Défaillances de l’ASE et des documentaires

Le chaîne de télévision M6 a diffusé dimanche un documentaire décrivant en caméra cachée des pratiques condamnables dans les foyers éducatifs, accusant globalement les services d’Aide sociale à l’enfance de « scandaleuses défaillances ». Description et décryptage.

Préambule :

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Chaque année, le mois du blanc, les chaînes de télévision consacrent un documentaire sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE), afin d’en relever et révéler les défaillances. Il s’agit, avec caméra cachée le plus souvent (afin que cela fasse vraiment scoop), de pénétrer dans des établissements pour enfants et de capter des scènes qui devront horrifier le téléspectateur. Bien souvent, ce sont des situations déjà connues, déjà traitées, mais pas toujours. Il y aurait intérêt à ce que des médias sérieux enquêtent sur ces réalités, soient à l’écoute de travailleurs sociaux qui s’expriment sur le sujet (pas seulement pour faire le buzz de temps en temps), évitent de jeter le discrédit sur l’ensemble des professionnels œuvrant dans le secteur et de noircir systématiquement ce que les enfants ont vécu au cours de leur prise en charge par l’ASE. Des anciens enfants placés comme les professionnels engagés dans la protection de l’enfance disent qu’ils en ont assez de cette façon de généraliser et de considérer, à partir de quelques exemples, que l’ensemble du dispositif maintiendrait les enfants en danger. Le documentaire de M6 n’est pas le pire en la matière, mais, comme d’habitude, il ignore superbement ce qu’est la protection de l’enfance dans son ensemble (pas seulement le placement d’enfants). La plupart des médias, en dehors de vouloir faire de l’audience sur des scandales, le reste du temps, n’ont pas grand-chose à faire de la protection de l’enfance (se gardant bien de couvrir les événements où des professionnels sociaux et éducatifs protestent sur leurs conditions de travail, les conditions de vie des familles et les conditions d’accueil des mineurs).

Dans le long texte qui suit, je décrypte cette façon médiatique de traiter cette question complexe de l’enfance en danger, qui n’est pas un sujet ordinaire, externe, pouvant être objectivé, car chacun peut se sentir concerné, ayant été enfant, ayant des enfants, des petits enfants, ce qui rend la parole des professionnels difficiles à entendre, tant le sentimentalisme et l’émotion envahissent le débat. Le documentaire de M6 semble, au final, avoir voulu éviter cet écueil en interrogeant un spécialiste en sciences de l’éducation (mais ni juge, ni responsable de l’ASE, ni travailleur social). Je décortique ensuite le documentaire en détail. Enfin, je fournis les liens de nombreux documents liés à ce film et, plus largement, au positionnement médiatique face à de tels sujets sociaux.

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Décryptage :

La chaîne de télévision, M6, a diffusé ce 19 janvier, dans le cadre de l’émission Zone interdite, un documentaire de Jean-Charles Doria intitulé : Mineurs en danger, enquête sur les scandaleuses défaillances de l’Aide sociale à l’enfance. Il y décrit la situation dans plusieurs foyers pour enfants : excepté un cas dans le Bas-Rhin, où il a été autorisé à filmer, les quatre établissements évoqués, avec « infiltration » dans trois d’entre eux de journalistes s’étant fait passer pour éducateurs, sont présentés comme maltraitants. La technique consistant à faire en sorte qu’une caméra filme en cachette l’intérieur des lieux, pour faire scoop et donner plus de poids à la dénonciation, est un grand classique. D’ailleurs, ce documentaire, à bien des égards, est copie presque conforme de celui déjà diffusé il y a presqu’un an jour pour jour par France 3, Enfants placés, enfants sacrifiés de la République, de Sylvain Louvet. Ce précédent documentaire avait fait grand bruit : d’un côté les médias qui furent quasiment unanimes (répétant à peu près la même chose) pour dire qu’il s’agissait d’une critique en règle de l’ASE, de l’autre les professionnels du secteur écœurés de la façon dont le sujet avait été traité, avec une recherche constante du buzz. Il a été admis sans autre forme de réflexion que ce documentaire avait été à l’origine de la nomination d’un secrétaire d’État à la protection de l’enfance (alors même que cette nomination était prévue bien avant).

Jean-Charles Doria Jean-Charles Doria
On devine que M6, avec l’agence Tony Comiti Productions, cherchait à renouveler l’exploit, quitte à l’imiter de façon quelque peu simpliste : journaliste infiltré (quelques jours seulement), caméra cachée, cas d’escroquerie, et valorisation d’un établissement forcément bon puisqu’il autorise le tournage. Et affirmation que la quasi-totalité des établissements (par le fait même qu’ils refusent une caméra) maltraitent les enfants qui leur sont confiés. Les enfants passés par là sont forcément tous perturbés, pas tellement par les souffrances subies dans leur famille mais par l’inhumanité de l’ASE.

