salah horchani
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Billet de blog 30 oct. 2021

Tunisie – Kaïs Saïed ou petite (mais inquiétante) histoire de poings serrés !

salah horchani
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Prologue ajouté le 10 janvier 2022

Onze cents et quelques vers pour le onzième anniversaire de notre Révolution [0]

Monsieur le Président
Je vous offre en commémoration
De cette mythique journée
Du vendredi 14 janvier
De l’an 2011 du siècle courant
Journée que vous avez froidement biffée
À coup d’un décret anticonstitutionnel
Dans le cadre du pouvoir exceptionnel
Que vous vous êtes arbitrairement octroyé
Je vous offre ces onze cents et quelques vers
Décrivant, entre autres, votre épopée
Qui vous a amené, en particulier
À rayer ce onzième anniversaire
Onze cents et quelques vers où l’on trouvera
Votre parcours politique et universitaire
Une analyse percutante de votre carrière
Et cela sans faux-fuyants, ni langue de bois
Ainsi, le lecteur non initié saura tout
Tout sur celui qui nous gouverne en autocrate
Les références le conduisant à toutes vos strates
Avec vos réseaux, vos soutiens, et tous leurs dessous
Il trouvera des données que peu de gens savent
Que presque tous les médias, locaux ou étrangers
Ont méconnues, esquivées, autocensurées
Ce qui, pour la démocratie, est fortement grave

Kaïs Saïed ou petite (mais inquiétante) histoire de poings serrés !

Histoire de poings serrés
Celui de qui vous savez
Et ceux du combat pour l’égalité
Dans l’héritage, en premier
N’en déplaise à qui vous pensez [1]
Son pourfendeur, il est
L’égalité initiée
Voilà bien des années
Par Bourguiba, quand il était
De tous, le bien-aimé
Les yousséfistes, exceptés [2]
Entre les deux, mon choix est fait
À vous, de vous exprimer
Vers quoi vous penchez ?
Vers ceux joliment dessinés
Deux poings, côte à côte, placés
En rose et bleu, colorés
Symbolisant le combat mené
Dans la pleine solidarité
Pour que soit éradiquée
Entre les genres, l’inégalité
Condition incontestée
Pour le bien-être partagé
Ou bien vers le poing guindé
Avec le bras bien apprêté
Dont se sont bien gaussés
Facebook et assimilés
Bras d’un être animé
À toute occasion exhibé
Dans les lieux ouverts ou fermés
En public ou en privé
Même dans les murs du Palais
Poing symbolisant la ténacité
D’un dangereux projet [3]
Dont il faut se méfier
Projet arrêté
Par Ridha Lénine, en particulier
Qui fut, par le frère de Kaïs Saïed, aidé
Tous les trois se seraient inspirés
De Carl Schmitt, leur maître à penser
Celui qui a théorisé
La « Démocratie directe », guidée
Par un chef illuminé
Leader indiscuté
Sacrifiant les individuelles libertés
Aux besoins d’un État fortifié
Pour « préserver la société
Des violences qui menaçaient
Sa tranquillité » [4]
Où la dictature est considérée
Comme régime souhaité
Ayant pour fonction de protéger
La populaire  souveraineté
Voyant en le Duce 
Le modèle du Messie désiré [3]
Modèle, à coup sûr, assuré
Pour notre peuple harcelé
Malmené, divisé
Par des discours enfiellés
Baignant dans l’ambiguïté
Confondant le bon grain et l'ivraie 
Où tout citoyen opposé
À qui vous savez
Est sèchement traité
D’« esclave qui ne vaut pas un denier 
À qui aucune attention ne doit être prêtée »
De « variant » de la Covid qui a, chez nous, émergé
D’« insecte », de « traître », de je ne sais ! [5]
Qui plus est, l’illustre supra-quasi-nommé
Au lieu de nous rassembler
Personnage clivant, il est
Profil inadapté
Pour pouvoir nous ramener
Concorde et prospérité
Tardivement politisé
Une fois, retraité
Quand il était en activité
Par autre chose, il était préoccupé
En ce temps ne comptait
Que famille et métier
Sans trop se pousser
Comme il transparaît
À travers son CV [1]
Le  « Dégage », il ne l’a pas crié
Le lacrymo, ça ne l’a pas asphyxié
Même pas le goût, il ne connaît
Ni prison, ni résidence surveillée
Ni violence des policiers
Ni carrière bloquée
Ni militant, ni syndiqué
Jamais dans la rue, pour protester
Pour manifester ou contester
Mais, il ne cesse de se targuer
D’être ce qu’il n’a pas été
Il a même profité
De l’époque de Zinochet
En étant, à la Ligue arabe, attaché
Pour ses Statuts, à rénover
Et pour sa Cour de justice projetée [1]
Lui, le constitutionnaliste proclamé
Jamais, au grand jamais
Il n’a critiqué
La Constitution révisée
Par le dernier nommé
Bien qu’il l’ai commentée
Dans ses séances de TD
À la juridique Faculté
Constitution révisée
Dont le principal objet
Était de permettre à Zinochet   
De, encore une fois, briguer
Une place au Palais
Ce même Palais
Que ledit constitutionnaliste a gagné
Par un chemin singulier
Que lui ont procuré
Ses passages à la télé
Et ses pages FB attitrées
Qui furent alimentées
Par des étrangères monnaies [66]-[71]
Infraction qu’il a toujours déniée
Malgré sa présence comme accusé
Dans le Rapport rédigé
Par la Cour spécialisée
Dans les électoraux forfaits
Et, depuis, il se fait passer
Pour un révolutionnaire chevronné
Pour le parrain des révoltés
Des sans voix, des déshérités
Et, depuis, il se permet 
De nous juger, de nous classer
En bon citoyen ou mauvais
Il n’a pas hésité à appeler
« Tous les patriotes honnêtes à purger
Le pays » de ceux qui l’ont affamé et volé
Invitation qui fut solennellement lancée
Au début d’un Conseil des ministres, le dernier [6]
Pendant lequel il a aussi affirmé
Que chaque fois qu’il y un texte de loi publié
Il y a eu un nouveau voleur, fraichement né
Parabole qu’il avait déjà développée
Voilà des mois, mais, devant des médias étrangers
Ajoutant que le pays, en richesses, il est bien doté  [7]
Il n’y a que lui qui soit capable d’une telle envolée
Et, nous aimerions bien que cela nous soit démontré
À ce stade, l’on est en droit de se demander
Notre président, depuis, n’a-t-il pas changé ?
Car, aujourd’hui, il refuse, nettement, d’accepter
Que des étrangers puissent, pour nous, s’inquiéter
En critiquant les pouvoirs qu’il a accaparés [8]
Dans [8] la réponse affirmative est, aussi, prouvée   
Discours enfiellés, régulièrement diffusés
Sur ses pages Facebook et dans les journaux télévisés
Où des accusations collectives sont portées
Sans preuves judiciaires ou policières avérées
Chaque fois, contre telle ou telle catégorie donnée
Où la présomption d’innocence n’est pas observée
Au prix du viol des lois protégeant la dignité
De chacun d’entre nous, ainsi que sa liberté
À l’instar de ces « coupeurs » d’eau et d’électricité
Qu’il accuse de le faire exprès, mais sans les nommer
Afin d’avoir la mainmise, dit-il, sur le marché 
Et cela, dans une stratégie hautement concertée
En nous affirmant que, parfaitement, il les connaît [9]  
À l’instar de ceux qui possèdent des voitures importées
De haute gamme qu’il oppose aux petits qui sont frustrés
De moyens de locomotion pour être scolarisés [10]
Voitures dont le nombre se trouve au voisinage du millier
Rentables pour l’État, puisque très fortement taxées
Après tout, le train de vie de chacun relève du privé
S’il est financé par des ressources honnêtement gagnées

Monsieur le Président
Pour les milliardaires qui ont fait fortune dans la légalité
Il faut les protéger, car, ils sont, de l’économie, les piliers
Les protéger contre vos ouailles qui, contre eux, commencent à s’exciter
Depuis que vous en avez fait l’une de vos cibles préférées
Les piliers, car c’est par eux que notre croissance pourrait démarrer
C’est par eux que la crise de l’emploi pourrait se redresser 
D’ailleurs, depuis que votre rengaine du moment fut adoptée [8]
Vous ne cessez de clamer auprès de vos ministres concernés
Qu’il est nécessaire de compter sur les nationales capacités
Avant que le recours aux ressources étrangères ne soit envisagé [11] a
Nationales capacités qui sont, chez ces milliardaires, domiciliées

Monsieur le Président
De grâce, arrêtez
Les discours réitérés
Auxquels vous nous avez habitués
Discours qui risquent de fomenter
La violence, la haine et l’inimitié
Parmi vos administrés
Arrêtez de moquer
L’UGTT
Le dialogue national et le Quartet
Fierté qui nous a évité
Dans la guerre civile, de sombrer
Pendant que vous étiez
Loin de la mêlée, surtout, occupé
À faire, à la télé, votre publicité
Avec vos commentaires réguliers
Sur la constitutionnelle actualité
Interventions qui vous ont tiré
De l’anonymat où vous croupissiez
Et qui ont joué un rôle élevé
Dans votre marche vers le Palais
Où, aujourd’hui, vous logez
Le Quartet
Par l’UGTT stimulé
Qui nous a amené
Le Prix Nobel de la Paix
De grâce, par pitié
Et aussi par honnêteté
Arrêtez de diaboliser
De façon généralisée
Les Corps constitués
Telle fonction ou tel métier
Arrêtez de stigmatiser
Telle ou telle collectivité
Telle ou telle personnalité
Telle ou telle partie concernée
Avant que la justice ne se soit prononcée
Justice qui doit être apaisée
Et de vos accusations, préservée
Si la corruption l’a gangrénée
Vos preuves, présentez  
Au lieu de persévérer à l’accuser
Vaguement, sans rien préciser
Sans jamais personne nommer
En lançant sans cesse des « Je sais »
« J’ai la preuve », « Tout, je connais »          
En œuvrant pour faire planer
Le doute sur sa probité
Sans aucun fait corroboré
Laisser, les institutions la juger
Institutions qui sont mandatées
Par la Constitution à cet effet
Cela ne constitue-il-pas l’abc
D’un État de droit respecté ?
Vous, sur cette question, l’éclairé
Vous ne pouvez pas l’ignorer
Monsieur le Président 
En la justice, confiance, ayez
Laissez-la travailler
Dans la quiétude et la tranquillité 
Vous risquez de l’influencer
Avec vos discours enflammés
Mettant en cause sans arrêt
Des citoyens sans preuves attestées
Membres de corporations ou isolés
Appartenant à diverses activités
Qui, dans les réseaux sociaux sont jetés
À la vindicte d’internautes malavisés
Ce qui, dans le pays, crée
Une ambiance gangrenée
En inquisition dégénérée
Par votre seule volonté
Dans ce contexte, il faut constater
Que les cabales que vous poursuivez
Contre les ci-dessus mentionnés
Concrètement, ont ménagé
Des islamistes épinglés
Réellement  pour des faits
Sans aucun doute, avérés
Parmi eux, on peut citer
Noureddine Bhiri qui a piégé
La justice, quand il la dirigeait
En y plaçant ses protégés
Dans les judiciaires postes clés
Et les djihadistes exportés
Vous les avez oubliés
Avec ceux qui ont orchestré
Leur départ aux foyers
Dans la guerre sainte, engagés
Et, de même, il en est
De la SSS de Ghannochet [11] b
Ainsi que des meurtriers
Des politiques assassinés
Dont vous ne parlez jamais
On est en droit de se demander
S’agirait-il de passivité
Ou bien d’ incapacité
De pouvoir séparer
Le bon grain et l'ivraie
Ou bien alors de complicité
De mauvais signaux envoyés
À ceux qui tiennent les clés
De sortie de notre économique morosité
Qui risquent, à ne pas s'en douter, de décourager
Les investisseurs, aussi bien nationaux qu’étrangers
Monsieur le Président
À ce qu’il parait
Vous essayez d’amadouer
L’Orient et ses financiers
Afin de compenser
Le manque à gagner
De la part de ceux qui vous ont critiqué [12] a
Encore de grâce, Monsieur le Président
Ne nous livrez pas pieds et poings liés
À nos cousins financiers enturbannés
Car, c’est un polichinelle secret
Leur aide est toujours conditionnée
D’une ingérence dans nos statuts particuliers
Qui, depuis Bourguiba, font notre fierté
Ce manque à gagner, vous pensez, aussi, le combler
En invitant tous les citoyens à renflouer
Les caisses de l'État pour que la crise soit surmontée [12] b
Mais, encore faut-il que vous soyez écouté
Car, le peuple fut, par les islamistes, à blanc, saigné
Qui plus est, pour que le budget de 2021 soit clôturé
Et pour que celui de 2022 puisse couvrir les besoins financiers
C’est plus que vingt-quatre mille milliards que, dans un immédiat proche, il faut trouver [12] c

Monsieur le Président
Reprenons le fil de mes idées
Pour confirmer
Le modèle caché
Dans votre poing serré
Vous, qui croyez
Que la Révolution est essoufflée
Que le chemin est libéré
Que le temps est arrivé
Pour nous imposer
Ce que vous voulez
Donc, je disais
Modèle, à coup sûr, assuré
Qui rappelle, celui du Duce
Si vous arrivez à finaliser
Votre projet programmé
Que vous ne cessez de présenter
Comme une ère historique renouvelée 
Englobant toute l’Humanité
Allant jusqu’à considérer
Que les « Gilets jaunes » français
En sont une particularité [13]

