Confinement et enfance protégée

Recueil de témoignages de travailleurs sociaux en établissement ou en milieu ouvert, confrontés aux exigences du confinement. Beaucoup sont sur le pont, même si les grands médias l’ignorent. Ils font face, avec très peu de moyens et sans protection, à la prise en charge des enfants qui en ont le plus besoin.

[site France Inter, AFP/Karine Pierre] [site France Inter, AFP/Karine Pierre]
Suite à mon article La Protection de l’enfance confinée publié le 19 mars, j’ai reçu un certain nombre de réactions et d’informations sur la situation dans le secteur. Je me fais l'écho ici d'une vingtaine d'entre elles.

Dans cet article, je rendais compte des premières informations recueillies sur la façon dont s’organisait le confinement dans les services et établissements, et j’indiquais, à partir de contacts avec le terrain, que les effectifs avaient été réduits dans les services, des astreintes organisées par roulement de personnel, et des permanences téléphoniques instaurées. Les interventions à domicile ne concernent que des urgences. Quant aux établissements, ils gardent les enfants qui avaient peu de contacts avec leurs familles, avec suppression des visites. On me faisait part de l’engagement des professionnels, soucieux d’agir au mieux, et se portant volontaires.

Je citais les premières réactions du secrétariat d’État à la protection de l’enfance et le fait qu’une fiche de recommandations, face au Coronavirus (Covid-19) devait être incessamment diffusée. Elle l’a été le soir même (le 19 mars) : comportant 11 pages, elle « est destinée à répondre aux interrogations des professionnels qui accompagnent des jeunes de moins de 21 ans au titre de la protection de l’enfance dans le cadre d’un accueil en établissement ou en service de placement familial ainsi que des interventions à domicile (AEMO, AED, TISF …) » [action éducative en milieu ouvert, judiciaire ; action éducative à domicile, non judiciaire ; technicienne de l'intervention sociale et familiale]. Le Conseil Départemental, de par sa compétence de chef de fil de l’action sociale, est chargée, en lien avec l’État, de s’assurer que les recommandations sont respectées : les gestes barrières et d’hygiène, mais aussi la continuité d’activité. En l’absence d’école, des activités au sein des établissements accueillant des enfants doivent être mises en place. Tout contact avec l’extérieur doit être réduit au maximum. La référence est, bien sûr, « l’intérêt de l’enfant en premier lieu, mais aussi dans le respect des droits reconnus à ses parents ».

Ainsi, les droits de visites et d’hébergement sont aménagés de la sorte, en entente avec l’ASE et le juge des enfants :

« . pour les familles bénéficiant de droits de visite et d’hébergement intensifs préparatoires à un retour de l’enfant dans son milieu familial, anticiper ce retour en maintenant un suivi à domicile ou un contact et une permanence téléphoniques ;

. aménager les droits de visite en présence d’un tiers en les limitant à des entretiens téléphoniques ou visio lorsque cela est possible, notamment au regard de l’âge de l’enfant, et les suspendre dans les autres cas ;

. suspendre les retours en famille le week-end, le temps de l’épidémie. D’autres modes de relation devront être mis en place. »

Des indications sont fournies sur les conduites à tenir pour les nouveaux arrivants, dans le cas de fugues, des mineurs en autonomie ou accueillis à l’hôtel et des mineurs non accompagnés (étrangers isolés). Pour les suivis à domicile (AEMO, AED), lister les cas où un déplacement physique est indispensable, pour les autres organiser des contacts téléphoniques. Des consignes sont également données au cas où un jeune a été en contact avec un foyer contaminé ou lorsqu’un mineur est diagnostiqué contaminé au coronavirus.

Cette fiche est assez complète, a le mérite d’exister même si la mise en œuvre sur le terrain est, comme toujours, difficile (entre un texte et la pratique). Cependant, beaucoup d’établissements avaient pris des initiatives avant même la parution de la fiche, et dans le sens de ce qu’elle indique (le ministère a pu s’inspirer justement de ce qui au pied levé avait été mis en place ici ou là).