Comme souvent, le film ne cesse de parler de l’ASE pour parler du placement en établissement, donnant à penser que pour le réalisateur la protection de l’enfance se réduit aux maisons d’enfants. Non seulement rien n’est dit des familles d’accueil ni des actions éducatives et sociales à domicile (pourtant plus nombreuses que les placements en établissement), mais les juges des enfants sont à peu près inexistants.

Alors même que le documentariste ne connaît pas l’ensemble des situations sur le territoire (les cas problématiques qu’il a couverts lui ont été signalés le plus souvent par des professionnels, il ne s’agit donc pas d’un échantillon aléatoire), il n’empêche que le documentaire se conclut ainsi : « aujourd’hui en France, seules quelques structures allient le soin et la protection de l’enfance pour ces enfants abîmés ».

Dans d’autres domaines du social, la méthode employée est semblable et récurrente : par exemple, relever quelques cas d’abus dans la mise en œuvre d’une tutelle auprès d’une personne relevant de la protection juridique des majeurs (sur les 900 000 mesures existantes), et voilà que tout le dispositif est décrié, les intervenants sociaux traités de « mafieux ». J’ai largement couvert cette question sur ce blog.

Le problème qui se pose au secteur de la protection de l’enfance (professionnels, enfants protégés mais aussi parents) est de savoir comment pourrait être abordée la question : non seulement en rendant compte de ce qui se fait réellement (le plus souvent correctement), mais aussi en dénonçant tout ce qui dysfonctionne.

[Photo YF] [Photo YF]
Un porte-parole d’anciens enfants placés m’a reproché sur les réseaux sociaux d’avoir une réaction corporatiste. Il est vrai qu’avoir longtemps travaillé dans le secteur de la protection de l’enfance peut faire de moi un professionnel ayant tendance à défendre les travailleurs sociaux. Est-ce que pour n’avoir pas été un enfant placé, je serais dans l’incapacité de défendre leurs intérêts ? Pas vraiment. Dans ma pratique professionnelle et syndicale, j’ai été amené souvent à devoir exiger des conditions d’accueil correctes des enfants en établissement, car je n’ignore pas les manques.

Ces manques peuvent venir des professionnels eux-mêmes (il m’est arrivé, entre autres, de me retrouver dans le bureau d’un juge des enfants et d’un procureur en présence d’un directeur ayant ses favoris et d’un éducateur brutal, dont les agissements avaient été dénoncés par mon syndicat).

Mais ils peuvent aussi découler, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, des institutions elles-mêmes : de la restriction des moyens financiers (manque de postes ou de postes qualifiés, personnels pas ou peu diplômés non soutenus par des diplômés, insuffisance des contrôles), de la gouvernance des institutions (le libéralisme économique a perverti ce secteur comme les autres, par une approche purement gestionnaire, favorisant un management  peu préoccupé de compétences et de valeurs humaines), des manques de places en psychiatrie, de la pédopsychiatrie « perdue » en rase campagne, du manque criant de portage par le pouvoir central (qui se satisfait peut-être d’une contestation de l'ASE et en même temps du coût de la protection de l’enfance, et qui a bien d’autres chats à fouetter) et par le pouvoir exécutif local (la protection de l’enfance n’apporte rien en terme électoral). De façon générale, on assiste (depuis bien des années) à une perte de sens de l’action menée.

Dans le film de M6, le commentaire explique que « l’État a laissé les départements se charger de la protection de l’enfance », dans une formulation qui peut laisser penser que les auteurs ne connaissent pas bien le contexte des lois de décentralisation (où cette question a été en débat). Il s’agissait de mener une action au plus près du terrain et en lien avec d’autres actions sociales, mais cette approche est décriée par certains aujourd’hui qui militent pour une recentralisation : méconnaissance de ce qu’il en était quand tout était décidé de Paris ou presque. Cependant, dans cette réclamation il y a le constat que le dispositif manque de coordination et de cohérence nationale : il va de soi que ce n’est pas l’Assemblée des Départements de France qui est capable de répondre à ce manque. C’est certainement à l’État de le faire (il n'est pas certain qu'il soit plus efficient avec le médico-social qui ne dépend pas des Départements et qui mérite aussi attention), mais cela supposerait de s’engager réellement sur le sujet (et non pas d'agiter l’enfance comme un hochet, pour la frime, en nommant par exemple un secrétaire d’État parce qu’il est issu de la Com’ et qu’il aurait inventé la formule « En Marche ») et de cesser de démanteler les administrations d'État locales.

