Ce matin, une collègue enseignante-chercheuse expliquait qu’elle devrait, en pleine vague de chaleur, siéger à un jury de thèse « dans une faculté sans clim[atisation], sans ouverture possible des salles la nuit et, cerise sur le gâteau, en toge ». Il y a donc des gens qui, pour pouvoir poursuivre l’exercice d’une tradition, sont prêts à faire courir à des personnels le risque, au mieux, d’un fort inconfort.
Ces derniers temps, divers acteurs politiques et médiatiques ont pris position en faveur de l’implantation de data-centers en France, notamment destinés à l’intelligence artificielle. J’avoue ne pas très bien comprendre le raisonnement politique et économique derrière cela.
Tous les ans, la presse se fait l’écho de jeunes qui auraient berné la plateforme ParcourSup en envoyant des lettres de recommandation bidon, par exemple un copier-coller de recette de cuisine. Toutefois, il semble qu’on explique rarement comment cela est possible, et même inévitable.
Des collègues expliquent qu’il faut sauver les études littéraires « sérieuses » (la stylistique chez Proust) du « wokisme ». Leur argumentaire me semble avoir un bon potentiel pour marquer contre leur camp…
Lors d’une discussion avec une collègue d’une disciplinaire littéraire qui préparait un enseignement sur l’intelligence artificielle, celle-ci m’a dit que ce qui lui semblait singulier dans l’intelligence artificielle est qu’il s’agit d’un objet humainement construit, et dont pourtant on ne sait expliquer pourquoi il obtient tel ou tel résultat. Cela m’a donné à penser.
Traiter les questions physiques telles que le réchauffement climatique avec les outils intellectuels adaptés aux questions d’opinion ou de technologie conduit à une impasse épistémologique et politique.
Le traitement médiatique tend à transformer des questions de faits, susceptibles d’argumentation rationnelle ou scientifique, en questions d’opinions politiques. C’est, à mon sens, dangereux pour la démocratie.