Édition suivie par 13 abonnés

Le Printemps des Poètes

À propos de l'édition

Le Printemps des Poètes est présent dans le Club de Médiapart pour affirmer la place de la poésie dans la Cité en donnant la parole aux poètes d'ici et d'ailleurs pour commenter l'actualité. C'est aussi

l'occasion de participer à la vitalité du monde de la poésie à travers livres, entretiens, témoignages, évènements...

  • Édition Le Printemps des Poètes

    Résonances d'un Etonnant Voyageur: Paradise Lost, Le Paradis perdu // par Yvon Le Men

    Par | 1 recommandé
     
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Choses qui font battre le coeur // Hommage à Maurice Nadeau par Gérard Noiret

    Par | 2 commentaires | 2 recommandés
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Dans un même bateau: Camus et Césaire/Par Thierry Renard

    Par | 2 commentaires | 2 recommandés
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Maria-Mercè Marçal, la sorcière en deuil d’elle-même // Par Vincent Rouillon

    Par | 1 recommandé
    Née à Barcelone en 1952, la poétesse catalane Maria Mercè Marçal décéda d’un cancer en 1998, à l’âge de 45 ans. Professeure et traductrice catalane (Colette, Yourcenar, Baudelaire…), elle est l’auteure d’unequinzaine de recueilsde poésie. Jusqu’à présent nontraduite en français, le recueil ici présenté – Trois fois rebelle, aux éditions Bruno Doucey, 2013 –, propose un choix de textes, restitués en français par Annie Bats, échelonnés de 1973 (Antre de lunes) jusqu’à Raison du corps, ouvrage posthume paru en 2000. 
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Avec Patrick, par Thierry Renard

    Par | 1 recommandé
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Résonances d'un Etonnant Voyageur: Les Royaumes Celtiques // par Yvon Le Men

    Par
    Le vent est aigre ce soiril frappe la blanche chevelure de l’océanje ne crains pas la course, sur la mer calme des fiers guerriers de Norvège  Source : Les Royaumes Celtiques, Nora-R-Chadwick, Mylès Dillon, Françoise Le Roux, Christian-J- Guiyonvarc’h, Editions Ameline, 2002.  Le moine copiste irlandais qui a écrit ce poème en marge de son manuscrit m’impressionne par sa sérénité. La mort rôde autour de son île. Les Vikings, en ce temps-là, semaient la terreur sur les rivages de l’Europe occidentale, mettaient à sac les abbayes. Malgré la menace différée par le vent, le moine poursuit son travail : faire traverser son siècle à des grammaires et des récits dont nous bénéficierions plus tard. Trop tard ? Qu’importe, il le fait.Et la mer se couvrit de voiles, comme aujourd’hui les marchés envahissent le monde. Les marchés seraient des vaisseaux fantômes qui attaquent par surprise nos propres fantômes. Nous avons peur de ce nouveau monde dont les puissants ont échangé le sens du vent contre celui de l’or. Les nouveaux pirates n’ont même pas le courage de l’épée. Ils sont cachés derrière des chiffres et les textes qui les commentent ne savent plus à quels mots se vouer. Chaque phrase des spécialistes est obsolète le lendemain matin. On se croirait dans un récit de science fiction si ce n’étaient les malheurs concrets engendrés par la crise.Ce quatrain, écrit par un moine irlandais du IXème siècle dont je ne sais rien, indique une direction, ouvre une brèche lumineuse dans notre sombre avenir : poursuivre son poème, malgré les Vikings, malgré la nuit des marchés fous.  
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Résonances d'un Etonnant Voyageur: La Chine dans un miroir, de Claude Roy // par Yvon Le Men