Lors d'une manifestation de travailleurs socio-éducatifs à Lille, le 6 novembre 2018 [Photo Antoine Bruy, Tendance floue] Lors d'une manifestation de travailleurs socio-éducatifs à Lille, le 6 novembre 2018 [Photo Antoine Bruy, Tendance floue]
Il va de soi que les « documentaires », qui cherchent à faire le buzz (sans révélations croustillantes, la chaîne risque de ne pas acheter le film), mettent en exergue des situations bien souvent réelles. Certes, la méconnaissance des réalisateurs du sujet qu’ils ont à traiter les conduit parfois à des simplifications extrêmes ou des interprétations fautives. Par ailleurs, ils se précipitent sur des cas, qu’ils ne découvrent pas, mais qu’on leur signale ou qui ont déjà défrayé la chronique (c’est le cas de M6 où l’affaire du foyer de Jarsy en Savoie a déjà été jugée). Il n’empêche que des salariés ne sont pas formés, que la gravité du comportement particulièrement agité de certains enfants accueillis dans des foyers (qui ne sont pas aptes à les soigner), conduisent à des violences des enfants entre eux, des enfants envers les adultes, ou des éducateurs envers les enfants, qui tardent trop longtemps à être corrigées ou révélées. Le fait d’avoir une haute considération pour la majorité des professionnels du monde éducatif et social ne doit pas inciter à taire les dysfonctionnements et les pratiques condamnables.

Dans certains cas, il est évident que la Justice devrait sévir : dans le passé, elle n’a pas craint de s’en prendre à des professionnels consciencieux, les poursuivant devant les tribunaux pour des signalements d’enfants en danger qui avaient un peu tardé : dans un cas célèbre, dix jours de délai ont suffi pour condamner des professionnels du social à de la prison avec sursis (puis relaxés en appel), dans le cadre d’un règlement de comptes entre Justice et Administration. Certaines défaillances révélées par les documentaires méritent au moins enquête. Par ailleurs, je l’ai déjà écrit, et depuis longtemps, le largage de mineurs à 18 ans pile, lorsque c’est vraiment contre leur gré et contre les projets éducatifs élaborés par le jeune avec le travailleur social qui l’accompagne, justifie que les autorités départementales aient à s’expliquer. Idem pour la non prise en charge de mineurs étrangers (les juges pourraient davantage contraindre les pouvoirs publics à assumer leurs responsabilités, prévues par la loi).

Il reste à souhaiter que des documentaristes de talent s’emparent de ces questions, loin des réalisations simplistes habituelles (n’est pas Olivier Cousin ou Florence Aubenas qui veut). Où le regard honnête ne consisterait pas à prendre un établissement « bon » pour décréter nuls tous les autres, mais entreraient dans la complexité de cette action éducative et sociale spécifique. Mais peut-être que c’est mission impossible.

Dessin de Jiho dans "Lien social" du 5-18 février 2019 Dessin de Jiho dans "Lien social" du 5-18 février 2019

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. L’agence Tony Comiti Productions, qui produit le film diffusé par M6, a à son actif plusieurs documentaires, souvent de bonne facture. Elle a cependant été contestée pour un film diffusé également dans Zone interdite, décrivant le parcours entre la Libye et la France, de trois jeunes Camerounais, accusant les journalistes de n’avoir pas tenu leurs promesses. Voir article de L’Obs : Pataquès autour d’un reportage télé sur l’immigration.  

François Sauvadet François Sauvadet
. François Sauvadet, ancien ministre, président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, a publié un communiqué [ici] dans la nuit qui a suivi la projection du film de Jean-Charles Doria. Il s’explique sur la plainte qu’il a déposée contre l’association qui gère le foyer, mise en cause par le film. Sur les conditions de tournage, il dit que les journalistes ont présenté de faux CV, de fausses lettres de motivation, se prétendant éducatrices spécialisées. Il nie avoir reçu une demande de filmer, par contre il a proposé au journaliste de filmer au sein de la Maison départementale de l’enfance, ce que le journaliste a refusé. Bien sûr, c’est parole contre parole, mais pour le documentaire diffusé sur France 3 en janvier 2019 on avait eu droit à la même ambiguïté : Sylvain Louvet (agence Capa) prétendait que l’établissement d’Eysines avait refusé un tournage, d’où l’utilisation d’une caméra cachée par un journaliste déguisé en éducateur. En réalité, c’était faux : pour l’avoir écrit, j’ai été accusé par lui, au téléphone, de propager des fake-news (le mot était alors, il y a un an, employé à toutes les sauces), allant même jusqu’à me menacer d’étudier d’éventuelles poursuites judiciaires. En réalité, France 3 Aquitaine avait elle-même indiqué (la veille de la diffusion sur France 3 nationale) que le réalisateur de l’agence Capa n’avait pas demandé de pouvoir filmer, car cela avait été refusé deux ans auparavant à France 3 Aquitaine.

Tous ces avatars démontrent assez clairement que, pour certains documentaires, filmer en caméra cachée est un impératif : pour des raisons logiques (les comportements répréhensibles peuvent difficilement être constatés lors d’un tournage autorisé), mais aussi pour des raisons moins avouables : l’annonce du documentaire exploite le fait qu’il y ait des images volées, et donc des « révélations », quitte à ce que l’on fasse dire parfois à une courte séquence, imprécise, floutée, beaucoup plus qu’il n’est. Et quitte à ce que l’on fasse fi des règles du secret professionnel. De ce fait, il n’est pas très étonnant que des journalistes se voient opposer un refus de tournage : car certains ont sûrement des choses à cacher, d’autres ne sont pas prêts à se livrer à des "enquêteurs" dont la fiabilité n’est pas assurée. 