Fiche de recommandations du secrétariat d'Etat : ici

Les réactions que j’ai recueillies, si le plus souvent elles confirment que les établissements et services se sont organisés, et que nombre de professionnels sont sur le pont, il n’empêche que ce n’est pas simple. D’autant plus que les établissements médico-sociaux, eux, ont fermé leurs portes, ce que ne pouvaient faire les maisons à caractère social. Par ailleurs, les enfants des professionnels du secteur ne peuvent être accueillis dans les écoles (à la différence des soignants), du coup ils se mettent en arrêt (sur le site AMELI), bien que cela ne semble pas avoir été accepté partout, ou obtiennent des arrangements avec leur direction. [Additif : à noter que le 24 mars, le gouvernement a accepté de considérer que les professionnels exerçant dans les établissements et services associatifs de protection de l’enfance fassent dorénavant partie de la catégorie des professionnels désignés prioritaires pour bénéficier de la garde d’enfants, de l’accès aux écoles et collèges, de l’accueil en crèche et de la scolarisation de leurs enfants, communiqué de presse du secrétaire d'Etat Adrien Taquet : ici].

Ainsi Jérôme, enseignant dans une MECS (maison d’enfants à caractère social) m’indique que dans cet établissement des enfants qui avaient des liens réguliers avec leurs parents sont rentrés dans leur famille (la séparation due au confinement aurait été plus grave pour eux que d’être auprès de leurs parents). Cela a été étudié par l’équipe éducative en lien avec le juge des enfants. La plupart des professionnels sont présents, car beaucoup d’enfants sont là, ceux pour lesquels il était évalué que le retour à domicile comportait plus de dangers. Par ailleurs, une quarantaine de mineurs non accompagnés (MNA) sont présents, encadrés mais ayant quelques difficultés à comprendre les gestes barrières  qu’il est difficile d’imposer.

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Morgane est éducatrice en MECS : « il faut gérer le confinement, l’arrêt des différents suivis et notamment ceux psychiatriques ou psychologiques ; il faut gérer l’annulation des droits de visites et d’hébergement, il faut gérer un minima la scolarité de chacun, il faut gérer la sécurité sanitaire également, mais toujours avec le sourire, bienveillance et bonne humeur ». Angélique note aussi que cela se passe bien pour les enfants au prix d’un engagement énorme du côté des professionnels, tandis que Nathalie, au contraire, note que « les enfants sont angoissés, plus de visites médiatisées et les audiences reportées ».

Nat travaille dans une MECS qui accueille 17 enfants de 8 à 18 ans : « les éducateurs, nous avons gardé nos horaires de travail. Nous tentons de faire les devoirs le matin : deux éducateurs aidés si besoin de la coordinatrice, et dès lundi deux collègues du PEAD (placement éducatif à domicile) viennent nous prêter main forte chaque matin pendant deux heures. Cette semaine la météo fut clémente, nous disposons d’un parc, fort heureusement ! Pour le reste : que du savon à disposition ! On se serre les coudes ! On se soutient ! On vit dans un monde à part. »

Doune qui est conseillère en économie sociale et familiale : « nous avons fermé l'IME (institut médico-éducatif) mardi soir [17 mars], depuis nous sommes réquisitionnés dans d'autres structures de l'association et l'on va devoir aller au domicile des familles souhaitant notre venue chez eux pour voir leur enfants. Tout est à faire car les collègues devant y aller ne savent pas le contenu à mettre dans ces visites ».

Lise travaille en AEMO : « télétravail et contacts réguliers avec les familles par téléphone. Établissement de fiche par famille si besoin en cas d’absence. Roulement prochainement pour renforcer les internats avec le milieu ouvert. Dans les internats, c’est compliqué en particulier avec les adolescents : violences. Tous les services psychiatriques, scolaires et secteurs sont également en veille et joignables. »

Justine travaille elle aussi en AEMO dans une fondation qui gère la situation « de façon très mitigée » : « la seule règle commune et qui tienne : suspension des visites à domicile et fermeture du service au public, contacts réguliers avec les familles. Par contre, on nous interdit le télétravail. Dans un premier temps, lundi, on nous dit de faire un planning de service minimum, deux éducateurs par jour au service, ceux qui restent chez eux sont payés normalement. Puis mardi soir, changement inverse, tout le monde au service en même temps, si tu peux pas par rapport à tes enfants, tu prends l'arrêt de travail. » Cette décision insensée a conduit les professionnels ayant des enfants à se mettre en arrêt (pour enfant), au lieu de maintenir une certaine souplesse qui aurait permis des contacts téléphoniques et de consacrer du temps aux écrits.

