

Les SHAF [8], les lobbies des intérêts particularistes, recyclèrent  et aseptisèrent  le discours anti-immigrés de l’extrême-droite (devenu entre-temps discours antimusulmans, actualité oblige). Ils le pralinèrent aussitôt  d’inclusions diverses telles que  Droits de l’Homme ,  liberté d’expression , droit au blasphème ,laïcité (malheureusement le mot seulement, pas le principe républicain soutenu par la loi du 09 dec.1905 et protégé par la Constitution  ) , luttes contre l’ homophobie ,  l’antisémitisme  et la misogynie.  Plus grave : ils réactivèrent la guerre scolaire.

La guerre scolaire ! Une fièvre bien française, qui a enflammé  sporadiquement les esprits, de 1870 à nos jours. Les républicains, de droite comme de gauche, qui rencontrent des difficultés dans l’exercice de leur gouvernorat, ont eu recours à cette mesure de diversion, cette manœuvre dilatoire : la guerre scolaire. La seule différence avec le passé, c’est la convocation d’un bouc émissaire, déclaré d’emblée exogène, l’Islam de France  ; un souffre-douleur tout désigné par l’histoire, sur le dos duquel les lobbies des intérêts particularistes tentent de se trouver un dénominateur commun.

Exactement comme les Soviets en 1917, qui, mieux organisés, contournèrent le discours de la révolution bourgeoise «  Kerenskiste », les SHAF contournèrent celui du FN, à l’ombre du parti socialiste et érigèrent un discours, sans cesse  renouvelé par touches impressionnistes afin de le faire coller à l’actualité.

Nos nouveaux « maîtres-à-penser » , faiseurs d’opinion, convoquèrent  l’histoire orientée,  qui  souffle  sur les brandons des feux mal éteints de la guerre d’Algérie et de la Shoa. Se développa alors un formidable jeu de billard avec nos vies : les SHAF et les islamistes, ennemis certes, mais compères dans leur finalité, se sont fait la courte  échelle  pour gravir la montagne de l’horreur. La suite, nous la connaissons tous.

C’est ainsi que se forma l’émulation des intérêts particularistes SHAF et Islamistes ;  cet aréopage de saprophytes prospéra sur la fange résultant du chaos mondial. Le Gaulois Rennais Colérique (voir mes précédents billets [6]) les fustigea et  les renvoya  dos à dos  dans une tirade prémonitoire : « les monstres de l’apocalypse estampillée doctrine Carter, les cavaliers de la turlutte, les trompettes de Jéricho, les faucheuses de marguerites … » et les  islamistes de tous poils,  rencontrez-vous, massacrez-vous et plus si affinité ; mais foutez la paix à nos enfants, à tous nos enfants …».

La douleur de nos mères participe du même chagrin que celui des mères des autres, cela devrait plutôt nous pousser à la modération, à la réflexion tout au moins. Rappelons pour nos oublieux ethnocentristes  que les salafistes ont fait encore plus de mal aux musulmans, qui, eux non plus, ne leur demandaient rien - ni aujourd’hui, ni hier. Le 11ième siècle a vu  le salafisme naître, croître, semer la terreur, puis finalement  battu, être éradiqué ; nous devons au wahhabisme naissant sa résurrection.

Mais plutôt que de s’attaquer au promoteur du fléau, à ses mosquées « imams et clés en main » (inatteignable, puisque sous la protection de l’Oncle Sam), on préféra instrumentaliser à la petite semaine , la petite vie  du petit Mohamed et celle du petit Mamadou, hypothéquant le petit avenir « séparatiste » de l’un et le petit avenir « séparatiste » de l’autre.

C’est petit  d’accord, mais c’est quand même plus commode…

Dans le monde diplomatique de février, sous le titre «  Taisez-vous »,  Serge Halimi  (« un islamo-gauchiste ostentatoire » dirait notre ministre de l’enseignement supérieur) écrit : «  Le premier amendement de la Constitution américaine protège la libre expression contre une censure de l’État, mais pas contre celle des entreprises privées, en situation de monopole  fédéral et des gouvernements. Leur « expression », c’est votre silence. Vae victis, en somme, et tout le pouvoir aux Gafam [9] lorsqu’ils vous font taire ! » ([9] Gafam = Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Et, d’ajouter : «  Or voilà le danger des gens dangereux et des idées qu’ils portent. On accepte tout pour s’en protéger, y compris la suspension indéterminée des libertés ordinaires. Mais quand il s’agit de combattre les idées terroristes, racistes, antisémites, «  séparatistes », la guerre n’est jamais gagnée, encore moins conclue, par une capitulation officielle du vaincu. Elle ne connaîtra qu’un état d’exception qui dure et qu’on durcit. Rien de plus facile, en effet, que d’identifier une cible détestée à laquelle nul ne souhaitera paraître s’associer, puis d’élargir sans cesse le périmètre des anathèmes et des interdits. Les adversaires des guerres d’Afghanistan et d’Irak furent qualifiés  d’avocats d’Al-Qaida ; les critiques de la politique d’Israël d’antisémites ;(…). Dans des cas pareils, on ne cherche plus à contredire ses adversaires, mais à les faire taire.  Et c’est ainsi, dans un silence inquiétant, que l’assassinat de Samuel Paty a servi de prétexte à la dissolution du Collectif Contre l’Islamophobie en France. Comme si, jour après jour, loin d’étendre le périmètre des libertés, l’explosion des communications installait des sociétés disciplinaires qui nous condamnent à faire la navette entre nos lieux d’enfermement ».