. Outre le Département de la Côte-d’Or, les Départements de la Somme (ici), du Vaucluse (ici), de la Savoie (ici) ont réagi (parfois avec la Préfecture), ne niant pas certains dysfonctionnements mais s’insurgeant contre la méthode employée par le documentariste qui s’empare de situations connues, et le plus souvent traitées depuis longtemps. Quant au président LR du Bas-Rhin, il doit boire du petit lait : chez lui, tout va bien dans le meilleur des mondes .

Description du documentaire de M6 :

M6 avait annoncé son documentaire sans faire dans la dentelle : Enquête sur les scandaleuses défaillances de l’Aide sociale à l’enfance. On ne s’attardera pas sur le fait de savoir si seules les défaillances scandaleuses sont condamnables ou si scandaleux permet d’en rajouter. Dès avant le film, Ophélie Meunier, présentatrice de Zone interdite, précise que les structures de protection de l’enfance sont censées apporter l’éducation et la sécurité que des enfants n’ont pas dans leurs familles : « très souvent, ce n’est pas le cas ». Le documentaire est là pour le démontrer. Dès le début du film, Adeline, placée enfant à l’ASE qui l’a « abandonnée » à 18 ans, est filmée en caméra cachée lors d’un entretien avec une « conseillère » d’une circonscription d’action sociale [du Département de la Sarthe, comme l’indique une affiche furtive]. Cette personne lui annonce qu’il n’y a aucune aide prévue pour elle puisqu’elle ne relève plus de l’ASE, elle n’a pas droit au RSA ayant moins de 25 ans, sauf si elle était enceinte. Sa formule plus que maladroite (« c’est un délire, la seule possibilité d’ouverture [de droit au RSA], c’est ça ») conduit le commentaire off à en déduire de cette courte séquence qu’on lui a proposé de tomber enceinte. Adeline est condamnée à solliciter les Restos du cœur.

Pendant « un  an » d’enquête, afin de « tenter de décortiquer un système à bout de souffle », des journalistes se sont « infiltrés » dans des établissements de l’ASE, pour y découvrir des personnels « dépassés, parfois violents » envers les enfants : « pour avoir la paix, il arrive qu’on les assomme avec des médicaments ». Les jeunes entrent et sortent des foyers sans surveillance. Certains se prostituent dans des hôtels proches. Une bonne quinzaine de Départements ont été sollicités, mais compte tenu de « plusieurs refus » [là, on voit le réalisateur se prendre la tête, dépité], des journalistes se sont fait embaucher. Facilement : sans diplôme, sans entretien, avec la seule assurance d’avoir fait du bénévolat.

Document confidentiel anonymé montré à l'écran : signalement (au procureur, avec copie au juge des enfants et à l'ASE) d'un mineur ayant commis des abus sexuels dans un foyer et maintenu de longues années dans le même établissement Document confidentiel anonymé montré à l'écran : signalement (au procureur, avec copie au juge des enfants et à l'ASE) d'un mineur ayant commis des abus sexuels dans un foyer et maintenu de longues années dans le même établissement
Anna, première journaliste, filme dans un établissement de Seine-Saint-Denis : le baby-foot « un peu fatigué », les jeunes surexcités tirant la sonnette d’alarme, regardant à la télé des « images ultra-violentes » (un combat de boxe), s’adressant de manière insultante envers une éducatrice, délabrement des locaux, eau polluée, adolescents déscolarisés (il s’agit, semble-t-il, d’un accueil d’urgence, avant réorientation sur un lieu adapté, ce qui pourrait expliquer la non-scolarisation). Les éducateurs ne s’en soucient pas, ils sont « dans leurs bureaux », « ils ont baissé les bras ». L’un tient des propos blasés. Bien sûr, le téléspectateur, choqué, pourrait se demander s’il s’agit d’un cas isolé. Réponse : « il n’en est rien ». Léa, une éducatrice qui a travaillé des années dans ce type de foyer, témoigne : elle a connu la même chose et a démissionné. Il y a un tel turn-over, tant de burn-out, que les éducateurs s’en vont : alors certains foyers « prennent n’importe qui pour faire n’importe quoi ».

