La débâcle assurée de la République suscite maintes lamentations. Pour ma part, je me réjouis de la faillite d’un système injuste, inégalitaire, reproduisant jusque dans ses menus détails les tares du régime féodal qu’il a remplacé : je crains seulement la violence qui ne manquera pas d’accompagner sa disparition.
En épouillant ma bibliothèque, je mesure l'ampleur de la révolution numérique. La dernière fois que j'ai déménagé, c'était en 99. Treize ans, une paille. J'étais déjà à cette époque une fervente d'internet (j'ai acheté mon premier modem au début des année 90, un qui faisait des couiiiics crouic ziiiiimmm pout pout pout à n'en plus finir), mais il ne me serait pas venu à l'idée de profiter du déménagement pour me séparer des 18 tomes de mon Encyclopedia universalis ni des 7 volumes de mon Robert.
J’ai voulu emmener mon homme au théâtre. D’accord c’était pourri d'emblée, il n’aime pas le théâtre. Et quand je lui ai annoncé CE QUE je voulais aller revoir avec lui :— Ça va pas la tête ? J’ai autre chose à foutre que de me farcir une pièce de boulevard avec une vedette de la télé !