Sandra travaille en ITEP (institut thérapeutique, éducatif et pédagogique) qui a fermé ses portes : elle cite le cas d’une famille d’accueil spécialisée qui refuse de recevoir une jeune en attente de placement provisoire, et un enfant relevant aussi de l’ASE qui est confié au père et confiné chez lui, alors que ce dernier n’avait qu’un droit d’hébergement restreint. L’Agence Régionale de Santé réquisitionne les professionnels disponibles (ITEP fermé) pour les faire intervenir en MECS ou auprès des familles d’accueil. Du coup, Sandra est conduite à se réjouir d’être en ALD (maladie de longue durée) pour pouvoir rester chez elle, alors même que son mari est réquisitionné sur son lieu de travail.

Un autre travailleur social en milieu ouvert s’étonne qu’on puisse demander à ceux qui sont en arrêt (pour s’occuper de leurs enfants non accueillis à l’école) de travailler de chez eux et de mener des entretiens téléphoniques : ainsi tous les salariés sont en télétravail, doivent gérer les familles dont ils ont la charge et justifier de leur activité.

Claire travaille dans une MECS : « gestion mitigée. Compliqué d'avoir des renforts sur les services pour l'encadrement entre les personnes à risque, en arrêt, les autres services aussi saturés... on ne compte plus nos heures. Règles hygiène et gestes barrière compliqués quand on a encore des douches et sanitaires communs sur la MECS. Pas suffisamment d'ordinateurs pour que les enfants suivent les devoirs scolaires en ligne. Protection quasiment nulle pour les salariés. Juste du gel hydroalcoolique mais stock limité. Droits hébergement en famille suspendus. Tout le monde pète un plomb que ce soit jeune ou parents. Et on n’est qu’au troisième jour de confinement ! »

[Libération 27 01 2019] [Libération 27 01 2019]
Guillaume travaille en MECS dans une association qui gère aussi des ITEP : « les ITEP fonctionnent a minima, donc nous avons des renforts sur les groupes d'internats de la MECS provenant de ces structures. Pas toujours facile cependant de mobiliser les gens. Sur notre service de placement à domicile, pas de visite. Uniquement des contacts téléphoniques. Les éducateurs sont en télétravail. Les réunions se font en visioconférence. Les éducateurs sont également amenés à intervenir ponctuellement sur les internats. Service jeune majeur : pas de visite dans les appartements. Rencontres sur le service pour le strict minimum. Tous les droits de visite et d’hébergement sont annulés. Les audiences aussi. Renouvellement de toutes les mesures pour 6 mois. »

Eva travaille dans un IME pour adolescents autistes : « mes collègues font des visites à domicile d'autres sont en télétravail pas assez de masques, ni de gel mis à disposition. Moi, je me suis arrêtée, ma direction m'a fait le papier pour garder mes trois enfants. Je reprends le boulot lundi (23 mars), on verra bien ».

Aurélie, éducatrice dans un foyer d’hébergement rattaché à un ESAT (établissement et service d’aide par le travail) :  « l’ESAT est fermé depuis mardi. Il reste 13 résidents. Modification de nos plannings et gestion du stress qu’engendre la situation par rapport aux sorties règlementées, aux règles d’hygiène, au fait de vivre ensemble 24h/24... on s’adapte, on bidouille, on tente de faire face avec bonne humeur et bienveillance mais ça va être dur dans la longueur ».

R., qui tient un lieu de vie et d’accueil, confirme qu’il faut s’adapter et bidouiller : elle reçoit 7 enfants (sans compter ses quatre propres enfants). S. considère que « les directions sont aux fraises, on doit à la fois leur fournir le dispositif d’organisation de crise et notre implication au-delà de nos heures, malgré l’absence légitime de certains collègues».

Jenny estime que tous les dysfonctionnements devraient remonter au niveau national mais Dorothée lui répond que dans son service, qui ne dispose ni de masques ni de gel hydroalcoolique, quatre professionnels ont attrapé le Covid-19 et également deux enfants. Elle précise peu après : « j’ai rendu les armes, je suis positive au Covid-19 ».

. voir La Protection de l’enfance confinée, 19 mars (voir aussi les commentaires).

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Dans le secteur adulte, aussi

 Marion est mobilisée auprès d’adultes en studios individuels ou en colocations : « on regroupe les personnes par 2 maximum pour des temps d’animation hors chambre ou studio. Mise en place de rituels le matin (vidéo Youtube d’un petit 5 minutes de qigong ou autre), repas pris individuellement. Après-midi, mise à disposition de matos créatifs (pompons, bijou, coloriages et autres) et ballade individuelle autour du foyer. Soirée à thème (blind-test diffusé dans le couloir, soirée quizz sur des films, séries, soirée relaxation avec méditation guidée possible sur Youtube aussi, soirée lecture à haute voix depuis le couloir, etc...)

