Au cœur d’Atar, entre l’ombre des palmiers et l’immensité du désert, une autre manière de vivre se révèle. Ici, l’étranger n’est pas sommé de devenir autre : il suffit de respecter, de regarder, de partager. Dans cette oasis où le temps s’étire, l’intégration se fait sans bruit, et la nuit descend doucement.
Dans un monde interdépendant où chaque puissance a besoin des autres, céder à la panique revient à s’affaiblir soi‑même. L’Europe n’a aucune raison de trembler : elle dispose des moyens, du poids et de la légitimité nécessaires pour défendre ses intérêts. Encore faut‑il qu’elle sorte de sa culture de la peur, de la suffisance, et qu’elle se mette enfin à penser avec sang‑froid.
Un jour, si nous n’y prenons garde, ce ne sera même plus la peine d’exterminer qui que ce soit : il suffira de laisser mourir. Après les peuples d’Amérique, d’Amazonie, les peuples du Nord, après tous ceux que l’histoire a broyés au nom du progrès, c’est peut-être notre tour qui vient, non pas sous la forme d’un massacre, mais d’une lente évaporation de l’attention, du soin, du lien.
Il y a des débats où la société se regarde dans le miroir et hésite à soutenir son propre regard.La question de l’euthanasie en fait partie. On y parle de lois, de protocoles, de garde-fous, comme si l’essentiel se jouait dans la mécanique. Mais l’essentiel n’est jamais là. Une demande d’assistance à mourir n’est pas un geste contre la vie.
Quand ceux qui parlent depuis l’institution disent qu’un litre d’essence coute 8 euros, et un pain au chocolat 10 cs, ce n’est pas une anecdote : c’est un symptôme. Le symptôme d’un système qui ne vit plus dans le même monde que ceux à qui il s’adresse.Votez qu’ils disent tous: forcément, vu ce qu'ils touchent, ( 7400 euros mois).
On dit que les États-Unis bombardent le Venezuela. Trump veut du pétrole. On dit beaucoup de choses. L’art de se détacher devient une compétence rare, presque un luxe. J'ai pris les chemins de traverse.
Il y a dans l’air du temps une fatigue profonde, une lassitude qui ressemble à un renoncement. Partout, l’extrême gagne du terrain en promettant des lendemains plus simples, plus beaux, plus lisibles. Elle avance avec une idée aussi vieille que les sociétés humaines : si quelque chose va mal, c’est la faute de l’autre. L’étranger, le voisin, le différent.