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Le Printemps des Poètes

À propos de l'édition

Le Printemps des Poètes est présent dans le Club de Médiapart pour affirmer la place de la poésie dans la Cité en donnant la parole aux poètes d'ici et d'ailleurs pour commenter l'actualité. C'est aussi

l'occasion de participer à la vitalité du monde de la poésie à travers livres, entretiens, témoignages, évènements...

  • Édition Le Printemps des Poètes

    Soutien au poète tunisien Moncef Ouhaibi, menacé de mort

    Par | 3 recommandés
  • Édition Le Printemps des Poètes

    "Petit éloge de la simplicité détournée" par Thierry Renard

    Par | 1 recommandé
    à Monique,découvreuse attentive « La pluie et moi marchionsBons camaradesElle courait devant et derrière moiEt je serrais notre trésor dans mon cœur »Pierre Morhange, La Robe « Quand je naquis ma mère en pleurait,la nuit, seule, dans le lit désert.Pour moi, pour elle aussi que minait la douleur,les siens trafiquaient dans le ghetto. »Umberto Saba, Autobiographie  Il y a des poètes, et ils sont rares, qui face à leur condition ne négligent rien et font preuve de cran et d'esprit. Ils se dressent, avec leurs armes que sont les mots, contre les hauts murs qui les enserrent. Ils résistent dans leur langue aux assauts de l’injustice et de l’autorité ainsi qu’aux humiliations provoquées par la pauvreté et les inégalités.À leur manière, si singulière, ils déjouent les nombreux pièges de la réalité, puis ils la transcendent, cette réalité, afin qu’une vérité, simple comme le jour ou la nuit, éclate pour le coup au grand jour. L’auteur des textes dont on parle est de cette tribu. Il écrit simplement, et sait dépeindre les choses les plus simples. Mais sa simplicité n’est qu’apparence, elle se moque d’elle-même et surtout de nous, lecteurs impatients, lecteurs toujours trop pressés. Tout son talent consiste à détourner à la fois simplicité et réalité, en usant d’une langue inventée la plupart du temps, d’une langue imaginaire, imaginée et très imagée.Et, à chaque fois, ses mots font mouche. Ils disent l’amour et ses naufrages. Ils disent une mer à traverser. Ils disent une quête et ses retombées. Ils disent la vie qui nous transperce. Ils disent encore une terre, un pays. Un ciel, un coin de rue, un regard, une main, un rêve ou une absence.Ils disent cette part en nous enfouie d’universalité. Écrire simplement n’est jamais commode. Écrire simplement exige beaucoup de rigueur alliée à une absolue générosité. Écrire simplement, c’est même très compliqué. Il faut bien choisir ses vers ou ses phrases, et trier ses mots avec goût, avec soin.Le poète qui se tient debout, là devant nous, dans le long couloir du temps, ce poète est un ami, un frère en humanité. Il chante les petits trucs invisibles que nous ne savons pas forcément voir d’emblée. Il murmure à notre oreille, et le plus souvent il hurle en silence.Il y a quelques parfums mystiques qui se dégagent de ses joies et de ses peines, de ses émotions fortes et de ses impressions fausses. Mystiques, j’ai dit. Pas religieux ! C’est sa part à lui d’énigme et de vérité personnelle. Et s’il joue ordinairement avec les mots, dans son propre rôle il n’en rajoute jamais. Il est sobre, il est discret, voire secret.Les arbres et les fleurs de son jardin sont authentiques, et ses habits sont des vêtements de peau.Ses poèmes, pour finir, sont des inscriptions dans le marbre blanc du temps. Le poète et passeur de mots qui se tient debout, là devant nous, se nomme Abed Manseur. Il est de la race des vivants ! Thierry Renard,Nuit du 29 au 30 décembre 2012
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Masterclass, par Thierry Renard

