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L'Ombre du Regard

  • Une Antigone à Kandahar

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    Ni ouvrage contre le terrorisme, ni récit antimilitariste, Une Antigone à Kandahar souligne néanmoins l’absurdité de notre angélisme qui berce l’arrogance de nos démocraties, nous persuadant que nous avons tous les droits et par-dessus tout, le Droit comme un blanc-seing.
  • Le pot de confiture

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    Je les vois, je les écoute. Palabrer, polémiquer, s’invectiver. Ils se posent tous des questions, la même à vrai dire. Qui est responsable de cette tragédie dont on suit le déroulement, scène après scène, retransmise en direct sur nos écrans de télévision. Une tragédie qui ne connait pas de frontières, qui se fout des conventions, des internationales comme des nationales, des collectives comme des individuelles. Une tragédie qui répète son inlassable scénario toujours autour des mêmes acteurs, des bourreaux et des victimes, des bourreaux en col blanc ou enturbannés, des victimes anonymes, chaque jour par centaines aux quatre coins du monde et la mort qui fait son cinéma.
  • Encore, Hakan Günday

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    La pire chose est quand le crime devient normal, quand tu ne perçois plus chaque meurtre comme le premier commis au monde. Ça veut dire que tu es habitué, c’est une maladie, mais qui te permet de continuer à vivre. » Hakan Günday, Encore
  • Camille, mon envolée - Sophie Daull

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    Écrire la douleur pour ne pas se laisser entraîner dans son cyclone destructeur, pour conjurer cette envie d’anéantissement qui habille chaque cri, chaque sanglot, quand la réalité vous ramène dans cet interstice d’un temps qui semble désormais s’être figé pour l’éternité entre l’avant et l’après. Écrire pour ne plus sentir dans sa chair ce lent écorchement à vif né du sillon de l’indicible.
  • Le cricket club des Talibans, Timeri N. Murari

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    « La place des femmes est dans la maison ou dans la tombe. Il vous faudra une permission pour sortir, et quand vous sortirez, vous devez être accompagnées de votre mahram. », sinon vous serez fouettées ainsi que votre mahram, incapable de se faire obéir. Tel est, sous la loi talibane et autres barbares de Dieu, le rôle rétrograde qui échoit aux femmes sous peine de mort par lynchage, balle de kalach dans la tête, pendaison et décapitation, non sans avoir été souvent auparavant, minutieusement violée. Le ministre de la Promotion de la vertu et de la Répression du vice et ses sbires veillent, comme une peste noire qui s’étend actuellement un peu partout, sur celles qu’ils considèrent comme un cheptel sexuel et reproducteur, entre putes et vice contre nature.Cette place en liberté surveillée, ou plutôt cette négation de la femme dans les sociétés où la charia s’impose comme un couvre feu des corps qui doivent être indiscernables, burqa pour les femmes, barbe, turban et tenue vestimentaire identique pour les hommes, afin d’effacer toute individualité pour ne laisser d’espace qu’à la peur, voire la terreur, est à mon sens le véritable sujet du livre de l’écrivain Indien Timeri N. Murari, Le cricket club des Talibans.
  • 2084 La fin du monde, Boualem Sansal

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    Il y a longtemps, me suis-je dit, à la lecture des premières pages de 2084 la fin du monde, que je n’ai éprouvé ce plaisir jubilatoire et égoïste d’avoir sous les yeux un grand livre. Mais comme nous le scande la publicité : ça, c’était avant… Avant de parachever la lecture de cette fable orwellienne s 2084 de Boualem Sansal n’est pas, loin s’en faut, le clone de 1984 de Georges Orwell.
  • Monsieur le Président,

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    Réfugié, personne qui cherche un refuge. Migrant, personne qui passe et ne s’arrête pas. La politique relève parfois de l’escamotage sémantique. Plus d’un demi-siècle en arrière, des milliers de réfugiés arpentaient les routes de la plupart des pays d’Europe, fuyant l’absurdité et les souffrances de la seconde guerre mondiale ou de la guerre civile espagnole.
  • Profession du père, Sorj Chalandon

