Masculinismes : Un ensemble d’offres idéologiques identitaires, construites, diffusées et opérationnalisées au sein de divers milieux de radicalisation (on/off ligne), qui font l’apologie de, ou prônent1…
la violence sous toutes ses formes, afin de maintenir, voir renforcer la domination des hommes sur les femmes et minorités de genre.
Pour nier l'existance du terrorisme masculiniste, certains brandissent une étude néo-zélandaise sur les masculinités afin de discréditer le rapport du Haut Conseil à l'Égalité. Amalgames, chiffres dévoyés et pathologisation servent ici un antiféminisme bien rodé.
Une petite musique qui monte est celle d’assimiler les masculinismes à des dérives sectaires. Cette confusion, historiquement entretenue entre terrorisme et sectarisme, engage des choix méthodologiques et des instruments d’action publique qui conditionnent directement la qualification de la menace, la prévention des violences et la protection des personnes ciblées.
Au procès en appel de Christophe Ruggia, la défense mobilise la thèse des « faux souvenirs induits » pour disqualifier la parole d’Adèle Haenel. Ici j'analyse comment une pseudo-science masculiniste, légitimée encore par certaines sphères « rationnalistes » sous prétexte de lutte contre les dérives sectaires, continue d’irriguer les prétoires.
La stratégie de « riposte informationnelle » incarnée par le compte X « French Response » relève moins d’une diplomatie innovante que d’une joute viriliste, fondée sur le clash et le ricanement. Ce choix du combat de coquelets interroge directement la crédibilité de la France lorsqu’elle affirme promouvoir une diplomatie féministe.
Vous pensiez tout savoir sur les masculinismes ?
Je vous propose un exercice simple : passer en revue neuf idées reçues qui empêchent encore de qualifier et lutter contre la menace.
La reconnaissance institutionnelle du terrorisme masculiniste marque un tournant politique. Mais cette sécuritisation ouvre une phase décisive : celle du backlash. À partir des premiers signaux médiatiques, ce texte analyse les stratégies discursives visant à neutraliser la menace, retarder l’action publique et contester la gouvernance de la lutte.
Les analystes en relations internationales continuent d’échouer à comprendre Trump, faute de mobiliser des grilles genrées pourtant indispensables. Le qualifier d’irrationnel masque la cohérence d’un pouvoir masculiniste fondé sur la violence sexuelle, l’impunité et le contrôle coercitif.
Lors d’un tractage aux municipales lyonnaises, un soutien politique s’est publiquement revendiqué « masculiniste » face à une femme candidate. Cette auto-désignation, rendue possible par la circulation médiatique récente du terme, marque un seuil : le masculinisme n’est plus seulement analysé ou dénoncé, il devient un outil électoral mobilisable sans coût politique immédiat.
En traitant les masculinismes comme un simple problème d’influence en ligne, le rapport « influenceurs 2 » révèle la méconnaissance persistante de l’État face à ces idéologies violentes.