Nous avons récemment consacré un petit billet au cas particulier de cet ancien professeur d’université qui inonde les médias d’une intox sur des jeunes qui « vivraient avec 400 mots », tout en sachant pertinemment que cela est faux. Mais il n’est pas le seul à véhiculer des chiffres fantaisistes. Combien de mots utilise-t-on ? Comment savoir si un chiffre est farfelu ? On vous explique tout.
On nous le dit, on nous le répète : sans maîtrise de la langue (française), pas d’intégration à la société (française). Et voilà qu’on nous annonce un prochain relèvement des critères linguistiques pour l’obtention de la carte de séjour pluriannuelle ou de la nationalité. Je voudrais ici rappeler une histoire méconnue dont j’estime qu’elle illustre le faux problème qui nous occupe. Par Alain Kihm.
Loi immigration, marché OFII et « maitrise » de la langue française : quand les politiques gouvernementales montent les exigences et baissent les moyens.
Lors d'un colloque sur la francophonie, Jean-Luc Mélenchon a évoqué l'idée de donner un autre nom à la langue française. Entre paniques morales de la droite et de l'extrême droite, « coup politique » provoc et imprécisions sur la créolisation, petit décryptage. Ce billet reprend des propos de Laélia Véron sur les réseaux sociaux. Il a été relu et enrichi par Christophe Benzitoun.
Est-ce une faute d’employer malgré que ? L’Académie Française écrit dans son dictionnaire : « Même si de nombreux écrivains ont employé Malgré que dans le sens de Bien que, quoique, il est recommandé d’éviter cet emploi », sans dire pourquoi.
Èsque vous arivés à lire cète fraze ? Alors vous serez peut-être d’accord avec Flaubert qui disait « Orthographe. – Y croire comme aux mathématiques. N’est pas nécessaire quand on a du style ».
Quelle est la règle zombie par excellence ? C’est sans aucun doute celle de l’accord du participe passé avec avoir. Ou plutôt les règles, car c’est une véritable armée de morts-vivants langagiers. L’accord du participe passé est difficile à maitriser, car il est rare et généralement inaudible, fondé sur des règles artificielles, et il nécessite des connaissances que seul·es quelques spécialistes de la langue possèdent.
En tant que linguistes, on reçoit souvent des demandes d’interview sur les tics de langage. Qu’on se le dise : les seuls critères qui rendent ces listes de « tics » cohérentes, c’est d’une part d’exprimer le fantasme d’une langue intouchable, soustraite aux modes et à la variation ; et c’est d’autre part le souhait d’utiliser ces mots comme supports de stigmatisation contre différents groupes sociaux.
Il est connu que l’histoire de la langue française a été marquée par la centralisation politique qu’a connu la France. D’un côté, Paris a été le lieu où s’est fabriquée l’essentiel de la norme du français, avant que ne s’élaborent un peu partout dans le monde francophone ce qu’on appelle des normes locales. D’un autre côté, il a aussi été le lieu de dynamiques formidablement complexes qui ont sans cesse défait les normes.