Elli Medeiros

Elli Medeiros est une artiste uruguayenne ( auteur compositeur interprete, actrice et réalisatrice, dessinatrice) Stinky Toys / Elli & Jacno

Paris - Montevideo - Uruguay - France

Sa biographie
ELLI par YVES ADRIEN à l' occasion de la sortie de l' album For You à l automne 2006, Yves Adrien racontait Elli... Heureuse époque que celle où l'on se rendait en Mercedes fantôme au mariage du chat Bouton, animal de compagnie des Stinky Toys, le groupe le plus dissipé de Paris. L'année était 1977. Dans le pandémonium punk de cet été-là, les Toys, racés putois, constituaient une anomalie : des manières de Mods français à fleur de lys, combo anglophobe renvoyant à Albion ses crachats, et cela après avoir décroché un an auparavant, via un set expéditif au 100 Club, la "une" du Melody Maker : les rédacteurs du vénérable weekly avaient semble-t-il été impressionnés par Elli Medeiros, jolie Uruguayenne fardée, chanteuse des Irrévérencieux précités. D'aucuns, déjà, avaient distingué la Belle. L'année était 1973. Arborant ses 17 ans en rupture de dictature, une Lolita d'apparat, fraîchement exilée, foulait le pavé des Halles s'effondrant par pans entiers : regard lourd sous feutre d'ombres, c'était un genre de Lauren Bacall adolescente et dévoyée, de Jeanne Moreau concupiscente cherchant l'aggravation avec les garçons. Ou, en rewind de nos souvenirs : « Lycéenne en cernes, elle venait dans les murs roses de l'Open Market goûter Electric Prunes et Raw Power : le corps le plus chaud de l'ère pré-punk. » (Ce serait une bonne école que le garage précaire de la rue des Lombards ; s'agrégea là une scène d'adolescents défiants et désoeuvrés, noyau dur, avant Londres ou le CBGB's, de la première scène punk parisienne : s'y remarquait, unique en ses airs d'ange musicien à la Melozzo da Forli, un jeune fanatique des Who, Denis, qui aurait nom demain Jacno et formerait les Stinky Toys.) Ce fut 1977 donc, et les Toys, grands pilleurs de réfrigérateurs, fréquentèrent les meilleures parties : leur fan absolu était un licencié ès destructions, l'honorable Alain Pacadis, qui inonderait Paris de chroniques aussi partiales qu'élogieuses, secret de son art. En vain. Après deux albums -l'un prématuré, l'autre prometteur-, les Toys, lassés, se séparèrent : le futur, on aurait tôt fait de le vérifier, s'écrivait désormais Elli et Jacno. * * * L'année était 1980. Et Jacno d'emblée réussissait son coup : sang bleu-mocassins blancs, il était n°1 avec Rectangle, menuet électronique tombé de son premier essai, un maxi Dorian où se goûtait encore la jolie complainte d'Elli, Anne Cherchait L'Amour ; dans l'élan, le couple prodige, revampant le Lonely Lovers de ses débuts, en fit pour Lio Amoureux Solitaires, que l'Europe achèterait à 6 millions d'exemplaires ; puis, scellant la trilogie imparable, ce fut le premier hit d'Elli et Jacno, Main Dans La Main : raillés quelques saisons plus tôt, les Adolescents ardents, devenus braqueurs d'ondes, mettaient en coupe réglée le Top 50. On les vit donc au Midem et ailleurs en Bonnie and Clyde désinvoltes, en Enfants Terribles aux goûts égyptiens, en Gainbourg-Birkin de l'électro-pop adoubés par Jean-Charles de Castelbajac les interviewant pour Le Palace Magazine ; Jacno régnait, trouvant cependant le temps de produire le duo culte Mathématiques Modernes, et de porter sur les fonts baptismaux de la Pop hexagonale ce jeune Rennais qui ne décevrait pas : Étienne Daho ; Elli, elle, était criminellement jolie, perfectionnant l'art de danser en mini prince-de-Galles à l'heure où les jouvenceaux, le mercredi après-midi, communiaient aux mystères acidulés de Platine 45 : émois, émois, émois. Elli et Jacno : ces deux-là, évoluant dans