Le jardin naturel (11)

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Les gîtes à chauve-souris

 Les chauves-souris jouent un rôle primordial dans nos paysages naturels. Outre les oiseaux et les araignées, les chauves-souris comptent parmi les plus importants exterminateurs d'insectes. Les oiseaux chassent pendant la journée et les chauves-souris durant la nuit.

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 La meilleure hauteur de suspension des gîtes est de 3 à 6 m. Les réparations et la transformation des abris à chauves-souris ainsi que le nettoyage ne doivent pas être effectués avant le mois de septembre. En effet, c'est seulement à partir de cette période que la plupart des chauves-souris quittent leurs abris d'été. Elles réagissent encore plus sensiblement que les oiseaux lorsqu'elles sont dérangées.

 Selon un article du groupe Plecotus de Natagora (voir ici) qui reprend les conclusions d’une étude menée en milieu forestier sur l’efficacité de la pose de nichoirs, si le taux d'occupation des nichoirs est élevé, il faut constater qu'ils sont rarement occupés par d'autres espèces que la Pipistrelle commune. Or, en Belgique, cette espèce est la seule dont la population s'est bien maintenue au cours de ces dernières années. Son opportunisme lui permet de trouver une multitude d'abris. Une très faible proportion des nichoirs ont servi pour des espèces menacées. La conclusion de cette étude est qu’il est inutile de placer des nichoirs pour chauves-souris, à deux exceptions près : dans le cadre d'études scientifiques ou d'actions de sensibilisation.

note : cette dernière remarque est valable pour la Belgique et les régions limitrophes. Pour les autres régions se renseigner auprès des associations locales.

 

Pipistrelle (pipistrellus sp.) © julien populin Pipistrelle (pipistrellus sp.) © julien populin

 Les gîtes à insectes

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 Un jardin qui comporte des milieux naturels et dans lequel on a renoncé à l’usage de produits chimiques est très attractif pour les insectes. Mais souvent, seules les sources de nourriture sont présentes. Si l’on souhaite accroître l’intérêt du jardin, il existe dans le commerce des gîtes à insectes de toutes les tailles, des plus simples aux complexes « maisons à insectes » (voir photo), pouvant accueillir une très grande variété d’insectes. Mais il est très facile de construire et installer des nichoirs pour les abeilles et guêpes solitaires. Celles-ci sont de grandes pollinisatrices et sont naturellement moins agressives que les espèces sociales. On en compte plus de 360 espèces en Belgique.

 Un grand nombre de nos abeilles et de nos guêpes ne vivent pas en colonie mais élèvent seules leurs larves dans des nids qu’elles construisent dans la terre, dans des tiges creuses, des trous et fentes du bois, ou les anfractuosités des murs. Le nid se compose de cellules contenant chacune un œuf et la nourriture nécessaire à son développement, nectar et pollen pour les abeilles, proies paralysées pour les guêpes (elles peuvent capturer des milliers de pucerons durant les quelques semaines de leur vie).

Osmie (Osmia cornuta) © julien populin Osmie (Osmia cornuta) © julien populin

Certaines espèces nichent dans des tiges à moelle (espèces rubicoles). Elles affectionnent les rameaux de ronce, sureau, églantier, rosier, framboisier, groseillier,.... D’autres nichent dans des cavités préexistantes (espèces xylicoles), on peut utiliser des rameaux creux et dépourvus de moelle de plantes telles que les deutzias, la symphorine, le forsythia, les roseaux et les ombellifères. Le bambou convient parfaitement et est plus résistant.

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 Couper les tiges en morceaux de 12 à 15 cm avec un nœud à l’extrémité afin que seul un côté soit ouvert. Le diamètre des conduits peut aller de 2 à 10-12 mm pour permettre à des espèces de taille différente de s’y reproduire. Placer les fragments de bambou dans une boîte de conserve ou une caisse. Les conduits du nichoir seront toujours placés horizontalement.