D’anciens salariés signalent à la production un foyer situé à Dijon : deux journalistes vont y être embauchées. Les chambres sont filmées, dans un total désordre, toilettes sales. Francine, 13 ans, présentant des troubles psychiatriques, terrorise les autres enfants. Elle traite Romain, un vacataire nonchalant, de « connard » et de « pédophile ». Lui trouve rien de mieux que de lâcher à sa collègue qu’il ne sait pas journaliste : « si je suis pédophile c’est sûrement pas avec elle ». Les médicaments du jour, anxiolytiques, ne peuvent être donnés car le pilulier n’a pas été préparé. Un soir, Francine crise sur le parking, Romain, sans la frapper, tente de la maîtriser, puis s’en prend (« violemment », dit le commentaire) à un garçon agité pour lui enlever une enceinte fonctionnant plein pot.

Du coup, la journaliste infiltrée, bouleversée, n’en peut plus : elle décide d’arrêter. Une autre prend la relève, apparemment embauchée avec autant de facilité. Elle constate que les jeunes filles sortent du foyer sans problème, un éducateur lui confie que certaines se droguent et se prostituent. Le Président de la Côte-d’Or, François Sauvadet joue franc-jeu : il reçoit Jean-Charles Doria, l’assure qu’une mission d’inspection a lieu, que 80 situations lourdes lui sont signalées chaque année (évidemment, cela relève de la communication : il est bien peu probable qu’elles remontent jusqu’à lui), mais qu’on ne lui a jamais dit qu’une fugue avait duré une semaine, et qu’il y avait de la prostitution. Si c’est vrai, « c’est un truc de dingue », lâche-t-il, « c’est le début de l’orage », annonçant qu’il va sévir. Le réalisateur détient de nombreux rapports adressés aux services départementaux évoquant des cas de drogue et de prostitution.

D’autres foyers sont concernés par les mêmes fléaux : comme le Centre Départemental Enfance-Famille du Vaucluse. Léa, qui y a travaillé, témoigne : des filles vont jusqu’à mettre en ligne leur photo en petite tenue. Elle reconnait sur une vidéo une jeune fille qu’elle a connue et qui se prostitue : si le cinéaste peut le constater, peu probable que les gens du foyer l’ignorent. Léa est assistée par un syndicaliste qui déclare que pour avoir dénoncé ces faits par écrits, il a été convoqué par la police, accusé de « dénonciation calomnieuse ».

[Photo Libération 27 janvier 2019] [Photo Libération 27 janvier 2019]
Le documentaire valorise un établissement du Bas-Rhin, à Oberlin. Le site est filmé avec drone, la directrice, Celia Ruch, est souriante, elle explique le travail de son équipe. 50 enfants de 3 à 18 ans, un éducateur pour 5 enfants (alors qu’ailleurs ce serait un pour 12) : chambres bien rangées. Le matin : « comme un air de colonie de vacance, pourtant la souffrance est là ». Leslie est une fillette très perturbée, mais « les éducateurs ont appris à déceler les signes avant-coureurs de crise de l’enfant ». Il faut parfois « la maîtriser mais sans la blesser », cela passe par une « contention douce » : « la stratégie est payante ». On se prend à imaginer la scène si elle avait été prise en caméra cachée : allez savoir, peut-être que la contention aurait paru moins douce. On apprend que le Département finance un poste à temps plein pour s’occuper de Leslie ! Elle est emmenée dans une ferme pour s’occuper des poules, des lapins, approcher ânes et chevaux. Celia Ruch confie que lorsqu’un enfant est ingérable, on se sépare de lui et il est envoyé dans un autre établissement.  

Dans cet établissement idyllique, il y a une école : « 7 professeurs à dispenser une pédagogie adaptée à ces enfants cabossés ». Ce serait un des rares foyers en France dans ce cas, nous dit-on : s’il est vrai que les projets pédagogiques visent autant que possible à scolariser à l’extérieur, nombreux établissements disposent d’écoles en interne. Mais la directrice concède qu’elle est amenée à faire du « surbooking » pour avoir davantage de recettes. Ailleurs, en caméra cachée, cette information aurait pu être mal prise, mais là c’est tout en son honneur. Car aussitôt on nous dit que « certains foyers moins scrupuleux auraient utilisé ce surplus pour leur profit personnel ».

En Savoie, dans un décor à couper le souffle, la directrice et l’équipe du Foyer du sapin, à Jarsy, ont été accusés de maltraitance à l’encontre des enfants accueillis et de détournements de fonds  (200 000 euros). On comprend que cet établissement accueillait des enfants que personne ne voulait, mais au bout de quelques années « la cocotte a explosé ». Angèle, 21 ans, qui vit en Bretagne, a été placée à Jarsy : elle n’a rien oublié des méthodes brutales (claques, humiliation) et des médicaments (Tercian) distribués pour calmer les enfants. La directrice et le président de l’association ont écopé de deux ans de prison dont un avec sursis et de 50000 euros d’amende. Ils sont retrouvés, acceptent de parler (elle, interrogée sur un ton comminatoire), reconnaissant quelques gifles mais niant le détournement de fonds. Ce président attachait un enfant à une barrière et exigeait qu’il aboie (une éducatrice en atteste et il l’admet, partant dans des explications tordues pour justifier sa méthode).