un sillage argenté, brillèrent quelques saisons ou années ; puis, en Amoureux solitaires, se séparèrent : leur chant du cygne serait la musique des Nuits de la pleine lune, très moderne et rohmérien film d'Éric Rohmer. L'Uruguayenne ne resterait pas longtemps seule. * * * L'année était 1986. Et quelques dizaines de milliers de lycéens hostiles à un ministre dont l'Histoire n'a pas retenu le nom défilaient sur le premier hit d'Elli Medeiros, Toi Mon Toit ; la voie était tracée, qui serait celle d'une Pop ludique, chamarrée et sensuelle : on le vérifia l'année suivante avec ce pur joyau et second succès, A Bailar Calypso, éblouissement plus que bienvenu en ces saisons de sida et de cérémonies mortuaires à répétition. Promise aux feux des plateaux TV, l'ex-punkette prit donc le chemin de Champs-Élysées, où Michel Drucker eut le redoutable privilège de succéder à Alain Pacadis ; en cette période faste, elle connut encore la consécration du proverbial concert de velours rouge à l'Olympia, et sortit son premier album, où se pouvait goûter la grâce atlante d'un déjeuner de soleil avec Antinéa, déesse tenant le sort du monde scellé en les spires de son nombril d'or. Elli n'en demeurait pas moins Elli, assemblant amoureusement sa constellation d'enfants aux noms charmants. C'est à mi-chemin de ce louable projet, de retour d'une tournée au Japon, vers la fin des années 80, qu'elle décida de prendre du recul. Et des cours de comédie avec Andréas Voutsinas, transfuge de l'Actor's Studio, compagnon de route de Lee Strasberg. Elle qui avait débuté du temps des Toys dans les courts-métrages d'Olivier Assayas, et traversé sereinement L'Enfant secret de Philippe Garrel, serait donc, dans les années 90, actrice, réussissant le grand écart entre pellicules d'auteur et blockbusters de boulevard : une filmographie contrastée menant en 2001 au Lulu de Jean-Henri Roger, où elle incarnait -histoire vraie- un transsexuel de légende tenant un bar aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Ainsi légitimé, le XXIème siècle pouvait commencer. * * * L'année est 2006. Et le nom d'Elli Medeiros, soudainement, se conjugue au présent. Au printemps, un single stoogien, Soulève-Moi : du pur Motor City haut cru 69, mais enlevé par une fille, et en français, frisson nouveau au pays des ciels pommelés et du petit vin blanc. Avec, acérées, des paroles comme l'Uruguayenne toujours sut en ciseler : « Tes larmes et ta sueur / Sont l'encens et le miel Crache-moi dessus mon coeur / Et je monterai au ciel. » Cela, posé sur du métal ondoyant et menaçant, façon Ron Asheton téléporté dans les décombres soniques de la Vème République : Ségolène Royal devrait se méfier d'Elli Medeiros. À l'automne, l'album : remuant et aimanté, atlante et alien. En un mot : étoilé. Chez V2, sis en cette rue Bouchardon où résidait il y a un quart de siècle le chat Bouton, secret architecte du futur de ses maîtres : la boucle serait-elle bouclée ? Icône en sa blondeur, Marilyn Monroe fait savoir un soir qu'elle goûte fort la reprise de My Heart Belongs To Daddy exécutée par Elli et son fidèle Daho -la première encouragea la vocation naissante du second-, classique qu'elle-même interprétait dans le Let's Make Love de George Cukor, devenu ici Le Milliardaire : l'Uruguayenne n'a, semble-t-il, désormais plus de soucis à se faire. Ce sera là le provisoire épilogue de la bio que nous demanda un printemps Elli Medeiros, amie, et que nous lui remîmes à l'été, façon billet doux, agrémentée de ces deux seuls mots : "For You". Y.A. http://www.imdb.com/name/nm0575468/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Elli_Medeiros www.elli-medeiros.com/
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