    Par | 1 commentaire
    Les trois fondateurs des religions chinoises, s’ennuyant un jour au ciel, décidèrent d’aller faire un tour sur la terre. Assoiffés par le voyage, ils aperçurent dans un lieu solitaire une source près de laquelle un paysan labourait. Ils envoyèrent Bouddha, accoutumé à mendier, demander au paysan l’autorisation de se désaltérer à la source. Bouddha se présenta.- Puisque te voilà, dit le paysan, je consens volontiers à te donner à boire si tu peux répondre à une question. D’où vient que tu prétends les hommes égaux et libres mais que dans tes monastères le père abbé est au-dessus des autres ?Bouddha reste coi. Lao Tse s’avança alors et se présenta à son tour.- Vous autres taoïstes, demanda le paysan, vous prétendez posséder le secret de l’élixir de longue vie. D’où vient que vous n’en avez point fait bénéficier vos parents qui sont morts ? Etes-vous de mauvais fils ou de grands menteurs ?Voyant ses deux compères en mauvaise posture, Confucius s’offrit à répondre aux questions du manant.- Bon, reprit celui-ci, tu enseignes qu’il ne faut point quitter ses vieux parents, mais tu as passé ta vie loin d’eux, à vagabonder de prince en prince. Comment expliques-tu cela ?Confucius à son tour resta sec devant la malice du pauvre paysan.- Allons, dit celui-ci, désaltérez-vous si la soif vous dessèche. Mais ne prétendez plus être au dessus du commun quand votre sagesse est si vite démentie et vos leçons si vite oubliées. Source : Claude Roy, La Chine dans un miroir, La guilde du livre, 1952 Nous, nous avons les experts. Je les écoute, les lis, je veux comprendre. En Italie, berceau de la Renaissance, en Grèce, berceau de la démocratie, on a leur a donné le pouvoir. A l’inverse de Bouddha, de Lao Tse et de Confucius, ils ne nous soignent pas avec des mots mais avec des chiffres qui partent en fumée comme les signaux des indiens qui, eux au moins, signalaient l’arrivée des cow-boys. 
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Présentation de NGC 224 de Ito Naga par Vincent Rouillon

    Par | 1 recommandé
    Ito Naga, des astres et des hommesNé en 1957, Ito Naga est astrophysicien. Il collabore régulièrement à la revue italienne Sud. Il a publié trois recueils de poésie chez Cheyne Editeur, collection “Grands fonds” : Je sais (2006), Iro mo ka mo, la couleur du parfum (2008) et NGC 224 (2013). C’est ce dernier recueil qui est ici présenté.
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Pour saluer Saint-Denys Garneau, par Thierry Renard

    Par | 3 commentaires | 1 recommandé
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Résonances d'un Etonnant Voyageur: La défaite // par Yvon Le Men

    Par
    Résonance 1La défaite Nous ne savons vraiment vivreque dans la défaite.Les amitiés s’y approfondissent,l’amour relève la tête, vigilant.Jusqu’aux objets qui deviennent purs.Les martinets virevoltent dans les airs,familiers du vide. Les feuilles des peupliers frémissent.Seul le vent reste immobile.Les sombres silhouettes de l’ennemise découpent sur le clair de l’espérance.La vaillance grandit. Eux, disons-nous d’eux ;nous, de nous ; toi, de moi. Le thé sans sucrea goût d’évangéliques prophéties. Pourvuque la victoire ne nous surprenne pas.  Source : Adam Zagajewski ; Palissade, Marronniers, Liseron, Dieu ; traduit du polonais par Maya Wodeka avec la collaboration de Claude Durand ; Poésie Fayard, 1989. Le 10 Mai 1981, j’étais content de la victoire de la gauche, mais j’étais seul. Je n’ai pas fait la fête. J’étais content. Etais-je heureux ? Content, d’être heureux ? Heureux, d’être content ? Un jour j’ai demandé à un élève de CE2, ces enfants qui vivent un pied dans les flaques d’eau, l’autre dans les nuages qui s’y reflètent, quelle était la différence entre le contentement et le bonheur. Etre heureux, m’a-t-il répondu, c’est quand on ne demande rien. C’est pour cela que je n’étais pas heureux le 10 mai 1981. Mais simplement content. Je pense aux Tunisiens, aux Egyptiens, aux Libyens. Sont-ils contents ? Seront-ils heureux ? Heureux d’avoir été contents lors de ce printemps 2011 qui a éclairci la planète. Mais, comme dit le poème, pourvu que la victoire ne nous surprenne pas. Je dis NOUS, car NOUS les hommes et les femmes de n’importe quel pays, de n’importe quelle époque avons beaucoup de défaites en commun…