Hebdo du Club #52: bienvenue aux nouveaux contributeurs!

Chaque jour de nouveaux contributeurs rejoignent notre agora pour partager leurs analyses, leurs passions et échanger sur des sujets délicats. Présentation des nouvelles, et nouveaux venus cette semaine.

Quand il m’arrive de présenter le Club en public, il y a toujours des personnes qui s’étonnent de notre fonctionnement : "ah bon, il suffit donc d’être abonné·e pour avoir un blog hébergé chez vous !", "ah ben alors, je ne savais pas que je pouvais écrire des billets, je suis pourtant abonné·e depuis x années", "C’est vrai, j’avais oublié, je n’ai pas besoin de vous demander votre feu vert pour publier…" 

Alors, oui, rappelons-le, chaque abonné·e à Mediapart, en plus d’accéder aux articles du journal, a un blog hébergé sur notre site (ici le mode d'emploi) où il peut sans aucun filtre, ni choix ni relecture par l'équipe de Mediapart, écrire ce qu'il veut. Quant à la modération, que ce soit des billets, ou des commentaires, elle se fait a posteriori, grâce à un système d’alerte où chacun (même les non-abonnés) peut nous alerter sur les productions qui posent problème. Nous nous appuyons alors sur notre charte de participation pour dépublier et/ou modérer. « La règle de départ est donc celle de la liberté totale dans la responsabilité maximale: chacun est libre, chacun est responsable. » expliquait Edwy Plenel, en 2010, dans son billet « Mediapart, son club, sa démocratie ».

Espace d’expression et de vigilance citoyenne, le Club est ainsi né, il y a 11 ans de l’intuition des fondateurs de Mediapart quant à la métamorphose du rôle du public dans le monde numérique. Mediapart, media participatif, devait donc prendre en compte le fait que les journalistes étaient tombés de leur piédestal, et qu’il n’y avait plus d’un côté l’émission (active) et de l'autre la réception (passive), mais que l’un et l’autre avaient droit au chapitre et qu'ils étaient devenus interdépendants.

C’est pourquoi il existe toujours des fils de commentaires sous les articles et billets de Mediapart (alors que la tendance générale des autres sites d'information est de les fermer désormais). Et que sur la Une du site, il y a une colonne bleue, en vis-à-vis du journal, où une vingtaine de billets de blogs est sélectionnée chaque jour. Cet emplacement inédit, offre ainsi une grande visibilité à nos contributeurs. Visibilité décuplée par les réseaux sociaux, car à la différence des articles du journal, les billets de blogs sont en accès libre.

L’autre grande interrogation concernant le Club concerne notre sélection de billets à la Une. 

La question est tout à fait légitime, mais je le sais d’avance, la réponse satisfait rarement, car elle est complexe. Disons que le maître mot, c’est la diversité. Non pas dans son sens ethnique ou politique bien sûr, mais dans son sens démocratique (nous mettons aussi des billets en Une qui critiquent les articles de Mediapart, et le fonctionnement du participatif !) Il n’y a pas chez nous de « Club Premium » avec des signatures, un classement des sujets sérieux (la culture peut être tout en haut de la colonne par exemple). J’aime à dire que le Club sert à « ouvrir les chakras de Mediapart ».

Composer la Une (les Unes !) du Club, c’est donc une sorte de performance quotidienne, où les ingrédients, les rythmes, les tonalités nous échappent complètement, mais avec lesquels nous composons… au mieux ! A la Une, vous trouverez donc des billets liés à l’actualité (la nôtre, et/ou celle plus générale, notamment à l’étranger), des billets décalés (car c’est aussi ça la liberté), des billets d’expert·es (car nous avons la chance d’en avoir parmi nous), des témoignages, des tribunes collectives, des billets militants (pour faire entendre la société civile organisée), des portfolios, etc… Et aussi des billets de la Rédaction de Mediapart.

