Version numérique de la revue Dedans-Dehors, ce blog informe sur les conditions de détention en France. Il décrypte les politiques pénales et pénitentiaires, ainsi que leurs effets sur le terrain. Il1…
donne la parole aux témoins quotidiens de la prison : les détenus et leurs proches venant au parloir, les professionnels et intervenants en détention (personnels pénitentiaires, médecins, enseignants, associations, chercheurs…). Des informations et paroles qui reflètent une toute autre réalité que celle des faits divers. Cet envers du décor, où se cachent les dégâts et effets contreproductifs de l’approche répressive, dans laquelle médias et politiques ont enfermé le débat public. www.oip.org
Photo de couverture : (c) G. Korganow / CGLPL
Turn over chez les élèves, hétérogénéité des niveaux, contraintes liées au fonctionnement de l’administration pénitentiaire… Si enseigner est aussi affaire de passion, en prison, le maître mot, c’est « l’adaptation ».
Depuis un an, l’enseignement en détention tente de s’adapter tant bien que mal à la crise sanitaire. Cours à distance, individuels ou en petits collectifs : les différents dispositifs mis en place peinent à répondre à l’ampleur des besoins. Découragés par une crise qui n’en finit pas, de nombreux détenus ont décroché.
La scolarisation des personnes illettrées et non francophones est une priorité pour l’administration pénitentiaire. Encore faut-il qu’elles soient systématiquement repérées : si l’institution s’est, au fil des années, dotée d’outils pour mener à bien cette mission, ces derniers semblent largement sous-utilisés.
Les besoins sont immenses : la majorité des personnes détenues est sans diplôme. Pourtant, le droit à l’enseignement est mis à mal en prison. Par l’inadéquation des moyens au regard du nombre de détenus, mais aussi par les contraintes logistiques et sécuritaires qui, une fois de plus, l’emportent sur l’impératif de réinsertion.
Depuis quelques semaines, de nombreuses affaires de violences commises par des agents pénitentiaires sur des personnes détenues ont éclaté au grand jour. Leur médiatisation a notamment été permise grâce aux témoignages de surveillants, qui ont choisi de rompre l’omerta entourant traditionnellement ces violences.
Les parlementaires viennent d’adopter une loi qui crée une voie de recours contre des conditions de détention indignes. Un mécanisme qui pourrait s’avérer vain si des réponses ne sont pas apportées aux facteurs structurels à l’origine de cette indignité, à commencer par le surpeuplement des prisons. Pourtant, la déflation carcérale n’est toujours pas au menu des réformes envisagées... Et l’annonce de la suppression des crédits de réductions de peine ne peut qu’inquiéter.
En l’absence de mesures d’éloignement ou d’expulsion, toutes les personnes étrangères détenues peuvent prétendre à un aménagement de peine. Pourtant, cela se révèle le plus souvent impossible notamment pour celles en situation irrégulière, la majorité des magistrats posant la détention d’un titre de séjour comme condition sine qua non.
En prison, les personnes étrangères s’exposent au risque d’être expulsées du territoire à leur levée d’écrou. L’incarcération donne en effet l’occasion aux préfets d’examiner leur situation et de décider de leur sort, en actionnant le levier de la « menace pour l’ordre public ». Une situation qui tend à s’aggraver d’années en années, et fait de la prison un rouage central de...
En prison, demander ou renouveler un titre de séjour constitue une démarche presque illusoire. Soumises au bon vouloir préfectoral, les personnes étrangères détenues sont le plus souvent maintenues dans une posture d’impuissance, dans l’attente passive d’une fin de peine aux allures incertaines.
Chargés de travailler à un projet de réinsertion avec les détenus, les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation (CPIP) sont souvent confrontés, en ce qui concerne les personnes étrangères, à l’irrégularité de leur situation administrative, qui bloque l’accès aux dispositifs sociaux traditionnels.