Votre profession de foi, vous l’avez déclarée
Devant les ministres que vous avez accrédités
Auprès de vous-même, après le 25 juillet
Dans un but, de prosélytisme, affiché [14]
Cette profession de foi, vous l’avez accompagnée 
D’un passage parlant du Jour du Jugement dernier
Avec des citations de notre Livre sacré
Extraites de Sourate Al-Insan, vous avez précisé
Adressé aux hommes politiques hypocrites, cachottiers
Ainsi qu’aux démocrates qui ne le sont qu’à moitié
En sous-entendant par ces termes vos affrontés  
Contrairement à nous-autres, vous avez spécifié [16]
En tant que musulman laïque, j’aurais aimé
Que la civilité de l’État soit révérée
Surtout qu’elle est, par notre Constitution, portée
Et que le Coran et les Saintes Écritures soient laissés
Loin des différends, avec vos adversaires, que vous avez
Car, souvent, comme un islamiste, vous agissez
Gardons notre Saint Coran loin des démêlés
Que l’éternel, du temporel, soit épargné
Quant à vos ministres, laissez-les travailler
Loin des blablas de la défense de vos idées
Ce n’est pas pour les servir qu’ils ont été désignés
À moins que les choses, autrement, vous les voyiez
Auquel cas, hors de la Constitution, vous seriez
Après tout, vous n’êtes pas à une violation près
De la Loi-mère que vous ne cessez de maltraiter
Pour eux, c’est un sacrifice, d’avoir accepté
De vous rejoindre dans votre hasardeuse épopée
C’est par amour pour la patrie que, le pas, ils l’ont fait
Ne serait-ce que pour cela, nous leur devons du respect
Et je souhaite vivement que la pente soit remontée
Avec eux qui semblent, à réussir, bien décidés
Mais, la volonté politique laisse à désirer
Le Conseil des ministres ressemble à une salle de TD
Où le Professeur-Président se plaît à s’entendre parler
En regardant de temps en temps ses petits cartons préparés
Et, quelques fois, par émotion, il lui arrive de balbutier
Car, il sait que toutes les caméras sont sur lui braquées
Et, quand il se tait, on pourrait entendre une mouche voler
Quant à vos ministres, leurs visages sont vers vous orientés
Presque immobiles, sans expression, dans un alignement parfait
Qui fait semblant d’être attentif ! Qui rêveur ! Qui distrait !
Qui ailleurs ! Qui somnole ! Qui s’applique à crayonner !
Qui gribouille ! Qui le regard quelque part fixé !
Qui se disant, peut-être, mais, ici, qu’est-ce que je fais ?
Dans ces Conseils où personne ne semble pavoiser
Un membre arrive, de tous les autres, à se distinguer
Il s’agit de Najla Bouden, parmi eux, la plus primée
C’est leur cheffe, admirative, elle ne cesse d’acquiescer
À vos paroles, avec les yeux, à vous, arrimés  
En hochant la tête, continûment, sans s’arrêter
Itou, quand votre regard est, ailleurs, bien fixé
Et ce, même quand il s’agit de futilités
De trivialités, d’historiques banalités
De contre-vérités ou d’accusations ciblées
Contre ceux qui ne sont pas parmi vos associés
Exercices qui donnent à vos discours de la durée
Rituel favori de votre majesté
Comme si la campagne électorale, encore, durait
Faisant de vous le président de l’entité
Exclusivement, qui a, pour vous, voté
Et non le président de tous vos administrés
Revenons à celle qui, de ce passage, fait l’objet 
Il faut dire que pour elle, ce fut un cadeau sacré
De se voir, cheffe de gouvernement, parachutée
Par vos soins, elle, l’apolitique, c’était inespéré
L’absente dans tous les combats que nous avons menés
Elle, dont on ne connaît pas encore la voix, l’effacée
Plusieurs mois après qu’elle soit, dans son poste, installée
Nous ne l’avons toujours pas entendu s’exprimer
Et, aussi, de la société civile, éloignée
De votre ombre, elle ne parvient pas à se détacher
Profil du premier ministre qu’il vous fallait
Qui vous éviterait d’être contredit, contrarié
Car, le pouvoir, vous ne voulez pas le partager
Pourtant, comme universitaire, je l’appréciais
J’aurais aimé, de ces vers, ne pas la gratifier
Mais, à la voir dans cette posture, m’a attristé
Surtout qu’un crédit positif, on lui a donné
À sa nomination, croyant qu’elle était censée
Une nouvelle manière de gouverner, amener
Un nouveau souffle pour, votre roideur, édulcorer
Mais, au bout du compte, presque rien n’a évolué
Elle n’est, pour la galerie, qu’un trompe-l’œil effet
Pour créer l’illusion que vous avez progressé 
En choisissant une femme pour vous seconder
Elle a perdu au change pour sa postérité
Mais, pour elle et les membres de son Cabinet
Il existe une occasion, une opportunité
Pour qu’ils puissent, dans le livre de l’Histoire, se retrouver
Parmi ceux que le peuple glorifiera à jamais
C’est que, s’il se confirmait que le ciel soit bouché
Avec vous, que vous ne soyez pas l’« Envoyé »
D’une mission, chargé, comme vous vous définissez [1]
Apportant au peuple bonheur et prospérité
Mais, plutôt, le dictateur qui vient achever
Une Tunisie, par dix ans d’islamisme, ravagée
Un putschiste avec un agenda bien ficelé
Profitant des forces modernistes divisées
Pour enterrer l’État moderne par Bourguiba initié
Et les acquis que la Révolution nous a apportés
En les impliquant après les avoir conditionnés
Pour que son projet politique soit réalisé
Alors, tous, collectivement, ils présenteraient
Leur démission, ce qui, probablement, conduirait
À des élections générales anticipées
Seule sortie de crise que j’ai toujours préconisée
C’est un message-alerte que, via ces vers, je leur transmets
De crainte que, dans votre dessein, ils ne se laissent entraîner
Et oublient que le soutien populaire dont vous jouissez
Est dû au fait que votre sœur ennemie, vous l’avez neutralisée
Votre sœur ennemie étant l’Ennahdha de Ghannochet
Et qu’entre elle et vous, c’est vous que le peuple a préféré
C’était choisir entre la peste et le choléra, sans vous offenser
Son adhésion à votre dessein, il ne l’a pas manifestée
Bien que, matin, midi et soir, le contraire, vous clamiez
Dans le vide politique et institutionnel créé
Par un coup d’État qui, en juillet dernier, fut opéré 
Par un homme qui, pour « la Volonté du peuple », se fait passer
Occupant son temps à compatir aux difficultés
De ce même peuple, sans  aucune solution pour les alléger
Sachez que vos ministres ne sont pas une foule à haranguer
Vos monologues sont une tentative de les manipuler
Et une façon adroite, dans votre projet, de les mouiller
Les sujets qui y sont traités sont malignement orientés
Ils sont éloignés des tâches pour lesquelles ils sont chargés
Souvent parsemés de délirantes envolées
Épargnez-les ! Déjà, ces tâches sont lourdes à assumer
Vos différends avec vos adversaires, pour vous, gardez-les
Si vous adorez vous écouter, discourir, disserter 
Avez-vous oublié qu’il y a d’autres voies pour pérorer ?
Ne transformez pas ces Conseils en plateau de télé
Où le public serait, par vos ministres, représenté
Et les intervenants, à votre personne, limités
Vos ministres, à les observer, me paraissent gênés
Dans un silence de plomb, à les voir écouter
Votre tirade hebdomadaire, me rend inquiet
Car, s’est en dictateur que vous vous comportez
Dictant des ordres auxquels il faut se plier
Où, très souvent, vos adversaires sont pointés
Et non en catalyseur d’une équipe soudée
Où chacun est maître de sa spécialité
Et non en arbitre suprême devant harmoniser
Le bien-être de tous au sein de la cité
Drôle de communication que vous nous offrez
Bourguiba et Ben Ali, vous les avez dépassés
De tels spectacles navrants, ils nous ont dispensés
Ne les impliquez surtout pas dans votre projet
Ils faut qu’ils restent au-dessus de la mêlée
Des tiraillements idéologiques, écartés
Déchargés des partisanes responsabilités
Condition pour une réussite assurée
Leur mission est presqu’impossible, en vérité
Ne les distrayez pas, qu’ils se tiennent concentrés
Sur les innombrables défis qu’ils ont à relever
À vous écouter, je ne peux m’empêcher de penser
À une formule célèbre de Carl Schmitt qui dit « Est
Souverain celui qui décide l’inaccoutumé
La situation exceptionnelle », il doit commencer
Entre ses «amis» et ses «ennemis», à distinguer [17]
Formule que vous avez, parfaitement, assimilée

Monsieur le Président, au vu des profils de tous ceux qui nous ont gouvernés
Depuis dix ans, pendant lesquels la Tunisie fut, d’atermoiements, épuisée
Et, depuis quelque temps, d’instabilité institutionnelle, dont vous portez
La responsabilité, et de toutes ces affaires de corruption que vous citez
Presque quotidiennement pour que vos partisans entendent ce qui leur plait
Non pas dans les annales judiciaires, mais, dans leurs propres pages Facebook, puisées [18]
FB, votre unique canal de communication, comme tout un chacun sait
Les discours, les interviews, les contacts avec les médias, vous dédaignez
Ou bien dans ces pétitions citoyennes que, devant les caméras, vous exhibez
Sans vous soucier des procédures légales et de l’honneur de vos accusés
De la souffrance de leur famille, alors que vous ne cessez de nous annoncer
À tue-tête un « changement de paradigme, car l’esprit humain a évolué» [14]
Une nouvelle ère pour l’humanité toute entière qui verra l’âge d’or s’implanter 
Actes qui visent des innocents présumés et sont de vos paroles très éloignés
« Paroles et paroles et paroles ! », comme, une célèbre chanteuse, dirait
Monsieur le Président, entre celui qui parle et celui qui fait, mon choix est arrêté
Surtout quand le premier ne fait que vilipender tout ce qui, sans lui, a existé
Ignorant toutes ces luttes que plein de générations ont menées
Qui ont fait qu’il soit, aujourd’hui, au Palais de Carthage, installé
Avec l’aide des islamistes de toutes tendances, pour être complet
Y compris ceux qui ont, avec les terroristes, une affinité
Islamistes qu’il a déclarés, aujourd’hui, ses ennemis jurés
Pas pour une question de doctrine ou de valeurs non partagées
Mais pour une simple lutte pour le pouvoir, pour celui qui va l’emporter
Je disais donc, ignorant toutes ces luttes que plein de générations ont menées
Sans jamais un mot sur le rôle joué par les opposants aux régimes passés
Ni sur les privations et les souffrances, par eux et leur famille, endurées
Qui a perdu son emploi ! Qui fut contraint à l’exil ! Qui fut longtemps prisonnier
Qui fut torturé ! Qui fut assassiné ! Qui a vécu en résidence surveillée
Et j’en passe, car, le pouvoir a usé de mille et une façons pour les persécuter
Je disais donc, sans jamais un mot sur le rôle que ces opposants ont joué
Exceptés les quelques-uns parmi eux qui, aide et soutien, lui avaient apportés 
Alors que, sa vie durant, à aucune contestation, il n’a jamais participé
Entre ses institutions à Sousse et à Tunis, sa carrière, il l’a consumée
En tant qu’assistant et en tant qu’enseignant, par ses étudiants, fort apprécié
Avec une petite parenthèse à la Ligue arabe, comme détaché
Loin des brouhahas des luttes politiques, aussi bien des enseignants que des enseignés
On n’avait remarqué, venant de lui, aucune position politique ou engagée
Il fut absent, pendant la Révolution, lors des syndicales universitaires AG
Qui sont largement ouvertes, comme partout ailleurs, à tous les collègues concernés
Au vu des archives de notre syndicat, à cette époque, il ne serait pas syndiqué 
L’an 2011, il est apparu sur le petit écran, après le 14 janvier
Quittant l’anonymat pour commenter, de temps en temps, les infos à la télé
Avant de se proclamer le gardien de la Révolution, la suite, on la connaît
Depuis, il n’est plus le même, l’après-Révolution l’a complètement transformé
Aujourd’hui, il critique le dialogue national qui, la guerre civile, nous a évitée
Dialogue national qui fut, par la fine fleur de la Société civile, animé
Qui, disons-le encore une fois, nous a amené le Prix Nobel de la Paix
On peut alors se demander, s’il était au gouvernail, qu’est ce qu’il aurait fait
Alors que l’islamisme rampant gouvernait, terrorisait et assassinait
Et les modernistes, dans un combat quotidien, de survivre, essayaient
L’ambiance n’était pas celle qui lui a permis de faire son coup du mois de juillet [19]
Où régnait, contre les islamistes, un ras-le-bol généralisé
Qui a conduit, partout, les modernistes à sortir dans les rues pour exiger
Que la page islamiste au pouvoir soit définitivement pliée
Il débat sur tous les problèmes politiques, historiques et de société
Avec une forme de discours, à celle des islamistes, affiliée
Employant quelquefois comme arguments hadiths et coraniques versets
Et n’a aucune connaissance réelle en matière d’économie, qui plus est
Les problèmes sociaux et économiques du pays, il les a laissés de côté
Et c’est plutôt sur le changement du système politique qu’il est mobilisé
Et ce, afin que son programme électoral soit, par décret, réalisé
Car, depuis son coup État, c’est par ses décrets que le pays est gouverné [20]
Et, il est fort probable que cela soit, de ce coup État, la finalité 
Alors que l’État de droit exige  la tenue d’élections anticipées
L’architecture institutionnelle et l’organisation des pouvoirs furent modifiées
Depuis que l’article 80 est activé et que le décret 117 est né [20]
Au profit de la concentration de tous les pouvoirs dans les mains du sus-désigné
Qui, d'un revers de la main, la question  de la légalité de ses actions, a balayée
Qui, de l’impossibilité de recours contre ses lois et décrets, s’est renforcé
En toile de fond, un dangereux discours de division est, continûment, disséminé
Ce n’est pas moi qui le dis, bien que le pensant, mais, c’est l’«Alliance Sécurité Liberté» 
Qui ajoute que  « désormais, par simple décret-loi, la législation peut [être] amendée
[Dans son] entièreté, [jusqu’à] organiser des référendums et [partout] légiférer» [21]
Régime unique de par le monde qui fait de la Tunisie une triste singularité
Où une seule et même personne endosse les habits des quatre pouvoirs sacrés
Le quatrième étant celui de l’instance chargée de vérifier la constitutionnalité
De ce que les trois autres pouvoirs, dans l’exercice de leur fonction, auraient décrété
N’ont eu tous ces privilèges, ni Mussolini, ni Hitler, ni Staline, ni Pinochet  
Je disais donc, alors que l’État de droit exige la tenue d’élections anticipées
Un électeur novice qui, avant d’être candidat présidentiel, n’a jamais voté  
Ni pour les élections de 2011 et 2014, ni pour les municipalités [22]
Mais n’hésitant pas à lancer des accusations, tous azimuts, très variées
Ciblant, entre autres, hommes d’affaires, politiques, associations et Corps constitués
Visant des citoyens qui, s’ils passaient devant la justice, seraient innocentés
Mais, le mal est fait, car, à l’opinion publique, en pâture, ils sont jetés
Une opinion publique, sous la coupe des réseaux sociaux, prompte à condamner
Réseaux sociaux où vos messages sont, par vos cercles de soutien, relayés
Cercles de soutien qui, à la magistrature suprême, vous ont permis d’accéder
Et qui ont gagné en influence, depuis votre occupation du Palais
Le limogeage d’Amel Adouani quelques heures après qu’elle ait été désignée [23]
Est un exemple des dégâts que ces cercles de soutien pourraient provoquer
Composés de facebookeurs excités, faisant fonction de présidentiels conseillers
Qui, pour instaurer votre Jamahiriya à la libyenne, commencent à s’organiser [24]
Jusqu’à abuser de l’innocence des enfants en les obligeant à chanter
Vos louanges, en leur faisant célébrer l’«homme honnête » qui « est la bonté incarnée » [25]
Ce qui est étrange, c'est que, vous le probe, vous les laissez faire sans broncher
Mais où est passé le Président Saïed qui ne voulait pas quitter son quartier [26]
Et qui reprochait au grand Bourguiba le culte de la personnalité
Qu’ils laissent nos enfants tranquilles, de telles méthodes on en a assez !
C’est une inquisition populiste toute crachée, installée, par vos soins, dans nos contrées
À large spectre, allant des grossistes en patates jusqu’aux Universités privées
Sans aucun support judiciaire ou policier établis, ni aucune preuve vérifiée
Monsieur le Président, votre façon de gouverner « nuit gravement à notre santé »
Vu de l’étranger et de l’intérieur, quel spectacle affligeant, récurrent, vous offrez
Du refrain rouillé de la souveraineté des décisions tunisiennes, accompagné
Alors qu’il ne s’agit que de vos strictes personnelles décisions, en réalité
Tactiques vieilles comme le monde que les régimes autocratiques ont toujours employées  
Méthodes pour plaire à vos soutiens, à des régimes de l'entre-deux-guerres, apparentées
Sans oublier les milliers de milliards que vous promettez de récupérer
Auprès de ceux qui ont spolié le peuple, avant la Révolution, et, aussi, après
Vous prétendez bien connaître tous ceux qui, préjudice au peuple, ont causé
En promettant que, un jour prochain, nominativement, vous les désignerez
Sans oublier votre nouveau slogan que, aux citoyens, vous attribuez
Repris à toute occasion : « Les Tunisiens veulent que le pays soit purifié » [27]
Monsieur le Président, arrêtez d’accuser et dites-nous ce que vous savez
Dites-le, plutôt, à la justice qui, elle, exclusivement, possède la faculté
De décider qui, parmi tous ceux que vous accusez, mérite d’être jugé
La loi, de la manière la plus rigoureuse possible, doit être appliquée
Sur tous les citoyens, sans aucune distinction, s’il se révèle qu’ils ont usé
De leur position administrative ou sociale pour acquérir des intérêts
Ou des avantages non dus, et la justice doit, dans la plus grande indépendance,  trancher
Le politique n’a pas à dicter à cette dernière comment elle devrait opérer
Quant à la réconciliation nationale, elle est nécessaire, si l’on souhaite avancer
À condition d’y exclure ceux qui, même indirectement, ont les mains ensanglantées
Dont feraient partie un bon nombre de ceux qui sont, aujourd’hui, notables respectés
Les compensations que devraient payer les contrevenants doivent être prononcées
Par la justice et versées à une Caisse nationale de réconciliation, à créer
Qui s’occuperait aussi de l’investissement des sommes qu’elle aurait récoltées
Dans les zones déshérités, s’appuyant sur des compétences parmi les chômeurs diplômés
Monsieur le Président, votre proposition d’entreprises locales où est réservée
Une seule action à chaque actionnaire est d’une singulière originalité
Le but, dites-vous, est d’éviter que l’entreprise soit, par un seul actionnaire, dominée
Représentant une nouveauté abandonnant les statuts actuels des sociétés
Statuts surannés desquels il faut se débarrasser, car le monde est en progrès
En ajoutant que c’est une question sur laquelle, depuis très longtemps, vous avez cogité [28]
Ladite proposition, c’est devant un Conseil des ministres que vous l’avez présentée
À l’étudier prestement dans le cadre d’un projet de décret, vous les avez invités
Qui sera soumis pour avis et approbation à un autre Conseil, dans la foulée
Au jour dit, je souhaite que l’un des ministres ait le courage pour vous notifier
Que la proposition que vous aviez émise où les Agences de notation étaient visées
Quand, de changer leurs critères conduisant à leurs appréciations, vous leur avez suggéré [29]
Relève de la même originalité que celle du projet qu’ils avaient à étudier
Monsieur le Président, les bonnes intentions n’ont jamais fait des spécialistes confirmés
Et, sachez que l’entrepreneuriat est rigueur, créativité et humilité
Exigeant un chef ayant le goût du challenge, ainsi que l’envie de se surpasser
Que l’investissement est une science conjuguant risque, rendement et faisabilité
Entrer dans le détail de la répartition des actions est de la pure naïveté
Question farfelue qui, dans un  régime dit « d’exception », ne doit pas être posée
Surtout qu’elle se trouve au cœur des droits et des lois de l’entreprise et du marché
Qui confirme votre méconnaissance de l’économie et de ses subtilités
Et qui, en outre, est au diapason de l’approche politique que vous avez adoptée
Si mon analyse se révélait fausse et si votre projet, comme vous le prétendez
Se révélait un réservoir de création d’emplois, Monsieur le Président, vous auriez
À coup sûr le Prix Nobel d’économie et vous demeureriez, à jamais, notre fierté

