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La circoncision est une menace d’éviration, pas de castration, et le plus grand crime contre l’humanité

Chercheur en psychanayse, spécialiste des mutilations sexuelles
Paris - France
À propos du blog
"Les mutilations sexuelles féminines et masculine, le plus grand crime contre l’humanité." - "Ça, c’est bien vrai !"Alain de Mijolla (psychanalyste) "La circoncision a pour objet de protéger les intéressés." Simone Veil Lorsque j'ai déclaré à Elisabeth Roudinesco et Gérard Haddad que la circoncision est une menace de castration, ils ont immédiatement nié ; j’ai dû leur rappeler les termes de l'affirmation suivante de Freud qui, d’ailleurs, le suggère seulement par une note de bas de page : "Les résultats de la menace de castration sont multiples et incalculables ; ils affectent toutes les relations d'un garçon avec ses pères et mères et par la suite avec les hommes et les femmes en général." Abrégé de psychanalyse. 1938. Paris : PUF ; 1978. p. 60-62. "(1) …La coutume primitive de la circoncision, un autre substitut de la castration, ne peut être comprise que comme l'expression d'une soumission à la volonté paternelle… " note de bas de page Une grande erreur de Freud, tout au long de son œuvre, a été d’imaginer que le père primitif aurait pratiqué la castration comme punition et que la circoncision en serait une survivance. C’est passer à côté de la plaque. Car dans les cultures circonciseuses, ce n’est pas la castration mais l’éviration des gardiens de harem qui a été pratiquée. Sous le toit familial, la circoncision était une menace d’éviration signifiée aux fils éventuellement désireux des épouses du père. Les harems ont disparu, mais la circoncision demeure et reste une menace d’éviration : la partie pour le tout. En parlant de menace de castration, Freud gomme la moitié de la chose. La castration porte sur la capacité de reproduction, l’éviration porte aussi sur le plaisir, sur la capacité de jouir et de faire jouir, et donc d’être désiré. Il faut ajouter à cette pensée le fait que la menace inconsciente provoquée par le traumatisme de la circoncision a un caractère de narcissisme de groupe ; la circoncision est un crime, mais la circoncision rituelle est commise par des peuples entiers. Crime nationaliste et endogame contre un groupe social : les mineurs, c'est un crime contre l'humanité. Mais ce n'est pas n'importe quel crime contre l'humanité ; perpétré sur les mineurs, c'est le plus grand crime contre l'humanité. La circoncision génère un traumatisme terrible, le plus souvent inconscient, ignoré et minimisé. Ce traumatisme est bien sûr présent chez les victimes de la circoncision, mais il existe aussi pour le reste de l’humanité ; la seule existence de la circoncision pèse sur le monde entier. La conséquence en est la propension élevée à la violence d’une part chez les peuples circonciseurs : terrorisme, multiplication des guerres, violence aux femmes, d’autre part, les conflits en présence de la circoncision sont susceptibles de dégénérer en génocides).