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Elles sont trois. Elles sont sœurs. Elles sont attachées par une complicité singulière, étrange. Pourtant les discordances, les dissonances, la mort du père, modifient leur rapport aux autres, changent leur vie. En mêlant sa propre histoire à celle imaginée par Anton Tchekhov, Agnès Bourgeois nous invite à une réflexion sur la sororité, sur ce lien étroit qui (dés)unit les fratries.
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Mèches rouges désordonnées, corps gracile, Lady Bird, jeune fille en fleur romantique, irradie l’écran de sa nonchalance, de son mal de vivre et de ses rêves d’ailleurs. Se glissant pour la première fois derrière la caméra, la comédienne Greta Gerwig retourne sur les traces de son adolescence fantasque et signe un long-métrage irrésistible sur la famille et le passage à l’âge adulte. Brillant !
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Un metteur en scène, deux comédiens, de multiples possibilités. Plongeant avec une passion exquise dans l’histoire du théâtre, Xavier Lemaire nous invite à une réflexion tout aussi drôle que fine sur son métier et sur son essence. Avec malice savoureuse, il décrypte pour nous les différents courants qui agitent le spectacle vivant, brocardant au passage les postures les plus extrêmes. Un délice.
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Un couple, la nuit. Elle est jeune, brusque, un brin capricieuse. Lui plus âgé, paumé et protecteur. De leur rencontre fortuite naît une passion vénéneuse, un amour brûlant qui les entraîne dans une errance sans fin, mortifère. S’inspirant du couple légendaire Bonnie and Clyde, Lola Molina nous invite à un road trip rare, âpre et poétique que souligne la mise en scène épurée de Lélio Plotton.
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La probité ne paie pas dans nos sociétés vérolées par l’ultralibéralisme féroce. L’apprenant à ses dépens, George Mastromas, ce Faust moderne séduit par la vie facile que procure mensonges et trahisons, se mue imperceptiblement en un salaud cynique des plus communs. Avec malice et ingéniosité, Franck Berthier donne une lecture désopilante et fine de la fable cinglante de Denis Kelly. Bravo !
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La mort rode, violente, féroce. Son messager, Jack l’éventreur, terrorise le Londres victorien. Pour mettre un terme à ces crimes atroces, un fin limier réunit de grands noms de la littérature et de la presse. Fasciné par l’histoire de ce tueur en série, Julien Lefebvre signe une comédie noire, un thriller décalé que la mise en scène de Jean-Laurent Silvi souligne astucieusement. Sympathique !
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Voix grave, visage creusé, Nathalie Mann est Mathilde Daudet, cette femme en devenir, attachante, désarmante, humaine. Avec une rare Sensibilité, la comédienne s’approprie ce parcours singulier, cette histoire d’une destinée unique enfin révélée, que retranscrit avec délicatesse et finesse la mise en scène de Franck Berthier. Une ode à la vie portée par une extraordinaire comédienne.
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Du plus profond de la rugueuse Irlande, les mémoires mélancoliques d’un trio d’artistes sortent de leur torpeur pour conter la fabuleuse et triste histoire du fantastique Francis Henry. S’emparant de la langue âpre de Brian Friel, Benoît Lavigne signe une fable noire, tchékhovienne, où les êtres acceptent sans ciller leur funeste destinée, servie magistralement par l’excellent Xavier Gallais.
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Virevoltant et fantasque, Benjamin Pech, l’ex-étoile de l’Opéra de Paris, se glisse avec une aisance confondante dans les vêtements dorés du Roi Soleil. Si ses entrechats, ses piquantes répliques, son jeu cabotin avec le public, séduisent, le propos biscornu, hétéroclite de la chorégraphe sud-africaine se heurte, comme les migrants, aux vagues d’une mer inhospitalière et aux politiques capitaliste
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Une voix tonitruante gronde sous l’immense voûte de la chapelle Sixtine. Une autre solennelle, tout aussi ronflante, vibrante, lui répond. L’une est celle du sculpteur Michel-Ange, l’autre du Pape Jules II. S’intéressant à la lutte séculaire entre pouvoir et art, Jean-Philippe Noël signe une pièce passionnante sur la naissance d’un chef d’œuvre ingénieusement mise en scène par Jean-Paul Bordes.