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    Masterclass à Joëlle et à Blandine « Le stylo qui disait la véritéEst passé à la machine à laverpour sa peine… »Raymond Carver, La vitesse foudroyante du passé « Pour te rappeler que tu es en vieva sur la tombe de ton pèreà midi après avoir fait l’amour »Jim Harrison, Une heure de jour en moins Suis ton chemin, suis ton bonheur.C’est ce que j’ai retenu,l’autre jour,après la masterclass d’écriturede Christopher Voglerparrainée par Alexandre Astier.Trois jours et vingt-et-une heuresde trocs, de conseils, de réelle bonne humeur.Cela m’a donné envie de me replongerdans les livres de Raymond Carver,Là où les eaux se mêlent, Les Feux,N’en faites pas une histoire,La vitesse foudroyante du passé.À ce propos, le dernier après-midi, j’ai égarécet ouvrage de Carver auquel je suis tant attaché.Sans doute l’ai-je laissé sur mon fauteuil,ou peut-être est-il tombé de ma poche,tout bonnement. Perdre un Carver,c’est perdre un objet précieux, une denrée rare.C’est comme perdre son temps inutilement.Heureusement, ici m’attendaitun autre exemplaire de La vitessefoudroyante du passé, recueil de poèmesoù narration, autofiction, descriptionset évocations s’entremêlent.Bribes du passéqui remontent à la surface.Courts instants présents.Morceaux du voyage et tranches de vie.Et, surtout, quelques éclairsde futur immédiat.La clarté plutôt que la beauté,toujours, chez Carver et chezla plupart des autres écrivains américainsde cette génération.Savoir rester précis pour atteindre son but.Et puis, hier, premier jour du mois de novembre,ce fut aussi le vrai premier jourdu commencement de ma nouvelle vie.À presque cinquante ans — oui, oui,déjà ! — j’ai décidé de me prendre en main.Santé physique, santé morale, argent.Je vais enfin m’occuper de mes affaires,je me dois bien ça.Et puis, ce matin, avec ma fille Carla— la plus petite — nous sommes alléschez le coiffeur. C’était la première fois, ensemble.Elle a beaucoup appréciéle lavage des cheveux et le massage de la tête.Et tout le reste aussi.Ma fille a aimé cette première fois.Nous y retournerons,c’est certain. Suis ton bonheur, suis ton chemin.Traverse un village, prends une amie.Mange un lièvre, ou va au lit.Il fait nuit, maintenant.Et j’ai cessé d’être aveugle.Je vais beaucoup mieux que quiconque.Je ne suis plus seul face à ma table,face à la page qui se noircit.Mes amis les livres sont partout.Il y a ceux de Raymond Carver, j’ai dit.Mais il y a encore Une heurede jour en moins, de Jim Harrison.Je suis dans ma semaine américaine.Vogler a été clair, il m’a donné envie.Nous aimons les mêmes films et le même cinéma.Le soir peut mourir comme un amant,la nuit est une fillette de dix-sept ans.Un pas, et nous l’entendrons tirantsur les silences de la ville.Vers sa tombe de sable, nous l’entraînerons.Puis nous nous réveillerons en plein jouren cette humaine saison d’automne.Nous respirons comme des êtres indispensables.Mais ne tourmentons pas les branches des arbres,n’arrachons plus leurs feuilles. Lesétoiles sont éteintes,ne craignons plus les heures obscures.Ne passons plus au travers de ce qui était caché.La lumière est vivante.Les marées, les palombes et l’œil oublié feront entendreleurs voix basses au trajet inaudible et lugubre.Nous connaissons les degrés de la chute du monstre.Autrefois, la vie était plus facile, plus simple.Aujourd’hui nous défrichonsun terrain sec et dur. Le mauvais temps,avec ses lumières qui se tassent,est revenu.Ne remplissons plus nos verres d’absurdité.Nous sommes la lampe et nous sommes l’unité.Nous ne sommes peut-être rien d’autre. Suis ton chemin, suis ton bonheur.C’est le dernier acte, il y en a trois.Comme il y a les quatre saisons du temps,les douze étapes de l’aventureet les huit masques de la vie.Avant, j’étais patraque, j’avais souvent trop bu ou trop fumé.Aujourd’hui, je suisun poète de profil. Et j’attends,dans mon coin, une constellation de corbeaux.Je suis un bouquet de roses,les forêts brûlent en moi,les rivières courent aux abris,mes bras se nouent autour de ton cou.Ma fortune est faite, je suis un destin.Suis ton bonheur, suis ton chemin. Mais j’ai été coupable, je le sais bien,un autre, et tellement dispersé.Un autre, jusqu’au bout du rêve.Et je voudrais seulement être moi-même,tout d’abord réconcilié.Suis ton chemin, suis ton bonheur.J’entends ces mots prononcéspar Christopher Vogler. Je les trouveplutôt à mon goût, ces motsdu conférencier américain.Bien sûr, ses propos ne s’arrêtent pas là.Grand angle, ouverture de champ, prise de risque.Intérieur jour. Extérieur nuit. Plan rapproché.La vie c’est comme au cinéma.Un scénario connu d’avance. Nous ne sommes pas des héros. [Saint-Julien-Molin-Molette, le 3 novembre 2012 ; Vénissieux, le 5 décembre] 
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Vincent Rouillon présente "La multiplication" de Françoise Lison-Leroy