Il y a de nombreuses initiatives sur Facebook qui peuvent occuper. Musée en ligne, livres audio, il y a même des groupes de musiques qui demandent aux gens de faire une mini vidéo avec un son pour ensuite créer avec tous les sons récoltés une musique... bref tout ça peut aider, soyons créatifs encore une fois.

Nous référençons quelques idées sur notre Facebook si ça peut aider : Espace Socioculturel Acodege »

. Hélène travaille dans un établissement pour handicapés majeurs qui a pour projet de permettre la libre circulation des « résidants » (notion de présence constante, à la différence de « résidents », de passage). Elle témoigne :

« Ils peuvent aller partout, circuler, nous n'avons ni portails ni barrières, ni grillages. Depuis le confinement, nous ne pouvons gérer la distance qu'avec les consignes : plus de bises, plus de toucher de mains pour dire "bonjour" ou "au revoir". On le leur rappelle régulièrement. Nous avons des résidants autistes qui sont dans le "toucher", les "pincements" par exemples, on fait attention (comme d'habitude car ils peuvent faire mal aussi, mais on ne peut pas les "repousser", c'est leur moyen de communication).

[Jiho] [Jiho]
Certains "gèrent" déjà difficilement le confinement, sans les activités habituelles, sans les sorties (en familles ou en ville). Les pathologies diverses font qu'ils n'ont pas une bonne compréhension de ce qu'on leur explique. Du coup, on essaye de garder un max du "quotidien" pour ne pas être anxiogène. Il y a prise de température obligatoire et quotidienne  pour tous : les membres du personnel à l'arrivée en postes (à chaque horaire) avec notation sur registre et les résidants aussi.

Le lavage des mains, les mouchoirs en papier, etc ... Il faut le redire x fois. Je leur ai montré avec la télévision (le Journal télévisé) que c'était partout, car en rase campagne où nous sommes ils ne pouvaient pas se rendre compte de tout cela. Ils ont découvert à la tv les villes vides et les images des gens portant des masques, comme eux : en effet, quand certains ont des rhumes légers, ils portent un masque. Il en est de même pour le personnel lorsque nous sommes juste enrhumés ou avons des allergies.

Le problème est que nous avons au quotidien des contacts physiques. Pour les aides à la toilette (douches), pour les repas, les activités que nous allons mettre en place au quotidien sur chaque groupe pour les occuper au maximum, vu que toutes les autres sont annulées (Snoezelen, danse, musique, etc...). Entre eux, ils ont beaucoup de relations amicales, amoureuses, du quotidien : on ne peut pas gérer, surveiller, interdire tout cela. C'est une période où nous devons nous-mêmes plus nous surveiller, pour ne pas ramener le virus chez nous, et où nous surveillons qu'ils ne le déclenchent pas, car habituellement et ce encore jusqu'à lundi dernier (16 mars), ils étaient en ville, en famille. La plupart sont deux par chambres, on s’affaire pour trouver le moyen d’éviter ces chambres doubles. Nous avons aussi un groupe qui vit en ville, dans une maison. Ce sera plus "difficile" pour eux, nous pensons, car ils faisaient tous les jours des allers-retours entre le centre et leur maison, leur projet étant lié à la libre circulation en ville. Donc le confinement est plus complexe. De plus, dans l’établissement, nous sommes quand même protégés du fait qu'il y a beaucoup d'espaces pour qu'ils puissent déambuler, marcher... fuguer ! Car il y a beaucoup de réactions de colère, de souffrance. Voilà en gros notre quotidien actuel. La distance, on ne peut pas la respecter réellement. »

. post Facebook dans lequel j'évoque les auxiliaires de vie à domicile, dont on ne parle pas : ici.

. Dans les Ehpad, le Covid-19 s'ajoute à la crise, par Mathilde Goanec, 17 mars, Mediapart.

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. Une première réunion dématérialisée des travailleurs sociaux a eu lieu samedi, mettant en lien 60 personnes de 20 départements différents. Il a été décidé d’établir un état des lieux de ce qu'il se passe dans le secteur sur les différents champs : psychiatrie, handicap, insertion, protection de l'enfance, polyvalence de secteur, ainsi que du côté des étudiants en travail social. Il s’agit de visibiliser la situation des étudiant.es en travail social, appelé.es à travailler bénévolement en renfort dans les structures en sous-effectif pendant la crise sanitaire. Et d’élaborer une plate-forme revendicative par champs du social, d’anticiper des idées d’actions dès la fin du confinement.