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 On peut également utiliser un bloc de bois (non traité !) dans lequel on perce des trous bien lisses de 3 à 10 mm de diamètre et de 5 à 10 cm de profondeur. Les trous seront placés à minimum 2 cm les uns des autres. Les bois durs tels le hêtre, le charme, le chêne ou les fruitiers conviennent bien. Les bois tendres (épicéa, pin, sapin) sont à éviter car l’humidité les fait gonfler, avec le risque que les insectes ne soient piégés à l’intérieur des galeries. Protéger le bloc des précipitations en plaçant un petit toit ou en l’enduisant d’un produit de protection non toxique (l’huile de lin par exemple)

Pour les espèces terricoles, construire un talus sec à un endroit bien ensoleillé en entassant du sable, de l’argile sableuse ou de la terre de jardin. Limiter la végétation à cet endroit.

 Ses gîtes sont à placer début mars dans un endroit ensoleillé et à l’abri de la pluie, à une hauteur variant entre 10 cm et 2 m, la face comprenant l’entrée des galeries orientée vers le sud ou le sud-est.

 Les laisser en place plusieurs années, certaines espèces continuent leur développement dans leur abri durant plusieurs mois et ne sortiront qu’au printemps suivant. Ces abris ne doivent pas être décrochés ou nettoyés.

Tous les occupants des abris sont totalement pacifiques et jouent un rôle non négligeable dans la pollinisation

Guêpe solitaires (nombreuse familles) © julien populin Guêpe solitaires (nombreuse familles) © julien populin

 Les guêpes solitaires pour leur part sont très utiles car elles se nourrissent de chenilles, de mouches et de pucerons…

 

Les gîtes à hérissons

 © julien populin © julien populin

 

Le hérisson (Erinaceus europaeus) est un animal nocturne qui part à la chasse à la nuit tombante. Il se montre alors très utile puisqu'il dévore les escargots, les chenilles, les coléoptères, les souriceaux, etc. Les populations de hérissons ont bien du mal à se maintenir chez nous. L’utilisation intensive de produits chimiques toxiques dans nos jardins et dans notre agriculture moderne, la suppression des haies, taillis et mauvaises herbes et surtout l'omniprésence de l’automobile menacent cette espèce animale. Les désherbants, les insecticides et les grains à escargot lui sont fatals. Bannissez-les du jardin !

 © julien populin © julien populin

 Les hérissons passent d’un jardin à l’autre pour trouver un partenaire, un point d’eau, une source de nourriture, un lieu d’hivernage... Or, les propriétés deviennent très cloisonnées, ce qui les oblige à passer par la route en prenant le risque de se faire écraser. Pour faciliter le déplacement des hérissons et de la petite faune, laisser (ou créer) au moins un passage avec chaque jardin voisin d’environ 12 x 12 cm, en faisant comprendre aux autres propriétaires le but et la nécessité de ces passages.

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 On pourra également lui installer un gîte constitué d’une caisse ou d’un panier retourné dans lesquels on prévoira une entrée.

 © julien populin © julien populin

Le gîte devra être résistant aux intempéries, par exemple en le couvrant d’une feuille plastique. Il faudra le placer sur un lit de paille, de feuilles ou sur une planche de bois pour garantir un sol isolant. On dissimulera enfin le tout sous un tas de foin ou de feuilles.

 

 

Le gîte à perce-oreille

 © julien populin © julien populin
 

 Le perce-oreille, aussi appelé forficule (Forficula auricularia), est surtout utile au jardin de par son rôle d’insecticide naturel. Il consomme en effet des pucerons durant la nuit. En journée, il recherche des endroits sombres et humides.

 Construire un gîte à forficules est simple :

Prendre un pot de fleur en terre cuite.

Attacher une corde au milieu d’un bâton (dont la taille est plus grande que le diamètre du pot), et passer l’autre extrémité à l’intérieur du pot. Elle doit ressortir par le petit trou.

Remplir le pot avec de la paille, du foin ou des fibres de bois légèrement humide (ou éventuellement du papier froissé, des chiffons...). On peut préalablement mettre le bourrage dans un filet à orange afin de rendre le tout plus solide.

Si nécessaire, disposer un morceau de grillage sur l’ouverture du pot et le fixer en rabattant ses bords sur le bot.

Placer ensuite le pot près d’une haie ou d’un tas de bois où vous avez repéré la présence de ces insectes. Lorsque le soleil est déjà haut dans le ciel et que les perce-oreilles se sont réfugiés dans l’abri, placer le pot dans un arbre envahi par les pucerons en l’accrochant à l’envers à une branche.

 © julien populin © julien populin

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