Me voici donc dans le même service et la même chambre que deux ans auparavant. Mes sentiments sont ambivalents. Les souvenirs corporels m’assaillent. Deux, surtout : la soif intense, de jour, de nuit, et ce corps, plié sur lui-même, incapable de se dresser.
J’ai fait une photo du ciel sous les arbres du parc, parc derrière lequel se dresse la façade de l’hôpital, façade sur laquelle, chaque fois, je cherche à retrouver la fenêtre, vue du dehors, de la chambre 545, celle qui donne sur les îles, le château, l’Estaque, le tunnel, la ville, la ville que j’aime.
Si la maladie n’est pas une métaphore, rien n’empêche qu’on se raconte, à son sujet, ce qui nous permet de l’appréhender, comprendre, et pourquoi pas, nous ne sommes pas à un paradoxe près, d'éviter son retour.
Par marie cosnay
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Il y a deux ans, on me diagnostiquait un cancer grave des voies biliaires. Je fais le pari qu'il est intéressant et politique, et pas si indiscret que ça, de revenir sur les traces de la maladie avec, comme fil rouge, mon admiration et ma gratitude envers l'hôpital public en général, et en particulier, l'équipe de chirurgie digestive de l'Hôpital Nord de Marseille.
De l’écriture du réel au roman de genre(s). En mai 2023, je terminais cette trilogie, Des îles, publiée aux éditions de l'Ogre, qui s'était donné pour tâche de dire la mort de masse aux frontières empêchées de l'union européenne. En juin 2025, paraît Le trésor de Ballantrae, roman de genre fantastico-policier, et ce n'est pas en totale rupture. Tentative de réflexion (1).
Par marie cosnay
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Bilel se couche au matin. La nuit, il la passe à mettre en ordre les histoires, il connaît chaque naufrage par sa date de départ, chaque personne de chaque bateau emprunté. Chaque disparu par date et par plage de départ. Chaque mort, chaque corps retrouvé par plage d’arrivée.
Par marie cosnay
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Le 12 octobre 2021, à Ciboure, trois jeunes gens qui passaient la frontière en longeant les voies de chemin de fer étaient tués. Un autre survivait. Autopsie d’une année difficile, tome 1.
Par marie cosnay
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Chacun des garçons qui s'est noyé après avoir voulu passer la frontière à la nage ou d’une autre manière dangereuse, a fait l’objet de plusieurs refoulements. Leurs camarades en témoignent.
Par marie cosnay
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Le 20 novembre 2021, un homme est retrouvé dans le fleuve Bidasoa, mort. Il voulait franchir la frontière et tenter sa chance en France après l’avoir tentée en Espagne, à Almeria. Cet homme s’appelait Sohaïbou Billa.