Une directrice-adjointe s’en veut de n’avoir rien pu faire, considérant que les problèmes venaient du dépassement de la capacité d’accueil. Tous les Départements savaient mais étaient trop contents de trouver un foyer qui accepte de prendre des « incasables ». Le réalisateur s’étonne que le Département de la Savoie n’ait rien su de ces agissements et qu’il se soit permis d’être partie civile dans le procès.

Abbaye de Valloires : 25000 enfants placés ici depuis 1022 Abbaye de Valloires : 25000 enfants placés ici depuis 1022
Dans la Somme, Mickaël, un père de cinq enfants placés à Valloires « parce qu’il n’avait pas les moyens de les élever », a appris par une simple convocation en justice que deux d’entre eux avaient été abusés par un autre enfant. Meurtri, il réagit en informant la presse, ce que le juge des enfants et l’ASE n’auraient pas apprécié (une ordonnance du juge conteste cette « médiatisation ») et désormais il ne peut voir ses enfants que dans un cadre de visites médiatisées (avec présence d’une travailleuse sociale). 22 enfants auraient été victimes de ce gamin de 9 à 14 ans, durant une période de presque six ans, sans que personne ne s’aperçoive de rien, nous dit-on.

Jean-Marie Cuminal Jean-Marie Cuminal
Le président de l’association, Jean-Marie Cuminal accepte une rencontre avec Jean-Charles Doria. Pour satisfaire le réalisateur, il contraint des salariés à se montrer devant la caméra en leur disant : « souriez ! ». Avec un sourire digne du Ravi de la crèche, il montre les enfants dans le site prestigieux de l’Abbaye de Valloires et commente : « vous voyez que les enfants sont heureux ». Mais il refuse de répondre à toutes les questions, car il y a une instance judiciaire en cours. Il se dédouane en affirmant qu’il a été prévenu tardivement de ces faits graves. En réalité, le comportement sexuellement problématique de cet enfant est connu depuis longtemps sans que manifestement l’équipe ait su que faire. Le président émet des doutes sur ce que ce garçon a pu commettre. Le journaliste admet lui-même qu’il n’en sait rien. Quelques temps après cet entretien, le président Cuminal a démissionné de son poste. On sait, par ailleurs, qu’il a démissionné début août 2019, entre autres après le constat en juin 2018 d’une gestion financière défaillante (que le documentaire n’aborde pas) ayant entraîné une mise sous tutelle de la Préfecture en juin 2019, et une prise de distance de l’ARS et du Département de la Somme.

Un éducateur, ancien salarié de cette association, confie qu’il aurait fallu conduire cet enfant au Département en disant : « on n’en veut plus » ! Il considère que c’est tout le système qui est défaillant, il y a de plus en plus d’enfants comparables. Le président du Département a refusé de rencontrer le journaliste.

Perrine Goulet ovationnée par... les députés LREM Perrine Goulet ovationnée par... les députés LREM
L’incontournable Perrine Goulet, députée LREM, qui aurait tellement voulu être secrétaire d’État à la place d’Adrien Taquet, a alerté ses collègues de l’Assemblée Nationale qui l’ont ovationnée. Invoquant le fait qu’elle est une ancienne enfant placée (jusqu’à 18 ans), elle avait affirmé que 40 % des SDF de moins de 25 ans sont d’anciens enfants placés (une seule étude s’est penchée sur le problème, parlant de 32 % des 18-24 ans rencontrés dans des services d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, ont été placés dans leur enfance, pas tous à l’ASE, pas tous SDF). Elle témoigne que chargée d’une mission d’évaluation, elle a eu beaucoup de mal : elle parle d’omerta, affirmant que c’est plus difficile pour un élu de la Nation d’entrer dans un foyer que de visiter une prison. Pour rencontrer des familles d’accueil, elle a dû procéder avec prudence, dans une arrière-salle d’un magasin, et non pas dans sa permanence car les professionnelles redoutaient d’être vues avec la députée. On ne saura pas grand-chose des conclusions de ce rapport, à part le fait qu’il préconise que les Départements aient des comptes à rendre.

Il fait en réalité 150 pages : outre un état des lieux, les membres de la mission ont rencontré une centaine d’institutions et professionnels. Il fait 19 propositions. Bien qu’un peu fouillis, il mérite d’être lu (je donne le lien en annexe).