Nous tenons tout particulièrement à faire entendre dans cet espace les voix plus discrètes, les femmes (ici mon Appel à contributrices car il n’y en pas assez), toutes les minorités… et les nouveaux venus !

Des billets pour aller voir ailleurs

Le choix qui est le nôtre de mettre le plus possible de premiers billets à la Une est une façon d'accueillir les nouvelles contributrices et contributeurs. La plupart du temps, ce sont des nouveaux abonnés, mais ce n’est pas forcément le cas.

Alors si vous voulez savoir ce que veut dire « Djeich, chaab, khawa, khawa », ou encore « Klitou leblad ya serrakine » scandés dans toutes les manifestations en Algérie, depuis le 22 février, c’est ce billet qu’il faut lire. 

  • Autre voyage, le portfolio d photographe Michele Gurrieri, arrivé chez nous par l’intermédiaire de Nicolas Roméas (petit rappel, chaque abonné peut inviter ses amis grâce à l’option parrainage), où il présente une partie de son travail documentaire sur l’Italie, publié désormais dans un livre.

 © Michele Gurrieri © Michele Gurrieri

Des billets qui créent du débat 

« Parce que Sibeth Ndiaye a porté une robe à fleurs et ses cheveux afro le jour de sa prise de fonction comme porte-parole du gouvernement, elle a essuyé un torrent de commentaires misogynes et racistes sur les réseaux sociaux. Par sa tenue et sa coiffure, elle déprécierait les fonctions officielles qui sont désormais les siennes. Femme, qui plus est femme noire, elle ne serait pas digne de la République. »

Sans expliciter ici la discussion, désormais virulente dans Le Club (mais nous reviendrons dessus bientôt) sur l’imbrication des questions sociale (politique), raciale et sexuelle, remarquons que le billet a fait bigrement réagir (285 commentaires, 49 recommandés).

  •  « Lundi 4 mars, le journal Konbini News a publié une interview d'Anne Ratier, femme avouant avoir tué son fils en 1987, alors âgé de 3 ans car il était polyhandicapé. S'en est suivi un déferlement de commentaires validistes, félicitant cette femme d'avoir commis ce geste car selon elle, la vie de son fils ne valait pas la peine d'être vécue. »

Autre débat brûlant, amené par Cerridwen, le 9 mars, par un billet écrit à plusieurs mains. Elle m’expliquera plus tard ses motivations :

« j'ai choisi d'écrire à Mediapart car je sais que ce genre de message peut trouver une oreille. Mediapart est reconnu comme un journal sérieux, et même si les posts du Club dépendent des internautes, nous savions que ce sérieux est toujours présent. J'ai pris l'initiative d'écrire au journal, mais mon action a été approuvée par le groupe avec lequel nous avons rédigé cette lettre. Nous savons que ce genre d'initiatives peut trouver de l'écho, et faire prendre conscience de problèmes de société aux lecteurs. 

Nous avons choisi de parler du meurtre du petit Frédéric, tué par sa mère Anne Ratier, car il nous semble inconcevable dans notre société, qu'un tel acte puisse être applaudi sous couvert de charité et de bonté d'âme. Nous sommes des militants et militantes très présent.e.s sur les réseaux sociaux. Toutes les personnes que nous citons dans notre lettre le sont, et sont très actives. Ainsi que beaucoup des personnes qui ont signé. »

  •  Autre débat mis à la Une cette semaine, l'antisémitisme. Jan Burzlaff, historien de l'Europe contemporaine à Harvard University (Cambridge, MA – USA) nous a contacté via la messagerie « contact » de Mediapart, un canal très utilisé par celles et ceux qui veulent diffuser leur texte sur notre site.

