Deux personnes se sont battues dans la rue. La caméra n’a filmé qu’une partie de la scène et les témoignages des passants ne concordent pas : pour savoir qui a commencé, les gens de justice vont devoir broder.
Au départ il y a un vol de paddle gonflable, une planque, l’intervention de la BAC, la peur, la tentative de fuite. À la fin, il y a la prison. Encore. L’aménagement ? Ce sera pour plus tard, peut-être.
Même si ça n’a rien à voir avec ce qu’on lui reproche, les crédits à la consommation du prévenu énervent le président : « Est-ce que ne devriez pas être plus raisonnable dans vos dépenses pour arrêter de vivre chez votre mère à presque 40 ans ? »
Par La Sellette
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En détention provisoire depuis 2 semaines, le prévenu revient devant le tribunal : il demande sa mise en liberté parce que ses conditions d’incarcération sont horribles. La présidente, celle-là même qui l’a incarcéré, s’en lave les mains.
« Voulez-vous être jugé maintenant ou voulez-vous un délai pour préparer votre défense ? » Le tribunal comprend de travers la réponse du prévenu. Et une fois la machine en marche, elle ne s’arrête pas avant de l'avoir envoyé en prison, malgré le fait qu’il affirme être mineur
L’expertise psy conclut à l’abolition du discernement du prévenu – qui souffre de psychose chronique. Après l’avoir envoyé 40 jours en détention provisoire, la justice va maintenant l’hospitaliser sous contrainte, contre l’avis de l’expert psychiatre.
Depuis deux ans, nous nous asseyons dans la chambre des comparutions immédiates du tribunal de Toulouse. Les chroniques que nous en tirons ne sont ni des analyses de juriste, ni des récits de faits divers : ce que nous observons, c’est l’institution, pas les prévenu⋅es, présences fantomatiques réduites à une infraction et un casier judiciaire. Extrait de « Sur la sellette », qui vient de paraître.
Depuis deux ans, nous nous asseyons dans la chambre des comparutions immédiates du tribunal de Toulouse. Les chroniques que nous en tirons ne sont ni des analyses de juriste, ni des récits de faits divers : ce que nous observons, c’est l’institution, pas les prévenu⋅es, présences fantomatiques réduites à une infraction et un casier judiciaire. Extrait de « Sur la sellette », qui vient de paraître.
Le prévenu est poursuivi pour trois cambriolages. Il y en a eu d'autres dans les parages. Même sans enquête, le procureur a une certitude : c'est le prévenu qui les a tous commis.
Faute d'éléments, le procureur a renoncé à poursuivre Abdel T pour vol à l’issue de la garde à vue. Mais maintenant qu’il est là, ce serait dommage de le laisser partir libre : il l’accuse donc de « maintien irrégulier sur le territoire ».