Au vu de tout cela, nous sommes en droit et en devoir de nous demander
Est-ce que le destin de notre patrie est fatalement propriété
Des islamistes, des corrompus ou bien des populistes «fachisés»
Et, cela, principalement, par le refus des modernistes de s’unifier [3]
Raison qui fait mal et que, à toute occasion, sur tous les tons, je rappellerai

Monsieur le Président
Ce poème critique ne pourrait être complet
Si vous n’êtes pas averti et informé
Que la couronne que, sur votre tête, vous portez
Depuis votre Coup d’État du 25 juillet
Qui a donné un peu d’espoir à ceux qui croyaient
En votre capacité et votre volonté
De relever les défis qui nous assiégeaient
Je disais donc, cette auréole que vous portez
A commencé à jaunir et à se faner
Depuis vos décisions de septembre dernier [20]
Qui ont dévoilé où vous souhaitez nous emmener
Décisions qui ont dérouté leur majorité
Vos soutiens les plus sérieux ont désenchanté
De l'idée qu'ils s'étaient faite de votre faculté
De vous engager à nous remettre sur nos pieds
À commencer par les dirigeants de l’UGTT [30]
Ils se sont retrouvés trompés, déconcertés
Au bout de plusieurs mois, par votre bilan biaisé
Votre attractivité de départ s’est dissipée
Au vu des signes de dyspnée que vous montrez
Au vu de votre croissante agressivité
Envers tous ceux qui ne sont pas parmi vos alliés
En démocratie, les opposants sont critiqués
Raillés,… et jamais, calomniés, diabolisés
Et nul ne peut, à la justice, se substituer
Même si, président de la République, il est
Ne sont restés à vos côtés que les excités
Et ceux, par un poste quelconque, intéressés
Et quelques patriotes naïfs, exceptés
Croyant dur comme fer au rôle que vous pourriez jouer
Dans la sortie du marasme où nous nous sommes trouvés
Depuis que ces marchands de religion ont accaparé
Le pouvoir, voilà déjà une dizaine d’années
Sinon, s’est une colère qui, depuis, s’est installée
Qui risquerait, à tout instant, de tout bouleverser

Monsieur le Président
Vous qui ne cessez de parler
De notre nationale Souveraineté
Qui, presqu’exclusivement, utilisez
Facebook pour nous informer
Car, vous ne possédez
Aucun service de presse attitré
C’est ainsi que vous avez décidé
Par allergie envers la presse, par rejet
Lisez et, attentivement, écoutez
Ce que dit Chawki Gaddes, le nautonier
De l’Instance nationale de la protection des données
Il appelle tous les responsables à limiter
L’utilisation du réseau social précité
Car, il met en péril notre dite Souveraineté
Puisque les renseignements américains sont autorisés
À exploiter toutes ses données cachées
Dans le cadre de leur mission d’espionner [31]

Monsieur le Président, n’avez-vous pas remarqué
Que tout ce qui est écrit dans ce poème-billet
Comme dans tous mes articles, est bien argumenté
Très bien documenté et très bien sourcé
En particulier, ceux sur Rached Ghannochet 
Ce qui m’a permis de, haut la main, gagner
Le procès que, contre moi, il a intenté
Malgré ses avocats mondialement réputés
Il s’agit du Carter-Ruck and Co Cabinet
Dans le domaine de la diffamation, spécialisé
Avocats conseils d’Erdogan et de Julie Gayet
De Sheikha Mozah du Qatar et de ses alliés
De Sarkozy et de plein d’autres célébrités
Sa plainte, c’est au TGI de Paris qu’il l’a déposée
Pour un article traitant de leur argent sale, que j’ai publié
Dans ce même journal, sur mon Blog, il y a quelques années
Principalement, celui dont l’origine est hydrocarburée
D’un pays dont les habitants étaient, récemment, chameliers 
Quant à mes Avocats, à mes écrits, ils se sont limités [32]
C’est pour moi une grande victoire contre les illuminés
Contre l’islamisme conquérant, c’est mon plus beau trophée
Surtout, c’est l’une des rares fois où Ghannouchi perd un procès
Car, avec son argent sale, il l’a presque toujours emporté

Monsieur le Président
Si mes écrits sont, avec  minutie et vigilance, préparés
Sans aucune diffamation, ni infox, ni contrevérité
C’est, d’abord, pour honorer les combats où je me suis engagé
Depuis longtemps, depuis très longtemps, depuis mes années de lycée [33]
Ensuite, pour que mon lecteur ne soit pas fallacieusement informé
Et, enfin, pour pouvoir me défendre, si, jamais, il y a procès
Toute ma vie durant, ce que je pensais, je l’ai toujours exprimé
Et, ce n’est pas à son crépuscule que je vais m’astreindre à changer

Monsieur le Président, de vos réactions, je dois, franchement, un peu me méfier
Bien que vous ne cessiez de sous-entendre que jamais, plainte, vous ne porterez [34]
Car, contrairement à tous vos prédécesseurs qui se sont succédés
Depuis que les libertés de pensée et d’expression furent instaurées 
Vous avez tendance à poursuivre en justice tous ceux qui osent porter
Atteinte à votre réputation d’homme d’État, soi-disant, apprécié
Ou bien qui manifestent envers vous une quelconque hostilité
Voire, d’après A.I., ceux qui osent publiquement vous critiquer
Et cela, devant le Tribunal militaire, du jamais vu par le passé [35]
Les facebookeurs et blogueurs qui croupissent en prison sont là pour témoigner  [21], [36]
Le nombre d’affaires impliquant des civils devant le Tribunal militaire a augmenté 
De manière exponentielle, en comparaison de la période 2012-25 juillet
Entre 2012 et juillet 2021, il y a autant de telles affaires à dénombrer
En tout et pour tout, que dans les quatre mois qui, après votre coup d’État, se sont écoulés
Ce qui a fait écrire à certains que « la justice militaire semble être instrumentalisée » [21]
D’autant plus que dans l’article 110 de la Constitution, il est clairement spécifié
Que les tribunaux militaires ne sont que pour les affaires à caractère militaire qualifiés
Dans un Rapport élaboré par les ONG  ASF, ADLI et  KDTC [37]
Sur le problème des civils qui sont, récemment, devant les tribunaux militaires, déférés
Il ressort que ces tribunaux ne remplissent pas les critères d’indépendance et d’impartialité
Qui, dans l'article 10 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, sont mentionnés
Afin qu’une justice équitable, conforme aux normes internationales, soit assurée
Que l’État de droit, par le jugement de civils par les militaires, est bien menacé
Que le recours à la justice militaire est une manœuvre, par l’exécutif, opérée
Dans le but de contourner la justice civile pour réprimer les opposants ou les intimider
À bannir la comparution de civils devant la justice militaire, le Rapport a appelé
Ce qui est sûr, c’est que l’absence de contrôle des décisions, lois et décrets que vous prenez
Ne peut qu’induire un affaiblissement certain de la protection des droits et des libertés
Ni garde-fous, ni contre-pouvoirs, et vous pourrez décider, à votre guise, ce que vous voudrez
D’ailleurs, le virage de régime que, au soir du 25 juillet, vous avez amorcé
« Dans son sillage, [une série] d’atteintes aux libertés fondamentales », a provoquée
Ainsi qu’une « permanence d’un appareil sécuritaire en roue libre, dans l’impunité  » [21]
Révélant un tournant dangereux, notamment, entre la presse et les forces de sécurité
Risquant d’affecter les libertés d’expression, de publication, de réunion et de pensée
Avec votre prise de tous les pouvoirs, la dynamique répressive s’est retrouvée amplifiée
Marquée par des mesures restrictives de liberté à l’encontre de plusieurs personnalités
Ne pouvant plus quitter le pays où, à l’intérieur de son territoire, librement, circuler
Prises en dehors de toute procédure judiciaire, non notifiées par écrit, ni justifiées
Des assignations à résidence, ont été aussi, non judiciairement, prononcées
Les personnes concernées l’apprennent fortuitement et ne sont pas, à l’avance, avisées
Sans avoir aucune information sur le motif de ces mesures, ni sur la date de leur levée
Mesures arbitraires et illégales au regard de la Constitution que nous avons votée
Ainsi qu’au regard du Droit international des droits de l’Homme que la Tunisie a ratifié
Qui ont concerné notamment des hommes d’affaires, chefs d’entreprises, hauts fonctionnaires et députés 
En outre, des citoyens critiques à votre égard, par des mesures répressives, furent sanctionnés
D’autres ont fait l’objet de campagnes de calomnies, stigmatisations, sur le genre, basées
Ou sur l'apparence physique, montages photos dégradants, révélations sur leur vie privée
Campagnes orchestrées par des cercles et des soutiens qui se réclament être de votre côté
Et nous n’avons entendu aucune prise de position de votre part pour condamner ces faits
Vous qui vous vous êtes fait passer pour un expert en droits humains, quand, assistant, vous étiez [1]
Dans ces attaques, vos Maîtres, Sana et Yadh Ben Achour,  ont été, en particulier, ciblés
Leïth Ben Becher, Sabrine Goubantini, Rami Salhi, Bassem Trifi ont été aussi visés [21], [38]
Il faut dire que ces méthodes, vous ne les avez pas inventées : Ben Ali nous y a habitués
Sans oublier une violation grave de la Convention de Genève relative aux Réfugiés
Par l’extradition illégale du militant algérien Slimane Bouhafs, représentée [39]
Et la prorogation sans date de fin du régime d’«exception» que vous vous êtes octroyé
Tout cela baignant dans l’unilatéralisme de la Présidence, bien installé, bien rodé
Quant à l’État, c’est avec des slogans alimentant un projet illusoire qu’il est géré
Soutenus par des nominations dans ses rouages, sur la loyauté dans ce projet, fondées [40]
Et non sur les compétences ; ce qui nous fait revenir à des pratiques qu’on croyait enterrées
Et, quant aux solutions aux crises accumulées aux niveaux économique, social et financier
L’immobilisme a conduit à ce que tous les indicateurs alarmants soient, au rouge, bloqués
Forte inflation, de façon continue, note souveraine dégradée, PIB contracté
Le ratio de la dette et du déficit public du pays n’arrêtent pas de s’intensifier 
Les prêteurs de la Tunisie hésitent à mettre la main à la poche pour un pays sans visée
Ni garanties démocratiques, et le spectre du défaut de paiement n’est pas évacué
Cette situation a fait que près du quart des Tunisiens vit sous le seuil de pauvreté [21]
Les prix et le chômage poursuivent leur ascension et le pays continue à se libaniser
Tout cela dans une ambiance où, un discours entretenu de division, vous disséminez
Et, au lieu de jouer la réconciliation, c’est en « traîtres » et « patriotes » que vous nous classez

Monsieur le Président, vous avez franchi un pas inquiétant en exposant devant l’armée
Lors de la réunion du Conseil supérieur des armées que vous avez supervisé [41]
Vos positions partisanes, en leur chantant la rengaine que vous répétez à satiété
Depuis que vous avez décidé de profiter de ce régime d’« exception » pour instaurer
Votre modèle à la Jamahiriya que, pendant la campagne, vous avez proposé
L'instaurer de force par des méthodes anticonstitutionnelles, sur mesure, alambiquées
Rengaine que, habituellement, au début de chaque Conseil des ministres, vous chantez
Sur fond des rituelles accusations adressées à vos opposants¸ sans jamais les citer
Tout le long de la réunion, nos hauts gradés semblent être étonnés et déconcertés
Cela est visible sur leurs visages, leurs postures, leurs façons de vous regarder
Contrairement à certains qui, par leurs hochements de tête, ne font que vous approuver
Risquant d’attraper un torticolis condamnant leur tête à ne plus pouvoir tourner
Je disais donc, en leur chantant la rengaine que vous répétez à satiété
Eux qui croyaient être, pour la politique de sécurité et de défense, convoqués
Se sont retrouvés devant un président en campagne électorale anticipée
Chargeant ses adversaires, les moquant, les accusant sans aucune preuve avérée
Sur un ton agressif, menaçant, tonnant qui a terminé par le caractériser
Après avoir traité ses adversaires d’« insectes » et d’«esclaves qui ne valent pas un denier
À qui il ne faut pas prêter attention », de « variant » de la Covid qui a, chez nous, émergé [5]
Il continue à les vilipender ; sont-ils vraiment de l’espèce humaine ? Il s’est même interrogé
Il a prétendu qu’ils ne valent pas deux sous auprès du peuple et qu’ils sont des alcoolisés [42]
Dans l’allocution qu’il a préparée à l’avance dans ses habituels petits feuillets
Qu’il a lus en introduction à cette réunion du Conseil supérieur des armées
Monsieur le Président, de grâce, laissez notre armée républicaine au-dessus de la mêlée
Respectez sa mission fédératrice qu’elle a toujours assumée et sa neutralité
Respectez l’engagement qu’elle a pris devant le peuple et qu’elle a toujours honoré
Comme l’ont fait tous vos prédécesseurs, naturellement, sans, aucune seconde, hésiter
Car, il y va de l’unité de la Nation, sinon, par la guerre civile, nous serons guettés

Monsieur le Président, ci-dessous un inquiétant fait, non le moindre, tout en étant le dernier
À propos de votre initiative de redéfinir les fêtes nationales et leur calendrier
Monsieur le Président, l’Histoire n’apprécie pas d'être, à la convenance de vos désidératas, refaçonnée
Les islamistes, la puissance colonialiste, longtemps, très longtemps avant vous, avaient essayé  
Vous ne cessez de déconstruire, point par point, tout ce qui a été accompli sans que vous y soyez
Comme exemple, dans votre tentative de réécrire l’Histoire, en l’inventant, vous avez déclaré
« Le 17 décembre, c’est la fête de la Révolution, car, c’est à cette date qu’elle a éclaté
Le 14 janvier, elle fut détournée pour empêcher le peuple d'exprimer sa volonté » [43]
Tout en répétant à qui veut l’entendre que la Révolution est demeurée inachevée
En faisant valoir que la date qui est censée marquer sa fin n’était pas appropriée
Alors que ni à l’une, ni à l’autre de ces dates glorieuses, vous n’avez participé
Aussi, honnêtement parlant, toucher à ces dates, vous n’en avez pas la légitimité
Vous vous écoutez trop vous-même et vous croyez que la Tunisie est votre propriété
Personnelle que vous pourriez, à votre convenance, la colorier à vos couleurs préférées

