A travers cette odyssée aux accents et contours d’un rite de passage, racontée dans une prose au lyrisme envoûtant, Eugène Ebodé nous fait entendre une belle cantilène en souvenir de Mama Africa.
Dommage qu’il n’existe pas au Gabon une politique culturelle à la hauteur du génie artistique de son peuple, dont les œuvres, devenues de véritables icônes mondiales, ont influencé de grands peintres comme Pablo Picasso ou Modigliani, pères du mouvement cubiste qui devait bouleverser les modes de représentation picturale de la modernité occidentale.
"L’histoire a inscrit le Gabon dans la tradition politique républicaine, elle-même consubstantielle de l’Etat de droit et de la démocratie. Ce sont les seuls outils dont dispose un peuple pour contrôler ses gouvernants. Tant que cette tradition confinera à une farce, il n’y aura point d’avenir radieux pour ce pays."
Dans un style fluide, à la dextérité quasi-jazzy, Loïc Céry entreprend une « herméneutique de l’intérieur » en scrutant, au plus près, les textes de Glissant afin d’en dégager la substance. Cette archéologie textuelle éclaire autant qu’elle subvertit l’ordre clivant et surplombant auquel semblait assujettie l’écriture de l’histoire de l’esclavage.
"Il est une chose d’écrire une loi, sa mise en application en est une autre. De fait, on se demande par quel « miracle » la France parviendrait à restituer « au plus près des populations » les avoirs confisqués à des despotes qui règnent en maître dans leur pays en s'appuyant sur des régimes politiques corrompus et clientélistes."
Chaque fois qu’apparaîtra à la télévision ou sur un produit cosmétique le visage de Miss Sonia, nous y verrons désormais moins une icône noire que le symbole d’une beauté entachée par le scandale des biens mal acquis
"Avec cette 3e révision constitutionnelle sous Ali Bongo, s’affirme le dévoiement d’un mécanisme institutionnel conçu, en apparence, selon les modalités d’une République, mais aujourd'hui soumis à une logique de verrouillage, de confiscation et de dévolution monarchique du pouvoir."
Oui, déclara Medzim-Nso-Nsol, c’est par une grande cérémonie de bénédiction œcuménique, associant l’ensemble de nos croyances mystiques, que l’on réussira à briser la boîte noire dans laquelle a été ligoté notre aigle.
"S’appuyant sur les travaux de Simon Henochsberg dans Public Debt and Slavery : The Case of Haiti (1760-1815), Thomas Picketty (Capital et idéologie) a démontré que Haïti a dû payer à la France chaque année l’équivalent de 15% de sa production pour acquitter sa dette au nom de la lutte contre l’esclavage."
« A Paris, la mémoire de l’esclavage est évoquée par une sculpture composée de trois modestes anneaux disposés dans un coin discret du Jardin du Luxembourg. Il me semblait que le choix d’ériger cette sculpture insignifiante dans un emplacement à l’abri des regards participait davantage d’une volonté d’amnésie que de mémorialisation de l’horrible crime contre l’humanité africaine. »