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Billet de blog 5 octobre 2024

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Propagande de guerre et journalisme libre

Dictature et propagande se nourrissent mutuellement pour finir par sonner le glas du journalisme libre et même du simple désir de chercher la vérité. Le citoyen standard préfère s’approprier la version officielle à titre d’opinion. Il ne pense pas. Il retransmet. Il s’exprime en reprenant les slogans officiels. Il est douloureux de penser différemment et il veut s’éviter cette épreuve.

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Dans un chapitre de Mein Kampf intitulé « propagande de guerre », Hitler explique (p.329) :

« Au début, elle paraissait insensée dans l’audace de ses affirmations. Plus tard, elle fut considérée comme déplaisante. Enfin, ils se mirent à la croire ».

La propagande est l’arme de guerre la plus puissante. Elle précède l’usage des armes.

Illustration 1

Le propagandiste élabore son discours en postulant que la vérité n’est pas déterminée par les faits, mais par un rapport de force.

Il faudrait sans doute revoir les dictionnaires pour saisir le sens des mots chez un propagandiste. Pour lui, la vérité n'implique pas nécessairement la véracité des faits. Par contre, de son point de vue, la vérité doit être en totale conformité avec son idéologie.

De son point de vue, il revient à la propagande d'imposer "sa vérité" face à "d'autres vérités" comme s'il pouvait y en avoir plusieurs. Au besoin, il peut masquer ou déformer les faits pour exhiber sa "vérité". Il en résulte que "la vérité" n'est que le contenu de la propagande. Chaque discours propagandiste martèle : « La vérité est dans notre camp ».

Le cerveau martelé par la propagande du régime, le citoyen standard finit par accepter la version officielle à titre d’opinion. Il ne pense plus. Il retransmet. Il s’exprime, à son tour, en reprenant les slogans officiels. Il perçoit qu’il est douloureux de penser différemment et il veut s’éviter cette épreuve.

De fait, la propagande ne sollicite pas son intelligence, sa rigueur, sa capacité à mener une analyse scientifique. Tout au contraire, elle l'incite à la facilité au besoin en excitant ses sentiments les plus vils comme son désir d'affirmer sa supériorité au détriment de quelques boucs émissaires.

En matière de propagande, Hitler, en fin connaisseur, donne dans Mein Kampf de multiples conseils. J’en reproduis quelques-uns :

« Toute propagande doit être populaire et placer son niveau spirituel dans la limite des facultés d’assimilation du plus borné parmi ceux auxquels elle doit s’adresser. Dans ces conditions, son niveau spirituel doit être situé d’autant plus bas que la masse des hommes à atteindre est plus nombreuse. Mais quand il s’agit, comme dans le cas de la propagande pour tenir la guerre jusqu’au bout, d’attirer un peuple entier dans son champ d’action, on ne sera jamais trop prudent quand il s’agira d’éviter de compter sur de trop hautes qualités intellectuelles.

Plus sa teneur scientifique est modeste, plus elle s’adresse exclusivement aux sens de la foule, plus son succès sera décisif. Ce dernier est la meilleure preuve de la valeur d’une propagande, beaucoup plus que ne le serait l’approbation de quelques cerveaux instruits ou de quelques jeunes esthètes. (…)

Il est absurde de donner à la propagande la diversité d’un enseignement scientifique.

La faculté d’assimilation de la grande masse n’est que très restreinte, son entendement petit, par contre, son manque de mémoire est grand. Donc toute propagande efficace doit se limiter à des points fort peu nombreux et les faire valoir à coups de formules stéréotypées aussi longtemps qu’il le faudra pour que le dernier des auditeurs soit à même de saisir l’idée. Si l’on abandonne ce principe et si l’on veut être universel, on amoindrira ses effets, car la multitude ne pourra ni digérer ni retenir ce qu’on lui offrira. Ainsi le succès sera affaibli et finalement annihilé. Ainsi, plus le contenu de l’exposé doit être ample, plus est nécessaire la justesse psychologique dans la détermination de la tactique. (…)

Le but de la propagande n’est point, par exemple, de doser le bon droit des divers partis, mais de souligner exclusivement celui du parti que l’on représente. Elle n’a pas non plus à rechercher objectivement la vérité, si celle-ci est favorable aux autres, et à l’exposer aux masses sous couleur d’une équité doctrinaire, mais à poursuivre uniquement celle qui lui est favorable à elle. »

Une propagande efficace suppose un régime dictatorial. Dictature et propagande se nourrissent mutuellement.

À l'inverse, le degré de démocratie se mesure à la permissivité à l’égard de différentes versions d’un même fait. Aujourd’hui, quelles sont les différentes versions à propos du conflit Russo-Ukrainien dont il est permis de discuter : la version de Poutine, celle de Zelensky, celle des internationalistes, celle de Trump ? Même question pour le conflit israélo-palestinien. Les pays où toutes les versions ne sont pas autorisées sont des dictatures.

On peut ainsi mesurer le degré de démocratie dans un pays m, maisn peut aussi faire cette mesure à propos d’un média. Ainsi, sur AgoraVox, est-ce que toutes les explications possibles à propos du conflit Russo-Ukrainien peuvent être exprimées dans un article ? Il semblerait que non et que, par ailleurs, certains discours à propos de l’UPR soient aussi interdits.

Illustration 2

J’invite à ce sujet chacun à s’exprimer sur le fait que mes articles suivants ont tous été censurés sur AgoraVox.

Il paraît bien qu’AgoraVox a encore perdu la moitié de son audience depuis un an. D'ailleurs, si le lien que je viens de donner fonctionne encore, il ne permet plus de consulter une donnée qui permettait de comparer les performances actuelles avec celles du passé. Pourquoi ne voit-on plus les scores des articles les plus lus depuis le début ? La direction-fantôme d'AgoraVox veut-elle cacher sa faillite ? Il faut donc maintenant recourir à des astuces pour les voir. L'url suivante, donne les scores sur 20 ans : https://www.agoravox.fr/spip.php?page=palmares&d=7300 (le paramètre d=7300 donne le nombre de jours). On peut estimer que l’audience a été divisée par 60 depuis 2010. La nouvelle direction d’AgoraVox, qui s’est mise en place de manière anonyme, discrète et subreptice, semble satisfaite de sa politique puisqu’elle continue sur sa lancée. 

Il faudrait qu'elle fasse exactement l'inverse. Il faut au contraire encourager les articles qui vont contre cette doxa poutinienne qui est minoritaire en France et dominante sur AgoraVox. Mon article intitulé "Un délire d'Asselineau" est passé par miracle au travers de cette censure en novembre 2024. Il a battu des records d'audience avec 9 453 vues et 692 commentaires. Il y a 20 ans, il aurait fallu avoir 260 000 vues pour être satisfait. N'est-ce pas la preuve qu'il faut persévérer sur cette voie pour faire remonter l'audience d'AgoraVox ?

Jean Dugenêt

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