Monsieur le Président, arrêtez votre surenchère révolutionnaire qui ne fait que nous cliver
Vous, le révolutionnaire de la vingt- cinquième heure confirmé, vous avez tendance à l’oublier 
Arrêtez d’opposer le bon peuple aux politiques, aux élites,…à tout ce que vous haïssez
Les élites que vous voyez bourgeoises qui hantent vos réflexions, analyses et idées
Ce bon peuple, au lieu d’essayer de l’embrigader, œuvrez  pour qu’il vive dans la dignité
Tout le cirque auquel on assiste, de conspirationnisme, il est loin d’être dénudé
À plus d’une occasion, dans vos discours, comportements et actions, vous l’avez démontré  
Votre  conspirationnisme est doublé d’un certain négationnisme criant, qui plus est
Car, le rôle joué, dans la Révolution, par cette élite et la classe moyenne, vous le déniez
Vous déniez aussi le rôle central joué par notre syndicat historique, l’UGTT
Qui fut de tous les temps, et qui l’est encore, le seul corps intermédiaire capable de résister
Aux violations de toutes sortes et pires actions perpétrées par nos gouvernants mal inspirés
Et vous l’êtes, Monsieur le Président, avec ce que nous subissons, aujourd’hui, de plein fouet
Conséquence de votre projet qui, diplomatiquement et financièrement, risque de nous isoler
Ainsi que de votre omnipuissance qui, vers un suicide collectif, est en train de nous diriger
Vous l’êtes, avec ce pouvoir absolu que, un certain 25 juillet, vous vous êtes octroyé
Avec votre plan que vous prétendez, depuis une dizaine d’années, avoir préparé 
Alors qu’au final, vous nous avez donné la nette certitude que, à vue, vous naviguez
Et l’impression qu’à chacune de vos apparitions, encore vers plus d’inconnu, vous nous plongez
Avec votre ignorance des  problèmes économiques et sociaux que, d'un revers de main, vous zappez
Quand un interlocuteur vous pose une question les concernant, en vous plaçant hors-sujet
Et avec votre Décret-loi de septembre qui continue, l’État de droit, à piétiner [20]
Tout cela face à une classe politique qui, par vos excès, semble, de sidération, frappée
Et une gauche incapable de tirer leçons de ses erreurs passées, par ses égos, embourbée
Ne vous en déplaise, notre centrale syndicale saura vous modérer dans vos élans exaltés
Nous éloignant du salut de la Patrie qui, par elle, doit passer : elle seule peut nous fédérer
Comme elle l’a fait lors de la phase décisive de la Révolution du 14 janvier

Monsieur le Président, le déni des réalités politiques est votre spécialité
Acquise par les encouragements que vous avez reçus de la part de quelques affidés
Soumis, dont certains, hélas, sont des constitutionnalistes, professeurs des universités [44]
Leur doyen étant un ancien conseiller de Ben Ali qui, en 2011, avait essayé
De jouer un rôle dans la Constituante, mais, le peuple l’avait, sévèrement, rejeté
Il fut le coordinateur de la réforme universitaire, par la Banque mondiale, financée
Et, pour l’histoire, il fut mon chef de table au réfectoire, quand j’étais élève, au lycée
C’était aux années cinquante, à l’internat de Sadiki, bien longtemps avant que vous naissiez
D’ailleurs, ces faits, voilà dix ans, au printemps 2011, que, pour la bonne cause, j’ai rappelés
Aux camarades  de l’association « Manifeste Vingt Mars 2011 » que nous venions de fonder
En particulier, aux fondateurs Dalila, Jaouhar et Slimane qui peuvent en témoigner
Quand ledit doyen a souhaité, avec notre association, politiquement, coopérer
Il avait même une constitution à proposer, absolument, par lui tout seul, confectionnée
Et j’avais averti qu’il faudrait s’en méfier, mais, à cette époque, on ne m’avait pas écouté  
Et, ce sont ces collègues qui vont être les garants du coup de grâce que vous projetez de porter
À notre démocratie représentative parlementaire et sa Constitution, en premier
Si par malheur vous réalisiez votre sinistre projet, nos trois universitaires seraient
Coupables, devant le peuple et l’Histoire, autant que vous, des conséquences néfastes qu’il pourrait entrainer
Collègues qui pourraient sauver la situation et, positivement, dans l’Histoire, rentrer
S’ils arrivaient à vous persuader que les projets constitutionnels que vous leur proposez
De cautionner sont, pour le pays, son économie et son vivre ensemble, une calamité  
Coup de grâce final que vous avez, via eux, sur Facebook, au peuple, solennellement, annoncé
En affirmant que « la Constitution en vigueur n’est pas, de la volonté populaire, émanée
Qu’elle représente le problème de la Tunisie, par elle, l’État est, par l’intérieur, piégé
Qu’elle n’est plus valide, il faut qu’on retourne vers le peuple, c’est lui qui détient la souveraineté
Il n’est plus possible de poursuivre avec cette Constitution, car, elle a perdu sa légalité » [45]
Déclaration convaincant les derniers qui doutaient encore que vous n’êtes pas le putschiste parfait
Alors que vous avez juré par Allah et affirmé, tous azimuts, que vous la respecteriez
Ainsi, en véritable despote, la Loi fondamentale que vous vous êtes engagé à protéger
Devant Dieu, la main sur le Saint Coran, en présence des 217 députés de l’Assemblée
« Je jure par Dieu Tout-Puissant de sauvegarder l'indépendance de la Tunisie et l'intégrité
De son territoire, de respecter sa Constitution et ses lois, de veiller à ses intérêts
Et de lui être loyal
 », conformément à son article 76, vous avez déclaré
Devant votre peuple, vos partenaires, diplomates et chefs d’État de toute nationalité
En véritable despote, vous l’avez  enterrée, et tous vos engagements, vous les avez violés
Par une banale déclaration, devant nos dits juristes, avec leur implicite complicité
Loi fondamentale adoptée par les constituants en 2014, et cela après
Plus de deux dures années, par des combats variés, menés par les modernistes, jalonnées
Pour empêcher les islamistes, relativement majoritaire dans l’Assemblée, embusqués
Essayant par tous les moyens pour en faire une Constitution par la Sharia gérée
Jalonnées par trois assassinats politiques qui, à ces mêmes islamistes, sont attribués
Jalonnées, aussi, par vos interventions régulières à la télé, pour, en particulier, commenter
Les travaux de l’Assemblée nationale constituante, interventions qui vous ont extrait
De l’anonymat où vous baigniez et qui, réellement, de vous, ce que vous êtes aujourd’hui, ont fait
Vous vous êtes servi de la démocratie pour vous faire élire, et, ensuite, vous l’avez confisquée
Le fait que la démocratie représentative parlementaire, de sa vocation, a été déviée
Au profit de la corruption, du népotisme, partisans et mafieux, et d’individuels intérêts
Ne devrait pas nous faire précipiter vers le premier Robocop, « mains propres », paraissant « parler vrai »
Quand il nous affirme que cette démocratie, les partis et les associations devraient être enterrés
Et que notre salut ne pourrait, soi-disant, venir que de son projet de «pyramide inversée » [1]
Crème des régimes populistes qui a mal tourné dans tous les pays où elle a été testée
À commencer par notre voisin du Sud qui a vu son adepte, par la foule, sauvagement, lynché
Le dysfonctionnement de cette démocratie, à vos fins personnelles, vous l’avez instrumentalisé
Le débat sur les types de notre gouvernance, plus de sérieux et plus de sérénité, mériterait
Et cela ne pourrait se faire qu’avec la participation effective de toutes les parties impliquées
Les partis, les organisations nationales, les associations, les jeunes militants et leur aînés
En excluant les corrompus, les corrupteurs et ceux qui prennent la religion comme matière à négocier
En ayant présent à l’esprit que l’abandon du régime parlementaire, comme l’Histoire l’a prouvé 
Ne peut conduire qu’à l’autocratie, la dictature ou l’oligarchie, inévitable trinité
Sans vouloir minimiser les graves et dangereuses dérives observées à l’ARP
Presque toutes les institutions parlementaires du monde ont connu de telles dérives, à divers degrés
Parmi lesquelles on peut citer celles d’Italie, de Taïwan, d’Ukraine, et j’en ai oublié
Et, personne dans ces pays n’a exploité la situation pour ses personnelles visées
Contrairement à notre Robocop national qui, de la conjoncture, a usé et abusé
Alors que son peuple, d’une crise sociale, économique et sanitaire sans précédent, souffrait
Et le pays, au bord de la banqueroute, ne survivant que grâce aux emprunts accumulés
Pour s’autoproclamer Jupiter détenant tous les pouvoirs devant le peuple hébété
Je disais donc, personne n’a exploité la situation pour ses personnelles visées
Ne s’est acharné à discréditer ses adversaires politiques pour, le messie salvateur, s’imposer
N’a étouffé la démocratie, ne s’est approprié des faits d’armes qui lui sont étrangers
Ne s’est accaparé de l’embarras et de la naïveté du bon peuple pour en faire son vivier
N’a défiguré l’Histoire, ni violé la mémoire commune et la populaire sensibilité
Contrairement à notre Robocop national qui, un pan de notre Histoire, a falsifié 
Pour y gagner une page, à son nom liée, lui qui n’avait jamais fait de politique par le passé
Ni, dans un syndicat, association ou organisation non gouvernementale quelconque, milité 
Et, dans ces pays, il n’y a pas eu de prétendant au pouvoir avec un vierge militant CV
Apprenez enfin que le 14 janvier est dans notre mémoire collective, solidement ancré
Le choix de cette date s’était fait spontanément et, à l’époque, personne n’avait protesté
Ni à Kasbah 1, ni à Kasbah 2, je sais de quoi je parle, puisque, je les ai fréquentés
Exceptés quelques citoyens de Sidi Bouzid qui furent, par la suite, par vos positions stimulés
D’ailleurs, dans pareils cas, dans tous les pays du monde, c’est la date de la délivrance qui est primée
Symbolisant la chute du système combattu, il est en est ainsi du 14 juillet français
Pour dire vrai, ce n’est pas le 17 décembre 2010 que la Révolution a commencé,
Mais, c’est au début de l’année 2008, avec le soulèvement, à Gafsa, du bassin minier [46]

