Version numérique de la revue Dedans-Dehors, ce blog informe sur les conditions de détention en France. Il décrypte les politiques pénales et pénitentiaires, ainsi que leurs effets sur le terrain. Il1…
donne la parole aux témoins quotidiens de la prison : les détenus et leurs proches venant au parloir, les professionnels et intervenants en détention (personnels pénitentiaires, médecins, enseignants, associations, chercheurs…). Des informations et paroles qui reflètent une toute autre réalité que celle des faits divers. Cet envers du décor, où se cachent les dégâts et effets contreproductifs de l’approche répressive, dans laquelle médias et politiques ont enfermé le débat public. www.oip.org
Photo de couverture : (c) G. Korganow / CGLPL
Au 1er juillet 2019, 882 jeunes étaient incarcérés dans l’un des 47 quartiers mineurs (QM) ou l’un des six établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM). En théorie, ils doivent y être séparés des majeurs et bénéficier d’un traitement adapté à leur âge, mais ces normes sont loin d’être respectées dans tous les établissements.
A mi-chemin entre le foyer et la prison, le centre éducatif fermé (CEF) tend à s’imposer comme la principale mesure de prise en charge des adolescents en conflit avec la loi. Mais alors qu’ils sont présentés comme une alternative à l’incarcération, les CEF ressemblent plutôt à des «antichambres de la prison»
Annoncée en fanfare sur les ondes de France Inter le 13 juin 2019, cette mesure, avant tout symbolique, ne devrait pas changer grand-chose pour les enfants concernés. Et risque même d’avoir un effet délétère pour ceux âgés de plus de 13 ans.
Le projet de réforme de la justice des mineurs s’articule autour d’une nouvelle disposition phare: la césure du procès, qui encadre et formalise une procédure en deux temps. Mais les délais contraints dans lesquels il est prévu qu’elle s’applique sont irréalistes, a fortiori sans augmentation drastique des moyens.
882 adolescents vivaient derrière les barreaux au 1er juillet dernier. Si l’on y ajoute le nombre de jeunes en centre éducatif fermé, ce sont plus de 1350 mineurs qui sont enfermés. Un nombre qui ne cesse d’augmenter.
Alors que le nombre de personnes détenues a atteint en 2019 des records inégalés, l’OIP n’a jamais été aussi peu soutenu par l’État. Tout récemment, plusieurs subventions lui ont encore été retirées. L’association tire la sonnette d’alarme : une mobilisation massive est désormais indispensable pour lui permettre de maintenir ses actions en faveur du respect des droits en prison.
Retour sur une affaire emblématique, avec le témoignage du surveillant du centre pénitentiaire de Liancourt qui avait lancé l'alerte en 2006 sur les brimades et les abus commis par un petit groupe de surveillants du centre pénitentiaire où il travaillait.
Créées en 2003, les équipes régionales d’intervention et de sécurité (Éris), sorte de GIGN de la pénitentiaire, sont les unités spéciales chargées d’intervenir en cas de tension dans un établissement. Parfois présentées comme les « gardiens d’élite pour la paix dans les prisons »(1), il semble qu’elles aient au contraire entraîné le franchissement d’un cap dans l’usage de la force en prison.
À écouter les récits de nombreux acteurs, la solution paraît toute trouvée : pour lutter contre l’impunité dans les cas de violences en prison, il suffirait de développer la vidéosurveillance. Une réponse qui pose en réalité plus de problèmes qu’elle n’en règle. Décryptage.
En 2007, le détenu Jamel M. a été victime de violences commises par des surveillants du centre pénitentiaire de Salon-de-Provence. À l’appui, un dossier fortement étayé : certificat médical, blessures inexpliquées, témoignages de surveillants, reconnaissance de manquements à la déontologie... Pourtant, la justice française ne donnera pas de suite.