Deux faits marquants , entre autres, illustrent ,à mes yeux, cette vérité : la fermeture par Facebook  du compte  Ab Belba  qui publiait régulièrement les billets de  Belab , Edition  l’Escarbille du club Mediapart [1] ( Edition toujours disponible par le biais de la recherche Google , pour le moment) et le compte de Jean-Marie Bigard  .  Je croyais, benêt que je suis, qu’on ne touchait pas aux caricatures, à la liberté d’expression, au Droit de blasphème contre la religion et contre le pouvoir en place, contre les  fous du roi et de la République , les amuseurs publics et les pamphlétaires  : j’en reste marri.  Il ya manifestement un droit d’expression  à géométrie variable : oui pour Charlie Hebdo [1], les SHAF, le Printemps Républicain mais pas pour les autres.

De l’affaire Rushdie.

Lors de l’épisode de l’affaire Rushdie, l’Iran  de la Révolution Islamique était aux abois, en particulier après la prise d’otages de l’ambassade américaine. Pour desserrer  l’étreinte occidentale et saoudienne  autour « du cou » de son pays , le guide suprême jugea bon de faire de la surenchère  par rapport à la propagande wahhabite  et sacrifia  à la facilité du jeu du « plus musulman que moi tu meurs » , au moment où il devait , au contraire , user de diplomatie . La prise d’otages, bien qu’elle ne fît ni morts, ni blessés (à part l’orgueil de l’Oncle Sam) fut jugée rapidement, par les Iraniens, eux-mêmes,  comme une erreur, voire une faute. Ils n’eurent de cesse que de la réparer, en vain. Comme pour les missiles de Cuba, la rancune des USA vira à la haine.

Ah l’affaire Rushdie ! Un chef-d’œuvre de vide en équilibre stabilisé sur du vent ! Tout repose sur une pauvreté de conte, baptisé «  versets sataniques » par on ne sait qui de la périphérie musulmano-russe, sorti de son contexte par les soldats européens et indigènes d’Algérie, les mercenaires turcs, azéris,  perses  de retour de la guerre de Crimée et in fine par Salman Rushdie. Ce type de conte foisonnait dans les milieux interlopes des caravansérails qui  ,  pieux, chastes et sobres , le jour , avaient  parfois des nuits récréatives débridées :ils blasphémaient , ils serraient la main ( et pas seulement ) aux femmes , et sans ostracisme aux hommes aussi ( Renaud Camus qui hantait les hammams surchauffés de Marrakech peut en témoigner , il s’en est  vanté suffisamment, de ses nuits marocaines … )  et déclamaient les poèmes d’ Omar Khayyâm ( chantre de  l’amour galant )  , d’Abou Naoues( chantre de l’homosexualité )  , d’Antar Ibn Shadad ( chantre de l’antiracisme )   , d’Omr el kaiss  ( chantre de l’ivresse ) , de Kaiss Leïla ( père d’une saga d’amours impossibles , d’avant « Juliette et Roméo » et d’avant « Rousslan et Ludmilla » ) .Les poèmes donc  coulaient au rythme du vin de palme éclusé et fusaient à celui de la fumée d’opium .

Oui mais … ce genre de dérives,  toléré dans certains lieux,   ne rentre, par aucun biais, dans les salons des familles : la pudeur l’exige ;  et les sociétés   musulmanes sont  particulièrement pudiques. Jamais une insanité ne traverse une famille, en particulier quand les pères et mères, grands-pères  et grands-mères, oncles et tantes sont à proximité.

(C’est vous dire combien Robert n’a aucune chance de remettre un jour les pieds chez tata Zohra… Il n’en a du reste aucune envie : «  la tata Zohra, elle se pose là : des cacahuètes à volonté, mais pas une goutte de pastis, même pas une rincée de pernod maison, rien. Non, c’est trop ! Je suis un être humain quand même …).

 Aujourd’hui, la télévision  déverse dans les familles  tout ce que charrie son flot cathodique ;  les musulmans s’adaptent ; certains s’achètent un deuxième appareil, voire un troisième ; d’autres ne regardent ensemble que les informations (et encore la zapette à la main…)  ou alors les films moutahirine,   «  circoncis » par la censure nationale  «  que dieu bénisse son action salvatrice, protectrice de la «  stara »  familiale, préconisée par dieu a’aza oua gil et son prophète Mohamed salat oua elsalam  Allah  alih  et le chef de famille  rahmat el lah alih  ou bien , par la maîtresse  de maison que rabbi yahmiha  ouyahmi darha ! ». 