Monsieur le Président, votre vécu n’est pas le nôtre ! N’auriez-vous pas d’autres chats à fouetter ?
Aux violences des brigades anti-émeutes  et à leur gaz lacrymogène, vous n’avez point goûté
Ni à la chaleur humaine qui, de nos manifestations, à cette époque, se dégageait
Ni à la prompte solidarité qui, dans les échauffourées avec la police, naissait
État d’âme que j’ai vécu, quelques décennies avant, en France, un certain mois de mai
Mais, dans une ambiance bon enfant, avec moins de risques, moins de policières brutalités
Revenons au 14 janvier 2011 que, illégitimement, vous avez dénaturé
Dans une allocution transmise par tous les médias, publics et privés, au soir du jeudi 13 janvier
Ben Ali, pour calmer les esprits, s’était engagé, en 2014, à ne pas se représenter
Et avait donné l’ordre au ministre de l’Intérieur pour que les tirs à balles réelles soient arrêtés
Et que les manifestations, organisées par un parti ou une ONG, soient autorisées
Avait promis de promouvoir le pluralisme et, pour renforcer la démocratie, d’œuvrer
Dès le début du soulèvement, les locaux de l’UGTT ont servi de général quartier
Aux manifestants, que cela soit à  Kasserine, Sidi Bouzid ou Thala, convient-il de rappeler
Et, aussi, dans toutes les autres villes qui furent, par la suite, par l’insurrection gagnées
Elle a mis à leur disposition tous ses moyens et leurs revendications, elle les a épousées
Assistance logistique qui a permis de donner, au soulèvement, une visibilité
Et sa couverture par les médias internationaux, en l’absence d’une presse, en Tunisie, libérée
Les cadres syndicalistes qui y étaient présents, à l’initiative de nombreuses actions, ont été
En organisant des rassemblements, des sit-in, des marches et des grèves générales localisées
Et ce sont les Unions régionales du travail qui ont porté le mouvement quand il s’est amplifié
Seule l’UGTT pouvait jouer ce rôle, en vertu de son histoire, de la place privilégiée
Qu’elle occupe dans notre mémoire collective et de l’aura de presque tous ceux qui l’ont dirigée [47]
L’UGTT qui, de tout temps, a su conserver sa liberté qu’elle a souvent très chère payée
Rassemble tous les secteurs de la vie économique « de l’éboueur... jusqu’au professeur des universités » [48]
Et, politiquement, elle rassemble, en son sein, tous les courants modernistes dans leur pluralité
Syndicat refuge, elle a vu défiler les militants de la LTDH et de l’ATFD [49]
Et, depuis l’indépendance, combien d’opposants politiques, sur ses bancs, furent accueillis et formés
Elle a toujours su stimuler l'intelligence collective au profit des causes qu’elle défendait
Et, dans toutes les crises vécues, elle a pu relever les défis auxquels elle était confrontée
Le meilleur exemple est son rôle fédérateur qui nous a conduit au Prix Nobel de la Paix
Ainsi que celui qui nous a permis de tourner une page sombre de l’Histoire, ce 14 janvier
Je le dis sans ambages, sans l’UGTT, notre Révolution aurait probablement avorté
Cette UGTT à laquelle vous n’avez jamais adhéré, et ses grèves, vous les auriez brisées [1]
Vous ne cessez de la critiquer et, pour vous, toutes les occasions sont bonnes pour la tacler
Ainsi, lors d’une commémoration de l’assassinat de Farhat Hached, celui qui l’a fondée
Alors que le temps était au recueillement, à la Kasbah, dans l’enceinte de son mausolée
Devant la direction de l’UGTT qui est le seul corps intermédiaire à même de vous résister
« À l’époque de Farhat Hached, l’activité syndicale était pure et nationale, et n’agissait 
Qu’au profit de la patrie » [50], vous avez déclaré sans sourciller ; ce qui nous a confirmé
Votre attirance pour attaquer vos adversaires dans les lieux de mémoire où nos martyrs sont honorés
Comme ce fut, lors de la Fête des martyrs, quand les deux autres présidents furent, par vous tancés [53]
Monsieur le Président, permettez-moi de vous apprendre une chose que, peut-être, vous ignorez
Le mausolée de Farhat Hached a été édifié à l’espace même où, la foule, il haranguait
Il se trouve sur une place située en contrebas du Collège Sadiki [51], où élève, j’étais
Et, combien de fois, aux meetings  de l’UGTT, nous autres élèves de ce collège, avons assisté
Avec Farhat Hached, sous le regard menaçant des Gardes mobiles dont la caserne, cette place, dominait
La foule, sur la  place s’installait, et les orateurs, derrière la balustrade, devant le collège, se tenaient
Après cet interlude qui, dans mes souvenirs d’enfance de la Tunisie colonisée, m’a plongé
Revenons aux souvenirs attachés à cette journée que, de notre Histoire, vous avez rayée
C’est l’UGTT qui a politisé la Révolution, alors qu’au départ c’est le social qui primait
Notre mémorable rassemblement syndical du 13 janvier sur l’Esplanade de votre Faculté [52]
Qui s’est achevé par une marche sur la « Voie X », sur le changement du régime, s’est concentré
Aussi, il est naturel que la manif du 14 janvier 2011 fut, par elle, organisée
D’ailleurs, n’a-t-on pas dit « En Tunisie, il ne resterait plus que l’UGTT, si tout s’effritait » [53]
Manif qui a fait vaciller le régime, avant d’obliger son chef à plier bagage dans la soirée
En ce jour, il faisait beau sur Tunis, et c’est de la Place Mohammed Ali qu’elle a démarré
Mythique et symbolique Place, devant son siège historique qui, d’importants évènements, a abrités
Symbole du militantisme national et syndical, elle fut le point de départ d’actions diversifiées
Place entourée d’immeubles dont les accès peuvent facilement être, par la police, bloqués
Avant l’heure annoncée du début du rassemblement, j’ai fait un petit tour dans le quartier
De grands gaillards portant des blousons de cuir, les yeux derrière des lunettes noires, dissimulées
Arpentaient les rues avoisinantes qui, de s’approcher de ladite Place, nous empêchaient
Et, de temps en temps, ils discutaient avec des jeunes civils, en basquets et jean, habillés
Alors que, dans les rues les plus proches, les brigades anti-émeutes étaient, dans leurs blindés, installées
Et, les visages familiers des militants de la société civile, j’ai commencé à croiser
Quand nous sommes devenus assez nombreux, en chantant l’Hymne national, nous nous sommes avancés
Ils nous ont laissés, sans problème, y pénétrer, ce qui nous a fortement étonnés
Car, auparavant, ils nous avaient empêchés de nous en approcher ! Présage d’une contradictoire journée !
La foule, compacte, allait en augmentant, bien au-delà de la Place, a largement débordé
Et le cortège s’est dirigé vers l’avenue Bourguiba où nous fûmes des milliers
Des foules venaient de partout et nous fûmes des dizaines de milliers en fin de matinée
Rejoints, sans interruption, par des manifestants qui, des rues perpendiculaires, surgissaient
L’ambiance était détendue, bon enfant, personne ne pouvait imaginer ce qui allait arriver 
Toute l’avenue Bourguiba, les balcons et les toits de ses immeubles, de manifestants, fourmillaient
Jusqu’aux abords du ministère de l’Intérieur qui, par le slogan «Ministère terroriste», fut gratifié
Il y avait du monde, énormément de monde, on ne pouvait que bien difficilement bouger
Tant la multitude était dense ; on apercevait, en faction devant ledit ministère, des policiers
En grand nombre, apparemment non agressifs, laissant les manifestants les approcher
Des jeunes, se faisant la courte échelle, aux barres  de protection de ses fenêtres, des drapeaux, ont accroché
Ministère où tant de militants furent, dans ses caves, emprisonnés, battus, torturés
Filles comme garçons, pendant les années de braise, quand le pouvoir absolu sévissait
C’était l’épicentre du système répressif des régimes déchus qui s’étaient succédés
Nous étions les uns contre les autres, serrés, criant et inventant des slogans variés
«Avec notre âme et notre sang, pour la Tunisie, nous nous sacrifierons !», beaucoup usité
« Pain et eau, et Ben Ali no ! », «Non aux Trabelsi qui ont pillé le pays !», souvent scandés
« Oh, policier, Oh victime, tu es avec nous dans l’abîme ! Dans notre projet, viens t’engager ! »
« Ben Ali est un dictateur, et sa ­famille, des voleurs ! », « La partie est terminée !»
« Oh, bande de malfrats, le boulot est un droit ! », « Emploi, liberté, nationale dignité !»
Ce dernier fut le plus crié, et c’est par lui que la Révolution est, aujourd’hui, symbolisée
Et, ce fut un grand moment d’émotion quand la foule, une minute de silence, a observée
À la mémoire des martyrs, décision qui, par SMS et les réseaux sociaux, fut propagée
La police était partout, mais, nous ne nous sentions pas, dans des rapports de force. entraînés
Dans ces rendez-vous avec l'Histoire, la femme tunisienne, comme à son habitude, au premier rang, était
Et l’on a assisté à de magnifiques scènes où des pasionarias, la foule, haranguaient
Et des jeunes orateurs improvisés, éloquents, exaltés, sur les épaules, hissés
Et quand éclata le slogan « Dégage », dans une chorégraphie révolutionnaire spontanée
Mot crié la veille à Ben Ali, par l’humoriste Lotfi Abdelli, dans une vidéo, postée [54]
Sur Facebook, chorégraphie avec des dizaines de milliers de bras levés, synchronisés
Dans leur mouvement avec le cri « Dégage» qui, l’avenue Habib Bourguiba, a fait vibrer
Quand éclata le slogan « Dégage », j’ai eu la chair de poule et un frisson, mon corps, a traversé
La foule tanguait, de temps en temps, j’avais l’impression que le sol m’échappait, que je m’envolais
Régulièrement, le chant de l’Hymne national remplaçait les slogans, et, au ciel, montait
Nous avons chanté à plusieurs reprises, seul, le quatrain du grand Chabbi, mon oncle de lait [55]
Quatrain qui, en 1955, à l’Hymne d’origine, par Mongi Slim, a été ajouté
Et qui fut adopté comme Hymne par toutes les révolutions arabes qui, par la suite avaient éclaté
Dans ce contexte, je dois mentionner que je suis aussi, à une autre figure historique, lié
Il s’agit de Mohamed Bouazizi qui est un Horchani, comme, dans [56] a, il est montré
Revenons, Monsieur le Président, sur les souvenirs qui, de cette journée, me sont restés
Tout d’abord, je tiens à vous communiquer une information que vous semblez ignorer
Vous qui ne cessez de répéter que c’est le bon peuple qui, le régime déchu, a défié
Oubliant que dans toutes les révolutions, on trouve des représentants de la classe aisée
Dans ce cadre, les révolutions cubaine, française et russe, je vous invite à les réviser
Le 14 janvier et les jours précédents, des citoyens de tous les milieux avaient déferlés
Dans les rues, du chômeur à l’homme d’affaires, du fonctionnaire au banquier, des jeunes et des âgés.
Des médecins, des avocats, des retraités, comme je l’étais, la liste est longue,… de tous les métiers
Pour exiger, évidemment, la justice sociale, mais, aussi, la liberté et la dignité
Le pays était compétitif, mais, la croissance, de l’inclusion, était très éloignée
Seulement une infime minorité se partageait tous les fruits de la prospérité
Minorité liée à la famille du président, aux familles amies et alliées
Ainsi, la classe des nantis, Monsieur le président, dans la Révolution, s’était impliquée
Combien de visages de femmes, d’hommes, de jeunes, de moins jeunes, sont restés gravés
Dans ma mémoire, à jamais : Qui, avec un carton, protestait ! Qui, poursuivi par la police trébuchait !
Qui, chancelant, ensanglanté, hurlant de douleur, demandant de l’eau, n’arrivant même pas à marcher !
Et ces policiers, à quatre ou cinq, se ruant sur des hommes à terre et, de coups, les rouaient
Alors que j’entendais, sans cesse, les bombes lacrymogènes qui détonaient et des balles qui sifflaient
Et cela, suite à la terrible réplique de la police qui, au milieu de l’après-midi, s’est passée
Bien que, la veille, Ben Ali eût promis que ces tirs à balles réelles seront enrayés
La majorité des manifestants s’est dispersée, mais un noyau dur, sur place, est resté
Pour poursuivre le combat, matraques et lacrymos n’ont pas suffi à briser leur témérité
L’air était suffocant, étouffant, irritant pour les yeux, nous avions du mal à respirer
Je fus pris d’une sévère gêne car je suis asthmatique, à la Ventoline abonné
Je m’étais réfugié dans le hall d’un immeuble, avant de pouvoir finalement m’échapper
Dans ma fuite, en courant, j’ai trébuché et chuté, j’ai eu toute une cuisse éraflée
En arrivant chez moi, c’est avec la moitié d’un flacon de Bétadine que je l’ai badigeonnée
Une grande partie de ceux qui ont quitté l’avenue avaient repris la lutte dans d’autres quartiers
Des incendies furent allumés, Tunis s’est embrasée et fut couverte d’une noire fumée
Cette journée est bien la journée des contradictions, comme je l’ai ci-dessus annoncé
Car, auparavant, la police, rejoindre la Place Mohammed Ali, nous avaient laissés
Et, vous savez, Monsieur le Président, que pour qu’une quelconque manifestation soit entravée
Il suffit d’interdire d’atteindre son lieu de rassemblement, à ceux qui souhaitent y participer
Ce que, aujourd’hui, pour saboter les manifestations de vos adversaires, vous appliquez
On n’avait aucune idée de la façon avec laquelle la journée allait s’achever
Annonce d’élections ! Démission ! Et, en fin d’après-midi, la nouvelle a commencé à circuler
La fuite ! 17 h 57, son heure exacte qui sera, par la suite, par plusieurs sources, attestée
En mettant les réacteurs, il a laissé derrière lui des centaines de morts et de blessés
Dont le sacrifice et la Révolution, par vous-même et Ennahdha, ont été récupérés
Vous qui êtes omniprésents, pour l'heure, mais qui fûtes absents, pendant que la bataille grondait
Et qui êtes, aujourd’hui, les deux forces, sœurs ennemies, pour le pouvoir, à couteaux tirés
Ce sont des états que vous n’avez pas vécus; et vous êtes apparu quelques semaines après
Monsieur le Président, quand Ben Ali s’est retrouvé à Djeddah, somptueusement logé
Et, c’est à partir de ce moment qu’on vous a vu, dans les débats de la Kasbah, s'immiscer
Sans parler de l’abonnement que vous avez pris, par la suite, auprès des journaux télévisés
Pour commenter l’actualité, vous sortant de l’anonymat, avec votre voix monocordée
Et qui, en archétype du révolutionnaire authentique de la vingt-cinquième heure, vous a transformé
Je l’ai déjà dit et redit, mais, pour informer, je ne le répèterai jamais assez
Car, je me suis rendu compte que, votre réelle trajectoire, beaucoup de citoyens l’ignoraient
Or, c’est le moindre de leurs droits que de la connaître, maintenant que vous êtes, de l’État, au  sommet
La trajectoire islamiste de votre frère-conseiller Naoufel mérite aussi d’être dévoilée [56] b
Monsieur le Président, « Ne peut pas savoir ce qu’est la braise, celui qui, sur la braise, n’a pas marché !»
Maintenant que vous êtes, à la magistrature suprême, arrivé, ce sont des choses qu’il faut rappeler
Afin que votre parcours "exceptionnel" puisse être, par les citoyens ordinaires, admiré
Exceptionnel dans le sens qu’on puisse se trouver au Palais de Carthage, sans avoir jamais milité
Ni politiquement, ni associativement, ni avoir été une lumière dans son métier
Votre métier d’enseignant universitaire, resté, au niveau assistant non docteur, plafonné
Car, votre projet de doctorat, par la Commission des thèses de votre Faculté, a été rejeté [3]
Sans avoir jamais voté, avant d’être président, même après la Révolution du 14 janvier [1]
Monsieur le Président
Vous avez biffé une date mythique pour toute une génération, par un décret insensé
Pour refaçonner les évènements à l’image du projet de société que vous défendez
Encore une fois, vous empiétez sur des prérogatives pour lesquelles vous n’êtes pas doté
Il est vrai que vous nous avez habitués à ne pas être à un empiétement près
Votre décision aura le sort qu’a eu le déplacement, à la Goulette, d’un certain cavalier
Qui, avant le 7 novembre 1987, au milieu de l’avenue Bourguiba, trônait
Qui a fait l’Histoire de la Tunisie moderne que certains essayent, en vain, de détricoter
Lui, des discours, il en a fait aussi, mais, son œuvre restera, comme, dans le marbre, gravée
Cavalier qui a retrouvé sa place première quand l’auteur du déplacement fut éjecté 
Et, il en sera de même pour toutes les mesures anticonstitutionnelles que vous aurez décrétées
Monsieur le Président, ceux qui n’étaient pas au 14 janvier, comprendre, point, ne le pourraient
Monsieur le Président, ne touchez pas à nos fêtes nationales, vous n’y êtes pas habilité
Basta ! Pour les décisions unilatérales que, concernant l’avenir du pays, vous prenez
Basta et basta ! Même pour les commémorations, le peuple, vous essayez de le diviser
La falsification de l’Histoire est une caractéristique de tous les dictateurs qui sont passés

Monsieur le Président, votre énergie, au lieu de, sur ces changements de dates, la concentrer
Il aurait mieux valu vous demander comment notre taux de croissance puisse être amélioré
Pensez à demain, quand l’exercice du pouvoir absolu dont vous jouissez sera dissipé
Quand le peuple vous demandera qu’avez-vous fait pendant ces mois où vous avez régné
Seul, sans Cours constitutionnelle, sans Parlement, sans Chef de gouvernement émancipé
Quand toutes les nominations sur la base de l'allégeance à votre personne seront dégommées
Et, il ne vous restera comme consolation que le salaire présidentiel que vous allez garder
Quand vous allez vous retrouver arpentant les couloirs du Palais de Carthage, désœuvré
Plutôt avec le senti d’un désœuvré, eu regard à votre actuelle débordante activité 
Et, ce demain n’est pas loin, car la confiance qu’il a placée en vous commence à s’effriter

