Journée nationale Citoyenneté-Fraternité

Des maires, des associations, quelques entreprises ont lancé, avec le soutien de l’Observatoire du Développement et de l’Action Sociale (ODAS) un appel à une journée Nationale Citoyenneté et Fraternité le 25 septembre.

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Un Appel à l’organisation d’une Journée Nationale Citoyenneté-Fraternité le 25 septembre a été lancé lors du Congrès national des Journées citoyennes (en visio-conférence) le 8 juin : il a d’ores et déjà recueilli l’assentiment de nombreux maires et responsables associatifs. L’organisation de cette journée est coordonnée par l’ODAS (Observatoire du Développement et de l’Action Sociale), par le collectif Journée citoyenne et par le Journal des Acteurs Sociaux (JAS).

L’Appel constate tout à la fois le délitement des liens sociaux, avant la crise sanitaire mais accru avec elle, et la capacité de résilience de notre société, avec l’engagement, l’inventivité, la créativité, le sens de la solidarité de nombreux citoyens et citoyennes. Une journée nationale aurait pour but de renforcer ces liens sociaux avec en perspective un enracinement dans la durée. Partout, communes et associations peuvent mobiliser les habitants dans le cadre d’actions les plus diverses, laissées à l’appréciation des acteurs locaux, mais ayant pour but de « consolider les liens d’écoute, d’entraide et de respect dans chaque territoire ».

Les instance engagées sont diverses associations de maires dont l’AMF (Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalité), l’AMRF (Association des Maires Ruraux de France), l’APVF (Petites villes de France), de nombreuses associations dont l’ADMR (aide à la personne), Ligue de l’enseignement, UNAF (associations familiales), le Labo de la Fraternité (qui regroupe lui-même huit associations : Coexister, Unis-Cité, Singa, Pacte Civique, Kawaa, Fabrique Spinoza, La Cloche, Fraternité Générale), Voisins solidaires, et quelques entreprises dont le Crédit coopératif et la Banque Postale.

Des communes organiseront une Journée citoyenne ce jour-là, le 25 septembre. Depuis le lancement des Journées citoyennes, en 2008 par Fabian Jordan, maire de Berrwiller (Haut-Rhin), actuel président de Mulhouse-Alsace Agglomération, 2500 communes se sont engagées dans cette démarche citoyenne (dont Angers, Troyes, Blois). D’autres, plusieurs centaines, devraient cette année s’y adjoindre. Des repas de quartier auront lieu ce jour-là, à l’invitation des Voisins solidaires. Des commerçants et des artisans seront mobilisés, des centres sociaux, des tiers lieux, des médiathèques proposeront des manifestations sportives, festives, culturelles.

Visio-conférence de presse :

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Lors de la conférence de présentation de la Journée (en visio) ce 9 septembre, auprès des journalistes et des signataires de l’Appel, Didier Lesueur, délégué général de l’ODAS, a présenté un sondage (Ifop) commandé par l’Observatoire qui confirme l’affaiblissement délétère des liens sociaux : 64 % des interrogés, autant hommes que femmes  (mais surtout parmi les plus de 50 ans et en Ile-de-France) considèrent que les liens se sont détériorés au cours des 20 dernières années. Cette détérioration est constatée dans les relations entre jeunes et aînés. La crise sanitaire (selon 59 % des interrogés) a aggravé ce délitement. Cependant, 61 % des Français reconnaissent le rôle du maire pour résister à ce phénomène (surtout en Ile-de-France et dans les agglomérations de province. Et nombreux (63 %) sont celles et ceux qui se disent prêts à participer à un événement local renforçant les liens (seuls 10 % déclarent qu’ils y sont opposés).

Jean-Louis Sanchez, fondateur de l’ODAS, directeur du Journal des Acteurs Sociaux, estimait lors de cette conférence que « la prise de conscience de la vulnérabilité permet de déclencher la résilience ». D’où l’idée d’une journée nationale appelant à « s’investir davantage dans la promotion des liens sociaux » et plus précisément en septembre pour poser un acte positif lors de cette « rentrée périlleuse ». Il importe de renforcer les associations d’Éducation Populaire et de rétablir une bonne image des métiers de la fraternité et de la citoyenneté.

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Lors des échanges qui ont suivi, Fabrice Dalongeville, président des maires ruraux de l’Oise (intervenant au titre de l’association nationale), qui organise chaque année depuis dix ans une Journée citoyenne dans sa ville Auger-Saint-Vincent (500 habitants, en Picardie), constate que la fraternité dépend aussi des politiques publiques. Il constate une destruction des service de proximité et tient à rappeler aux pouvoirs publics, et à l’État en particulier, que l’engagement des citoyens constitue un impact concret qui devrait être valorisé : il estime qu’une journée citoyenne dans sa commune produit une richesse évaluée à 285 000 euros !

Jean-Louis Sanchez est bien conscient qu’un appel à la citoyenneté et à la fraternité s'inscrit aussi dans la politique nationale et doit interpeller les candidats à la présidentielle, mais il précise que l’action a été prévue sans sollicitation auprès de l’État afin qu’elle soit en totale indépendance (ce qui n’interdit pas à l’État de s’en faire l’écho). Il considère que si la liberté et l’égalité c’est plus précisément l’affaire de l’État, par contre la fraternité relève vraiment du local, des habitants, des acteurs de terrain. Il souffle un vent mauvais, a-t-il ajouté, l’épidémie a déstabilisé notre société, il importe de remettre en route les énergies.

 Voir :

. dossier complet : Journée Nationale Citoyenneté-Fraternité.

 . dossier de presse avec sondage : ici.

. sur mon blog :

. ma présentation du livre de Jean-Louis Sanchez, La Fraternité n’est pas une chimère, 35 réformes indispensables pour rétablir le vivre-ensemble (2018).

. Un village pour la paix, 11 novembre 2020.

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Billet n° 631

Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et "Chroniqueur militant". Et bilan au n° 600.

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