Voir page Facebook : Commission de Mobilisation du Travail Social Ile-de-France : ici.

. Un collectif de travailleurs sociaux face au Covid-19 s’est créé à Paris : ici.

Jiho dans Lien Social Jiho dans Lien Social
. Le magazine Lien Social, en accès libre pendant la durée du confinement, publie de nombreux témoignages précis de travailleurs sociaux sur leur réalité de terrain : ici.

. Le Media Social a publié depuis lundi plus de 30 articles sur le coronavirus en direction des acteurs sociaux et médico-sociaux, ils sont tous en accès libre : ici

. Coronavirus, le suivi dégradé des enfants en danger, Emmanuel Riondé, Mediapart, 20 mars.

. « C’est totalement explosif » : l’Aide sociale à l’enfance dans la tourmente de l’épidémie du au coronavirus, Julie Carriat, Le Monde du 20 mars.

. Coronavirus : le quotidien compliqué des enfants placés et confinés en foyers d’accueil, France Inter, 21 mars.

. Coronavirus : les enfants maltraités sacrifiés, par Hélène Romano, psychothérapeute, 22 mars (blog Mediapart).

. L’Aide Sociale à l’Enfance implose, par Marine Bruneau-Luce Toutecrue, qui livre le témoignage d’un éducateur de l’ASE, 22 mars (blog Mediapart).

[Romolotavani via Getty images] [Romolotavani via Getty images]
. De nombreux médias (le Figaro, Ouest-France, France 3, Femmes actuelles, La Dépêche du Midi, Parents, le JDD) se sont bien rapidement inquiétés de la violence intra-familiale accrue par le confinement (maltraitance à enfants, violences conjugales). D’ailleurs le secrétaire d’État Adrien Taquet a mis en garde contre ce risque et a appelé la population à redoubler de vigilance.

. Le confinement cause une hausse des violences familiales, déplore la FCPE, Anthony Berthelier, HuffingtonPost, 22 mars.

. Jean-Michel, éducateur spécialisé au pôle hébergement de l’UNAPEI 34, me communique les consignes données par la Direction Générale de cette institution : voir copie sur mon drive : ici.

. J’ai évoqué, dans mon billet intitulé La Protection de l’enfance confinée, l’action lancée par Lyes Louffok, qui craint que « ce confinement se double d’un pic de violences intrafamiliales » : une « task force » pour mobiliser les volontaires prêts à recueillir des enfants jusqu’alors placés et qui ne le seraient plus.

. Hamza Bensatem, qui milite à l’ADEPAPE (anciens enfants placés) des Bouches-du-Rhône, constate que « les travailleurs sociaux en exercice ne sont pas suffisamment nombreux pour s’occuper et prendre soin de plusieurs têtes en même temps. De même pour les assistants maternels et familiaux. » Il lance « un appel national à l'ensemble des travailleurs sociaux, étudiants de la protection de l'enfance, professionnels de la protection de l'enfance, animateur... afin de pouvoir soutenir les foyers » où la situation, selon lui, est dramatique. « Certaines foyers ont renvoyés les enfants à leurs domicile, cela est inacceptable ! »

Lien avec l'ADEPAPE 13 : ici.

Additif le 24 mars : lettre ouverte des principales fédérations et organisations professionnelles du secteur de la protection de l'enfance adressée, le 24 mars 2020, au président de la République, Emmanuel Macron, pour alerter sur les risques de la pandémie du Covid-19 dans ce secteur : ici.

 

 Billet n° 537

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr ; Lien avec ma page Facebook ; Tweeter : @YvesFaucoup

   [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans le billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, les 200 premiers articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200. Le billet n°300 explique l'esprit qui anime la tenue de ce blog, les commentaires qu'il suscite et les règles que je me suis fixées. Le billet n°400, correspondant aux 10 ans de Mediapart et de mon abonnement, fait le point sur ma démarche d'écriture, en tant que chroniqueur social indépendant, c'est-à-dire en me fondant sur une expérience, des connaissances et en prenant position. Enfin, dans le billet n°500, je m’explique sur ma conception de la confusion des genres, ni chroniqueur, ni militant, mais chroniqueur militant, et dans le billet n°501 je développe une réflexion, à partir de mon parcours, sur l’engagement, ou le lien entre militantisme et professionnalisme]

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