Monsieur le Président
L’Histoire gardera de vous le souvenir du président qui a essayé d’imposer
Un régime, par les travaux du constitutionnaliste nazi Carl Schmitt, inspiré [4]
Qui, pour y arriver, a opéré un coup d’État lui permettant, en dictateur, de gouverner
Qui, tous les contre-pouvoirs, les garde-fous et les institutions de contrôle, a gelés
Et qui, les associations et les organisations politico-sociales, a voulu enterrer
L’Histoire gardera de vous le souvenir du Chef d’État tunisien qui a le plus accusé
Ses adversaires politiques, sans aucune preuve, sans jamais, nominativement, les mentionner
Du président qui a œuvré pour diviser les citoyens, au lieu de les rassembler
Qui, souvent, dans ses discours, il lui arrive d’affirmer une chose et son contraire et de se répéter [57]
Qui a juré sur le Coran de respecter la Constitution avant de se parjurer
Qui a assuré connaître des personnes qui agissent, en secret, dans le noir et l’obscurité
Se réunissant pour manigancer et monter des plans pour, à l’État, atteinte, porter [58] a
Qui n’a cessé de déclarer qu’il connaît les escrocs qui, des milliards au peuple, ont volé
En promettant de dévoiler leurs noms, et, jusqu’à aujourd’hui, il ne fait que rechanter
La même rengaine, mais, avec des milliers de milliards, néanmoins, rien, il n’a dévoilé
Violation de serment et non tenue de promesse qui lui ont fait perdre toute crédibilité   
Qui parsème de faux chiffres et données, avec un petit zeste de contre-vérités
Ainsi , « un tribunal militaire est un tribunal comme les autres », a-t-il affirmé 
Devant quatre magistrats au plus haut niveau qui étaient ses hôtes, et, il a ajouté
« Il ne s’agit pas d’un tribunal exceptionnel, dans tous les cas, la loi y est appliquée
Seulement deux prévenus sont passés devant les tribunaux militaires », ce qui n’est pas vrai [58] b  
Discours qui, généralement, sont adressés au peuple, par le biais de ses invités
À travers les réseaux sociaux et, presque jamais, à travers la presse, écrite ou parlée
Car, il semble qu’il ait un problème avec les médias qu’il n’arrête pas de réprimander
L’existence de ce problème fut, par une conférence de presse rocambolesque, corroborée
Annoncée, officiellement, par la présidence de la République et qui devait clôturer
La visite que le président palestinien Mahmoud Abbas venait, à Tunis, d’effectuer
Le nombre inhabituel de journalistes qui y furent présents devrait, en bonne place, figurer
Dans le Livre des records, puisque, ce nombre, tenez-vous bien, est égal à un zéro pointé
Car, à cet évènement, aucun journaliste, ni aucun média, n’ont été invités à assister
Seuls étaient présents, la délégation palestinienne, notre président et ses conseillers
Ce qui a fait dire au président du SNJT « Seuls les monologues et les discours cryptés
Dans la posture du professeur dominant ses élèves, sont par le chef de l’État maîtrisés
Quant à l’échange et au dialogue sur les soucis des citoyens, ce ne sont pas ses priorités» [59]
Il faut dire aussi qu’il s’est entouré de conseillers inaptes à lui apprendre à communiquer
Pour la visite d’État du président algérien Tebboune, son Staff a essayé de se rattraper
Il s’est appliqué à faire ce qu’il peut, mais, il a pu peu, comme il sera ci-dessous rapporté
La présidence ayant poursuivi dans le même sens sa politique de black-out qu’elle a instituée
Quant à l’accès à l’information des médias nationaux et étrangers, droit constitutionnalisé
Avec, cette fois-ci, une atteinte à la liberté de la presse que l’on ne puisse pas imaginer
À la conférence de presse animée conjointement par les deux présidents, n’ont été conviés
Que les journalistes des médias publics des deux pays, invitation, d’une condition, accompagnée
Adressée aux tunisiens parmi eux leur exigeant de ne poser de questions qu’au président invité [60]
Condition qui résume la façon dont est traitée la liberté dans votre régime projeté
Monsieur le président, je vais reproduire en référence la longue réponse que vous avez donnée [61]
À la question sur l’économie que le journaliste d’Algérie presse service vous a posée
Relative aux « horizons de la coopération à l’ombre de la situation compliquée
Induite par la pandémie de Corona dans le monde », pandémie qui, les deux pays, a ébranlés
Vous trouverez dans [61] la question et votre réponse transcrites dans leur intégralité
Que j’ai traduites, à l’attention de mes lecteurs francophones, à partir de votre arabe châtié,
Montrant comment vous avez répondu hors-sujet, confirmant ce que j’ai, ci-dessus, énoncé
Quant au fait que tout ce qui est histoire d’économie ne constitue pas votre tasse de thé
Tout y passe – La France, les Maghrébins, le Caire, Jérusalem, la Lybie, la Palestine,… - sauf le sujet
Après leur lecture, je suis sûr que le lecteur va se demander, mais, l’économie, où s’est-elle logée ?
Le plus grave est que notre cheffe de gouvernement est, aussi, par rapport à la plaque, à côté
Il fallait dire plutôt notre « Secrétaire présidentielle en chef », statut que vous lui avez assigné [8]
Aussi, l’on est en droit de se demander, comment, économiquement, le pays est gouverné
Il en résulte que l’Histoire gardera de vous le souvenir d’un président qui est perturbé
D’être confronté à des journalistes, surtout à ceux partageant avec lui la même nationalité
D’un président qui est, peut-être, fin politique, mais, en économie, il est fort handicapé
Capable de répondre à toute question en maniant les hors-sujets avec extrême dextérité
Virtuose de la révision des faits historiques et pour en inventer d’autres, il semble exceller
Allant jusqu’à renier le positif des époques passées, dans le but de se valoriser
L’Histoire gardera de vous le souvenir du Chef d’État tunisien qui, sans vaciller
Considère « la justice une fonction, et non un pouvoir, fonction, de l’État, non séparée »
Du seul président qui, critiquer les jugements de la Cour de cassation, a osé 
Parce que l’un de ses adversaires politiques fut par cette juridiction innocenté
Adversaire qu’il continue, malgré son acquittement, à, publiquement, diffamer
À traiter de tous les noms, escroc, voleur,… ; il le jalouse un tout petit peu, comme qui dirait [62] a
Surtout que cet adversaire, contrairement à lui, est un économiste réputé
Qui, internationalement, dans le domaine de l’économie et des finances, est estimé
Le net succès de cet adversaire auprès des médias, il n’arrive toujours pas à l’avaler
Il s’agit de Fadhel Abdelkefi qu’il n’a, à aucun moment, comme à son habitude, nommé  
Je disais donc, l’Histoire gardera de vous le souvenir d’un Chef d’État illuminé
Ne sachant s’adresser à son peuple que via les réseaux sociaux et par personnes interposées
Souvent, dans l’incohérence, la diffamation et la calomnie, se laissant emporter
Dans des discours agressifs à l’encontre de ses opposants, menaçants, rarement apaisés
Décousus, de sous-entendus accusateurs et de tentatives de pression, bourrés
Sautant constamment du coq à l'âne, avec des accusations collectives de culpabilité [62] b
Prétendant leurs critiques dictées par de « sombres agendas », dans des lieux encore plus sombres, imaginés
Ne riant jamais, même pas le moindre sourire qui, le froid émanant de son visage, romprait [62] b
D’un président casanier, pour qui les réunions multilatérales sont des corvées
Qui, de national-populacisme du trumpisme et du kadhafisme, était imprégné
Mais, avec un Trump, de sa com, privé, et un Kadhafi, de son pétrole, amputé
Tout cela, tout ce qui précède, tout ce qui suit, est dans les références certifié
D’un Chef d’État dont le mandat est caractérisé par des soliloques politiques réguliers
Et des complots le visant, fomentés, souvent, par l’étranger, en Conseil des ministres, révélés
Avec l’affirmation de la connaissance des détails, y compris la date de la fatidique journée
Du passage à l’acte de ces « traitres qui ont vendu leur conscience aux renseignements étrangers 
Dans le but d’assassiner un certain nombre de responsables», de politiques personnalités
Tous ces faits étant confirmés par un entretien téléphonique, par l’Intérieur, intercepté [63]
Tous  restés sans suite ; le dévoilement est, généralement, par la phrase suivante, chaperonné
«À l’intérieur comme à l’extérieur du pays, nous savons tout sur ce qu’ils sont en train, de manigancer»
Parmi les ingrédients de ces complots, on trouve des plans d’empoisonnement et des colis suspects
Il convient de souligner que dans cette vidéo [63], sont nés deux slogans qui, dans l’Histoire, vont rester
De ces slogans choc inventés en arabe et dont la traduction en français est mentionnée
« Nous avons besoin de BIB , "le bonheur national brut", et non de PIB », dit le premier
Quant au second : «"Nous sommes un état pauvre dans un pays riche", possédant toutes les possibilités » [64]
L’Histoire gardera de vous le souvenir du candidat qui a affirmé que, de là-haut, il fut appelé 
De l’homme politique qui prétend que c’est le Tout-Puissant qui l’a, spécialement, envoyé
Alors qu’il n’était, par la fonction de président de la République, nullement intéressé 
Et que ce sont les jeunes, les laissés-pour-compte, les pauvres qui, à être candidat, l’ont poussé [65]
Le souvenir d’un candidat-président qui, par rapport aux réseaux sociaux, prétendait
Qu’il n’avait aucune compétence, ni aucune relation, alors qu’il s’était fait épinglé
Par le Rapport de la Cour des comptes relatif aux élections présidentielles qui a révélé
Qu’il avait commis des infractions liées à des pages Facebook chargées de sa publicité
Politique pendant la campagne électorale, qui furent, depuis l’étranger, financées [66]
Alors que, de n’avoir consacré que cinquante dinars pour sa campagne, il ne cesse de se vanter
La dernière fois étant lors d’un Conseil des ministres, au Palais de Carthage, qu’il a présidé [67]
C'est à se demander s’il ne prend pas les gens, tous les gens, pour des imbéciles, pour des tarés 
Lui qui a appelé, plus d’une fois, à ce que les conclusions de la Cour des comptes soient respectées
Du fait qu’elle l’a catalogué dans la classe des tricheurs, lors des élections, de langage, va-t-il changer
Et la ranger parmi toutes ces institutions corrompues, malhonnêtes qu’il ne cesse de dénoncer ?
Surtout, accuser l'Instance supérieure indépendante pour les élections, il a déjà commencé [67]
Car, le financement occulte des dites pages Facebook, c’est elle, la première, qui l’a révélé
Lui qui a rappelé lui-même aux quatre magistrats qui occupent le haut niveau du parquet
Magistrats qu’il a invités au Palais pour, à propos notamment du dit Rapport, discuter
Que « le Code électoral stipule, dans son article 163 : au cas où il est vérifié
Par la Cour des comptes que le candidat à la présidence de la république a profité
D’un financement étranger pour sa campagne, il est, à cinq ans de prison, condamné » [68]
Monsieur le Président, malgré le déni, quant à vos relations avec Facebook, réitéré [69]
l’Histoire gardera de vous le souvenir d’un président qui fut, par Facebook, enfanté
Proposition que, plus de deux ans avant que la Cour des comptes ne se soit prononcée, j’ai démontrée
Le lecteur trouvera dans la référence [70] les éléments de cette preuve, détaillés
Proposition qui fut, ensuite, par la Mission d’observation électorale de l’UE, certifiée  
Affirmant que vos groupes de soutien Facebook, de 2.9 millions de membres, sont constitués [71]
Alors que, pour le second tour, près de 2,8 millions de Tunisiens ont, pour vous, voté
Donc, votre tentative de minimiser vos relations avec FB, vous devriez l’endiguer
Par conséquent, Monsieur Kaïs Saïed, ces données me permettent de vous baptiser « Président FB»
Monsieur le Président, au lieu de continuer à essayer de vous déculpabiliser
Devant vos ministres et les caméras, devant la justice, vous devriez vous présenter
Vous serez sûrement tenté de me répondre que vous êtes couvert par votre immunité
Présidentielle, mais, vous ne l’êtes plus, depuis que, par votre coup d’État, vous avez gelé
Les chapitres autres que ceux relatifs aux « Principes généraux » et aux « Droits et libertés »
De la Constitution, immunité que vous avez perdue, à l’instar de celle des députés
D’autant plus que, « Personne n’est au-dessus de la loi », vous ne cessez, tous azimuts, de crier [72]
Aussi, vous devriez rejoindre les 19 contrevenants, devant la justice, convoqués [73]
l’Histoire gardera de vous le souvenir du Chef d’État qui, le terme « peuple», a hypothéqué 
Qui a pris comme crédo « Le peuple veut, sait ce qu’il veut, et le pays, il va le purifier»  
Ne cessant de faire des promesses, par rapport aux moyens du pays, complètement déconnectées
L’Histoire gardera de vous le souvenir d’un islamisto-mystico-populiste obstiné

Malgré cela, Monsieur le Président, malgré tous les stigmates laissés par les égarés
Stigmates sociaux, économiques, institutionnels,... malgré les difficultés engendrées
La Tunisie saura, pour se retrouver démocratique et debout, comment se redresser 
Comme elle a toujours su le faire pendant les époques sombres dont son Histoire fut jalonnée
En conclusion, une brève et compliquée parenthèse dans la vie de son peuple, vous serez
Et, je souhaite pour vous, Monsieur le Président, que le peuple n’aura pas à vous juger

Épilogue ajouté le lundi 17 janvier 2022 : Adiós Presidente !

Lors du Conseil des ministres de samedi dernier [75]
Vous m’avez offert l’occasion de ne plus me concentrer
Sur vos activités, et, surtout, de ne plus les commenter
Ce que j’avais à vous signifier, je l’ai exprimé
Dans plusieurs articles, dans ce même journal, publiés [76]
À dire n’importe quoi, vous avez persévéré
À ce Conseil, vous avez même atteint le sommet
De la colère, de l’agitation, de la nervosité
Eu égard au comportement passé que l’on vous connaît
Croyant que pour convaincre, il suffisait de gesticuler
Et votre habituel verbe s’est trouvé émoussé
Vous, dont l’aura s’est construite sur ce verbe, en particulier
À tel point qu’un ministre vous a discrètement soufflé
Un mot de votre discours que vous n’arriviez pas à trouver [77]
Il s’agit d’un mot qui respire la judiciaire trivialité :
« Ministère public », dont vous vous êtes fait, chef, autoproclamé
Dans la vidéo-annonce de votre coup d’État de juillet [78]
Où, à la volonté de Dieu, vous prétendez vous conformer
« Dieu a voulu ! La prédestination a voulu ! », et après
« L’Histoire a voulu », dans une voix grave, vous avez notifié
Avant d’annoncer le renversement du pouvoir décidé [79]
Ainsi, pour un messie, pour le Mehdi attendu, vous vous prenez  
Je me demande si vous allez pouvoir un jour vous arrêter
Avec la fatuité que, dans vos interventions, vous étalez
Avec la caution religieuse que, à vos actions, vous apportez
Encore une preuve que, des islamistes, vous n’êtes pas éloigné
Pour bien des choses, Hadj Moussa et Moussa El Hadj, même, je dirai   
Avec vos discours, à l’instar d’un disque vinyle rayé
Concernant vos élucubrations, que quatre, je vais citer [75] :
« Une Cour constitutionnelle ! Est-ce vraiment une nécessité ! »
Elle est nécessaire, au moins, pour vous cadrer et vous contrôler
Et, de son absence, vous êtes, aujourd’hui, le premier à profiter
« Quand il n’y a pas de Constitution, il y a plus de libertés »
Là, Monsieur le Président, vous vous êtes vraiment surpassé
« Le 14 janvier prochain, il n’y aura qu’un seul opposé
Qui, ce jour-là, la fête de la Révolution, va commémorer »
Cela me fait penser au nombre que vous avez avancé
Concernant les citoyens qui étaient venus manifester
En votre faveur, le 3 octobre de l’an dernier : près
De deux millions ; alors qu’ils ne furent, au plus, que cinq milliers [80]
Ce qui confirme qu’avec les chiffres, vous n’êtes pas encore rodé
« Les colonisateurs, non-pas à travers les frontières, s’infiltraient
Mais, dans les cerveaux », comme toujours, c’est la faute de l’étranger
Comme toujours, vos adversaires, vous ne faites que les dénigrer
Les minimiser , les diaboliser, les criminaliser
Caractéristiques des populistes de toutes les contrées
Sentences qui montrent qu’avec vous, il n’y a plus rien à tirer
Qui révèlent que, pour votre peuple, vous manquez de respect
Que la Tunisie soit une République, vous l’avez oublié
Ainsi que sa civilité, dans la mère des lois, mentionnée
Cette mère des lois que vous ne faites que, continûment, violer
Dans le but de nous imposer votre projet de société
Qui met en péril les acquis que nous avons arrachés
Grâce à des luttes qui ont déjà impliqué vos aînés
Payés au prix fort, parfois, de leur sang ou de leur liberté
Acquis qui se trouvent, par votre vision, fortement menacés
Pour conclure, c’est en véritable monarque que vous vous projetez
Et à l’effondrement de l’État que vous êtes en train d’œuvrer [81]
Effondrement qui va être, probablement, accéléré
Par la Consultation nationale que vous nous avez concoctée [74]
Et les conséquences qu’elle va inévitablement engendrer
Sans aucun débat préalable afin que le citoyen puisse distinguer
L’effet de tel ou tel choix sur sa vie et sur le bien-vivre dans la cité
Surtout quand il n’a pas de compétence confirmée sur le sujet proposé
Dont celui, par exemple, du régime politique pour lequel il faut opter
Il n’y a que vous, Monsieur le Président, qui occupez la scène sur ce sujet
En nous parlant, matin, midi et soir, de votre régime politique souhaité
À tel point que l’on est en droit de croire que tout est, avant terme, déjà décidé
Outre le fait que cela représente, entre les divers choix, une inégalité
Puisqu’il n’y a que vous qui faîtes la promotion du régime politique que vous choyez
C’est comme si lors d’élections, il n’ y a qu’une partie qui fait sa publicité
Aussi, sur l’égalité de tous devant la Loi, arrêtez de laïusser
Volonté du Prince dépourvue de toute légitimité
Manœuvre pour que la volonté populaire soit détournée 
Orchestrée et gérée par vos adeptes, vos affiliés
Qui vont aussi avoir la charge d’assurer son secret
Déficit de transparence, neutralité et crédibilité
Traduisant, du dialogue national, votre point de vue singulier 
Qui jette, sur cette Consultation, un discrédit justifié 
C’est de l’arnaque à la vie privée et aux personnelles données
Qui risquent d’être, par ces mêmes gérants, politiquement, exploitées
J’ai l’impression que vous persistez à nous prendre pour des tarés
Mais, dans ces conditions, les tarés ne sont pas ceux que vous croyez
La démocratie et le pluralisme se trouvant violés
De prime abord ; et de Consultation nationale vous parlez !
Une opaque e-consultation n’assurant pas la sécurité
Informatique, ni l’indépendance de ceux qui vont la piloter
Ni leur intégrité, par un cercle partisan, supervisée
Et, il reste plusieurs lacunes que l’on pourrait relever
Consultation qui, le 13 décembre dernier, fut annoncée
Avec deux autres rendez-vous que vous avez déclinés
Le premier concernant un référendum qui va résulter
Des conclusions de cette Consultation sur des sujets variés
Établies à partir de questions à choix double, orientées
Pour soutenir votre projet de façon bien détournée
Sans que l’on sache comment elles seront dépouillées et consignées
Trente questions grâce auxquelles vos opinions sont cartographiées
Fournissant une banque de données jamais réalisée
À ma connaissance, dans aucun pays, faisant envier
Les GAFA, menaçant la vie démocratique et la vie privée
Ils sauront tout, absolument tout, sur ceux qui vont y participer
« Nationale consultation, piège à cons ! », pour, brièvement, résumer
L’essence  de ce slogan me fait penser à mon chanteur préféré
Léo Ferré, aux événements que j’ai vécus un certain mai
Et à Jean-Paul Sartre qui, dans un texte, l’a popularisée
Parenthèse pour que mes lecteurs ne me prennent pas pour un grossier
Conclusions qui seront, par cette opacité, adroitement aiguillées
En faisant croire qu’elles émanent du peuple, traduisant sa volonté
Que les participants se comptent par millions ou par quelques milliers
Singulière notion de peuple que vous persistez à manipuler
Consultation que vous considérez devant faire émerger
Des idées servant de matière à la Constitution amendée
Plutôt, pour que vos idées soient, à la Constitution, intégrées
Pour un changement de régime à 180 degrés
Aboutissant à la réalisation de ce dont vous rêvez
Sans campagne, ni publicité, sans aucun soutien financier
Les frais ayant été assurés par les publics deniers
Qui plus est, la plateforme de la Consultation fut élaborée
Sans appel d’offre, ce qui a indigné les gens du métier
Surtout que, d’après des informations concordantes, il apparaît
Que la novice star-tup d’Akil Nagati, en France, domiciliée
Aurait été la seule qui, à sa mise au point, a collaboré
Akil Nagati qui reconnait en avoir été un technique conseiller
Et que l’on avait aperçu dans une réunion, par vous présidée [82]
Cela est très grave, et vous en portez l’entière responsabilité
Surtout, côté favoritisme dans les marchés de l’État que vous décriez
Encore plus, si le service rendu est gratuit, comme Nagati l’a twitté
Puisque, c’est à autre chose de gravissime que l’on est alors tenté de penser
Je laisse le lecteur deviner ce que pourrait cacher une telle gratuité
Et dire que l’informatique tunisienne est parmi les plus réputées
Dans plein de domaines dont celui de la cybernétique sécurité
Parmi nos spécialistes qui est souvent, à l’étranger, sollicité
Mon collègue Noureddine Boudriga mérite d’être le premier cité
Le pays n’a pas su, de son talent et de son expertise, profit, tirer
Alors que des instances étrangères, dont l’OTAN et l’ONU, l’ont lorgné
D’ailleurs, NBN, votre maître d'œuvre de ladite Consultation, fut enseigné
À Sup'Com, pendant que  Boudriga y était Professeur des universités  
Insidieux passage en force, sans que le peuple soit consulté
Un Tunisien sur six est analphabète, faut-il le rappeler
Et près d’un sur deux, au service internet, n’a pas accès [83]
Le comble est que votre pouvoir a déclaré y remédier
En leur fournissant, ainsi qu’à ceux qui ont des difficultés
Pour le travail en ligne et n’arrivent pas à maîtriser
L’outil informatique, comme les personnes âgées
« Une assistance technique qui aura pour tâche de les aider
 À répondre à cette consultation » [84] a ; pourquoi pas, pendant qu’on y est
S’exprimer à leur place, et pour le référendum, en leur nom, voter
Cette assistance technique est portée par ceux que vous appelez [84] b
« Les facilitateurs » dont la tâche est d’accueillir ces assistés
Dans les Maisons des jeunes, à travers le pays distribuées
Le tout, par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, chapeauté
Et pour ceux dont le domicile est de ces Maisons éloigné
« Les facilitateurs » se déplaceront avec leur matériel approprié               
Jusqu’à leur lieu de résidence pour qu’ils puissent participer
Vu que la Consultation a été nettement, par les femmes, boudée
À ce jour, le taux de la participation féminine n’a pas dépassé
Le cinquième ; pour y remédier, ledit ministre, s’étant rappelé
Que, dans le Supérieur, à plus des deux tiers, les filles sont représentées
A décidé, pour sensibiliser la gent féminine, d’y envoyer
Vos « facilitateurs », pour battre campagne et les amener à s’y impliquer
Rien de comparable, par Bourguiba ou Ben Ali, n’a jamais été fait
Cela s’appelle violation des établissements supérieurs et de leur neutralité
Je devine comment l’étudiante tunisienne saura les faire renvoyer
Finalement, vous ne pensez aux femmes que lorsque vous êtes intéressé
Saint Mathieu, l’évangéliste, pensait-il à vous, quand il écrivait
« Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais », pour critiquer
Ceux qui ne suivent pas les recommandations qu’ils aiment, aux autres, dispenser
Car, lors du Conseil des ministres du 15 courant, vous avez insisté [75]
« Sur l’importance de la neutralité des institutions, en particulier
 Celles de l’enseignement, de l’économie et de la sécurité »
Le hasard a voulu que lors de ce Conseil, vous avez félicité
NB et NBN pour le travail qu’ils ont tous les deux effectué
Pour la mise en place de la plateforme de la Consultation sus-citée
Le ridicule a poussé ce même ministre jusqu’à comparer
Cette consultation au Grand débat national qui fut organisé
Par le président Macron, oubliant qu’en France, on avait dénombré
Pas moins de 10.134 débats locaux, souvent très animés
Il faut dire, Monsieur le Président, que vous, aussi, il vous est arrivé
De comparer les réformes que vous essayez de nous imposer
À certaines réformes de pays, beaucoup plus que nous, développés
Souvent, c’est comme comparer le dinar au dollar sur le financier marché
Malgré tous ces moyens licencieux, de la poche du contribuable, détournés
À ce jour, c’est uniquement moins de 100.000 citoyens qui se sont exprimés
Mais, les près de deux millions de soutiens que vous revendiquez, où sont-ils passés ? [80]
Neuf millions de Tunisiens appelés à participer, faut-il le souligner
Si cette tendance se confirmait, il faudrait démissionner, si vous voulez rester
Fidèle au principe de démission de tout élu, par ses électeurs, désapprouvé
Principe pierre angulaire de votre programme, à toute occasion, réitéré
D’ailleurs, on a l’impression que vous commencez à sentir le vent tourner
Car, c’est uniquement sur une participation de 25% que vous tablez
Pour que la crédibilité de votre Consultation nationale soit assurée
Et vous déclarez franchement que si ses résultats vous désavoueraient
Vous ne vous y plieriez pas nécessairement, et comble de la déloyauté
C’est uniquement en tant qu’indicateur que vous les considéreriez
Ils seraient un indicateur parmi tant d’autres, vous spécifiez
Ces données, par le biais du même ministre, vous les avez communiquées
Qui fut, dit-il, « désagréablement surpris » par le très faible taux associé
À la participation féminine ; mais, n’at-t-il pas oublié ce que vous disiez
Sur, entre autres, les libertés, et, surtout, sur l’égalité femme-homme entre héritiers [1]
S’ajoutant aux violences de vos brigades anti-émeutes contre la manif du 14 janvier  
« Ce n’est pas normal que la participation féminine soit insuffisante », a-t-il ajouté
La source de toutes les informations ci-dessus rapportées
Depuis le vers contenant la référence [84] b
Les appréciations et commentaires personnels, exceptés 
Se trouve effectivement dans cette référence détaillée
Revenons sur les faiblesses que nous pouvons constater
Dont quelques-unes ont été ci-dessus démontrées
Des e-consultations que vous semblez adorer
Les e-consultations sont source d’inégalité
Et génèrent des risques particuliers, aux droits des personnes, liés
Elles sont « plus compliquées à sécuriser que d’autres activités
Que nous pouvons faire par Internet », a récemment déclaré
Une éminente  chercheuse en cryptographie et cybersécurité [85]
Tout cela remet en question cette Consultation et son bien-fondé
D’autant plus que l’appareil de l’État est, pour elle, mobilisé
Alors que le pays risque fortement de se libaniser
Quant au référendum, il est prévu pour le 25 juillet
Suivi, le 17 décembre, par des élections anticipées
Qui se tiendront selon une loi électorale renouvelée
En attendant, le Parlement reste, jusqu’à cette date, gelé
Tout cela, loin des forces vives de la Nation, fut préparé
Loin des associations, des corps intermédiaires et constitués
Sans débat, qui s’est limité à votre seul cercle rapproché
On dirait que la Tunisie est votre propriété privée
Cette feuille de route que vous nous avez enfin dévoilée
Après plus de cinq mois de pouvoir absolu caractérisé
Cinq mois au cours desquels vous n’avez fait que tergiverser
Pendant que le peuple était, dans l’incertitude, plongé
Et, pour ses droits et ses libertés, des soucis, se faisait
Traduit une démarche qui, inéluctablement, aboutirait
À la dictature populiste par Carl Schmitt imaginée [4]
Dictature amenée à être constitutionnalisée
Par les textes que vous allez essayer de nous faire voter
Objectif final de votre triptyque ci-dessus exposé

