Un an de guerre, un an déjà, un an encore, un an si long et ça continue... un an, c'est long quand c'est la guerre, mot terrible ! Pour cette date, radios, télévisions et journaux éditent ou diffusent émissions spéciales et papiers spéciaux – jamais guerre ne fut plus visualisée et commentée - pour rappeler ces trois cent soixante-cinq jours avec ses millions de drames personnels, familiaux, amicaux avec le sentiment national qui se forge dans la résistance opiniâtre et de tous les instants, le malheur et la solidarité quotidienne pour repousser l'agression et vaincre un ennemi qui se conduit comme autrefois se conduisaient les troupes nazies.*
Des troupes russes héritières des hordes nazies
Nous sommes cent ans après et que voyons dans nos télés, dans les réseaux sociaux : la même pratique de la guerre que les nazis, quand Poutine, le criminel de masse, voulait dénazifier l'Ukraine ! Bien des aveuglements, des complaisances idéologiques ou pour business malgré tout, ont rendu les forces vives de ce pays et une grande partie de l'Europe aveugles et sourdes à cet espace que veut construire Poutine depuis son accession à la présidence, un espace qui est un empire qui tiendrait à distance l'Europe de l'Ouest et vassaliserait autant d'ex-démocraties populaires que possible (Pologne, Géorgie, Moldavie, Etats Baltes sur le haut de la liste). Que d'aveuglements quand Grozny et Syrie, Transnistrie et Ossétie du Sud, Crimée nous ont donné la trame de cette ambition de dictateur et sa pratique de la guerre quand il le juge nécessaire : tout massacrer sans distinction ! Boutcha pourra se jumeler avec Oradour sur Glane dans la même horreur nazie.
Tortures, massacres de civils à bout portant, pas juifs dans des camps d'extermination mais ukrainiens dans leurs villes occupées ou fuyant en voiture, bombardements des hôpitaux, des immeubles d'habitations, des abris comme à Marioupol sa maternité, son théâtre bondé de femmes et d'enfants, destructions des infrastructures notamment productrices d'énergie pour que ces ukrainien·es, femmes et enfants compris, meurent de froid, meurent de faim, meurent faute de soins ou brisent leur capacité de résistance. Ce n'est pas une guerre mais la destruction systématique et à distance de ce qui fait la vie en Ukraine, la destruction d'un peuple qui serait frère ou sa mise en esclavage, des enfants enlevés à leurs familles comme ce fut le cas en Australie pour les aborigènes, en Irlande pour les mères célibataires et ailleurs dans nos si fières démocraties qui ne se regardent pas souvent dans les yeux. Pas étonnant que la bête resurgisse.
Les enfants dans la guerre
Quelle connerie la guerre ! écrivait Prévert dans son poème "Barbara". Quelle saloperie la guerre ! La guerre ? Des traumatismes par millions, des morts accumulées, des blessé·es, des estropié·es, des souvenirs qui hantent pour le restant de ses jours. Stress post-traumatique à l'échelle d'une nation ! Et les enfants... y'a de quoi hurler ! Le massacre des Innocents au XXIème siècle ! Comment leurs psychismes, leurs personnalités se construiront-elles avec ces frayeurs débordant leurs émotions enfantines, le danger de mort qu'ils appréhendent directement au milieu des cadavres, des morts de proches, d'amis... dans cette menace permanente de mort et de blessures, de ces bruits d'avions, de bombes, de rafales, de canons qui s'impriment en eux pour la vie. Quelle vie pour ces générations d'enfants ? Le noyau dur du crime est là : massacrer ces enfants et ceux qui en réchapperont, vivre avec un psychisme construit dans ces drames, cette frayeur, cette menace permanente de mort et de destruction dans la compréhension partielle de ces jeunes cerveaux livrés à la barbarie d'un ennemi souvent invisible.
24 février 2022
Je dormais mal depuis quelques jours ce 24 février 2022, inquiet d'une agression qui devenait des plus probable depuis quelques semaines avec ces troupes russes massées sur les frontières de l'Ukraine, côté russe et biélorusse. Levé vers quatre heures, je regardais France info quand l'annonce de l'agression russe et de la guerre a été donnée ! Terrible, incroyable et fracassante nouvelle ! La guerre contre l'Ukraine, en Europe. Immédiatement une pensée m'est venue : pendant toute la guerre froide, les démocraties occidentales et l'OTAN pensaient possible le déferlement des troupes soviétiques en Europe. Il n'en a rien été dans l'équilibre de la terreur. Aujourd'hui, c'est fait, c'est arrivé pour ce pays qui veut vivre et ne plus dépendre d'une Russie de dictateur. C'est bien l'agression d'un pays, après bien d'autres, de toute l'Europe menacée par cette agression qui s'inscrit dans un plan de reconstitution d'un empire après l'empire soviétique. Poutine a rejoint Staline au panthéon des criminels de masse.
