Faute d'éléments, le procureur a renoncé à poursuivre Abdel T pour vol à l’issue de la garde à vue. Mais maintenant qu’il est là, ce serait dommage de le laisser partir libre : il l’accuse donc de « maintien irrégulier sur le territoire ».
J’habite à l’époque un squat à Toulouse. Je descends la rue pour aller dormir quand je vois deux mecs : un avec un vélo, l’autre à pied. On se croise. Les flics freinent au niveau du mec avec le vélo. Le deuxième part en courant. Moi, je continue de marcher, j’ai rien fait. J’ai peur mais j’ai rien fait. Pourquoi courir ? Mais les flics, ils arrivent direct vers moi et m’arrêtent.
En attendant le procès, le procureur demande – comme d’habitude – le maintien de la prévenue en prison. Il explique sans ciller que c’est pour la mettre à l’abri d’éventuelles représailles de la victime. L’emprisonner pour son bien, c’est très attentionné !
Installé dans le rayon bières d’un supermarché pour boire sur place, le prévenu s’est rapidement fait déloger par le service de sécurité. Le procureur demande 4 mois fermes. Pour sa plaidoirie, l’avocate n’a pas trop d’idée – elle finit par faire appel à la clémence du tribunal.
L’expertise psychiatrique conclut à un état d’altération du discernement au moment des faits mais estime que le prévenu reste « accessible à la sanction pénale ». Ça tombe bien parce que ça fait deux mois qu’il est en détention provisoire.
Shafiq A., demandeur d'asile afghan en France depuis 2008, est incarcéré depuis plus d’un an en détention provisoire. L’entrave administrative généralisée, les pièges préfectoraux, l’abattage judiciaire, l'incarcération de masse des étranger·e·s, la surexploitation légale, la mise en danger de la vie d'autrui, en France et en Afghanistan, voilà ce que dénonce la tribune que nous relayons. Tribune
L’avocate du policier est mécontente : le prévenu, qui comparaît pour tentative de vol et rébellion, a eu le culot de se plaindre de s’être fait taper dessus. « Le policier a été contraint de lui porter des coups de poing ! Il n’avait aucune volonté de le frapper. Il voulait juste faire son travail. »
L’ex-compagnon de Norah L. comparaît pour violences conjugales. Mais N. n’a pas donné la même date de rupture – décembre ou janvier ? – à toutes les étapes de la procédure. Ça agace la présidente : encore une victime peu fiable !
En comparution immédiate, les personnes prévenues qui demandent un délai pour préparer leur défense pourront-elles rester libres jusqu’à l’audience ? Réponse dans le titre.
Par La Sellette
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Le prévenu a 18 ans et envie de se défendre. Et surtout il a un tic qui agace le tribunal. La procureuse : « J’aurais imaginé un autre comportement pour quelqu’un qui n’a pas encore de casier. Je n’avais pas prévu ça initialement, mais je vais requérir de la prison ferme. »