Salah HORCHANI

[0] Initialement, ce poème comportait une centaine de vers. Suite à ses mises à jour successives, tenant compte de la riche actualité de notre président, depuis son coup d’État du 25 juillet 2021, il s’est trouvé, à la veille de la commémoration du onzième anniversaire de notre Révolution, comportant onze cents et quelques vers ; coïncidence liée au nombre 11 qui m’a donné l’opportunité de l’offrir, en différé, à notre président, lui qui s’est révélé être friand de la symbolique des nombres ; les échéances qu’il nous a concoctées, imposées, pour 2022 (20 mars-25 juillet-17 décembre) [74] en sont une preuve.

[1] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220919/tunisie-mais-qui-est-kais-saied-favori-de-la-course-au-palais-de-carthage

[2] « Yousséfistes » : Nom donné aux partisans de Salah Ben Youssef qui fut, d’abord, compagnon de route de Habib Bourguiba, avant de devenir, ensuite, son premier concurrent-opposant, au point de le payer de sa vie.

[3] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/131019/elections-tunisiennes-voila-ou-nous-conduit-la-desunion-des-forces-modernistes

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/080921/tunisie-monsieur-le-president-kais-saied-de-votre-systeme-n-en-veut-pas

[4] https://www.cairn.info/revue-mouvements-2005-1-page-72.

[5] https://www.lepoint.fr/afrique/tunisie-les-missiles-du-president-17-10-2021-2448065_3826.php

https://www.businessnews.com.tn/kais-saied-compare-ses-adversaires-a-des-esclaves-qui-ne-valent-pas-deux-sous,520,106291,3 

https://www.webmanagercenter.com/2021/08/29/471801/les-piques-de-kais-saied/

[6] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/1279897095859726

https://www.businessnews.com.tn/kais-saied-les-citoyens-patriotes-doivent-purger-le-pays-des-voleurs,520,113486,3  

[7] https://www.youtube.com/watch?v=SLf4kYJKqOM

https://www.lecourrierdelatlas.com/tunisie-a-paris-la-communication-hasardeuse-de-la-president-saied/

https://atalayar.com/fr/content/la-tunisie-est-victime-de-la-corruption-et-des-voleurs-d%C3%A9clare-le-pr%C3%A9sident-saied

[8] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/151021/tunisie-ue-et-usa-notre-president-et-nos-medias-ont-la-memoire-courte

[9] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/215276780612614

[10] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/639624930752225

https://www.businessnews.com.tn/kais-saied-au-pays-des-soviets,520,113293,3

[11] a. https://www.facebook.com/Presidence.tn/photos/a.281368748587856/4781014631956556/

https://www.espacemanager.com/lausterite-et-la-justice-fiscale-evoquees-au-cours-de-la-rencontre-saied-bouden.html

[11] b. Voir, à ce sujet, mon poème intitulé « J'accuse la SSS de Rached Ghannochet de la violente agression dont je fus l’objet », paru sous le :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/181218/jaccuse-la-sss-de-rached-ghannochet-de-la-violente-agression-dont-je-fus-l-objet

[12] a. https://www.lecourrierdelatlas.com/quel-bilan-pour-le-bapteme-du-feu-diplomatique-de-najla-bouden/

[12] b. Voir la vidéo [14] ci-dessous, de la minute 1 : 00 à la minute 2 : 40.

[12] c. https://www.businessnews.com.tn/abdellatif-mekki-ironise-sur-lausterite-pronee-par-kais-saied,520,113757,3

[13] J’ai exposé, succinctement, dans la première référence de [3] ci-dessus, les grandes lignes de ce renouvellement par les vers suivants :
Pour lui, « les partis sont à la marge, mourants, dans quelques années, leur rôle sera terminé 
Même dans les pays occidentaux, pour la démocratie représentative, c’est l’insucccès 
Nous sommes entrés dans une ère nouvelle de l’Histoire, l’ère des partis est révolue et dépassée 
Les peuples s’organisent désormais de façon nouvelle, regardez en France, avec les jaunes gilets 
Après la révolution due aux TIC, l’ère de la nouvelle transition révolutionnaire est arrivée»
[Grosso modo], ce qu’il propose se situe entre le système des soviets et le Sénat français
Avec un petit zeste, façon Jamahiriya, pour que le tout soit couronné
Avec des slogans et mots d’ordre déjà vus, rappelant ceux des « jaunes Gilets »

[14] Voir, la vidéo ci-dessous, de la minute 4 : 35 à la minute 7 : 00, où, en introduction d’un Conseil des ministres, le Professeur-Président Kaïs Saïed, expose, également  succinctement, et essaye  de vendre les grandes lignes de ce renouvellement, réfutant, entre autres, le concept de  «Société civile» de Hegel et, après lui de Gramsci [15], Gramsci, faut-il le rappeler, qui fut emprisonné par le régime du Duce de 1926 à sa mort, en 1937, et dont les principaux travaux - en tant que philosophe, écrivain ou théoricien politique – furent accomplis pendant ses onze années d'emprisonnement. Dans cet exposé, il a déclaré en particulier : « La Tunisie est entrée dans une nouvelle étape de son histoire qui est différente des précédentes et qui requiert de nouvelles visions et méthodes de travail, hors des cadres et concepts traditionnels, pour gérer les affaires publiques. L’esprit humain a évolué et la culture politique également, beaucoup de concepts sont devenues obsolètes, comme les médicaments qui ont dépassé leur durée de conservation », déclaration dont le sens caché peut être trouvé dans les référence [3] et [13] ci-dessus.

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/1781337962067390/

[15]  Sur les sens de "société civile" chez Gramsci - jstor

[16] Voir la vidéo [14] ci-dessus, de la minute 7 : 00 à la minute 7 : 45 et de la minute 8 : 40 à la minute 8 : 45.

[17] https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231021/le-droit-la-desobeissance-contre-la-derive-autoritaire  

[18] https://www.businessnews.com.tn/kais-saied-le-facebookeur,523,113862,3

[19] Voir le deuxième lien de la référence [3] ci-dessus où il est écrit :

Le 25 juillet, le peuple a manifesté contre les islamistes
En réclamant de nouvelles élections législatives
Il ne vous avait pas demandé d’élargir vos prérogatives
Ce que vous avez fait, en suivant un scénario putschiste
Changeant la nature de ces populaires manifestations
En les détournant au profit de votre projet personnel
Faisant de ce mécontentement l’inespérée étincelle
Pour en finir avec le régime politique existant

[20] Voir l’Addendum, ajouté le 26 septembre 2021, du deuxième lien de la référence [3] ci-dessus.

[21] https://www.asf.be/wp-content/uploads/2021/11/Rapport-100-jours_apres-larticle-80_Erosion-de-lEtat-de-droit-et-menace-sur-les-libertes-ASL.pdf 

https://www.asf.be/wp-content/uploads/2021/09/Rapport-50-jours-apres-larticle-80-Une-rupture-dans-la-continuite-1.pdf

[22] De la minute 11 : 00 à la minute 11 : 10 de la vidéo suivante

https://www.youtube.com/watch?v=2MdkmOk6EbU

le candidat Kaïs Saïed avoue lui-même : « Je n’ai jamais voté, ma vie durant, ni avant le 14 janvier, ni après ».

[23] https://www.businessnews.com.tn/quelques-heures-apres-sa-nomination-amel-adouani-limogee,520,113819,3

https://www.tunisienumerique.com/amel-adouani-la-porte-parole-limogee-sort-de-son-silence/

[24] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/18/en-tunisie-les-partisans-de-kais-saied-cherchent-a-mobiliser-la-jeunesse_6102600_3212.html

[25] https://www.businessnews.com.tn/Des-enfants-chantent-les-louanges-de-Ka

[26] https://www.espacemanager.com/pourquoi-kais-saied-devrait-dormir-carthage.html

[27] Voir, à ce sujet, l’article ci-dessous et la vidéo qui y est incluse :

https://www.leconomistemaghrebin.com/2021/11/18/kais-saied-calendrier-reformes-politiques-en-cours/

[28] Voir, à ce sujet, la vidéo incluse dans la référence [27] ci-dessus de la minute 3 : 00 à la minute 5 : 10.

[29] Voir, à ce sujet, le deuxième lien de la référence [3] ci-dessus où il est écrit :

Quant à votre ignorance, aussi bien en économie qu’en finances
Votre façon de se moquer des notations souveraines en invitant
Les agences à changer les critères d’attribution de ces notations [15]
Reflète que, pour votre mise à niveau, il y a vraiment extrême urgence [16]

[30] https://www.letemps.ch/monde/kais-saied-seul-maitre-bord-tunisie

http://www.rtci.tn/decret-presidentiel-117-lugtt-surprise-decue/   

[31] https://www.webdo.tn/2021/11/03/donnees-personnelles-chawki-gaddes-appelle-a-limiter-lutilisation-de-

[32] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/111117/tgi-de-paris-non-lieu-dans-le-proces-intente-par-ghannouchi-rached-mon-

[33] Voir, à ce sujet, mon article intitulé « Genèse de mon engagement politique accompagnée de quelques témoignages et souvenirs », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220521/genese-de-mon-engagement-politique-accompagnee-de-quelques-temoignages-et-

[34] Voir, par exemple, la vidéo ci-dessous - de la minute 4 : 40 à la minute 5 : 40 et de la minute 6 : 00 à la minute 6 : 35 - où le président Kaïs Saïed déclare : « Ils disent presque tous les jours que l’on porte atteinte aux libertés et aux droits (…) A-t-on arrêté quiconque pour ses idées ou pour une opinion qu’il a exprimée ou à cause de sa coloration politique ? Nous n’avons jamais touché aux libertés et l’histoire ne reviendra jamais en arrière (…) Ils emploient ce que l’on appelle les réseaux sociaux pour dénigrer et insulter, comme si la liberté était d’entendre des insultes et des dénigrements sans réagir. Est-ce cela la liberté ? (…) Malgré cela, aucune plainte n’a été portée par la présidence de la République».

https://www.facebook.com/watch/?v=481674189912403

[35] Voir, par exemple, le Communiqué de presse ci-dessous d’Amnesty International dont la phrase d’ouverture est : « En Tunisie, les tribunaux militaires ciblent de plus en plus les civil·e·s, dans certains cas au motif qu’ils critiquent publiquement le président Kaïs Saïed depuis qu’il s’est arrogé des pouvoirs très étendus le 25 juillet, a déclaré Amnesty International le 10 novembre 2021 ».