Ophélie Meunier avec Leslie et une psychologue en médiation animale, Elsa Senellier Ophélie Meunier avec Leslie et une psychologue en médiation animale, Elsa Senellier
Le documentaire se termine sur Oberlin, présenté comme un des rares établissements fonctionnant correctement en France (parce qu’il a accepté d’être filmé, sans doute). Sa pédagogie est au top : médiation animale (libérant l’« hormone ocytocine », dit une psychologue), massages tibétains, méditation, yoga, séance d’orthobionomie (apaisement des tensions musculaires, méthode mise au point par un ostéopathe canadien). Conscient sans doute que c’est un final insuffisant, montrant Leslie jouant avec un chien et le maîtrisant, Ophélie Meunier rencontre ensuite un chercheur en sciences sociales, spécialiste des troubles du comportement, Richard Solti, qui a formé les éducateurs d’Oberlin et qui explique que face à la violence d’un enfant il faut la comprendre, rester calme et ne surtout pas répondre par de la violence. Il explique que le travail dans ces foyers, « pour les professionnels, c’est très difficile à supporter, confrontés à des enfants qui ont des histoires de vie parfois sordides. Il faut une forme de solidité pour accepter ça. Quand on rentre chez soi avec des bleus, des insultes plein la tête, et bien c’est pas simple de faire le vide. »

Ophélie Meunier en entretien avec Richard Solti Ophélie Meunier en entretien avec Richard Solti
Ainsi la soirée se termine avec l’idée qu’ « un bon éducateur est calme, à l’écoute, et qui tient le coup, même s’il a envie parfois de lâcher, mais ce qui fera que ces enfants iront mieux c’est notre capacité à tenir… coûte que coûte. »

. voir le documentaire en replay (comme la diffusion en direct, coupée par deux longues séquences de publicités, il faut aussi se coltiner les pubs) : ici.

. M6 avait déjà utilisé une caméra cachée dans un reportage sur une maison d’enfants, dans le Gers : Moussaron, accueillant des poly-handicapés. Voir mon article : Enfants handicapés maltraités : les révélations de M6 en caméra cachée (31 janvier 2014).

. Mission d’information sur l’aide sociale à l’enfance, président Alain Ramadier, rapporteure Perrine Goulet. Cette dernière milite pour une énième loi sur la protection de l’enfance, car il est de bon ton pour un  député de pouvoir dire qu’il est à l’origine d’un texte, même si les lois existantes, bien appliquées, seraient une avancée. Tout au plus pourrait être affirmé un rôle plus engagé de l’État pour s’assurer que les droits et protections soient appliqués de façon égale sur tout le territoire.

. « L’ASE m’a sauvé la vie » :

Mission d’information de la Conférence des présidents sur l’aide sociale à l’enfance, avril 2019.

Dans ce document, plusieurs anciens enfants placés témoignent, dont Lyès Louffok (auteur du livre Dans l’enfer des foyers) ainsi que Maëlle Bouvier, 36 ans : elle a été placée dès son plus jeune âge, avec son petit frère, d’abord dans un foyer puis en famille d’accueil dans le Gers. Après des études de droit, Sciences Po Toulouse et un master en Sorbonne, elle est manager dans un grand cabinet conseil, son frère est professeur d’histoire dans un lycée. Elle dit : « à titre très personnel et au regard de ma seule histoire : l’ASE m’a sauvé la vie ». Chacun pourra lire son témoignage qui comporte bien d’autres éléments. Mais sa phrase résonne comme celle que j’ai entendue à la journée organisée fin novembre par le Collectif Enfance 31 à Toulouse où Jocelyn, avocat dans la ville rose, critiquait certains aspects de sa prise en charge (comme avoir été largué à 18 ans), mais disait tout de go : « l’ASE m’a sauvé ». Je reviendrai ultérieurement sur cette journée et, plus largement, sur les témoignages d’anciens enfants placés.

. Hamza Bensatem, de l’ADEPAPE des Bouches-du-Rhône (association d’anciens enfants placés), a pris position suite au documentaire de M6 : « Ce reportage tend à nous faire croire que la plupart des éducateurs sont cruels et maltraitants, montrant quasiment uniquement les aspects négatifs de ce métier, alors qu’il ne s’agit certainement que de quelques cas rarissimes en France. Cette généralité est injuste face à ce métier difficile qui mérite avant tout la reconnaissance et le soutien ». Il s’insurge contre une présentation qui stigmatise les enfants accueillis à la protection de l’enfance et contre les clichés qui se complaisent dans les échecs, évacuant les « nombreuses réussites post-placements des enfants ».

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Il va sans dire que cette prise de position cherche à s’opposer à celui tenu par d’autres enfants placés, qui s’appuient sur leur parcours pour renvoyer de façon incessante une image négative de l’avenir de ces enfants. Comme le dit le comédien et humoriste Jhon Rachid, qui a passé son enfance en foyer où il dit n’avoir pas eu de problèmes : « c’est certain, le négatif fait vendre. Plus on va être négatif, plus on va être mauvais, plus ça va faire parler » (voir ici sa vidéo de 3 mn).

