La capacité du pouvoir à obtenir exactement le contraire de ce qu’il avait annoncé est réellement impressionnante. Ainsi, cent jours censés trouver les voies et moyens d’"apaiser" le pays se terminent par une radicalisation des actes et des discours. Comme toujours, c’est la radicalisation des intellectuels et idéologues organiques du régime qui en est le meilleur indice.
Où en est L’Un présidentiel aujourd’hui, sous le règne de celui qui l’a commencé en déclarant haut et fort que les Français étaient orphelins de leur roi ? Dominer pour mettre l’État au service des intérêts de la bourgeoisie capitaliste en méprisant ouvertement la nécessité d’associer le Multiple pour créer du Commun, telle est la dernière figure de l’Un.
S’il était sommé de choisir entre LFI et le RN, le cœur de l’extrême-centre ne balancerait pas longtemps. Il faut donc quelque chose qui lui permette d’être définitivement du côté du bien et de travailler l’opinion. Ce nouvel outil de l’art politique du fer rouge, on le trouve à la main de ces clercs qui ont fait don de leur vie à la traque du « complotisme ».
Pour Machiavel, le prince est condamné s’il sert durablement les intérêts des « grands » au détriment du « peuple » et s’il ne dispose pas des institutions lui permettant de régler démocratiquement le choc des « humeurs » dans la cité. Dans sa forteresse, le prince se coupe du monde, mais rien n’est durable qui soit commandé depuis la forteresse. En ce sens, nous vivons un moment machiavélien.