L'hebdo du Club (15): Valérie, François et les tabous

Au menu de la semaine, un bug en cours de résolution, du neuf dans les éditions participatives et la vie privée du président.

Valérie Trierweiler en Inde, peu après la rupture. © REUTERS/Danish Siddiqui Valérie Trierweiler en Inde, peu après la rupture. © REUTERS/Danish Siddiqui
Au menu de la semaine, un bug en cours de résolution, du neuf dans les éditions participatives et la vie privée du président.

Valérie et François

De François ou de Valérie, lequel est le plus atteint par l’ouvrage autobiographique de l’ancienne compagne du chef de l’État ? « L'arroseuse arrosée ne mesure pas à quel point elle dresse d'elle-même un portrait en creux absolument pitoyable : s'être accrochée à ce point alors que sa cible est décrite comme si misérable… », constate Dianne. La plume est acérée envers les « misérables pleurnicheries » d’une femme dont « la voracité d'ascension sociale contrariée (…) ne chagrinera que ses amis », note Michel Kerninon. Mais il s’agit bien d’un événement politique : « L’effet quasi inéluctable de cette poudre littéraire assassine est la mort de la fonction présidentielle assumée par François Hollande », prévoit Stéphane Riand. Vingtras en est scandalisé« Il m'est impossible d'admettre – et surtout dans les circonstances actuelles – que ce cocktail Molotov soit lancé sur un homme que les électrices et les électeurs ont placé à la tête de l'État et qui incarne, de facto, la souveraineté nationale. Comme si c'était la France elle-même, dans son intégralité, qui devait recevoir cette marque d'infamie et subir l'opprobre ! »

Valérie Trierweiler a-t-elle brisé un tabou, comme le suggère, pour le regretter, Yvan Najiels, tandis que Danivance et Jean-Paul Bourgès s’en félicitent ? « Ils vont être nombreux ceux qui vont critiquer ton livre, surtout dans la bande des faux jetons du gouvernement et de l’assemblée. Les mêmes qui trouvent anormal de publier leur patrimoine, leur salaire, écrit Danivance à l’éphémère “ première dame”. Comment ! Une compagne, une maîtresse qui ose parler, qui ose écrire, qui raconte quels chiens de basse-cour ils sont. » « C’est ce comportement rebelle que je salue, comme un acte concret de libération pour toutes les femmes. Les femmes deviennent les égales des hommes quand, comme eux, elles peuvent faire de fameuses saloperies… », complète Jean-Paul Bourgès.

Mauvaise idée, car le tabou est éminemment politique, rappelle Yvan Najiels : « “Brisons les tabous !” disent-il en chœur, nos hiérarques satisfaits de gauche et de droite. “Briser les tabous”, reprend Le Figaro en extase devant un Valls qui s'imagine Blair ou Schröder hexagonal. » Alors que le tabou est nécessaire, voire indispensable : « Briser les tabous constitue un pas non négligeable vers le fascisme et (...) cette infâme mode consensuelle risque bien de tous nous entraîner par le fond. Car les tabous garantissent notre liberté. »

Reste que la figure de François Hollande est une fois de plus atteinte. « Le petit peuple de France, les “sans dents” se souviendront de vous (…), comme du président le plus détestable et le plus méprisant qu'ils aient jamais eu », promet Hazies Mousli. Fabienne Consoli interpelle directement le chef de l’État : « Avec tout le respect dû à la fonction que vous exercez,  peut-être grâce à la voix de ces “sans dents”, je me permets de vous rappeler à cette dignité que votre poste de représentant dudit peuple exige. C'est grâce à la République que moi, fille de “sans dent” de surcroît analphabète, j'ai eu la chance d'étudier sur les bancs de l'école les poèmes de Victor Hugo, la voix des “sans dent” de son siècle. N'y aura-t-il aucune voix maintenant pour porter leur dignité bafouée jusqu'à votre palais ? »

Car c’est bien la politique conduite par François Hollande qui plonge le pays dans le désarroi. « Le permafrost politique, au contraire de celui de la calotte glacière, s’épaissit au jour le jour.  Nos dirigeants ne sont pas indignes parce que des broutilles les déstabilisent. Il le sont parce qu’ils sont incapables d’obtenir des résultats, d’œuvrer pour le bonheur du grand nombre, et d’imaginer un autre système. Ils sont indignes par manque d’imagination. Chantres de la fatalité, ils ne connaîtront jamais la jouissance et le bonheur d’offrir un monde meilleur », analyse Michel Koutouzis.

La minute technique

Depuis mercredi, vous nous avez fait part de bugs dans l’affichage du site. C’est un niveau de protection un peu trop élevé qui cause ces problèmes, en cours de résolution, me glisse l’équipe informatique dans l’oreillette.

Des nouvelles des éditions participatives

• Deux créations cette semaine : « On en parle, ils en parlent et on ne voit toujours rien. Alors au boulot. Faisons-là nous-mêmes, cette Constitution de la Sixième République », propose POJTandis que Gilles Walusinski, avec « l’envie de relier ce que l’on peut écrire de son expérience de photographe, de faire partager ses engagements à défendre une profession trop souvent mal connue », nous entraîne à la rencontre des Photographes et des photographies.  

• D’autre part, dans le cadre des grands travaux de refonte du Club, il ne sera plus possible de poster un article dans plusieurs éditions. Ainsi, nous vous demandons dorénavant d’éviter ce multi-postage. Pour les publications passées, chaque auteur recevra la liste, la semaine prochaine, de ses articles publiés dans plusieurs éditions, et invité à n’en choisir qu’une seule. Bien entendu, rien n’empêche de commencer dès à présent…

Qui peut “ alerter” ?

Je recopie ici ma réponse à une abonnée qui s’interrogeait. 

Il est tout à fait possible d'alerter sur un billet ou un commentaire sans être abonné à Mediapart. C'est d'ailleurs précisé dans la Charte de participation : « Un bouton “alerter” est à la disposition de tous, y compris aux personnes non abonnées à Mediapart, pour signaler un contenu perçu comme contrevenant à la présente Charte. »

Bien entendu, cette possibilité ne concerne que la partie Club, librement accessible à tout internaute – en n'étant pas abonné, on n'accède ni aux articles ni aux commentaires du journal, par conséquent on ne peut pas non plus alerter.

Et pour finir un petit coup de gueule de Chris43.

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