. L’Organisation Nationale des Éducateurs Spécialisés a publié un communiqué [ici], signé de son président, Jean-Marie Vauchez, le soir même de la diffusion du film. Dans ce texte, il est rappelé la nécessaire formation des intervenants dans les foyers éducatifs. Il ajoute : « les maltraitances évoquées et dénoncées par ce reportage sont la négation même du sens du travail social. Constater avec autant de facilité un aussi grand nombre de mises en danger d’enfants censés être protégés doit alerter les pouvoirs publics. »

Ces derniers mois, plusieurs actions ont été menées par des travailleurs sociaux sur tout le territoire. Ici, en Isère le 19 décembre dernier. Il faudrait vérifier si M6 en a causé [franceinfo] Ces derniers mois, plusieurs actions ont été menées par des travailleurs sociaux sur tout le territoire. Ici, en Isère le 19 décembre dernier. Il faudrait vérifier si M6 en a causé [franceinfo]

. Le secrétaire d’État à la protection de l’enfance a publié le 20 janvier un communiqué dans lequel il affirme « son émotion » devant les images du documentaire [ici]. Il tient également « à rappeler que ces situations ne sont pas représentatives de la totalité du secteur de la protection de l’enfance en France ni de l’engagement des travailleurs sociaux qui chaque jour, éduquent et soutiennent des enfants souvent en grande détresse. Cela justifie une action volontariste pour mettre fin à des situations qui gâchent des vies et ternissent l’image de toute une profession. »

[AFP] [AFP]
Il mobilise les préfets pour que des contrôles soient effectués lorsqu’il y a suspicion et rappelle la stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance pour 2020-2022 qu’il a lancée. Mais aura-t-il vraiment le temps de jouer les stratèges s’il est candidat aux municipales à Asnières ou à Colombes comme cela se susurre ?

. sur plusieurs comptes Facebook, lorsque j’ai annoncé la diffusion de ce documentaire sur M6 la semaine dernière, nombreux commentaires ont exprimé le ras-le-bol de travailleurs sociaux, qui ont passé leur temps à réclamer de meilleures conditions d’exercice, de prise en charge des enfants, et qui sont fatigués, tant par l’absence de réponses que par le fait que « la protection de l’enfance ne fasse l’objet que de dénonciations scandaleuses et parfois outrancières ». C’est ce qu’écrit, dans un long très beau texte sur mon mur Facebook, Charlotte Suzanne, qui a passé 20 ans de sa carrière en protection de l’enfance (AEMO et ASE) : « Je trouve ça douloureux pour les professionnels, comme pour les enfants et les parents que cela réduit à l'état d'objet de foire caricaturaux dans des émissions de télé qui recherchent avant tout l'audience la plus large possible. La protection de l'enfance n’est pas une caricature. Elle est une mission complexe aux moyens insuffisants... » Sa conclusion : « ce soir, je ne regarderai pas M6… ». A lire : ici.  

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. Sur le site de Didier Dubasque, Écrire pour et sur le travail social, Tom Léducspé ironise avec talent sur ce genre de documentaire : Mon voisin l’éducateur…

. La plupart des médias, annonçant le documentaire, ont comme d’ordinaire colporté le propos du réalisateur sans aucune distance, répétant chacun à peu près la même chose et laissant entendre qu’ils sont incapables d’un regard critique sur un tel sujet. Ainsi Le Point  a osé titrer : Comment la France a abandonné ses enfants placés !

. Marianne a publié le 17 janvier un « dossier » sur l’Aide sociale à l’enfance, sans faire allusion au documentaire de M6 qui était diffusé deux jours plus tard, mais en tentant de démontrer, à travers deux exemples particuliers, « la spirale des placements abusifs » : « des centaines d’enfants seraient retirés à leurs parents sans motif valable ». Malgré tout, en décalage avec cette approche démagogique traditionnelle, le combat mené par les travailleurs sociaux du Nord est présenté, ainsi qu’est publiée une interview de Laurent Puech, assistant social, animateur de www.protections-critiques.org, une référence sur ces questions.

. Quelques-uns de mes billets sur les dérives médiatiques dans le domaine de l’action sociale :

. Enfance en danger : entre dure réalité et recherche d’audience, 20 janvier 2019 (liens avec d’autres articles).

. Effervescence autour de l’enfance en danger, 7 février 2019

. Mises sous tutelle : des médias font le buzz, 4 mai 2018

. Plusieurs photos de cet article sont extraites du documentaire diffusé par M6.

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Billet n° 520

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   [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans le billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, les 200 premiers articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200. Le billet n°300 explique l'esprit qui anime la tenue de ce blog, les commentaires qu'il suscite et les règles que je me suis fixées. Le billet n°400, correspondant aux 10 ans de Mediapart et de mon abonnement, fait le point sur ma démarche d'écriture, en tant que chroniqueur social indépendant, c'est-à-dire en me fondant sur une expérience, des connaissances et en prenant position. Enfin, dans le billet n°500, je m’explique sur ma conception de la confusion des genres, ni chroniqueur, ni militant, mais chroniqueur militant, et dans le billet n°501 je développe une réflexion, à partir de mon parcours, sur l’engagement, ou le lien entre militantisme et professionnalisme]

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