Les salamalecs, aussi longs soient-ils, «  ne mangent pas de pain »  me disait Robert, qui a voyagé. Et pour cause,  Ils  n’engagent et ne  regardent  que ceux qui soliloquent.

Question : qu’est-ce que les petits Mohamed et Mamadou, de sixième B et A, respectivement, ont à faire avec tout ce cirque mondialisé, sa ménagerie, ses clowns, et ses parades laïcistes et islamistes ?   Ils ne sont que des musulmans en devenir.

« Minable ? Vous avez dit minable ? Comme c’est minable » dirait aujourd’hui Louis Jouvet …

Suite de la 3ième  partie:  https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/030321/est-ce-le-tocsin-ou-bien-le-glas-de-notre-democratie-4ieme-partie

(Vous aimez ? partagez-la : c’est un vaccin contre  la souche sociale  de la rage !) . 

[1]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/281216/moyen-orient-genese-du-chaos-et-si-y-regardait-de-plus-pres

[2] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/100117/genese-du-chaos-moyen-oriental-ii

[3] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-4-le-salafisme-wahhabite

[4] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/270916/de-la-soi-disant-unicite-de-la-sharia-et-du-pseudo-monolithique-islam

[5] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/le-shiisme

[6] [voir précédents billets de  Belab, Edition l’Escarbille du Club Médiapart, URL ….

[8] https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/160118/ecole-et-manipulations-lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique

[9] Gafam = Google, Apple, Facebook, Amazon,

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Gauche(s)
À La Défense, Jean-Luc Mélenchon veut montrer qu’il est le mieux armé à gauche
Lors de son premier meeting parisien, le candidat insoumis à la présidentielle s’est posé comme le pôle de résistance à la droite et à l’extrême droite. Il a aussi montré sa capacité de rassemblement en s’affichant aux côtés de nombreuses personnalités de gauche.
par Pauline Graulle
Journal — Gauche(s)
Programme présidentiel de La France insoumise : ce qui change, ce qui demeure
Réactualisé à l’aune du quinquennat écoulé, « L’Avenir en commun » est débarrassé des points qui avaient le plus fait polémique en 2017, comme l’hypothèse d’une sortie de l’Union européenne. Pour le reste, la continuité domine : VIe République, planification écologique et partage des richesses.
par Fabien Escalona et Pauline Graulle
Journal — Europe
En Andalousie, la colère intacte des « travailleurs du métal »
Après neuf jours d’une grève générale qui a embrasé la baie de Cadix, le retour au calme semble fragile. Nombre d’ouvriers des chantiers navals ou de l’automobile n’en peuvent plus de la flambée des prix comme de la précarité du secteur. Ils se sentent abandonnés par le gouvernement – de gauche – à Madrid.
par Ludovic Lamant
Journal — Social
Chez Lidl, la souffrance à tous les rayons
Le suicide de la responsable du magasin de Lamballe, en septembre, a attiré la lumière sur le mal-être des employés de l’enseigne. Un peu partout en France, à tous les niveaux de l’échelle, les burn-out et les arrêts de travail se multiplient. La hiérarchie est mise en cause. Premier volet d’une enquête en deux parties. 
par Cécile Hautefeuille et Dan Israel

La sélection du Club

Billet de blog
Get Back !!!
Huit heures de documentaire sur les Beatles enregistrant « Let it Be », leur douzième et dernier album avant séparation, peuvent sembler excessives, même montées par Peter Jackson, mais il est absolument passionnant de voir le travail à l'œuvre, un « work in progress » exceptionnel où la personnalité de chacun des quatre musiciens apparaît au fil des jours...
par Jean-Jacques Birgé
Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai
Billet de blog
Sénèque juste avant la fin du monde (ou presque)
Vincent Menjou-Cortès et la compagnie Salut Martine s'emparent des tragédies de Sénèque qu'ils propulsent dans le futur, à la veille de la fin du monde pour conter par bribes un huis clos dans lequel quatre personnages reclus n’en finissent pas d’attendre la mort. « L'injustice des rêves », farce d'anticipation à l’issue inévitablement tragique, observe le monde s'entretuer.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Ah, « Le passé » !
Dans « Le passé », Julien Gosselin circule pour la première fois dans l’œuvre d’un écrivain d’un autre temps, le russe Léonid Andréïev. Il s’y sent bien, les comédiens fidèles de sa compagnie aussi, le théâtre tire grand profit des 4h30 de ce voyage dans ses malles aérées d’aujourd’hui.Aaaaah!
par jean-pierre thibaudat