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Silhouette gracile, démarche légère, Gaëlle Billaut-Danno a ce soupçon de grâce qui charme au premier regard. Après des années passées en marge du monde du spectacle, cette enfant de la balle s’est découvert une passion vitale pour le théâtre et ses atours. Devenue comédienne presque par hasard, elle suit depuis sa bonne étoile défendant sur les planches des personnages de femmes fortes, humaines.
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La tête tourne tant les vérités se confondent en mensonges. Au jeu de l’amour, les jeunes gens bien nés s’arrangent des convenances, se laissent berner par quelques belles paroles. Dépoussiérant la dernière comédie baroque de Corneille, Julia Vidit et son complice Guillaume Cayet, signent une farce satirique, drôle que l’ingénieuse scénographie de Thibaut Fack habille d’un bel écrin psychédélique.
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Passion délétère, désir impossible à assouvir, la femme en obscur objet de désir auquel aucun amour ne peut suffire à lui rendre un digne hommage, toute l’âme tourmentée de Jean Poiret vibre dans ce texte noir qui a bien du mal à passer les âges. Malgré une mise en scène seventies, inventive et fort colorée, Michel Fau achoppe, tout comme son auteur, à nous convaincre de sa cynique beauté.
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Deux mondes, deux sexes, s’opposent sans retenue, sans pudeur. Le combat n’a rien d’équitable, tout est joué d’avance. On est chez Strindberg, la femme est charmeuse, vénéneuse, l’homme, couard, manipulateur. S’emparant de la sulfureuse œuvre du dramaturge suédois, Gaëtan Vassart peine à en transposer toute la violence textuelle, la férocité sexuelle malgré la présence vibrante d’Anna Mouglalis.
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Des mots abîmés, des accords oubliés et des règles de grammaire malmenées, nous replongent dans nos années collège. Abordant avec esprit la transmission et la pédagogie, Pennac revisite les cours de français de notre enfance leur donnant le goût de l’apprentissage, le désir d’étudier. Habité par le texte ciselé du père de Malaussène, Laurent Natrella invite à retourner à l’école.
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Une voix pure s’élève du triste quotidien et nous plonge dans les pensées désespérées d’une vieille dame ayant la mort en ligne de mire. L’envoûtante musique de Rameau habilement dirigée par Christophe Rousset et la présence radieuse de Léa Desandre, subtilement transcendée par la mise en scène singulière, futuriste de Phia Ménard, sauvent le livret creux, bavard, signé Eric Reinhardt.
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Déhanchés provoquants, jambes galbées dans des collants noirs brillants, Miss Knife, diva surannée, un brin pathétique, ensorcèle son auditoire de sa voix de velours. Évoquant ses histoires passées, ses espérances perdues et ses déceptions amoureuses, Olivier Py et son double féminin nous embarquent dans une balade tout autant drôle que mélancolique. Un captivant cabaret des illusions perdues.
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Les mots se jouent de leur sens. Les paroles s’entremêlent en un savoureux, un délectable galimatias où la raison trépasse face à une douce et folle absurdité. S’intéressant aux maux de nos sociétés contemporaines où dialogue, rapports aux autres sont de plus en plus ardus et complexes, Pierre Bénézit compose une gourmandise théâtrale fait d’incongruité mélancolique et d’humour noir. Un bijou !
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Abordant le sujet brûlant des tueries de masses, Simon Diard nous entraîne de sa plume compulsive, itérative, dans un tourbillon singulier, anxiogène, fait de suppositions qui mettent à mal nos certitudes et nous empêche de saisir toute la finalité de cette œuvre mystérieuse que souligne habilement la mise en scène âpre et radicale de Marc Lainé. Un ovni théâtral captivant qui bouscule les codes.
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Les gestes sont précis, tranchés. Les mouvements s’enchaînent avec fluidité passant du hip-hop à la danse contemporaine. Les corps lévitent, volent et virevoltent. Entremêlant leurs pas, leur écriture chorégraphique avec les notes, les sonorités du dixième album du compositeur Nitin Sawhney, le duo Honji Wang et Sébastien Ramirez peine à nous embarquer dans leur imaginaire, leur rêve dystopique.