« L’antisémitisme est omniprésent dans notre société. Pourtant, ses contours continuent souvent à nous échapper. Précisément en raison de sa recrudescence, un regard historique s’impose pour inscrire l’antisémitisme dans le temps présent. »

Dans ce premier billet « L'antisémitisme contemporain: au-delà du «retour des années 1930 », il m'a expliqué avoir cherché les réactions de notre communauté de lecteurs. « Je prends plaisir à lire les commentaires et savoir que d'autres sont poussés plus loin dans leur propre réflexion par ce que j'écris… »  Il y en a eu pour l’instant 34, n’hésitez pas à interagir, ce n’est pas tous les jours que l’on trouve une oreille attentive ! 

Des billets d’expert·e·s

  • « L'OTAN n'a plus raison d'être depuis la dissolution de l’Union soviétique et du Pacte de Varsovie en 1991. Elle s’est transformée, à l’initiative des Etats-Unis, d’une organisation de sécurité défensive en une organisation militaire expansionniste. Dans notre livre Stop OTAN, nous mettons à nu la trahison du projet initial. Par Hervé Hannoun et Peter Dittus. »

« Dissoudre l’OTAN pour sauver l’Europe ». Dans ce premier billet d’Hervé Hannoun, signé avec son co-auteur Peter Dittus, il est bon de savoir qu’il y a un lien pour lire le livre en libre accès. Au téléphone, Hervé Hannoun m’expliquera que leur « but est d’alerter la population sur le risque de guerre ». Il m’apprendra aussi que dans leur ouvrage, Baquiast, un autre blogueur de Mediapart, est « longuement cité ».

  • « Cet article ouvre l'édition participative "Européennes : des élections sous surveillance", un observatoire des mots, des discours, des manipulations de la campagne pour les élections européennes 2019. L'édition est animée par un groupe de chercheurs et étudiants universitaires ayant un seul objectif : intervenir rapidement pour assainir le débat sur l'Europe. »

Cette dernière semaine, une édition participative a vu le jour. C’est devenu assez rare, donc on apprécie. Edition quoi ? Voilà l’explication : « Les éditions participatives sont des journaux thématiques collectifs. Tous les abonnés peuvent demander la création d'une édition participative sur une thématique, une région, une ville ou un pays. Le créateur de cette édition devient coordonnateur. Il doit présenter cette édition en rédigeant un court texte d'introduction et en publiant une image illustrative des sujets abordés. » Et pour les plus anciens abonnés, sachez que c’est Geraldine Delacroix (l’ancienne responsable du Club de 2009 à 2015), désormais journaliste au pôle numérique, qui la coordonne.

  • « La crise climatique en éclipse une autre, plus apte à mobiliser : celle de nos systèmes alimentaires, qui se profile avec la raréfaction du pétrole. La faim et le déclin démographique pourraient être une réalité, mais non une fatalité. Des solutions existent, comme le biogaz. Mais elles impliquent un changement de culture, dans tous les sens du terme. »

Pour clore cette série de premiers billets mis à la Une, Vincent Rigoulet, un professeur des écoles, agronome amateur, a écrit une lettre à sa fille sur le biogaz  « Lettre à ma fille: «Demain, la faim si l’on ne fait rien », mais on le comprendra facilement, c’est à tous qu’elle s’adresse. Mais quand je lui ai demandé si sa fille l’avait lu, il m’a répondu : « celle qui a 13 ans l’a lu, oui. Elle m’a dit : c’est flippant ! Mais moi ce qui m’a inquiété, c’est quand elle m’a raconté que sa prof de SVT ne savait pas ce qu’était le biogaz… » !

Des billets de la société civile organisée 

« Christophe Castaner a dénoncé une «réelle collusion» entre ONG de sauvetage de migrants et passeurs en Méditerranée. Sea-Watch, organisation à but non lucratif qui mène des opérations civiles de recherche et de sauvetage en Méditerranée, répond au ministre. Comment expliquerons-nous que des pays ne traversant aucune crise majeure ont volontairement laissé mourir des milliers de personnes ? »

Les abonnés de Mediapart ont répondu présents (44 commentaires, 55 recommandés) !

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