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        Le recueil Les Bouloches est une contribution nette au désir de naïveté ainsi qu’un apport considérable au respect humain.       De là cette addition – ou plutôt multiplication – naïveté x respect (donc l’inverse de l’habituel cynisme x mépris) = émerveillement devant la vie, celle du père de la poétesse, un homme âgé, qui n’a plus comme on dit “toute sa tête”, et dont il semblerait nécessaire pour un esprit pragmatique et cynique qu’il soit temps de l’enfermer. Certains veulent cela.Le père se révolte : « Papa est en colère. Il refuse qu’on l’attache. […] On ne fait pas ça à des gens, dit Papa. »La poétesse aussi : « Laissez-le nous, ne l’embarquez pas dans cette épave sans nom qui le guette. […] Vous n’aurez pas Papa. Vous ne l’enfermerez pas dans vos cages à momies. » Mais qu’est-ce donc qui “les” dérange tant ? Est-ce sa complicité avec les animaux ?« Papa élève des salamandres, sous le grand récipient d’eau de pluie. […] Comme elles, il aimerait vivre caché, sortir à l’heure où personne n’a lieu, ni prédateurs ni complices. » Est-ce sa science du jardinage et sa passion pour les herbiers ?« … il cite les labiées, les ombellifères, les rosacées. Chacune d’elle a un prénom. Chacune lui sourit à l’ancienne, avec ses tons passés et tendres, ses volumes adoucis. Papa lui fait une promesse. »Est-ce son humour enfantin ?« Il sonne aux portes des voisins puis s’enfuit. […]Papa rit en rentrant à la maison. »Sa méfiance des conventions ?« Petit Papa sauvage. Il refuse les chaussures neuves. »Peut-être sa propension un peu païenne à doter de volonté les éléments jointe à son grand savoir de l’inconsistance humaine ?« C’est la nuit des étoiles filantes. Papa a sorti sa longue-vue, ses jumelles. » Puis, les étoiles en question restant invisibles:« Elles ont peur de nous, dit Papa. Allons-nous cacher sous l’auvent. »Il faut faire la somme. Ou mieux la multiplication : si on multiplie le sentiment de fusion avec la nature par l’émancipation vis-à-vis des règles des hommes, puis le tout par le goût pour les étoiles filantes (les nuages aussi), qu’obtient-on? Une contribution nette au désir de naïveté et un apport considérable au respect humain. L’opération poétique de Françoise Lison-Leroy aboutit exactement à cela : honorer ce qui reste, après une longue existence, quand enfin on a tourné le dos au mépris et au cynisme, quand enfin on n’a plus toute sa tête, rien que toute sa vie, à l’orée de lui tourner le dos.« Il a déjà filé. Un pied en terre, l’autre dans l’invisible. Il nous fait le coup de la panne, tambourine à la porte, nous lègue ses pommiers. » Vincent Rouillon,Docteur de l'EHESS en philosophie des arts, compositeur, rédacteur de la FNCCExtrait de la Lettre d’Echanges n°104 (mars 2013),Lettre électronique de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC)  
  • Édition Le Printemps des Poètes

    LANGUES LANGES (extraits) par Claude Ber

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    Claude Ber présente un extrait de Langues Langes
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Mariage pour tous, ou la Dé/monstration de Nan Goldin par Claude Ber

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    La poète Claude Ber évoque la question de la différence à la lumière du travail photographique de Nan Goldin.
  • Édition Le Printemps des Poètes

    J’ETC (Extraits) par Claude BER

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    L'auteur Claude BER livre un extrait de J'ETC
  • Édition Le Printemps des Poètes

    Poétique/Politique, par Claude Ber

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  • Édition Le Printemps des Poètes

    Poésie ma liberté par Isabelle Lavoix

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  • Édition Le Printemps des Poètes

    L'Imparfait de Hopper, par Claude BER

    Par
    L’IMPARFAIT DE HOPPERExposition Hopper au Grand PalaisClaude BER