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2021/11/tunisia-alarming-increase-in-number-of-civilians-facing-military-courts/

[36] Voir, par exemple, les liens suivants :

https://www.webdo.tn/2021/06/01/accuse-de-porter-atteinte-a-kais-saied-le-bloggeur-slim-jebali-en-prison/

https://www.tunisie-tribune.com/2021/11/13/le-blogueur-slim-jebali-condamne-a-six-mois-de-prison/ 

[37] https://www.facebook.com/ASF.Tunisie/photos/2182374061904464

ASF=Avocats Sans Frontières ; ADLI=Association tunisienne pour la Défense des Libertés Individuelles ; KDTC= Kawakibi Democracy Transition Center.

[38] Leïth Ben Becher, Agriculteur Fondateur-Ancien président du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI), Sabrine Goubantini, ancienne députée, Ramy Salhi, Directeur Maghreb du réseau EuroMed Droits, Bassem Trifi, Vice-président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme.

[39] https://www.espacemanager.com/qui-est-slimane-bouhafs.html

https://www.jeuneafrique.com/354995/societe/algerie-slimane-bouhafs-chretien-condamne-a-3-ans-de-prison-ferme-atteinte-a-lislam/

[40] Voir, par exemple, le lien suivant :

https://www.nessma.tv/fr/politique/actu/ettayar-ettakatol-et-al-joumhouri-kais-saied-a-viole-la-constitution/364278

[41] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/2030723337110213

[42] Voir la vidéo [41], de la minute 8 :10 à la minute 10 : 15. 

[43] Voir la vidéo suivante, de la minute 1 : 10 à la minute 2 : 10.

https://www.facebook.com/watch/?v=444105517428083

[44] Il s’agit des professeurs Amin Mahfoudh, Sadok Belaïd et Mohamed Salah Ben Aïssa.

https://www.jeuneafrique.com/1267679/politique/crise-en-tunisie-cet-homme-de-lombre-consulte-par-kais-saied/

[45] Voir la vidéo suivante intitulée « Après s'être engagé à la respecter, Kaïs Saïed élimine la constitution » :

https://www.youtube.com/watch?v=OGAyUJr4YQI

Voir, aussi, les deux premières minutes de la vidéo suivante, où l’on aperçoit les universitaires constitutionnalistes précités :

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/232925945637512/

[46] https://journals.openedition.org/anneemaghreb/923

[47] https://www.cairn.info/revue-tumultes-2012-1-page-71.htm

[48] Extrait d’une phrase d’Habib Achour, Secrétaire général de l’UGTT, prononcée dans le discours qu’il a fait à la veille d’une grève générale dans l’enseignement supérieur, en mars 1981 ; la phrase complète, reprise dans [47], est : « [L’UGTT] rassemble de l’éboueur en passant par le métallo jusqu’au médecin hospitalo-universitaire et aux professeurs des universités ».  

[49] LTDH = Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme et ATDF = Association tunisienne des femmes démocrates.

[50] https://www.jeuneafrique.com/1277890/politique/tunisie-lugtt-premiere-force-dopposition-a-kais-saied/ 

[51] Ce que l’on appelait Collège Sadiki était, en vérité, un complexe groupant une école primaire, un collège et un lycée.

[52] https://www.legrandsoir.info/tunisie-les-faux-leitmotive-d-ennahdha-prelude-d-un-coup-d-etat-islamique-constitutionnel.html

[53] Plus précisément, c’est Houcine Abbassi, Secrétaire général de l’UGTT, cité dans [47], qui a dit, en janvier 2012 « En Tunisie, tout s’est effrité et il ne reste plus que l’UGTT ».

[54] https://www.youtube.com/watch?v=Gf-OFroM2Kw

[55] https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/220221/tunisie-lettre-au-president-kais-saied-sur-un-air-de-boris-vian

[56] a. Voir la référence [7] de mon poème intitulé «Ma Profession de foi et mes dernières volontés », paru sous le lien suivant :

https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/110918/ma-profession-de-foi-et-mes-dernieres-volontes

[56] b. https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/blog/241019/maisqui-est-naoufel-saied-frere-et-matiere-grise-du-president-tunisien-kais-saied-0

[57] La vidéo suivante restera un grand classique en la matière.

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/897148007667462/

[58] a. https://www.facebook.com/watch/?v=286651670106725

[58] b. Voir la vidéo [57] de la minute 11 : 41  à la minute 12 : 00. Quant à la non-véracité de cette affirmation, voir la référence [37] et le vers ci-dessus « Vous avez tendance à poursuivre en justice tous ceux qui osent porter » et les suivants.

[59] https://www.realites.com.tn/2021/12/avec-une-conference-de-presse-sans-journalistes-saied-innove-estime-le-president-du-snjt/

[60] https://daralkhabar.com/tunisia-algeria-latest-meeting-conference/ 

[61] Ci-dessous, la vidéo officielle de ladite conférence de presse.

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/1061421597766486/ 

De la minute 14 : 40 à la minute 15 :10 - Question du journaliste de l’agence Algérie presse service (APS) adressée au président Kaïs Saïed ; « Quels sont les horizons de la coopération économique entre l’Algérie et la Tunisie à l’ombre de la situation compliquée induite par la pandémie de Corona dans le monde ».

De la minute 15 : 12 à la minute 20 : 15 – Réponse du président Kaïs Saïed : Je ne veux pas parler des horizons. Inch’Allah, le monde, dans sa totalité, se débarrassera de cette pandémie et la vie reviendra normale partout dans le monde. Quant aux horizons de la coopération, c’est l’Histoire qui les imposera, car, je le redis encore une fois, il n’est possible de construire notre avenir qu’unis, solidaires, s’entraidant, tous les deux avec la même voix, la même position, avec une position unique pour tous les problèmes. Les horizons sont très vastes. Nous marchons ensemble pour créer une nouvelle histoire, et cela après une lecture critique de quelques étapes historiques et une analyse des raisons qui ont conduit à ces étapes afin de les éviter. Et, louange à Allah, le Maître de l’Univers, pour le fait que nous lisons de la même façon cette Histoire et nous regardons l’avenir du même regard, regard basé sur la fusion, basé sur la complémentarité, sur la fraternité. Je voudrais insister sur la fraternité, parce qu’elle est une réalité, une réalité palpable dans nos deux pays, dans nos deux États. Et, malheureusement, dans le passé, on ne parle du Maghreb arabe qu’à l’étranger. Parmi les grandes curiosités, l’une d’elles est que l’idée du Maghreb existe au Caire, comme le Marché des Maghrébins, à Jérusalem, la Porte des Maghrébins, en France, on parle de Maghrébins, on ne parle pas de Tunisien, d’Algérien ou de Marocain, cette idée existe à l’étranger et nous unit. Je rappelle aussi que dans les réunions scientifiques auxquelles j’assistais, j’essayais directement de rencontrer mes frères algériens, de façon instinctive, quand il y a plusieurs nationalités, directement, je rencontre le professeur universitaire algérien. L’idée du Maghreb arabe  existe dans la conscience de tout Tunisien, de tout Algérien, de tout Marocain, de tout Mauritanien, de tout Libyen, et voire, de tout Égyptien, car l’Égypte est une partie de l’Afrique du Nord, nous œuvrerons, Inch’Allah, pour la réalisation de ce sentiment, de cette conscience qui nous unit, afin que ceci n’existe plus uniquement à l’étranger, mais  qu’il existe aussi à l’intérieur ; comme je l’ai déjà dit, en France, ils parlent de Nords-Africains, de Maghrébins [nda : ces deux termes sont en français dans la réponse de Kaïs Saïed ], ils ne parlent pas de Tunisien, ou d’Algérien ou de Marocain. Cela, nous le réaliserons, Inch’Allah, dans la Maghreb arabe, à l’aide, par exemple, de cette rencontre avec mon cher frère. Vous avez soulevé le problème de la pandémie !  Le frère s’est allié à son frère, au-delà de ce que l’on attendait, car les sentiments sont réciproques entre nous dans toutes les étapes historiques, surtout du XXème siècle et le début du XXIème siècle et les jeunes aujourd’hui échangent les idées à travers les réseaux sociaux ; ainsi, est née une pensée nouvelle différente de la pensée qui était dominante au cours des derniers siècles. Inch’Allah, cette pandémie disparaîtra, et la paix règnera, et la sécurité règnera chez notre sœur, la Libye, et notre peuple palestinien retrouvera ses droits en Palestine.

[62] a. Voir l’ouverture de la vidéo  [57] ci-dessus, ainsi que de la minute 5 : 33 à la minute 7 : 15  et de la minute 12: 15 à la minute 14: 00.

[62] b. On retrouve dans la vidéo suivante un modèle type de ces discours.

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/957132585221668/

[63] Voir la vidéo suivante de la minute 5 : 05   à la minute 6 : 10.

https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/438479661161592/

[64] Voir la vidéo [63] de la minute 7 : 00   à la minute 7: 20. Les expressions entre des guillemets intérieurs (") sont dites en français.

[65] Voir la référence [1] ci-dessus où il est mentionné que vous avez déclaré, quand vous n'étiez que candidat :

« Ce sont les jeunes, les laissés-pour-compte, les sans-voix, les pauvres qui m’ont poussé à me présenter
Responsabilité dont je ne voulais pas, que je n’ai pas cherchée, mais, par le ciel, destinée»

[66] https://www.businessnews.com.tn/farouk-bouasker--kais-saied-peut-etre-poursuivi-pour-fraude-electorale-a-la-fin-de-son-mandat,534,115441,3

[67]https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/659147542113621

Dans cette vidéo, le président Kaïs Saïed, après avoir fustigé, fidèle à son habitude, ses opposants, de l’intérieur et de l’extérieur,  après les avoir accusés d’avoir détourné des milliards appartenant au peuple qu’ils ont amassés pour eux-mêmes, à l’intérieur et à l’extérieur [bis], d’avoir reçu des valises bourrées d’euros ou de dollars provenant de l’étranger, il a déclaré  [de la minute 7 :10  à la minute 7 : 30 ] : « Que tout le monde sache - et moi qui ne crains qu’Allah, le Maître de l’Univers - que le seul montant que j’ai dépensé [ pour ma campagne électorale] s’élève à cinquante dinars [ nda : ce qui équivaut, environ, à quinze euros, je dis bien quinze euros], outre le prix des cafés consommés, et j’ai même refusé le financement public [de ma campagne] », et, il a poursuivi ses attaques, cette fois-ci, contre l'Instance supérieure indépendante pour les élections (l’ISIE) qui avait mis en lumière lesdites infractions électorales mentionnées dans le poème, dont il serait coupable.

[68] Voir les deux premières minutes de la vidéo [57].  

[69] Ce déni, il l’a confirmé récemment, en Conseil des ministres, comme le montre la vidéo [67] ci-dessus, de la minute 7 : 30 à la minute 8 : 00, où il déclare : « J’ai dit à l’ISIE - qui devrait être indépendante et non être un outil pour certaines personnes - je leur ai dit que ces pages Facebook, je ne les utilise jamais, elles ne m’engagent en rien et je ne sais pas qui est derrière ces pages », ce qui contredit les informations que j’ai données, voilà plus de deux ans, rappelées dans la référence [70].

[70] En effet dans mon poème [3] ci-dessus, paru le 13 octobre 2019, soit le jour-même du vote pour le second tour, j’ai écrit :

Les artisans de la victoire de Kaïs Saïed constituent une trinité
Il y a d’abord le Mouvement des jeunes tunisiens [15] qui a enfanté
Le second, à savoir les pages Facebook qu’il a orchestrées et alimentées
Quant au troisième élément, c’est une association qui, par Naoufel Saïed, est codirigée
Dont le président est Hmida Ennaïfer, fondée par les deux derniers nommés [17]
(…)
Des centaines de milliers de ses fans groupés autour de pages Facebook chèrement sponsorisées
Il ne s’agit pas de dizaines de pages, mais, de 2 000 groupes Facebook, pour le soutenir, créés [15]
Alors qu’il prétend ne pas être fan de ce réseau et ignorer ce que ses supporters y faisaient
Bien qu’il ait été vu avec le patron d’une société, dans l’administration de pages, spécialisée
Pages de réseaux sociaux, et plus particulièrement celles qui, vers le public jeune, sont orientées
(…)
Il prétend qu’il n’est pas Facebookeur, alors qu’il est sponsorisé par plusieurs pages FB
Pages VIP dont les fans et les personnes atteintes se comptent par centaines de milliers
Il dit ne pas avoir affaire à Facebook qui, à sa victoire, a largement contribué
Par l’intermédiaire du Mouvement des jeunes tunisiens qu’il a, par la suite, renié
Comme, par la voix de son président-fondateur, Thameur Bdida , ci-dessous, il sera démontré
(…)
Je disais donc que son « Peuple », ce sont ses fans groupés autour de pages Facebook chèrement sponsorisées
Des sympathisants de la «Ligue de Tunisie pour la culture » [17], par son frère fondée et dirigée

[71] https://journals.openedition.org/anneemaghreb/6811

où il est écrit : « Outre le travail de terrain de ses jeunes supporters, c’est par Facebook que s’opère sa campagne. Pendant tout le processus électoral, il s’appuie sur un large réseau de comptes sociaux regroupant 2,9 millions de membres de groupes et de pages Facebook . Ce faisant, Kais Saïed et ses supporters montrent que les modes traditionnels de mobilisation politique, peuvent être mis en défaut par les réseaux sociaux », affirmation basée sur le Rapport final de la Mission d’observation électorale de l’UE (MOEUE), Tunisie 2019 Élections présidentielles et législatives.

[72] Ainsi, dans la vidéo [67] ci-dessus, de la minute 2 : 10 à la minute 2 : 25,  le président Kaïs Saïed déclare : « Il n’existe aucune personne, ni aucun système, au-dessus de la Loi et au-dessus de la Constitution ».

[73] https://lapresse.tn/119852/crimes-electoraux-dix-neuf-personnes-dont-ghannouchi-karoui-et-chahed-poursuivies/  

Il convient de souligner qu’il est écrit dans cet article que « Le service de presse du Tribunal précise qu’il n’a pas été possible de traduire d’autres personnes devant la justice pour des raisons procédurales », désignant, en sous-entendu, probablement, le président Kaïs Saïed.

[74] https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/12/14/en-tunisie-le-president-saied-annonce-un-referendum-constitutionnel-pour-l-ete-2022_6105990_3212.html

[75] https://www.facebook.com/Presidence.tn/videos/462551235379080/

https://www.businessnews.com.tn/kais-saied--avions-nous-vraiment-besoin-dune-cour-constitutionnelle-,520,115729,3

[76] Il s’agit, évidemment, de ce poème et, en particulier, des références ci-dessus suivantes : [1], [3], [8] [55] et [56] b.

[77] Voir la vidéo [75] de la minute 6 : 50 à la minute 7 : 00.

[78] https://www.hrw.org/fr/news/2021/07/27/tunisie-la-confiscation-des-pouvoirs-par-le-president-menace-les-droits

https://www.youtube.com/watch?v=DoOPGTEnsfI

[79] Voir l'ouverture de la vidéo [78].

[80] Voir le deuxième lien de la référence [3] ci-dessus.

[81] https://www.lecourrierdelatlas.com/tunisie-le-forum-de-davos-met-en-garde-contre-un-effondrement-de-letat/

[82] https://www.lecourrierdelatlas.com/tunisie-demarrage-calamiteux-de-la-consultation-populaire-presidentielle/

https://www.leconomistemaghrebin.com/2022/01/03/en-parlant-de-consultation-electronique-que-sait-on/

[83] https://www.france24.com/fr/afrique/20220101-la-tunisie-lance-une-consultation-nationale-au-d%C3%A9triment-des-acquis-d%C3%A9mocratiques

[84] a.  https://www.tunisienumerique.com/tunisie-une-nouvelle-source-de-polemique-a-propos-de-la-consultation-en-ligne/

[84] b. Voir la vidéo ci-dessous, et, particulièrement, les séquences suivantes : À la minute 13 : 30 ; de la minute 15 : 20  à la minute 15 : 30 ; de la minute 16 : 50 à la minute 17 : 50 ; à la minute 21 : 50 ; de la minute 28 : 00 à la minute 30 : 40 ; de la minute 31 : 40 à la minute 32 : 00 ; de la minute 41: 10 à la minute 42 : 00.

https://www.mosaiquefm.net/fr/video/641798/deguiche-la-consultation-n-est-pas-destinee-aux-jeunes-uniquement

[85] https://www.leparisien.fr/politique/vote-electronique-il-est-plus-complique-a-securiser-que-dautres-activites-que-nous-pouvons-faire-par-internet

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