Un bruit de pas claquant près de moi, dans l’eau stagnante sur le béton.
Vite, j’ai rangé mon magazine dans mon sac à dos.
Je fis semblant de m’agiter à la surveillance de la machine dont j’avais la garde, me mettant à la fixer solidement du regard, un œil allant d’un manomètre à l’autre.
Comme pendant les quatre derniers jours, rien n’avait bougé.
À peu près.
« Bourgeois » ? « pédé » ? Jugements hâtifs, soubassements virilistes... adeptes du yoga/méditation et autres vivent souvent cachés en milieu militant, pour ne pas subir mépris et méfiance. Pourtant, je ne pense pas être plus dangereux, ni pour moi ni pour autrui, quand je m’assois sans bouger pendant 10 minutes par jour, au lieu de me servir un verre de rouge. Absurde ?
Je lis et j’entends, dans les mots d’intellectuels d’une gauche plus ou moins radicale, l’expression d’un besoin urgent : il nous faudrait des récits et des images relevant de « l’imaginaire d’un futur désirable ».
Comme une boussole, comme une promesse, au milieu de récits sombres, pessimistes et apocalyptiques.
C’est vrai qu’il fait noir.
Fallait payer la facture d’énergie à temps.
Il m’arrive d’écouter parler les inconnus autour de moi, en flânant à droite à gauche.
Comme une manière de prendre la température ambiante.
À partir de là, je fais des constats de sociologue de rue, au doigt mouillé.
L’ambiance étant électrique, ça décoiffe.
Dormir à côté d’une prise électrique décollée du mur, aux fils dénudés, mais dont on se sert quand même parce que c’est la seule de la pièce, n’est pas forcément une chose inhabituelle.
Ou pourquoi les engagés en Service Civique ne touchent-ils pas la même prime que les ménages au RSA.
(Cet article ne répond pas à toutes les questions, il veut en soulever d'autres, par trop laissées de côté.)