L'admirable et impressionnante résistance ukrainienne
Et pourtant, le peuple ukrainien a montré sa formidable résistance et son efficacité en armes et en civil que personne n'attendait à ce niveau : une résistance faite d'abnégation, de courage collectif et surtout de chaînes de solidarités quotidiennes où chacun·e sait ce qu'il peut donner dans cette chaîne, une résistance rendue possible par une organisation de la Résistance qui s'est imposée à tou·tes et d'une figure historique par un chef de guerre inattendu, son président Volodymyr Zelensky. L'habit et les circonstances ont fait le moine**.
Une victoire militaire condition première
pour un avenir de sécurité négocié en Europe
115 000 ukrainiennes, surtout femmes et enfants sont en France. Près d'un million ont quitté le pays. Cet exode est sans équivalent en Europe depuis la seconde guerre mondiale. L'Ukraine se bat pour elle-même mais aussi pour toute cette Europe qui est menacée d'un façon ou d'une autre par la soumission à un ordre poutinien. La victoire militaire de l'Ukraine qui devra recouvrer tout son territoire est une nécessité absolue pour aboutir à une paix durable en Europe sans Poutine et son cercle le plus proche. La paix n'est pas un vœu qui se réalise magiquement mais une construction patiente et sans préjugés. A défaut d'une victoire militaire de l'Ukraine, la guerre avec Poutine peut durer longtemps ou la paix reposer sur une partition inadmissible de l'Ukraine. Avec Poutine dont la parole ou la signature ne vaut rien, ne connaissant que la force brutale, nous ne pourrons jamais avoir une paix solide. La paix serait sous menace russe de nouvelles agressions. C'est pourquoi les pays solidaires doivent livrer les armes capables de donner aux forces ukrainiennes la capacité de repousser l'armée russe et de détruire son potentiel armé. Ce dictateur utilise son peuple comme « bons à tuer » bien aliéné par sa propagande étouffante comme la Corée du Nord sait le faire, comme l'Albanie d'Hodja savait le faire, comme la Chine sait le faire : aliéner, surveiller et punir avec outrance pour soumettre et vassaliser. C'est pourquoi l'offensive ukrainienne victorieuse doit être rendue possible. Notre solidarité avec l'Ukraine doit être sans faille et sans affaiblissement. Il n'est pas impossible que face à la défaite, le pouvoir russe change de main. Encore faudrait-il que ce changement ne soit pas pour un « digne successeur », mais pour un dirigeant qui accepte la paix et la négociation sur l'avenir de la sécurité durable en Europe.
Mes billets « Ukraine » et chronique des manifestations clermontoises solidaires.
13 octobre : Refuser le chantage nucléaire, libérer toute l'Ukraine, construire une Europe en paix
10 mai : Nouveau rassemblement et solidarité pour l'Ukraine contre cette guerre qui dure
20 mars : NON à la Guerre, solidarité avec Ukraine et opposants russes
8 mars : La menace atomique brandie par Poutine dessine un monde nouveau, pas le nôtre
5 mars : Ukraine 10 jours de guerre. Clermont solidaire veut accueillir et clamer pour la paix
1 mars : Regarder cette guerre pour ce qu'elle est en cherchant une solution diplomatique
27 février : Non à la guerre de Poutine. Souveraineté de l'Ukraine
24 février : La logique des blocs en jeu dans l'agression russe
* On me dira que c'est pas nazie parce que c'est pas la même époque, que c'est pas le parti nazi, oui oui, je sais. Je ne vous demande pas d'approuver mais de comprendre : J'avais dix ans et à la télé d'occasion, je regardais « C'était il y a vingt ans » une émission qui de semaine en semaine narrait cette deuxième guerre mondiale. Mon père après « Jeunesse et montagne » s'était engagé auprès du général de Lattre de Tassigny et participa à la bataille dite de la poche de Colmar et d'autres. Une histoire familiale qui m'a élevé dans l'antinazisme et tous ces régimes totalitaires. Pour moi le nazisme n'est pas contingent à cette époque mais recouvre ces pratiques qui ne sont plus de la guerre mais des actes de barbarie et de cruauté appelés crimes de guerre ou contre l'humanité. Hors idéologie d'origine, le nazisme réclame un régime totalitaire et il n'en manque pas, la Russie de Poutine en est un qui élimine tout sur son passage.
** Il n'est pas le seul, je pense spontanément à Jacques Toubon du militant RPR au défenseur des droits et aussi à Andreï Sakharov de la bombe H à l'exil à Gorki et le prix Nobel de la Paix. Quelles trajectoires !