Version numérique de la revue Dedans-Dehors, ce blog informe sur les conditions de détention en France. Il décrypte les politiques pénales et pénitentiaires, ainsi que leurs effets sur le terrain. Il1…
donne la parole aux témoins quotidiens de la prison : les détenus et leurs proches venant au parloir, les professionnels et intervenants en détention (personnels pénitentiaires, médecins, enseignants, associations, chercheurs…). Des informations et paroles qui reflètent une toute autre réalité que celle des faits divers. Cet envers du décor, où se cachent les dégâts et effets contreproductifs de l’approche répressive, dans laquelle médias et politiques ont enfermé le débat public. www.oip.org
Photo de couverture : (c) G. Korganow / CGLPL
Avec 868 mesures au 19 mai 2021, la nouvelle peine de détention à domicile sous surveillance électronique prend doucement. Si un simple retard à l’allumage peut sans doute pour partie expliquer ces chiffres – les professionnels ayant besoin d’un peu de temps pour s’approprier la mesure – il semble qu’il y ait aussi des résistances de fond. Surtout, le changement est loin d’être révolutionnaire.
Accaparés par la gestion « chronophage » du dispositif technique qui caractérise la surveillance électronique, les professionnels se retrouvent bien souvent dans l’impossibilité d’assurer un véritable accompagnement des personnes concernées.
La surveillance électronique explose. Faut-il s’en réjouir ? Pas si sûr… Vingt ans après l’entrée du bracelet électronique dans l’arsenal judiciaire comme alternative à la prison, les établissements pénitentiaires restent dramatiquement surpeuplés. En réalité, le dispositif participe d’un mouvement d’expansion du contrôle bien au-delà du champ pénal.
La scolarisation des mineurs détenus – ils étaient 794 au 1er juin 2021 – est une priorité pour l’Éducation nationale et l’administration pénitentiaire. Si les textes posent un certain nombre d’exigences en matière d’enseignement, la réalité ne semble pas à la hauteur des ambitions. Surtout, le contexte carcéral, combiné à des durées courtes de détention, est loin d’être un terrain favorable...
[Rediffusion] Expérience pionnière et unique en son genre, la section des étudiants empêchés (SEE) de l’université Paris-Diderot propose aux prisonniers de (re)prendre la route des études avec un dispositif adapté à leurs contraintes. L’objectif : leur permettre l’obtention de diplômes en reprenant confiance en eux.
Entreprendre des études supérieures en prison est loin d’être une sinécure : de l’inscription aux examens en passant par la récupération des cours, chaque étape est rendue quasi insurmontable par l’absence d’accès à Internet. Élise partage son expérience, et souligne l’importance d’avoir des proches sur lesquels compter.
Les personnes qui souhaitent entreprendre ou poursuivre des études supérieures en prison se heurtent, comme les autres prisonniers scolarisés, aux nombreuses contraintes de la détention. Très minoritaires – 1,3 % de la population incarcérée en 2020 –, elles sont désormais confrontées à un nouvel obstacle : la dématérialisation inéluctable des cours par correspondance.
Entretien avec Fanny Salane, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Paris-Nanterre, et l’autrice de "Être étudiant en prison. L'évasion par le haut".
Monsieur B. a passé un bac technologique en prison, un choix par défaut. Il raconte son parcours et évoque les principales difficultés qu’il a rencontrées : « le manque de documents » et « le temps que prend chaque démarche ».
Au-delà des diplômes, la finalité de l’enseignement pénitentiaire est de réconcilier les personnes détenues avec l’apprentissage. Mais aussi avec elles-mêmes.