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    La rentrée littéraire, c’est comme celle des mômes. C’est devenu un rite médiatisé. Les livres cuvée 2015 remplacent les cartables neufs et les chroniqueurs de tous poils affûtent leurs mots comme les gosses taillent leurs crayons. Après les vacances, on reprend le chemin de l’école, les bons ou les mauvais points planqués sur les pages vierges des cahiers. Des quelques six cent bouquins, quota que l’on compare avec gourmandise avec celui de l’année précédente, on n’en retiendra comme chaque année qu’une petite vingtaine, tous adoubés par la critique, celle de François Busnel et de sa Grande Librairie donnant la couleur du millésime. Que la copie soit bonne ou mauvaise, qu’importe. Cancres ou premiers de la classe, qu’importe. Le classement est invariable : d’abord la notoriété de l’écrivain qui fait office de passe-droit éditorial, ensuite le talent et enfin la découverte, l’écrivain coup de cœur, celui dont on attend qu’il relève le gant d’une littérature sans surprise et qui ne sait pas encore qu’on l’attend, piques en verve, au tournant de la prochaine fournée. Les nominés dont les ventes suffisent à assurer la pérennité, sont dispensés de l’épreuve du feu. Amélie Nothomb en est un bon exemple. On s’en fout de ce qu’elle écrit, c’est Amélie, entre le pinard et le bouquin de l’année. Il y en d’autres dont on a l’habitude du devoir. Ainsi Christine Angot. Qu’on la porte au pinacle ou la descende au lance-flammes, on ne peut néanmoins s’empêcher de se demander si sans l’inceste, remis sans cesse à l’ouvrage, il y aurait eu possibilité d’écriture. Pour d’autres qui entrent de nouveau en lice après un long temps de silence comme Delphine de Vigan, l’expectative se fait vacharde ou empathique. Les critiques qui se contentent souvent de recopier le quatrième de couverture en l’édulcorant de quelques mots de félicitation ou de défaite, s’en frottent leurs bons mots de jubilation anticipative. Il y a également, et parfois malheureusement, tous les autres, qu’on applaudira ou pas, qu’on lira ou pas, mais que l’on oubliera probablement et dont les heures solitaires à se torturer les méninges se termineront à l’holocauste des livres, celui dont on ne parle jamais. C’est tabou, le pilon. Le travail recyclé en pate à papier. Et il y a ceux, du moins pour moi, rares il est vrai, que je retrouve comme de vieux potes. Celui-là s’appelle Sorj Chalandon.
  • Le Moine de Képhas

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    Loin de la masturbation intellectuelle vérolée d’impuissance sexuelle à laquelle Michel Houellebecq nous prie de bien vouloir assister en lecteur voyeur et consentant dans son dernier ouvrage Soumission, Le moine de Képhas nous plonge dans une fiction vs prémonitoire.Assassinat d’un imam de la mosquée de Villeurbanne, rebellions musclées dans les banlieues, chars antiémeutes, arrestations, comparutions immédiates, explosions, attentats, victimes innombrables, gouvernement ahuri et débordé, président mutique au charisme mou, couvre-feu, plan Vigipirate écarlate. L’état de guerre est déclaré. Les politiques et hauts fonctionnaires de l’Etat - vieille école de l’ombre « le seul endroit où l’on peut encore penser avant d’agir » contre « la génération Sciences-Po, ENA, où l’on forme depuis quatre décennies des bans entiers de squales débridés, sans maître, sans foi, sans loi, qui iront diriger le pays comme on gère une banque, sous les feux de la rampe ; pas de réflexion, juste de l’instinct. » - pensent fissa et en coulisses d’abord à leur carrière qui file en quenouille, la menace terroriste créant l’opportunisme de leur montée ou de leur rétrocession en grade, avec pertes et profits de leurs passe-droits matériels et sexuels. Les décisions politiques se prennent en fonction de la courbe des sondages. L’équipe gouvernementale fictionnelle en caricature d’autres, récentes ou actuelles.
  • Des lieux et des mots

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    Des lieux et des mots qui rêvent dans mes livres .