L’imaginaire a les traits tirés, amer et l’air si fatigué. Va-t-il jeter l’éponge ? Epuisé par les Hommes, gâché par leur Histoire. Il songe à se ranger sur le bas côté, nous laissant tout seul poursuivre notre route.
La fenêtre d’Overton désormais grande ouverte, l’effraie s’invite dans l’isoloir, vampirisant nos âmes mortes à vendre au plus offrant. La chouette Tchichikof.
J’essaie de me distraire un peu, mais rien à faire. A chaque fois l’actualité politique fourre son nez dans mes histoires. Le trou noir par exemple, il m’a toujours fait peur. Il avale tout sur son passage, la lumière, le temps, l’histoire, même les âmes.
La poire d’angoisse est un instrument de torture qui n’aurait jamais existé. Mais qu’il nous faut décrire, tant son action produit l’image la plus expressive de la tragédie budgétaire en cours.
Si le panneau me dit « attention danger ». J’ai tendance à le croire. Je le crois parce que je ne vois pas pourquoi un panneau me mentirait. Si un homme politique me dit « attention danger », je n’ai pas la même attitude. Est – ce notre confiance aux panneaux qui est irrationnelle, ou notre défiance du politique qui est excessive ?
Le mourant n’est pas un vivant comme les autres. Il est entre deux, ambigu, susperdu entre la rive et le rêve. Le rideau n’est pas encore tiré, mais la fin de la pièce est connue d’avance. Finalement, le mourant nous ressemble quand même pas mal.
Tout juste reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés, un candidat à l’élection présidentielle américaine aurait déclaré : « je suis un homme très innocent ». Une expression moins débile qu’il n’y parait ?